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Autopsie des processus électoraux en RDC: La lourde responsabilité de la classe politique et des confessions religieuses dans l’échec.

En jaugeant les différents processus électoraux de la RD Congo, on arrive à la conclusion que les difficultés rencontrées résultent de la volonté des acteurs politiques de caporaliser la CENI. Les confessions religieuses y contribuent malheureusement significativement.

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Il y a fort à craindre que le souci de garantir l’indépendance, la neutralité et l’impartialité de la CENI, de façon à rassurer tous les compétiteurs électoraux de la crédibilité des élections de 2023 ne soit qu’un vœu pieu. Les faits prouvent que la responsabilité de l’échec des processus électoraux est partagée entre les acteurs politiques dont les parlementaires qui n’arrivent pas toujours à voter des lois garantissant l’impartialité, et les chefs religieux. Pourtant, c’est sur le président de la commission électorale que l’on rejette toute la responsabilité après les élections.

L’histoire s’est répétée lors des précédents cycles électoraux et il y a fort à parier qu’elle se répète avec le processus électoral en cours. Depuis la désignation de l’abbé Apollinaire  Malumalu, précurseur et concepteur de l’architecture électorale de la RDC, les choses se déroulent toujours de la même manière. Ce qui arriva au moment de sa désignation, de celle de ses successeurs Daniel Ngoyi Mulunda et Corneille Nangaa ou de  Ronsard Malonda, est en train d’arriver aujourd’hui.  Les mêmes causes produisant les mêmes effets, si en 2006, 2011 et 2018 les élections ont été qualifiées de chaotiques, on se demande si ce ne sera pas pareil en 2023. Entretemps, avec du temps perdu, l’impératif du respect du délai constitutionnel des scrutins devient illusoire.

Plusieurs réformes pour rien

C’est après chaque processus électoral que la question de la réforme refait surface, même si les mêmes tares subsistent. Présentant devant les élus du peuple le 9 avril 2021 le rapport général du processus électoral, Corneille Nangaa avait déclaré ce qui suit au sujet de la réforme électorale : « Tout le monde parle aujourd’hui de réformes électorales. Mais il n’est pas évident que tous ceux qui en parlent en aient la même compréhension ». Le président sortant de la CENI a évidemment raison.

On a beauprocéder au changement de président de la centrale-électorale ou  réviser la loi sur la CENI et la loi électorale,  on est encore loin de sortir de l’ornière. Les velléités de la caporalisation de la CENI subsistent toujours. Du coup, les faiblesses relevées lors des cycles électoraux passés reviennent toujours.

La problématique de la caporalisation de la CENI

Corneille Nangaa et d’autres acteurs politiques ont recommandé la désignation des personnalités indépendantes, mais la démarche reste une équation difficile à résoudre tant les « désignateurs » sont eux-mêmes divisés.   Pour sa part, le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) pense qu’au-delà de la désignation des personnalités indépendantes,  le président de la République devrait insuffler la dynamique de réforme du processus électoral ou avoir la volonté d’agir en ce sens. En tant que garant du bon fonctionnement des institutions, le président Félix Antoine Tshisekedi n’a pas à faire litière de la question.

Même, comme l’a suggéré la plateforme Lamuka dans sa proposition de loi, constituer le  bureau de la centrale électorale uniquement avec des membres de la société civile ne résoudra pas le problème. Aussi longtemps que la société civile elle-même sera politisée, la CENI sera toujours caporalisée. Il est ainsi difficile de ne pas transformer la désignation des membres de la CENI  et de son président en un lieu de conquête ou de conservation du pouvoir.

L’impossible dépolitisation de la CENI

Au début de chaque processus électoral, il y a toujours une controverse autour de la dépolitisation de la CENI. Cependant, une fois le projet de loi sur la CENI analysé et adopté par les  députés nationaux, on ne  voit finalement pas le travail de dépolitisation abattu. Encore que certains scientifiques-politiques ne croient même pas que ce soit possible. Tel est le cas du professeur André Mbata, député national de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et président de la commission PAJ de la chambre basse du Parlement, qui estime impossible  la dépolitisation de la CENI.

Le Groupe d’Etudes sur le Congo, lui aussi, pense que la dépolitisation totale de la CENI est pratiquement impossible dans un climat de méfiance entre les acteurs politiques  qui tiennent à avoir leurs délégués à la CENI considérés comme leurs yeux dans l’organe de gestion des élections. L’Accord de Sun City, adopté en 2003, préconisait la mise en place d’une CENI indépendante…Selon le GEC, le compromis politique trouvé portait les germes d’instrumentalisation politique de la commission électorale. Or, tant que la commission électorale ne sera pas réellement indépendante, parler des élections libres et démocratiques sera toujours utopique.   Bien plus, étant donné ce qui s’est passé lors des élections précédentes, il est difficile de dissiper le climat de suspicion, de manque de confiance entre les chefs religieux et de méfiance entre les acteurs politiques.

Les confessions religieuses ont déçu

Le processus ayant conduit à la désignation de Ronsard Malonda et celui qui est en cours, démontrent que les chefs religieux en général sont hypocrites, certains sont cupides et corruptibles.  Les agendas des uns et   des autres se sont finalement étalés au grand jour. Aussi, leur  charte n’encourage que des querelles d’Allemands, car élaborée comme pour ne pas permettre le consensus, ce qui,  inexorablement, renvoie au vote. Et lorsqu’il faut parler vote, chacun connait la suite.

Cette fois-ci encore, les représentants de la plateforme des 8 confessions religieuses (Eglise Catholique, Armée du Salut, Eglise Kimbanguiste, Eglise Indépendante, Eglise Orthodoxe, l’Eglise du Christ au Congo, Eglise du Réveil, musulmane) auxquelles revient la tâche de désignation du président de la CENI ont déçu.

L’indépendance et neutralité du candidat censé les représenter pose toujours problème et l’église catholique évoque un problème d’intégrité. Après plusieurs rounds improductifs, les 6 confessions religieuses ont dare-dare déposé leur PV de désignation du candidat président de la CENI au Bureau de l’Assemblée nationale.  Mais, les représentants de la CENCO et de l’ECC s’en moquent comme de leur première « soutane », estimant comme l’a dit Eric Senga, porte-parole de l’ECC, qu’il n’existe pas juridiquement une plateforme de 6 confessions religieuses.

Pour Donatien Nshole, secrétaire général de CENCO, le candidat qu’il appelle X, présenté par ces 6 confessions religieuses, pèche par rapport à l’intégrité et l’indépendance. En effet, la proposition de loi que Christophe Lutundula a soumise au parlement stipule que les membres de la CENI sont choisis parmi les personnalités indépendantes reconnues pour leur compétence, intégrité morale, probité, honnêteté…

D’aucuns se rappellent  qu’à chaque occurrence la CENCO vient avec son candidat et aucun jusqu’à présent n’a eu la chance de passer. Ses membres ont eu parfois à être en contradiction entre eux, le cas de la désignation de Malu Malu qui avait divisé les évêques en 2013. Contre l’avis de la CENCO, Malu Malu avait accepté de présider la CENI. Il avait le soutien de son évêque, Mgr Sikuli Paluku Melchisédech,  alors que la CENCO s’était opposée à la présence d’un ecclésiastique à ce poste, préférant comme candidat le laïc Botolo Magoza. Les évêques  avaient demandé des sanctions canoniques contre l’abbé Apollinaire Malu Malu et ce dernier avait perdu son poste de directeur général de l’Institut panafricain Cardinal Martino. Aujourd’hui, le candidat Cyrille Ebotoko qui jouit de son soutien, comme en 2020 face à Malonda, Denis Kadima et Sylvain Lumu, continue d’être à l’écart.   

Au terme du tamisage en 2020, les catholiques et les protestants n’avaient été pour le choix de Ronsard Malonda dont le président Tshisekedi avait refusé la validation de mandat après  l’entérinement de l’assemblée nationale.

En définitive, les confessions religieuses passent pour une plateforme fantoche, facilement manipulable par la classe politique. L’abbé Donatien Nshole, sur les ondes d’une radio locale, a eu à exprimer ses regrets par rapport à l’image qu’ils véhiculent tous dans l’opinion. Certainement, cela pousse d’aucuns à dire que, si l’on y prend garde, elles (les confessions religieuses) finiront par se voir déposséder de ce privilège leur reconnu dans l’Accord global et inclusif de Sun City. « Les hommes restent ce qu’ils sont. Qu’ils soient en soutanes, ils ont un cœur humain », conclut Jacques Djoli.

Le choix cornélien de Félix Tshisekedi

Monseigneur Marcel Utembi et le docteur André Bokundoa ne sont pas de ceux qui reculent. Malgré le jusqu’auboutisme de leurs pairs, ils tiennent à épuiser toutes voies nécessaires. Devant la décision implacable du groupe de l’évêque général Dodo Kamba, ils sollicitent l’arbitrage du président Tshisekedi, sous prétexte qu’il s’était adressé à Jeannine Mabunda lorsqu’il y avait mésentente  au tour de la désignation de Ronsard Malonda.  Le 17 juillet 2020, le président Tshisekedi avait effectivement  refusé d’investir Ronsard Malonda, dans un courrier adressé à la présidente de l’assemblée nationale, Jeannine Mabunda, soulignant que ladite désignation était fortement contestée par plusieurs des représentants des confessions religieuses, à savoir l’Eglise catholique, l’Eglise du Christ au Congo et l’Eglise Kimbanguiste.

La « jurisprudence Mabunda » existant, le président Félix Tshisekedi a tout intérêt à trancher pour éviter les manifestations qu’avaient initiées le Comité laïc de coordination (CLC) et Lamuka, lorsque Ronsard Malonda était désigné en 2020, lesquelles manifestations avaient occasionné la mort de plusieurs personnes. Si autre fois Lamuka, le CLC et l’UDPS étaient contre la désignation de Ronsard Malonda, actuellement Lamuka, FCC (PPRD) et les mouvements citoyens comme La Lucha  font un lever de boucliers. 

Des processus électoraux ayant les mêmes caractéristiques.

Ric à ric, tous les processus électoraux suivent ou presque le même schéma. Ainsi, après l’étape de la désignation des animateurs de la CENI, comme lors des autres processus, la classe politique va passer à une autre, celle des tiraillements portant sur la loi électorale dont le manque de compromis sur pas mal de points : mode de scrutin, seuil, machine à voter, enrôlement, fichier électoral, caution non remboursable…

Pour le processus électoral en cours, on peut dire que « les allemands arrivent » : il n’y a plus rien à faire. Autant en emporte le vent. Sinon, les questions demeurent. Devrait-on continuer à parler des élections chaotiques, fraudes massives, bras de fer ou résultat entaché d’irrégularités ? En réalité, les prémisses posées actuellement sont inévitablement celles qui produisent le cafouillage ou le tripatouillage. Comment dans ce cas précis ne pas s’attendre à la violence postélectorale ?

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Ces jeunes congolais déterminés à faire parler d’eux

Depuis quelques années en République Démocratique du Congo émergent des milieux politiques de jeunes politiques influents qui savent surfer sur le vent propulseur des réseaux sociaux. Ils sont très remarquables sur Twitter, Facebook… où ils n’ont pas besoin d’un encadrement ou d’un mentor.

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 Si le dénominateur commun reste les réseaux sociaux, certains jeunes congolais évoluent dans des partis politiques ayant pignon sur rue, d’autres agissent en indépendants, d’autres encore militent comme membres de la société civile. Sans doute, ils sont aujourd’hui nombreux ceux qui sont devenus célèbres grâce à leurs interventions à titre personnel sur les réseaux sociaux. Ted Beleshayi, secrétaire exécutif de la Ligue des jeunes de l’UDPS, Billy Kambale et Dr Yemba de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Constant Mutamba de la Nogec, Jacky Ndala de l’Ensemble pour la République, Blanchard Mongomba du Nouvel Elan, Seth Kikuni… sont entre autres, les jeunes qui s’y distinguent et qui ont le vent en poupe.

Bataille pour se hisser dans l’opinion publique

Si une catégorie excelle en communiquant efficacement sur Twitter, une autre est sur Facebook… Patrick Nkanga du PPRD et Patrick Muyaya, ministre actuel de la Communication et médias, sont deux des jeunes politiques qui savent tirer profit de Twitter. Certains, à l’instar de Honoré Mvula, président du parti la Force des Patriotes (FP), se réclamant proche du président Tshisekedi, arrivent à réaliser jusqu’à plus de 1 millions de « j’aime » sur Facebook. D’autres comme Fils Mukoko et le pasteur Guily, deux combattants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), font souvent du buzz sur Facebook. S’ils ne sont pas très actifs sur les réseaux sociaux, d’aucuns savent néanmoins s’appuyer sur ceux-ci par le biais de ceux y ont une grande influence. Tel est le cas de l’avocatphilanthrope et homme politique Guy Loando.

Acteurs politiques à part entière

Des mouvements citoyens à la politique il n’y a qu’un pas. À l’instar de jeunes de Y’en a marre (Sénégal) et du Balai Citoyen (Burkina Faso), d’autres jeunes congolais évoluant dans  des mouvements citoyens, luttent notamment pour la préservation de la démocratie. Ces leaders de la nouvelle génération, habitués à titiller le pouvoir, « combattent » au sein de plusieurs mouvements citoyens dont les plus connus sont la Lucha et Filimbi. Parmi ses grandes figures on trouve Fred Bauma, Carbone Beni et bien d’autres. Individuellement, on trouve aussi de personnes qui trouvent à redire en politique. L’abbé Blaise Kanda, curé de la paroisse Notre Dame de l’Espérance, à Mbuji-Mayi et certains comédiens sont de ceux-là.

Journaliste ou propagandiste

L’autre catégorie est constituée de jeunes, au départ journalistes, mais qui sous le couvert de la corporation journalistique excellent dans la propagande politique. Ceux-ci vendent parfois leurs services aux politiques en mal de positionnement ou en déficit d’influence. Une fois le magot en poche, ces nouveaux « samouraïs » n’hésitent pas à mettre du feu sur les réseaux sociaux, en foulant aux pieds la déontologie et l’éthique professionnelle. On retient d’eux deux choses : dans les vidéos virales qu’ils larguent sur les réseaux, s’ils ne sont pas laudateurs, ils sont diffamateurs. Cela marche apparemment bien pour eux étant donné que les petites enveloppes qu’on leur glisse leur permettent de paraître…

De plus en plus de jeunes au sein des institutions

Contrairement à une certaine époque où les « vieux » dominaient la scène politique, les jeunes envahissent davantage les institutions de la République. A Kinshasa, ils sont nombreux qui ont su tirer leur épingle du jeu lors des élections de 2018. Parmi ceux-ci figurent les députés nationaux Daniel Safu, Eliezer Tambwe, Christelle Vuanga… Il y a au parlement, pendant cette législature, une cinquantaine de députés de moins de 40 ans dont la benjamine a moins de 30 ans. Patrick Muyaya, 39 ans, est le président du Réseau des jeunes parlementaires.

 Hubert MWIPATAYI

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100 JOURS DU GOUVERNEMENT Sama Lukonde : les bons chiffres aux côtés des attentes colossales…

Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a dressé le bilan de ses cent premiers jours de gestion le mardi 3 août 2021. Si en trois mois, le Gouvernement des « Warriors » qu’il dirige, a réalisé des exploits du point de vue économico-financier, il doit cependant fournir de gros efforts sur le plan sécuritaire, mais aussi agir pour relever le social dont la population vit encore dans la grande misère.

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 C’est dans un contexte particulièrement difficile de la pandémie à coronavirus que Sama Lukonde Kyenge prend les manettes de commande le 26 avril 2021. L’état de siège est décrété début mai, soit moins d’une semaine après l’investiture de son Gouvernement. Comme si cela ne suffisait pas, le 22 du même mois, Nyiragongo entre en éruption. Tout pour perturber le programme.

Contre toute attente, comme le démontrent les agrégats macroéconomiques, le premier Gouvernement de l’Union sacrée de la nation a plutôt bien travaillé, surtout économiquement, même si du point de vue social on en est encore aux intentions. 

En 100 jours, le chef du Gouvernement a réalisé des grandes prouesses : il a maitrisé l’inflation, stabilisé le taux de change, accru les réserves stratégiques, impulsé la reprise des activités économiques… Avec son arrivée aux commandes, les réformes en vue de l’amélioration du climat des affaires sont engagées et la lutte contre la corruption et les crimes économiques est lancée à fond. Dans le secteur minier, Sama Lukonde a mis en œuvre le Plan directeur de l’industrialisation, en relançant le plan triennal de l’ITIE RDC.

Les chiffres qui en disent long

Concernant le taux de change, moyennant un tableau, le Premier ministre a démontré l’évolution positive de la situation. En juillet 2019, 1 dollar s’échangeait à 1650 FC, en juillet 2020 il s’est échangé à 1977 FC et en 2021 il s’échange autour de 1989 FC au taux officiel. Si le taux d’inflation était de 14,2 % en juillet 2020, celui-ci a connu un glissement jusqu’à 7,2 %. De même, le taux de croissance qui était de 4,4% en 2019, de 1,7 % en 2020, il est de 4,9 % en 2021. Quant aux réserves de change, elles sont passées de de 783,7 millions de dollars en avril 2021 à 1,631 milliard de dollars. Par ailleurs, des statistiques indiquent que la RDC est sortie de son déficit qui était de -212 milliards de Francs Congolais au deuxième trimestre de 2020 et est passée à +763 milliards de Francs au deuxième trimestre de 2021. C’est aussi le cas de souligner que pendant les cent jours, il y a eu une forte mobilisation des recettes. Le Gouvernement a mobilisé plus de 945 millions de dollars rien qu’en mai et juin 2021.

L’exploit de la signature avec le FMIParmi les vaillances réalisées en temps record par le Gouvernement figure la signature de l’Accord avec le Fonds monétaire international. Le FMI a octroyé à la RD Congo une facilité élargie de crédit à hauteur de 1,5 milliard de dollars, ce qui est une avancée significative qui va permettre d’appuyer les réformes visant à maintenir la stabilité macroéconomique. Le premier décaissement de plus de 200 millions de dollars n’a pas tardé.


Ce programme, assorti des exigences, a été conclu après de longues négociations. Le précédent avait été arrêté brusquement fin 2012, à cause du refus de publier les contrats de cession des parts de l’Etat dans les entreprises minières. Cette fois-ci, outre la transparence dans le secteur minier, le Gouvernement a pris l’engagement de mobiliser les recettes et d’exécuter les dépenses essentielles et d’investissement, en améliorant sa politique monétaire et en luttant contre la corruption. Ce programme, a-t-on indiqué, va catalyser d’autres financements des bailleurs bi et multilatéraux et attirer des investissements privés.


Les dépenses rationnelles

 Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge préconise la qualité dans la dépense en donnant priorité aux secteurs sociaux. C’est dans ce souci que le fonds venant du FMI sera affecté surtout dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de la santé et dans la gratuité de l’éducation de base.
Les infrastructures « acceptables »


 Le Premier ministre a promis de doter la RDC des infrastructures modernes acceptables. En annonçant des actions d’une grande envergure. Il a rappelé qu’il y a des projets qu’il a trouvés en cours, qu’il va parachever. D’autres sont initiés par son Gouvernement : réalisation d’un plan triennal évalué à 36 milliards de dollars. Il a entre autres cité la réhabilitation du pont Kasaï à Tshikapa, le lancement des travaux de bitumage des routes Kasindi-Beni-Butembo et Bunagana-Rutshuru-Goma. En plus, son Gouvernement va acquérir 30 ponts métalliques modulaires, financer l’entretien des pistes rurales, entretenir les routes dans le cadre du FONER et financer un projet de 300 écoles préfabriquées à travers le pays. Il assure que des chantiers sont ouverts à travers les provinces pour assurer l’intégration nationale. Aussi a-t-il affirmé que des jalons sont posés dans le secteur de l’énergie (eau et électricité) dans le but d’accroitre la fourniture.

Situation sécuritaire


La restauration de l’autorité de l’Etat et le rétablissement de la paix dans les zones de l’Est où les groupes armés massacrent régulièrement les populations préoccupe le Premier ministre Sama. L’état de sièges décrété début mai en Ituri et au Nord-Kivu n’a pas encore donné des fruits, notamment à cause des magouilles qui minent les forces de sécurité, mais des efforts sont consentis en vue des résultats positifs. Entretemps le chef de l’Exécutif appelle les Congolais à se ranger derrière les FARDC.


L’amélioration du social 

Du point de vue social, rien n’est encore visible, alors  que les attentes de la population sont colossales. Le Gouvernement se bat mais la situation est difficile sur tous les fronts. Si d’une part il est parvenu à un accord avec les médecins des hôpitaux publics qui ont suspendu leur mouvement de grève le 4 août, d’autre part les professeurs grondent face à leur ministre de tutelle et les travailleurs de la société des Transports du Congo (TRANSCO) ont tout perturbé avec leur grève. C’est à juste titre que lors d’une messe organisée le 4 août à la Primature, qu’il a appelé la population à l’espoir et à la cohésion. Il a promis d’être à l’écoute des Congolais qui souffrent, en indiquant que le gouvernement a mis en place des mécanismes pour appliquer son programme basé sur la vision du Président de la République.

Concernant l’amélioration de la vie prosaïque de la population, le Premier ministre dit agir pour revoir à la baisse les prix des billets d’avion et ceux des produits surgelés. Le billet d’avion Kinshasa-Goma qui est de 340 dollars jusque-là pourrait être réduit à 200 dollars si les prix baissent.

Le Gouvernement, par ailleurs, a déjà mis en œuvre sa politique concernant le secteur productif. Celle-ci concerne la mise en œuvre du Fonds de garantie de l’entreprenariat au Congo, la validation du programme de développement et d’innovation pour l’entreprenariat des jeunes en RDC, ainsi que la mise à la disposition des subventions   financières pour les PME, dans le cadre des projets d’appui au développement des micro, petites et moyennes entreprises.

Au regard des efforts fournis par le Gouvernement, les évêques de la CENCO reconnaissent qu’il y a des bonnes initiatives visant l’amélioration des conditions de vie des Congolais. Invité à assister à la messe organisée le 04 août, l’abbé Donatien N’Shole l’a reconnu. Toutefois, concernant les élections en 2023, Sama Lukonde dit que son Gouvernement travaille durement dans la maximisation des recettes en vue de les organiser.

 Hubert MWIPATAYI 

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Richard Ilunga : l’ONIP va procéder à l’identification de la population avant les élections de 2023

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 Monsieur Richard Ilunga, vous êtes Directeur Général de l’Office National d’Identification de la Population. Quelles sont les missions liées à votre fonction ?

Je suppose que, quand vous parlez des missions liées à ma fonction, vous voulez parler des missions de l’ONIP. Par rapport à ma fonction, j’ai été nommé à la tête de l’ONIP il y a un peu plus d’une année. Mes missions à la tête de cet important établissement public sont celles d’implémenter sa gestion efficace et efficiente pour réaliser les missions qui lui ont été attribuées par le Gouvernement. Ces missions sont pour l’essentiel au nombre de cinq. Il s’agit premièrement de procéder à l’identification systématique et effective des Congolais où qu’ils se trouvent en RDC ou à l’étranger. Il s’agit également de bien connaître les étrangers qui vivent dans notre pays. A partir de cette opération d’identification, et c’est là la deuxième mission, l’ONIP va constituer une base de données que l’on appellera Fichier Général de la Population qui sera la base légale de l’authentification de l’identité de chaque Congolais car il indiquera les données biographiques, les données biométriques, les liens de descendance et d’ascendance, l’adresse de chaque individu. Toutes ces données personnelles seront liées à un numéro national d’identité ; ce qui va renforcer la sécurisation de l’identité légale de chaque individu identifié. La troisième mission de l’ONIP est de délivrer une carte d’identité sécurisée à chaque Congolais, à chaque Congolaise et une carte de résident à chaque étranger vivant sur le sol congolais. La quatrième mission sera d’assurer une mise à jour régulière du FGP et assurer son interopérabilité avec tous les services qui utilisent l’identité des personnes. Enfin, l’ONIP a aussi pour rôle de conseiller le Gouvernement concernant les politiques de population. Mon rôle de Manager est de créer un leadership technique de prise en charge de toutes ces missions dont l’enjeu est de basculer notre pays dans une ère moderne et de répondre aux standards internationaux de gestion de la population et de ses mouvements.


Quelle est la différence entre le recensement, l’enrôlement et l’identification de la population ?

Quand vous parlez recensement, je suppose que vous faites allusion au recensement scientifique car il existe aussi le recensement administratif qui, lui, est lié à l’identification de la population. Le recensement scientifique est une opération qui consiste dans le dénombrement de la population en relevant ses principales caractéristiques sur base de quelques variables de la composition de ménage, de la situation s o c i o é c o n o m i q u e , de l’habitat, de bienêtre, socioculturelles… Le recensement de la population et de l’habitat vise à doter le pays des statistiques qui pourront être utilisées à des fins des études et de planification. L’identification par contre consiste à personnaliser, à individualiser, à donner une identité légale à chaque individu en partant de ses données biographiques et biométriques qui l’authentifient comme tel. Ce que l’on ne retrouve pas dans le recensement scientifique. Comme vous pouvez le constater : seule l’identification nous permet d’identifier les Congolais au pays et à l’étranger Quant à l’enrôlement, je suppose que vous voulez parler de l’enrôlement électoral. Il s’agit d’une identification dont le but est d’enregistrer les personnes de nationalité congolaise qui remplissent les conditions fixées par la loi électorale.


Lors de la rentrée parlementaire de mars, le Président de l’Assemblée nationale avait souligné  la nécessité de procéder au recensement de la population avant les élections de 2023 et le Président du Sénat l’a relayé en clôturant ladite session. En quoi cette opération est-elle importante aux autres missions de votre fonction ?


A l’Office National d’Identification de la Population, nous applaudissons cette volonté politique exprimée par les hautes autorités de notre pays qui ont pris la mesure des enjeux de cette opération tant sur le plan national qu’international. Au plan national, il n’y a plus l’ombre d’un doute que les congolais et les congolaises ont pris conscience de l’importance de détenir une carte d’identité comme un droit humain légitime dans un Etat de droit. L’Etat congolais d’avoir une réelle maîtrise de sa population sur laquelle il exerce sa souveraineté en plus du territoire national. C’est une question de souveraineté nationale. Au plan international, la carte d’identité sécurisée est l’un des objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Aussi, voyez-vous que sur le plan régional, les pays africains se mettent de plus en plus d’accord sur la libre circulation des biens et des personnes. Il faut que chaque pays rassure les autres de ses citoyens contre la fraude à l’identité et des pratiques illicites qui peuvent résulter d’une identité usurpée par exemple. Les enjeux liés à la carte d’identité sont énormes.


Quelles sont les chances qu’on a à voir la population de la RDC identifiée ou recensée ?


Aujourd’hui, au moment où l’unanimité se dégage au sommet de l’Etat pour aller tous dans le même sens, l’ONIP a toutes les chances de procéder à l’identification de la population. SEM le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, SEM le Premier ministre Sama Lukonde et tout son Gouvernement poussent la machine pour que cela arrive dans de meilleurs délais. Le Président de l’Assemblée Nationale Mboso Nkodia Mpuanga et tout dernièrement le Président du Sénat ont souligné l’importance du recensement. Tout récemment, le Premier Ministre a mis sur pied une commission interministérielle sur cette question. L’ONIP a pris part aux travaux en tant que structure attitrée du Ministère de l’Intérieur. Le Premier ministre avait imposé des délais très serrés et aujourd’hui les conclusions sur la solution technique, financière et opérationnelle se trouvent sur sa table. Le dossier est suffisamment avancé à ce jour et l’optimisme pointe à l’horizon.

Quel est le lien que l’ONIP a avec la CENI ?

Sur le plan administratif, il n’y a aucun lien entre les deux structures. L’ONIP est un établissement public sous tutelle du ministère de l’intérieur avec autonomie de gestion tandis que la CENI est une structure indépendante d’appui à la démocratie qui a pour mission principale l’organisation des élections. Sur le plan pratique cependant, on peut trouver des passerelles de collaboration entre les deux institutions. Ainsi par exemple, l’ONIP peut mettre à la disposition de la CENI un fichier électoral extrait du Fichier Général de la Population. La technologie moderne sur les questions d’enregistrement de la population le permet aujourd’hui; ce qui  ressemble à un exploit uniquement. Sur le terrain, les deux peuvent mener des opérations conjointes et chacune se préoccupant de ses objectifs. Mais cela relève de la volonté politique qui peut en décider ainsi car il y a un avantage certain sur le plan financier de réduction des coûts des opérations. L’ONIP pourrait aussi bénéficier de l’expérience et des infrastructures de la CENI qui a déjà procédé à trois cycles électoraux.


En mars 2021, vous avez vu le Président de l’Assemblée nationale en vue de plaider pour la mise sur pied d’un collectif budgétaire qui prendra en compte la question de l’identification générale de la population congolaise. Qu’en est-il ?


 L’initiative du collectif budgétaire relève de la seule compétence du Gouvernement. L’ONIP n’a aucun pouvoir en la matière. Tous les contacts que nous avons eus avec les institutions relèvent d’un plaidoyer bien pensé afin de sensibiliser ceux qui ont la décision à la nécessité de doter enfin l’ONIP des moyens afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle et répondre ainsi aux  missions qui lui ont été assignées. Partout où le responsable de l’ONIP est passé, il a rencontré des oreilles attentives et des personnes qui partagent le même souci que nous. Aujourd’hui, nous pouvons nous réjouir quand nous entendons le Ministre des finances annoncer qu’un collectif budgétaire sera introduit au Parlement dès le mois de septembre. Notre espoir est que ce collectif rencontre nos attentes.


L’ONIP avait évalué à 300 millions de dollars le montant nécessaire pour l’identification de la population. Ce n’est pas exagéré ?

Exagéré par rapport à quoi ? Les chiffres que nous donnons, sont le résultat d’une étude minutieuse. D’ailleurs, nous parlions de 350 millions et non 300. Ce coût comprend l’achat des équipements ; de la technologie et de l’intelligence artificielle pouvant nous permettre de faire notre travail ; les coûts de fournitures sécurisées et de consommables ; le coût des opérations de terrain; etc. Ce ne sont pas des chiffres tombés du ciel. Tout est ventilé dans les détails.

Richard Ilunga Directeur Général de l’Office National d’Identification de la Population (ONIP)

Tenant compte du manque d’infrastructures en RDC, notamment les routes, de combien de temps avez-vous besoin pour identifier la population ?


Notre plan opérationnel est défini dans le temps. A l’ONIP, nous avions pris le pari de doter chaque citoyen congolais d’une carte d’identité nationale d’ici le mois de décembre 2022 mais pour cela, il faut que rapidement les moyens soient mis à la disposition de l’ONIP et que les opérations préalables commencent déjà cette année pour pouvoir tenir cette échéance. Plus tard, on commencera, plus il y aura de risques sur les opérations.


En 2014, lorsqu’on avait parlé du recensement de la population à l’approche des  élections, Vital Kamerhe avait dénoncé ce qu’il avait qualifié de moyen de prolonger le mandat de Joseph Kabila. Tente-ton d’utiliser aujourd’hui l’ONIP pour passer outre l’organisation des élections en 2023 ?

Je venais de vous dire que l’ONIP a mis le cap sur décembre 2022 pour délivrer la carte d’identité nationale à chaque citoyen. En quoi, cette échéance dérangerait-elle les élections ? Moi, je vous parle de ce qui se fait et va se faire sur le terrain. C’est un engagement pris au plus haut niveau. Pour le reste, les Congolais sont libres de s’exprimer mais il est préférable qu’on s’approche de l’ONIP pour bien comprendre les choses. Vous faites référence à 2014. Regardez votre calendrier, on est en 2021.


Parce que la carte pour citoyen devra être délivrée au terme de l’identification de la population, devra-t-on tenir compte des Congolais nés de père et de mère congolais et ceux nés d’un seul parent congolais ?


Je vous ai dit que la Carte d’Identité Nationale sera délivrée à TOUS les Congolais vivant sur le sol congolais et ceux vivant à l’étranger. Vous êtes Congolais, vous avez droit et vous aurez votre Carte d’identité.


Propos recueillis par Hubert MWIPATAYI

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