Nous rejoindre

International

DIPLOMATIE: Après leur échec en Afghanistan, Les Américains en RDC

Published

on

L’armée américaine va-t-elle changer le fusil d’épaule après sa débâcle sur le sol afghan ? C’est la grande question qui se pose après son nouvel engagement aux côtés de l’armée congolaise pour traquer des terroristes ougandais ayant fait allégeance à Daech.

 Depuis le départ du dernier soldat américain en opération sur le sol afghan, le 30 août dernier, la défaite américaine après 20 ans de présence en Afghanistan fait la Une des médias occidentaux. Chaque spécialiste y va de son analyse sur cet échec de l’armée la plus puissante au monde ayant chassé les Talibans, ces fondamentalistes islamistes afghans, pour y instaurer un pouvoir « démocratique ».

Mais 20 ans après, c’est le retour à la case départ ! Pis encore, les Américains laissent un pays en lambeau, en total désespoir. Un pays où des Afghans modérés – au comble du désespoir – ont voulu quitter le pays agrippés sur un avion de US Air Force américain, tombant ainsi du ciel comme dans un film de fiction, au fur et à mesure que l’appareil prenait de la hauteur.

C’est dans ces conditions que quelques jours plus tôt, une délégation de forces spéciales américaines a débarqué à Kinshasa sur autorisation du président de la République, Félix Tshisekedi. Des militaires des forces d’opérations spéciales américaines sont arrivés dans l’est de la République démocratique du Congo en appui à la lutte contre le terrorisme et également aux gardiens de parcs naturels des Virunga et de la Garamba. Cette équipe des Forces d’opérations spéciales américaines est venue en appui à l’armée congolaise engagée contre le groupe terroriste de l’Alliance des Forces Démocratiques (ADF) affilié depuis 2019 à Daech et qui revendique des attaques contre   des populations civiles dans l’Est du pays. D’après un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis en RDC, c’est sur demande du Gouvernement congolais que cette équipe visitera le pays pendant « plusieurs semaines ». Cette visite, selon la même note, s’effectuera dans le cadre du « Partenariat privilégié » conclu par les États-Unis et la RDC. Ce partenariat « appuie la détermination expresse du président Tshisekedi de restaurer la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC et de lutter contre Daech-RDC (aussi connu sous le nom de Forces démocratiques alliées-ADF) dans la cadre de la Coalition mondiale pour vaincre Daech », expliquait également ce communiqué.

Vont-ils réussir en RDC ? 

Depuis le 7 octobre 2001, après les attentats de deux tours jumelles du 11 septembre 2001, l’armée américaine était allée en découdre avec Al-Qaïda sur son terrain, l’Afghanistan. Si une opinion américaine, notamment l’ex-président Obama et l’actuel, Joe Biden, pense que l’objectif en Afghanistan avait été atteint (celui de tuer Ben Laden et neutraliser son groupe terroriste), leurs troupes – 98 000 soldats au plus fort de leur présence – barraient aussi la route du trône afghan aux Talibans classés comme des sympathisants d’Al-Qaïda. De ce point de vue, le retour des Talibans aux affaires constitue un échec de la stratégie américaine dans ce pays. Ainsi, on se demande si, sans changer de fusil d’épaule, l’armée américaine pourrait-elle réussir en République démocratique du Congo ?

Il y a plus d’un cas d’échec déjà de l’intervention américaine en Afrique dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. En avril 2017, après 6 ans d’intervention dans l’Est de la Centrafrique, les forces spéciales américaines avaient décidé d’abandonner la traque de l’insaisissable ougandais Joseph Kony, leader de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Une rébellion qui a causé tant des massacres en République démocratique du Congo. Ce groupe rebelle étranger a été aussi auteur de plusieurs braconnages des animaux protégés dans le parc de la Garamba.

 Après cette étape moins reluisante et celle du Sahel où Donald Trump avait carrément retiré ses soldats, c’est désormais en RDC que des experts anti-terroristes venus des États-Unis vont aider à mettre hors d’état de nuire les ADF.

Cette rébellion musulmane – elle aussi d’origine ougandaise – considérée par l’État islamique comme sa branche en Afrique centrale. D’ailleurs en mars, Washington les a placés sur la liste des « organisations terroristes » affiliées à Daech. Cette rébellion a fait plus de 6 000 victimes civiles en RDC, depuis 2013.

Peut-être avec un système de renseignements militaires plus développé et un problème mieux localisé dans l’Est de la RDC, les « gros bras » de Joe Biden pourraient enregistrer des succès sur cet autre terrain, après 20 ans d’échec en Afghanistan.

  Dido Nsapu

International

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo se prépare pour 2025, mais dans l’incertitude

Laurent Gbagbo pourrait se présenter à la présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire. Cependant, son parti politique le Front populaire ivoirien (FPI) étant divisé, il lui faut beaucoup d’effort, au-delà d’un nouvel appareil politique.

Published

on

Le retour dans le jeu politique de Laurent Gbagbo est non seulement effectif, mais l’ex-président nourrit les ambitions de se représenter à la présidentielle de 2025. En rentrant au pays, il s’est déclaré opposant politique de premier plan à Alassane Ouattara. « Moi, je n’exclus rien. Je suis en politique. J’ai demandé à la direction de mon parti de me laisser faire mes deuils et surtout pleurer ma maman et puis après, je suis un soldat. Je suis un soldat, je suis au garde à vous », avait-il répondu à la question de savoir s’il sera candidat en 2025. De la parole à l’acte, les intentions de l’ex-président se sont confirmées lorsqu’il a annoncé en août la création d’un autre parti politique. N’ayant pas réussi à réunifier le FPI, Laurent Gbagbo est obligé de se reconstruire un nouvel appareil politique.

La page FPI tournée

Définitivement acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) le 31 mars 2021, l’ex-président de la Côte d’Ivoire est rentré à Abidjan le 17 juin, après dix années passées à la CPI. Sa base militante est toujours là, mais son parti politique le « Front populaire ivoirien, qu’il avait fondé en 1982, est divisé. D’un côté il y a la frange dite « légale », celle qui s’est rendue aux urnes avec Pascal Affi N’Guessan, mais qui n’a pas fait une grande mobilisation (9,29 % à la présidentielle de 2015) – le FPI d’Affi N’Guessan est reconnu par les autorités judiciaires ivoiriennes. D’un autre, il y a les GOR (Gbagbo ou rien), ceux qui étaient restés loyaux à Laurent Gbagbo. Les GOR compte 17 députés sur 255.

 Avant le constat de rupture totale, plusieurs rapprochements entre Gbagbo et Affi N’Guessan n’ont pas réussi, et Laurent Gbagbo considère que son ancien Premier ministre (Pascal Affi N’Guessan), avec lequel il n’attend pas s’engager dans une bataille juridique, a confisqué son parti. Toutefois, en fin politicien qui a réussi à remonter la pente par le passé, Laurent Gbagbo pourrait renforcer les assises de sa nouvelle formation politique. « Laurent Gbagbo reste populaire du fait de sa légitimité comme opposant historique d’Houphouët Boigny », affirme le sociologue Fahiraman Rodrigue Koné, chercheur à l’Institut des études de sécurité (ISS). « Laissons Affi avec l’enveloppe et nous avec le contenu », a dit l’ancien président aux membres du comité central de son parti.

L’avenir est encore flou

Cependant, les proches du président Ouattara ne souhaitent pas voir Laurent Gbagbo briguer la présidentielle en 2025 sans que leur leader n’y soit engagé. Pour Mamadou Touré, porte-parole du RHDP, parti du président Ouattara, si Gbagbo est candidat, leur leader le sera aussi. Selon ce ministre ivoirien de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, le président Ouattara va gagner cette prochaine élection. Il y a ainsi peur de voir le passé resurgir comme entre 2010-2011, époque où le camp de Gbagbo et celui d’Alassane Ouattara s’étaient mis à revendiquer respectivement la victoire. D’autre part, si Alassane Ouattara ne sera pas candidat, faudrait-il qu’il n’insère pas dans la constitution ivoirienne la limite d’âge, étant donné qu’il en a l’intention. Sinon, âgé actuellement de 76 ans, Laurent Gbagbo ne pourrait se présenter à la présidentielle.

L’atmosphère délétère

Le 27 juillet 2021, Ouattara et Gbagbo s’étaient rencontrés au palais présidentiel, se donnant des accolades en avançant main dans la main. Leur rencontre s’était faite dans un climat cordial au point que  Laurent Gbagbo en a profité pour appeler le chef de l’Etat ivoirien à libérer les prisonniers arrêtés pendant la crise violente post-électorale de 2010- 2011.

En ce moment où on parle réconciliation, revenir aux rivalités politiques n’arrangerait pas les choses. Surtout comme les plaies ne se sont pas encore cicatrisées. Toutefois, les fédérations des victimes de la crise post-électorale de 2010-2011 ne souhaitaient pas voir Gbagbo revenir en politique. Une frange de la population l’accuse toujours de crime contre l’humanité à cause de 3 000 morts déplorés lors de ladite crise postélectorale.

 Jusque-là, il y a des non-dits.

Certes, Laurent Gbagbo est rentré au pays sans inquiétude, mais une procédure judiciaire était engagée contre lui et celle-ci avait abouti à une condamnation par contumace à vingt ans de prison. Le gouvernement avait indiqué qu’il ne ferait pas appliquer cette peine dû au braquage de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), fait lors des événements de 2010-2011. Il semble que l’exécutif avait négocié le retour au pays de Gbagbo contre le renoncement de ce dernier à l’exercice de toute activité politique.

 Hubert MWIPATAYI

Continue Reading

International

Coups d’Etat en Afrique: un cycle perpétuel sans fin ?

Depuis les années 60 jusqu’aujourd’hui, la situation de commission des coups d’Etat en Afrique n’a pas changé d’un iota. En juillet 2021, les autorités malgaches ont annoncé qu’une tentative d’assassinat contre le président Andry Rajoelina a avortée. En mai de cette même année, le Mali a connu un coup d’Etat, un deuxième en moins d’un an et la menace des putschistes plane toujours çà et là sur le continent.

Published

on

Depuis 1952, année au cours de laquelle un mouvement d’officiers libres a fait tomber Farouk 1er en Egypte, jusqu’au putsch intervenu au Mali le 18 août 2020, lequel a permis à Assimi Goïta de remplacer Ibrahim Boubacar Keita à la tête du pays, il y a eu environ 140 coups d’Etat en Afrique sans compter les insurrections et les révolutions ratées.

Presque tous les pays africains sont concernés par ce fléau. Rien qu’en 1966, il y avait eu une dizaine de putschs. Avec le coup d’Etat de la Saint Sylvestre en République Centrafricaine (RCA), le 1er janvier 1966, Jean Bedel Bokassa renversa David Dacko. Quelques jours après, soit le 15 janvier 1966, au Nigeria, Johnson Aguiyi-Ironsi fera tomber Nnamdi Azikiwe, alors que le 3 février de la même année, en HauteVolta, Aboubacar SangouléLamizana évincera Maurice Yaméogo. Le 21 février 1966 au Ghana, Joseph Arthur Ankrah remplacera Kwame Nkrumah par un coup de force et le 8 juillet Ntare V écartera Léopold Biha au Burundi. Toujours en juillet de la même année, au Nigeria, Yakubu Gowan remplacera Johnson Aguiyi Ironsi et le 29 novembre, au Burundi, Michel Micombero expulsera à son tour Ntare V. Entre-temps en Ouganda, Milton Obote fera partir Edward Muteesa. En 1979, au moins 7 coups d’Etat seront perpétrés. Denis Sassou N’Gouesso accédera au pouvoir en cette année, en déposant Joachim Yhombi-Opango qui, deux ans auparavant avait fait la même chose contre Marien Ngouabi.

En RDC, deux coups d’Etat ont été commis, le premier par Joseph Désiré Mobutu vis-à-vis de Joseph KasaVubu, le 24 novembre 1965, et le deuxième par Laurent Désiré Kabila, le 17 mai 1997, contre le tombeur de KasaVubu. Il faut avouer qu’à l’instar de deux Français (qui seraient des anciens militaires) accusés d’avoir comploté dans la tentative d’assassinat du président malgache en juillet 2021, des étrangers sont souvent de mèche dans beaucoup de coups d’Etat sur le continent.

 L’impasse de la prise de pouvoir par la junte militaire

Si en 1965, Joseph-Désiré Mobutu avait pris le pouvoir en tant qu’officier de l’armée en RDC, cela n’a pas changé plusieurs décennies après. Après la mort d’Idris Deby, les militaires ont installé son fils au pouvoir, à la tête d’un conseil militaire de transition. Autant dire qu’un peu partout, c’est souvent l’armée qui est à la manouvre. Tel a été le cas au Zimbabwe où, en 2017, les militaires avaient pris le pouvoir, mettant ainsi fin aux 37 ans de règnes de Robert Mugabe.

  Les tentatives de coups d’Etat

Plusieurs tentatives de coups d’Etat ont aussi eu lieu en Afrique. En RDC, le 27 février 2011, un putsch présumé avait raté à Kinshasa. Une centaine d’hommes lourdement armés et habillés en tenues civiles, venant, selon les sources onusiennes, de Brazzaville, avaient attaqué la résidence de Joseph Kabila, située au quartier GLM, à Gombe, entre 13h00, et 13h30. Ces assaillants voulaient aussi attaquer la base logistique du camp Kokolo. D’autre part, en 2013, 20 Congolais avaient été jugés en Afrique du Sud, précisément à Pretoria, pour tentative de coup d’Etat contre le régime de Kinshasa.

Toutefois il est arrivé que les dirigeants au pouvoir montent des scènes de coups d’Etat manqués, justement pour mettre en pièces certaines personnes qui gênent. Le cas du Général Jean-Marie Michel Mokoko, candidat à la présidentielle de mars 2016 au Congo-Brazzaville, accusé d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, l’illustre mieux. Mais il y a aussi le cas du faux coup d’Etat monté et manqué contre le président Mobutu le 9 juin 1975, un « putsch » pour lequel le Sénateur Raymond Omba avait en 2015 demandé la révision du procès qui avait abouti à la condamnation de plusieurs officiers. Le Sénateur Omba qui en ce moment exerçait comme chef de la sécurité de Mobutu, affirme que ce fut un montage.

 Des coups d’Etat (politiques) différents des putschs

Il arrive en politique que l’on qualifie certains faits de coup d’Etat. Au terme du conclave de l’opposition tenu à Bruxelles (Belgique) en 2016, les résolutions prises étaient considérées par la Majorité présidentielle (MP) en ce moment-là en RDC comme un véritable coup d’Etat contre la démocratie et la constitution. En 2015, soit une année avant la fin du pouvoir du président congolais, Vital Kamerhe avait lui aussi accusé Joseph Kabila de vouloir faire un coup d’Etat constitutionnel, en appelant à un nouveau système électoral et de chercher à faire passer le pays dans une nouvelle République.

On tourne en rond

 Certains se sont posé la question de savoir pourquoi il y a tant de coups d’Etat notamment en Afrique de l’ouest. Selon l’écrivain béninois Florent Couao Zotti, la plupart des pays où les militaires ont interrompu le processus politique, n’ont jamais été exemplaires. Cet auteur Lauréat du Prix Ahmadou Kourouma 2010 déclare ce qui suit : « Les militaires reprochent aux civils d’avoir ‘’bordelisé’’ la République mais quand ils arrivent au pouvoir, ils font la même chose, ils s’accrochent au pouvoir et c’est l’éternel recommencement ».

 Hubert MWIPATAYI

Continue Reading

International

L’EGALITE DEVANT LA LOI : UN VOEU PIEUX ?

L’égalité devant la loi ou l’égalité en droit est le principe selon lequel tout être humain doit être traité de la même façon par la loi. Cette définition, nantie des bonnes intentions, tient-elle le coup face au poids de la réalité quotidienne ? Analyse.

Published

on

Aussi bien à travers le monde qu’en République démocratique du Congo, le terme « égalité » est repris dans plusieurs lois. En commençant par la loi fondamentale, la constitution du 18 février 2006. Ce plus grand instrument juridique du pays évoque le principe d’égalité de droits, de chance et même de sexe. Il existe même une loi organique, la loi du 1er août 2015 relative aux modalités d’application des droits de la femme et de la parité.

 Le pays a ratifié, en amont, toute une batterie d’instruments juridiques internationaux pour asseoir sa législation interne, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mais force est de constater que cette égalité voulue sur papier ne fait toujours pas le quotidien des Congolais. Encore moins d’autres citoyens du monde dans plusieurs pays, pour la grande majorité.

En RDC, par exemple, la parité voulue par le constituant n’a jamais été respectée en réalité. Dans plusieurs postes de responsabilité, l’autorité ayant compétence de nomination devait observer cet état de chose.

Ce qui ne se fait toujours pas, poussant de femmes à réclamer, après chaque nomination. Même le quota de 30 % voulu obligatoire au sein du gouvernement n’est jamais atteint depuis l’instauration dudit quota. Seul, le gouvernement Sama Lukonde l’a frôlé en faisant 27 % de présence féminine au sein de l’équipe gouvernementale.

 Cette loi a pourtant eu pour but la promotion de l’équité de genre et de l’égalité des droits, de chances et de sexes, dans toute la vie nationale, notamment la participation équitable de la femme et de l’homme dans la gestion des affaires de l’Etat. Un vœu qui reste pieux depuis 2015 année de la promulgation de la loi jusqu’à ce jour.

Face à la justice…

 L’égalité devant la loi ou l’égalité en droit est le principe selon lequel tout être humain doit être traité de la même façon par la loi. Ce qui relève du principe d’isonomie. Autrement dit, aucun individu ou groupe d’individus ne doit donc avoir de privilèges garantis par la loi. En effet, tous les textes de constitutionnalité s’accordent sur le fait que tous les citoyens sont égaux en droits. Ainsi, aucune distinction non fondée ne peut avoir lieu et ce, particulièrement, devant la loi et la justice. Cependant, certaines particularités d’ordres pratique et social compromettent ce principe d’égalité. Des exemples sont légions !

A Kinshasa, un slogan en lingala est devenu culte : « Ba sambaka na mutu ya mbongo té », (on ne va pas en procès contre un riche). Cette phrase, à elle seule, passe pour un symbole de l’inégalité (en pratique) devant la justice. Ou encore, cette autre phrase chantée par l’artiste Koffi Olomidé : « Mwana mokonzi akotaka boloko té », (le fils d’un chef ne fait pas de prison. Ces énoncés constituent un reflet de l’inégalité de la société face à la loi ou à la justice. Quand bien même, sur papier, les textes peuvent évoquer cette pseudo égalité.

 Ailleurs, on n’y échappe…

Au-delà des frontières africaines, ailleurs, on n’y échappe pas ! Même si, outre-méditerranée, la situation est moins dramatique que dans des pays en voie de développement. En France, par exemple, les cas des inégalités face à la loi sont aussi observables. Devant une affaire d’injustice, plusieurs Français n’hésitent à remettre en doute la capacité de l’Etat à être en phase avec la devise qu’ils lisent devant les frontons de leurs institutions : « Liberté, égalité, fraternité ».

On pourra penser à l’affaire Polanski, ce réalisateur franco-polonais, accusé de viol sur une fille de 13 ans en 1977 mais dont l’affaire a ressurgi en 2009. Et des artistes, néo-philosophes, et surtout deux ministres dont celui de la Culture de l’époque, Frédéric Mitterrand, sont venus en reflexe au secours du cinéaste devenu francoaméricain au seul prétexte qu’il est un grand artiste.

  Et qu’il ne relèverait pas du droit commun du pédophile, que la justice passe son chemin.

Et la justice française a eu toute la peine pour arrêter le cinéaste, encore moins pour poursuivre cette affaire où la victime a rappelé qu’elle avait été droguée et sodomisée à 13 ans et demi. L’opinion française a eu la vague impression que la justice n’est pas arrivée à bout de Roman Polanski à cause de sa carrure, réalisateur talentueux de grand renom qu’il fallait protéger !

 Egalité, juste idéaliste ?

Face aux réalités des inégalités quotidiennes, l’égalité devant la loi devrait-elle être considérée comme juste idéaliste ? L’on est tenté d’y croire, tant que les hommes ne seront pas  matériellement égaux. Pour l’économiste et philosophe autrichien Friedrich Hayek, l’égalité matérielle et l’égalité en droit sont incompatibles. Or, l’égalité matérielle est difficile à obtenir, car l’inégalité des conditions matérielles est une conséquence directe de l’égalité devant la loi, en raison « des aptitudes différentes » des individus.

Donc, à bien d’égards, l’égalité devant la loi reste, à ces jours, un vœu pieu. Tant que des disparités subsisteront dans la société et qu’il n’y aura pas des mesures contraignantes pour faire plier tout le monde devant la loi, ce fossé subsistera.

Dido NSAPU

Continue Reading

NOUS SOMMES AUSSI SUR FACEBOOK

Trending

WeCreativez WhatsApp Support
Notre rédaction est là pour répondre à toutes vos préoccupations. N'hésitez pas !
👋Bonjour, comment puis-je vous aider ?
error: Attention: Le contenu est protégé !