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100 JOURS DU GOUVERNEMENT Sama Lukonde : les bons chiffres aux côtés des attentes colossales…

Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a dressé le bilan de ses cent premiers jours de gestion le mardi 3 août 2021. Si en trois mois, le Gouvernement des « Warriors » qu’il dirige, a réalisé des exploits du point de vue économico-financier, il doit cependant fournir de gros efforts sur le plan sécuritaire, mais aussi agir pour relever le social dont la population vit encore dans la grande misère.

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 C’est dans un contexte particulièrement difficile de la pandémie à coronavirus que Sama Lukonde Kyenge prend les manettes de commande le 26 avril 2021. L’état de siège est décrété début mai, soit moins d’une semaine après l’investiture de son Gouvernement. Comme si cela ne suffisait pas, le 22 du même mois, Nyiragongo entre en éruption. Tout pour perturber le programme.

Contre toute attente, comme le démontrent les agrégats macroéconomiques, le premier Gouvernement de l’Union sacrée de la nation a plutôt bien travaillé, surtout économiquement, même si du point de vue social on en est encore aux intentions. 

En 100 jours, le chef du Gouvernement a réalisé des grandes prouesses : il a maitrisé l’inflation, stabilisé le taux de change, accru les réserves stratégiques, impulsé la reprise des activités économiques… Avec son arrivée aux commandes, les réformes en vue de l’amélioration du climat des affaires sont engagées et la lutte contre la corruption et les crimes économiques est lancée à fond. Dans le secteur minier, Sama Lukonde a mis en œuvre le Plan directeur de l’industrialisation, en relançant le plan triennal de l’ITIE RDC.

Les chiffres qui en disent long

Concernant le taux de change, moyennant un tableau, le Premier ministre a démontré l’évolution positive de la situation. En juillet 2019, 1 dollar s’échangeait à 1650 FC, en juillet 2020 il s’est échangé à 1977 FC et en 2021 il s’échange autour de 1989 FC au taux officiel. Si le taux d’inflation était de 14,2 % en juillet 2020, celui-ci a connu un glissement jusqu’à 7,2 %. De même, le taux de croissance qui était de 4,4% en 2019, de 1,7 % en 2020, il est de 4,9 % en 2021. Quant aux réserves de change, elles sont passées de de 783,7 millions de dollars en avril 2021 à 1,631 milliard de dollars. Par ailleurs, des statistiques indiquent que la RDC est sortie de son déficit qui était de -212 milliards de Francs Congolais au deuxième trimestre de 2020 et est passée à +763 milliards de Francs au deuxième trimestre de 2021. C’est aussi le cas de souligner que pendant les cent jours, il y a eu une forte mobilisation des recettes. Le Gouvernement a mobilisé plus de 945 millions de dollars rien qu’en mai et juin 2021.

L’exploit de la signature avec le FMIParmi les vaillances réalisées en temps record par le Gouvernement figure la signature de l’Accord avec le Fonds monétaire international. Le FMI a octroyé à la RD Congo une facilité élargie de crédit à hauteur de 1,5 milliard de dollars, ce qui est une avancée significative qui va permettre d’appuyer les réformes visant à maintenir la stabilité macroéconomique. Le premier décaissement de plus de 200 millions de dollars n’a pas tardé.


Ce programme, assorti des exigences, a été conclu après de longues négociations. Le précédent avait été arrêté brusquement fin 2012, à cause du refus de publier les contrats de cession des parts de l’Etat dans les entreprises minières. Cette fois-ci, outre la transparence dans le secteur minier, le Gouvernement a pris l’engagement de mobiliser les recettes et d’exécuter les dépenses essentielles et d’investissement, en améliorant sa politique monétaire et en luttant contre la corruption. Ce programme, a-t-on indiqué, va catalyser d’autres financements des bailleurs bi et multilatéraux et attirer des investissements privés.


Les dépenses rationnelles

 Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge préconise la qualité dans la dépense en donnant priorité aux secteurs sociaux. C’est dans ce souci que le fonds venant du FMI sera affecté surtout dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de la santé et dans la gratuité de l’éducation de base.
Les infrastructures « acceptables »


 Le Premier ministre a promis de doter la RDC des infrastructures modernes acceptables. En annonçant des actions d’une grande envergure. Il a rappelé qu’il y a des projets qu’il a trouvés en cours, qu’il va parachever. D’autres sont initiés par son Gouvernement : réalisation d’un plan triennal évalué à 36 milliards de dollars. Il a entre autres cité la réhabilitation du pont Kasaï à Tshikapa, le lancement des travaux de bitumage des routes Kasindi-Beni-Butembo et Bunagana-Rutshuru-Goma. En plus, son Gouvernement va acquérir 30 ponts métalliques modulaires, financer l’entretien des pistes rurales, entretenir les routes dans le cadre du FONER et financer un projet de 300 écoles préfabriquées à travers le pays. Il assure que des chantiers sont ouverts à travers les provinces pour assurer l’intégration nationale. Aussi a-t-il affirmé que des jalons sont posés dans le secteur de l’énergie (eau et électricité) dans le but d’accroitre la fourniture.

Situation sécuritaire


La restauration de l’autorité de l’Etat et le rétablissement de la paix dans les zones de l’Est où les groupes armés massacrent régulièrement les populations préoccupe le Premier ministre Sama. L’état de sièges décrété début mai en Ituri et au Nord-Kivu n’a pas encore donné des fruits, notamment à cause des magouilles qui minent les forces de sécurité, mais des efforts sont consentis en vue des résultats positifs. Entretemps le chef de l’Exécutif appelle les Congolais à se ranger derrière les FARDC.


L’amélioration du social 

Du point de vue social, rien n’est encore visible, alors  que les attentes de la population sont colossales. Le Gouvernement se bat mais la situation est difficile sur tous les fronts. Si d’une part il est parvenu à un accord avec les médecins des hôpitaux publics qui ont suspendu leur mouvement de grève le 4 août, d’autre part les professeurs grondent face à leur ministre de tutelle et les travailleurs de la société des Transports du Congo (TRANSCO) ont tout perturbé avec leur grève. C’est à juste titre que lors d’une messe organisée le 4 août à la Primature, qu’il a appelé la population à l’espoir et à la cohésion. Il a promis d’être à l’écoute des Congolais qui souffrent, en indiquant que le gouvernement a mis en place des mécanismes pour appliquer son programme basé sur la vision du Président de la République.

Concernant l’amélioration de la vie prosaïque de la population, le Premier ministre dit agir pour revoir à la baisse les prix des billets d’avion et ceux des produits surgelés. Le billet d’avion Kinshasa-Goma qui est de 340 dollars jusque-là pourrait être réduit à 200 dollars si les prix baissent.

Le Gouvernement, par ailleurs, a déjà mis en œuvre sa politique concernant le secteur productif. Celle-ci concerne la mise en œuvre du Fonds de garantie de l’entreprenariat au Congo, la validation du programme de développement et d’innovation pour l’entreprenariat des jeunes en RDC, ainsi que la mise à la disposition des subventions   financières pour les PME, dans le cadre des projets d’appui au développement des micro, petites et moyennes entreprises.

Au regard des efforts fournis par le Gouvernement, les évêques de la CENCO reconnaissent qu’il y a des bonnes initiatives visant l’amélioration des conditions de vie des Congolais. Invité à assister à la messe organisée le 04 août, l’abbé Donatien N’Shole l’a reconnu. Toutefois, concernant les élections en 2023, Sama Lukonde dit que son Gouvernement travaille durement dans la maximisation des recettes en vue de les organiser.

 Hubert MWIPATAYI 

Economie

RDC : Tshisekedi relance la lutte contre l’exploitation illégale de l’or

Lors du Conseil des ministres du 12 août dernier, le chef de l’Etat congolais a réitéré son engagement à lutter contre l’exploitation illicite de l’or, notamment dans la province du Haut-Huele.

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L’orpaillage illégal continue à battre son plein en République démocratique du Congo. Pour y mettre un terme, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi a relancé la lutte. Lors de cette réunion du gouvernement, le cinquième Président congolais a fait allusion àl’exploitation illicite de l’or au moyen des engins lourds par des sujets étrangers dans la province du Haut-Uélé.

« Ces activités minières illicites s’effectuent soit dans des zones d’exploitation artisanale en complicité avec des coopératives minières qui laissent les étrangers accéder avec des engins lourds sur le site, soit dans les périmètres de recherche non encore transformés en permis d’exploitation ou encore dans les aires protégées », a dit Félix Tshisekedi dans sa communication rapportée dans le compte-rendu de la réunion par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. 

Le Président a aussi instruit le gouvernement afin que cette exploitation soit stoppée « sans délai ». Car, selon lui, ces pratiques violent le code minier et la loi relative à la conservation de la nature. A cet effet, il ainstruit le vice-premier ministre, ministre de l’intérieur, sécurité et décentralisation à prendre des actions urgentes pour stopper sans délai ces exploitations illicites, ajoute le porte-parole du gouvernement faisant toujours référence au compte-rendu de la réunion.

Enquête et recommandations  

Dans ce dossier sur l’exploitation illicite de l’or, l’implication étroite de la ministre de la Justice et Garde des Sceaux ? Rose Mutombo Kiese ainsi que celle de la ministre des Mines, Antoinette N’samba a été requise par le Président de la République. Cela, afin d’initier une mission d’enquête sur les activités illicites dans cette partie du territoire national et de lui faire un rapport accompagné des recommandations au prochain conseil des ministres.Il faut noter que quelques recommandations avaient été déjà faites lors d’un conseil des ministres passé (29ème réunion).   

Dans la province du Sud-Kivu, précisément dans le territoire de Mwenga, le même problème est décrié. En 2017, le bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu dénonçait déjà l’exploitation minière qui se fait par sept sociétés chinoise qui, selon la source, n’est pas artisanale mais semi-industrielle, utilisant des engins lourds. « Elle se fait en l’absence d’agrément octroyant un permis de recherche ni d’exploitation, en violation des propriétés privées et en l’absence des statistiques de production et de traçabilité des minerais extraits », avait expliqué le Président du bureau de coordination, Adrien Zawadi​.

Des sociétés tenues par des étrangers avaient été pointées du doigt par la société civile qui citait des entreprises et coopératives comme Yellow Watterressources, Oriental Ressource Congo, Crystal (Blue Metal), etc. Ces sociétés sont considérées comme prédatrices des matières premières congolaises dans cette partie du pays. 

Plusieurs exploitants profitent également de la faiblesse de l’Etat pour continuer à opérer dans des sites miniers, parfois sans documents légaux. Cela est vécu également dans d’autres provinces du pays, notamment au Sud-Kivu et Nord-Kivu.    

Heshima 

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Nation

Visite de Blinken en RDC : espoirs déçus !

Le secrétaire d’Etat américain a douché les espoirs des Congolais de voir Washington condamner le Rwanda pour son agression contre la République démocratique du Congo. Antony Blinken a plutôt renvoyé les deux pays aux négociations de Luanda et Nairobi.

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Ce n’était pas un « super Tuesday » en République démocratique du Congo. Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, qui est arrivé, mardi 9 août à Kinshasa, n’a pas rencontré les attentes des Congolais qui voulaient le voir condamner le Rwanda pour son agression avérée dans le territoire congolais. Le chef de la diplomatie américaine n’a ni condamné ni demandé le retrait des troupes rwandaises et de leurs supplétifs estampillés M23 des territoires conquis, notamment la cité stratégique de Bunagana, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.

Interrogé par RFI pour savoir si son pays allait sanctionner le Rwanda, comme l’exige Kinshasa après les fuites du rapport onusien sur l’implication de ce pays dans la déstabilisation de la République démocratique du Congo, Antony Blinken a carrément répondu par la négation. Les Etats-Unis entendent plutôt, selon lui, «soutenir les efforts entamés par la SADC, l’initiative de Nairobi» pour «faire baisser la tension et la violence». Ce diplomate américain compte surtout soutenir les initiatives du Président sortant du Kenya, Uhuru Kenyatta, pour le processus de Nairobi, en vue d’essayer de trouver une solution pacifique pour l’Est du Congo.

Même si les attentes des Congolais étaient diverses et variées notamment sur le climat, le dossier de l’Est de la République démocratique du Congo est plus préoccupant aux yeux de l’opinion publique congolaise. « Nous espérons plus de coopération économique à travers des investissements américains, en particulier dans le domaine des compensations pour notre écosystème qui permet la lutte contre le changement climatique, dans le cadre de notre partenariat stratégique PPPP », estime le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. Mais l’épineux dossier reste celui du Rwanda.     

Au cours d’une conférence de presse animée conjointement à Kinshasa avec Anthony Blinken, à l’occasion de sa visite en RDC, le chef de la diplomatie congolaise, Christophe Lutundula a révélé que son pays a officiellement saisi le secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), António Guterres, au sujet du rapport de ses experts qui confirme que le Rwanda a soutenu le M23 pour déstabiliser l’Est de la RDC. « Le Gouvernement a mis le cap sur l’examen de ce rapport et sa mise à contribution par tous les intervenants bilatéraux et multilatéraux, afin de lever le voile et certaines zones d’ombre qui ont été créées délibérément et trouver une solution durable. En fait, le rapport, c’est le diagnostic qui doit nous permettre de trouver le médicament qu’il faut », a déclaré Christophe Lutundula. En d’autres termes, la RDC a sollicité que ce rapport puisse être débattu au Conseil de sécurité pour tirer toutes les conséquences de l’implication du Rwanda.  

Espoirs déçus 

Malgré cet activisme du gouvernement congolais sur la question du Rwanda, seul Washington et ses partenaires occidentaux pourraient faire bouger les lignes. Mais l’administration Biden semble doucher les espoirs des Congolais. « Imaginez que c’était la RDC qui agressait le Rwanda, Washington n’allait pas avoir cette posture. Le gouvernement congolais doit tirer les leçons de cette hypocrisie et investir dans son armée et privilégier des partenaires sincères », estime un analyste.       

Sous l’administration de Barack Obama, Washington avait pris des sanctions contre le Rwanda, en 2013, pour des cas de recrutement d’enfants-soldats dans les rangs de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ces sanctions consistaient à couper «toute l’assistance en termes de formation et d’entraînement militaire pour l’année budgétaire 2014». Mais cette fois-ci, il est difficile de voir les Etats-Unis sanctionner le Rwanda pour son soutien avéré à ces rebelles et même pour avoir attaqué les FARDC sur le sol congolais. Il faut maintenant scruter ses propos à Kigali pour en avoir le cœur net, puisqu’il est aussi attendu au Rwanda. 

Même sur le tableau du processus électoralle soutien de l’Oncle Sam n’est pas de taille. Washington annonce consacrer un soutien financier de 23,75 millions de dollars dans un processus qui coûte près d’un milliard de dollars à la RDC. Dans un communiqué, les Etats-Unis ont aussi insisté sur la tenue des élections transparentes, crédibles et inclusives. 

Heshima 

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Nation

RDC-USA : Antony Blinken à Kinshasa, quels enjeux pour la RDC ?

Après l’étape sud-africaine, le secrétaire d’Etat américain arrive ce 9 août à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Il sera reçu par Félix Tshisekedi au Palais fraichement rénové du Mont Ngaliema. Plusieurs questions attendent le chef de la diplomatie américaine, particulièrement la crise sécuritaire dans l’Est du pays.

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Ayant  débuté sa tournée africaine par l’Afrique du Sud, Antony Blinken est attendu, ce mardi 9 août 2022 à Kinshasa, en milieu d’après-midi. « Le Secrétaire d’Etat américain  sera reçu en début de soirée, au nouveau Palais présidentiel du Mont Ngaliema, par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Les deux personnalités auront un tête-à-tête de près d’une heure avant une rencontre bilatérale des délégations congolaise et américaine », annonce la presse présidentielle. 

Cette visite intervient à un moment de tensions sécuritaires entre la République démocratique du Congo et son voisin, le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles du M23. D’où les enjeux sont de taille pour la RDC à travers cette visite. Il y a,avant tout, l’enjeu sécuritaire…

Crise sécuritaire 

Depuis près de deux mois, les rebelles du M23 se sont emparés de la cité frontalière de Bunagana, un coin stratégique dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Pour en arriver là, ces forces négatives ont bénéficié du soutien avéré de l’armée rwandaise, selon le rapport [encore confidentiel] du groupe d’experts des Nations-Unies destiné au Conseil de sécurité et dont les bribes ont fuité dans les médias la semaine dernière.

Face à cette question, Kinshasa via notamment son chef de la diplomatie, Christophe Lutundula, exige des sanctions contre Kigali. Et au menu des discussions aujourd’hui entre le Président Félix Tshisekedi et le secrétaire d’Etat américain, la question de l’implication du Rwanda dans la déstabilisation de la partie Est de la RDC ne devrait pas manquer. Kinshasa compte d’ailleurs voir une pression accrue des Etats-Unis sur le Rwanda pour le pousser à reculer dans sa politique agressive contre la RDC. Encore que Blinken se rendra immédiatement à Kigali après sa visite de deux jours en RDC. 

Dans ce sens, 17 organisations et des experts congolais et américains ont notamment appelé, lundi 8 août, le secrétaire d’État américain à affirmer des sanctions américaines contre le Rwanda et aux autres personnes qui soutiennent des groupes armés qui commettent des abus en RDC. 

Elections 2023

L’autre enjeu qui intéresse beaucoup plus l’opposition politique, c’est la question des élections de 2023. Le communiqué du Département d’Etat américain qui annonçait la visite de son chef en RDC avait d’ores et déjà planté le décor. Les discussions avec les autorités congolaises devaient aussi porter sur l’intérêt mutuel à « assurer des élections libres, inclusives et équitables en 2023, à promouvoir le respect des droits humains et à protéger les libertés fondamentales. »

Pour la directrice de la division Crises et Conflits de HumanRights Watch, Ida Sawyer, « le déplacement du secrétaire Antony Blinken en RD Congo devrait permettre de renforcer les efforts de mise en œuvre d’élections démocratiques, et de lutte contre la corruption et les violations des droits ». Cela, dans un contexte où il y a une forme de montée des arrestations ces derniers jours à Kinshasa.  

Un partenariat clair ! 

L’autre attente des Congolais, c’est de voir un partenariat clair entre les Etats-Unis et la RDC. Malgré le Partenariat privilégié pour la paix (PPP) conclue en 2019 entre la République démocratique du Congo et les Etats-Unis, rien de concret n’est perceptible en République démocratique du Congo. Par contre, Washington n’a pas soutenu Kinshasa dans la demande de levée des mesures de restriction imposées par le comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations-Unies à la RDC en matière d’acquisition d’armes à feu. Ce qui a énervé l’opinion publique congolaise qui, depuis un temps, force son gouvernement à se tourner vers la Russie et la Chine. Surtout que le partenariat américain avec le Rwanda n’aide pas Washington à sanctionner Kigali pour son soutien aux groupes rebelles en RDC. 

Entre les Etats-Unis et la RDC, on est encore très loin de ce qui peut être une coopération militaire robuste et opérationnelle. Et en RDC, des Congolais veulent voir du concret face aux groupes armés mais aussi face au Rwanda. Mais sur RFI, ce matin, Antony Blinken n’a pas vraiment été clair sur ce conflit. A en croire ce diplomate américain, le rôle des Etats-Unis, c’est d’essayer de trouver « une solution diplomatique parce que c’est une crise qui se répète ». Ce qui laisse entrevoir qu’avec Paul Kagame, il ne sera pas question de sanctions.

Levée de sanctions américaines… 

Le déplacement de Blinken en RDC est également un enjeu pour des anciens dignitaires du régime de Joseph Kabila restés encore sous sanctions américaines, notamment Corneille Nangaa. D’ailleurs, l’ancien Président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), n’a pas caché sa volonté de faire le plaidoyer auprès de Blinken pour obtenir la levée de ces sanctions prises à son encontre. Dans une correspondance adressée au chef de la diplomatie américaine, le 5 août, l’ancien patron de la centrale électorale a fait mention de « la nécessité de réévaluer les sanctions américaines liées au processus électoral de 2018 ». 

Dans cette note, il rejette aussi la responsabilité du glissement des dernières élections. La validation, selon lui, par l’Assemblée nationale, du rapport interne de la CENI concernant le dernier processus électoral, ainsi que le fait qu’il n’occupe, à ce jour, plus aucune fonction dans le domaine électoral, devraient l’exclure des critères de désignation prévus pour ces sanctions. « Le processus électoral de 2018 a été définitivement approuvé et ses animateurs ne devraient donc plus faire l’objet de réprobation », a écrit Corneille Nangaa. 

Il faut souligner qu’en mars 2019, cet ancien Président de la CENI a été accusé par le Trésor américain de « corruption et d’entrave au processus démocratique » et ses avoirs qui se trouvent sur le sol américain ont été gelés. Il lui est aussi interdit d’effectuer des transactions avec toute personne se trouvant sur le territoire américain. 

Sur cette liste noire, Corneille Nangaa n’est pas le seul. Il y a également son adjoint à la CENI, Norbert Basengezi, l’ancien ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary, l’ancien inspecteur des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), John Numbi et tant d’autres proches de Joseph Kabila.      

Heshima 

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