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SONAS : Lucien BONYEME fait bénéficier à ses cadres une formation sur la passation des marchés publics

Le Directeur général de la Société Nationale d’Assurances(SONAS), Lucien Bonyeme Ekofo, est déterminé à apporter un vent de transparence dans la gestion de cette société. Pour ce faire, un séminaire de renforcement des capacités relatif aux procédures nationales de passation des marchés publics a été organisé dans son entreprise.

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Ayant toujours placé l’homme au centre de son programme d’action, l’équipe dirigeante de la SONAS SA n’a ménagéaucun effort pour assurer continuellement la formation de son personnel. Lucien Bonyeme Ekofo considère la formation – depuis sa prise de fonction – comme un levier d’optimisation des résultats auxquels l’entreprise aspire sous sa gouvernance.Ainsi, ce séminaire organisé en ce mois de septembre 2022 portait-il sur les procédures nationales de passation des marchés publics édictées par la loi n° 10/010 du 27 avril 2010 relative aux marchés publics ainsi que ses textes d’application.

M. Dominique Bushebu, chef de Division de la formation à l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), représentant du Directeur général empêché, a fait savoir dans son mot de clôture que c’est dans cette perspective qu’après la mise en place de la Cellule de Gestion des Projets et des Marchés Publics, la Direction générale de la SONAS a fait appel à l’expertise de l’ARMP pour mieux préparer les cadres et agents à maitriser les procédures nationales de passation des marchés publics.

Lors de cette session de formation, les formateurs de l’ARMPont rempli fidèlement leur mission. La Direction générale n’a émis aucun doute quant aux retombées de cette formation. Notamment sur les capacités renforcées au bénéfice des membres de cette structure technique appelés à réaliser les opérations relevant des dispositions de la loi qui organise la passation des marchés en République démocratique du Congo.

Par ailleurs, le chef de Division de la Formation à l’ARMP a exprimé sa gratitude à l’endroit du Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, qui est l’autorité de tutelle de l’ARMP, pour l’attention et le suivi qu’il apporte au secteur de la commande publique au travers du Programme global du gouvernement.

« A cette date d’aujourd’hui », précise Dominique Bushebu, « vous voici arrivés, chers membres de la Cellule, au terme du séminaire de renforcement des capacités ayant porté sur les procédures nationales de passation des marchés publicsédictées par la loi n° 10/010 du 27 avril 2010 relative aux marchés publics ainsi que ses textes d’application ».

Et de renchérir : « pendant 10 jours sans trêve, vous vous êtes attelés, avec grand intérêt et une assiduité remarquable, à découvrir, pour la première fois, les méandres que comprennent les procédures de passation des marchés publics. L’évaluation faite par nos experts formateurs ainsi que les divers commentaires issus de vos panels de travail, témoignent de tout le sérieux qui a caractérisé le déroulement de ce séminaire ». 

Pour Dominique Bushebu, la Direction générale de la SONAS SA croit certainement qu’à ce jour, les séminaristes ont eu une vue, non pas panoramique mais suffisamment profonde de ce que représente le secteur des marchés publics aujourd’hui pour le développement du pays. Les connaissances acquises tout au long de cette session leur ouvriront de nouvelles perspectives dans la prise en charge quotidienne de leurs tâches et responsabilités en tant qu’animateurs d’un organe aussi technique qu’est la Cellule de Gestion des Projets et des Marchés Publics au sein de la SONAS SA.

Il a rappelé en outre que la commande publique occupe près de 60 % de la dépense du budget de l’Etat. Son affectation ne peut pas se faire selon les humeurs ou les sentiments des décideurs. Il faut, pour ce faire, observer les règles spécifiquespour une utilisation efficace et efficiente de fonds alloués à l’entité. Bref, il est question de cultiver les valeurs éthiques pour une gestion orthodoxe des deniers publics basée sur le respect des procédures en la matière.

Il s’est dit convaincu qu’au terme de cette formation, eu égard aux connaissances approfondies acquises sur les marchés publics et à la maîtrise des points névralgiques des procédures de préparation de passation des marchés et d’évacuation des marchés, les participants à cette cession étaient désormais mieux outillés pour accomplir sans faille leur mission fondamentale, celle de conduire l’ensemble de la procédure de passation des marchés publics au sein de la SONAS SA.

Avec l’apprentissage de ce nouveau dispositif légal et règlementaire de la RDC qui régente désormais les marchés publics, les séminaristes n’ont plus droit à l’erreur, sous peine de tomber dans des irrégularités d’omission ou de mauvaise intension. Ce qui, du reste, demeurent répréhensibles. Dans ce cadre, il les a invités au sens élevé de responsabilité en mettant rigoureusement en pratique la théorie apprise, par une stricte observance des exigences de la règlementation dans ce secteur.

Pour sa part, le Directeur de Région Kinshasa Ouest-Equateur (DRKOE), Louis Minzeni Alamba, représentant du Directeur Général de la SONAS SA, a procédé à la clôture officielle du séminaire de formation au bénéfice des membres de la Cellule de Gestion des Projets et des Marchés Publics (CGPMP) de la SONAS SA. 

Ce dernier a d’abord présenté ses hommages au chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo qui, par sa vision globale, poursuit, nuit et jour, cette dynamique qui privilégie la culture du respect des textes légaux et réglementaires qui soutient l’Etat de droit. Parmi ces textes, les deux leviers de la commande publique que sont la loi n°10/010 du 27 avril 2010 relative aux marchés publics et la loi n°18/016 du 9 juillet 2018 relative aux contrats de Partenariat Public-Privé, lesquelles constituent un socle de développement d’un nouveau Congo.

Raymond OKESELEKE

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Pape François en RDC : le grand rendez-vous honoré

Après près de trente-huit ans, un souverain pontife a encore foulé le sol de la République Démocratique du Congo. Le Pape François est arrivé ce mardi 31 janvier 2023 dans la capitale congolaise, devenant ainsi un deuxième Pape de l’histoire après Jean-Paul II.

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La visite du Saint Père qui a débuté ce 31 janvier au 3 février en RD. Congo, consiste avant tout à encourager les fidèles de l’Eglise catholique à être des artisans de paix. Sur environ 105 millions d’habitants que compte la RDC, environ 90% sont des chrétiens. Et, le pape va apporter du réconfort et encourager aussi les catholiques à être des facteurs de paix dans un pays qui subit des conflits depuis plus de deux décennies. 

Depuis 2012 et à cause des terroristes du M23 soutenus mordicus par le Rwanda, le nord du pays est en proie à « des affrontements violents ». C’est dans un tel contexte que le souverain pontife arrive à Kinshasa avec un message de réconciliation et de réconfort. La RDC compterait 40% descatholiques, 35% des protestants et pentecôtistes, 9% desmusulmans et 10% des Kimbanguistes (église chrétienne née au Congo). Ce qui démontre l’importance d’une telle visite dans un pays majoritairement chrétien. 

La RDC est un État laïc, mais la religion est omniprésente dans le quotidien des Congolais. L’Eglise catholique en particulier a parfois joué un rôle de premier plan dans la politique de la RD. Congo. Au cours de son voyage aux enjeux multiples, cette visite consiste également à une relancede l’espérance face à la situation dans l’Est du pays. Dans une interview accordée à Vatican News après les vœux du Pape au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, un diplomate congolais a tout d’abord exprimé son appréciation pour le discours du Saint-Père, dans lequel «il a abordé les maux qui minent le monde, tout en souhaitant que cette nouvelle année soit une année d’innovation pour la paix dans ce monde où la division et les guerres se multiplient».

Un souffle nouveau

La RD Congo qui aspire tant à la paix, souhaite que cette visite apporte un plus dans cette recherche déjà amorcée. La rencontre du Pape avec des victimes des exactions dans la région. Est du pays sera une marque d’attention et de considération du Saint Père, qui se préoccupe de la situation dans cette partie du Congo et qui appelle à la fin de ce supplice que la population congolaise connait depuis bien longtemps.

Ce voyage en RDC est la 40ème visite à l’étranger du pape François depuis son élection en 2013, et une première de l’année 2023 qui commence par la République démocratique du Congo puis la République du Soudan du Sud. Le Pape François est attendu à Juba, au Soudan du Sud, du 3 au 5 février 2023. Ce voyage apostolique était initialement prévu en juillet dernier et reporté pour des raisons de santé en juin 2022. Le Vatican avait évoqué des douleurs au genou qui ont empêché ce déplacement. Le pape François aura 86 ans en décembre prochain. L’étape de Goma, dans son voyage, a été annulée suite à la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Dans ces deux pays régulièrement secoués par des violences, la sécurité du pape s’annonce comme un défi majeur pour son service de protection et les organisateurs locaux. Kinshasa a déployé les gros moyens pour assurer la sécurité du Pape, quadrillant le nord de la commune de la Gombe par la Garde républicaine mais aussi en déclarant férié l’avant-midi de la journée de mercredi 1er février, jour de la célébration de la messe grandeur nature à l’aérodrome de Ndolo, à Kinshasa.     

Depuis son élection en 2013, François s’est rendu à quatre reprises en Afrique, notamment au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique, en Egypte et au Maroc. Son dernier déplacement africain remonte à septembre 2019, lorsqu’il s’était rendu au Mozambique, à Madagascar puis à l’île Maurice. La dernière visite d’un pape à Kinshasa remonte à août 1985, quand Jean Paul II avait passé deux jours dans ce pays qui s’appelait alors le Zaïre.

Raymond OKESELEKE

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Budget 2023 : le gouvernement pourra-t-il aller au-delà des 16,8 milliards de dollars ?

En 2022, le gouvernement a atteint ses assignations annuelles en juillet et le dépôt d’un collectif budgétaire au parlement était envisagé. D’après le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, le surplus récolté après l’atteinte des assignations, évalué à 2 milliards de dollars en ressources propres, a notamment servi au paiement de la facture pétrolière.

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 Selon le ministre des Finances, la RDC a ajouté trois points de PIB supplémentaires par rapport à ce qui était prévu. Elle a réalisé à peu près deux milliards de dollars additionnels en ressources propres. Cet argent a servi, indique-t-il, au paiement de la facture pétrolière dont le montant libellé au budget était de 80 millions de dollars, mais les dépenses effectuées ont avoisiné 500 millions dollars. A en croire l’argentier congolais, une partie de ce montant a été affectée à l’investissement et une autre aux rémunérations (qui évoluent parfois au-delà de ce qui est prévu), vu que des nouveaux barèmes non prévu ont été introduits. « Il y a enfin la dette intérieure, mais aussi le remboursement de la TVA. On était à 170 millions prévus mais on est arrivé à 300 millions », détaille-t-il.

Pourra-t-on atteindre 20 milliards de dollars en 2023 ?

Se montrant réservé, le ministre des Finances refuse de prendre le risque de pronostiquer. Il estime que ce serait prétentieux de se hasarder à fixer un montant supérieur à celui indiqué par le Parlement. « Je n’aime pas claironner, j’aime travailler », indique-t-il en reconnaissant que le gouvernement à un gros challenge.

 Toutefois, Nicolas Kazadi reconnait que le contexte politique joue un rôle important, qui favorise la mobilisation des recettes. « La lutte contre la corruption a démarré et il n’y a pas de doute là-dessus. Nous avons un pouvoir politique qui est plus clair …qui n’est pas dans l’affairisme et qui est là pour s’assurer que ce qui est à l’Etat rentre dans la caisse de l’Etat et le message est passé à tous les niveaux et c’est comme ça que vous voyez que du point de vue de l’éthique, dans les régies financières, il y a une inversion. Tout n’est pas encore parfait, mais il y a une inversion par rapport au passé », se félicite-t-il.

 Sur le plan technique-opérationnel, renchérit-il, il y a un suivi qui est plus rapproché puisque le contexte politique le permet. « Je le vois au quotidien », témoigne-t-il.

Des espaces récupérables…

Somme toute, le ministre des Finances demeure optimiste par rapport à la mobilisation des recettes. « Ce pays n’est pas bien fiscalisé. Il y a trop d’actes générateurs, mais au mauvais endroit et mal fait. Il y a énormément de marge. Nous sommes passés entre 2018 et 2022 de 8% du PIB en termes de pression fiscale à 15 %, même le FMI ne s’y attendait pas », fait-il remarquer.

Nous sommes dans l’action et nous essayons de récupérer tous les espaces que nous estimons récupérables, insiste t-il avant de réaffirmer qu’il y a trop de marge à récupérer. « 15 %, cela nous laisse encore au moins 5 points de pourcentage à gagner par rapport à la moyenne africaine. Et 5 points de pourcentage par rapport au PIB, ça vous fait trois milliards. Si on compte un pays de 60 milliards à peu près, ça fait 600 millions fois 5, nous sommes dans les 3 milliards que l’on peut encore gagner, toute choses restant égales par ailleurs », développe-t-il.

 « Je sors d’une retraite économique de deux jours à Zongo avec mes équipes et l’ensemble du ministère les régies et autres. Nous avons été dans les détails de nos défis pour l’année 2023, ce qu’il y a lieu de faire pour maintenir le cap. Nous travaillons différemment. A cela il faut ajouter les actions des organes de contrôle dont l’IGF pour nous renforcer, l’idée que ce ne sera plus comme avant », rassure-t-il.

 Hubert MWIPATAYI

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Interview

Jean-Jacques Lumumba :« L’un des principaux problèmes reste la justice au Congo »

Lanceur d’alerte et militant anti-corruption, l’ancien banquier congolais JeanJacques Lumumba est revenu sur les problèmes de corruption qui gangrènent la République démocratique du Congo. Dans un entretien exclusif accordé à Heshima Magazine, le petit-neveu de Patrice Emery Lumumba fait l’autopsie de ce fléau et pointe notamment du doigt la faiblesse de la justice. Interview !

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Heshima Magazine : Monsieur JeanJacques Lumumba, on ne parle plus que de l’IGF au pays. Où sont passés les mouvements citoyens et les lanceurs d’alerte pour mener la lutte contre la corruption et dénoncer d’autres actes de megestion ?

Jean-Jacques Lumumba : Je pense que dire qu’on ne parle plus que de l’IGF n’est pas vrai parce que les ONG travaillent et continuent de   dénoncer des faits de corruption. La plupart des faits de corruption ne sont pas dénoncés que par l’IGF. Je pense que l’IGF est une institution publique et pour que les faits de corruption soient rendus possibles, il y a des lanceurs d’alerte. Malheureusement pour le cas du Congo, ces lanceurs d’alerte, pour beaucoup, doivent accepter de rester anonymes. Pour que vous puissiez entendre qu’ici et là il y a des dossiers de corruption, il y a des lanceurs d’alerte. L’IGF n’est pas une institution de magiciens pour deviner des faits ou des cas de corruption. Seulement qu’aujourd’hui ou par exemple hier, sous le règne de monsieur [Joseph] Kabila, cette institution était quasiment mise dans un tiroir. Mais les ONG, les lanceurs d’alerte et les activistes continuent à dénoncer des faits de corruption. La plupart des faits de corruption que nous connaissons et que nous avons mis à la place publique… Donc, les lanceurs d’alerte et les ONG ne croisent pas les bras parce qu’il y a des cas de corruption qui continuent à être révélés.

L’Inspection générale des finances a rendu publics des rapports explosifs sur la SODIMICO SA et la COMINIERE.SA dans lesquels le patrimoine minier de l’Etat a été bradé et dont les actifs miniers ont été cédés aux privés. D’après vous, que doit-on faire après ce rapport de l’IGF ?

 Je crois que je ne cesse de le dire. Je l’ai dit tout récemment lors de mon passage à la Voix de l’Amérique (VOA). Le problème n’est pas l’IGF, le problème se trouve dans le mécanisme de lutte contre la corruption en RDC. L’un des principaux problèmes reste la justice au Congo. Je crois que si on doit parler d’échec dans la lutte contre la corruption en RDC, cela se situe au niveau de la justice. L’IGF n’est pas la justice, l’IGF ne peut que faire des rapports, l’IGF ne peut que dire tel ou tel autre fait n’a pas marché correctement, c’est comme un organe de contrôle dans une entreprise. Moi ça ne me surprend pas, il y a de cela plusieurs années que nous étions en train de crier que les entreprises minières sont bradées et elles sont bradées avec la complicité des hommes politiques, elles sont bradées au détriment du peuple congolais. Et maintenant ce qui doit être fait, c’est le travail de la justice. Mais malheureusement, s’il n’y a pas de parquet financier, s’il n’y a pas une justice suffisamment financée p o u r per – mettre à ce que ces faits répréhensibles soient condamnés par la loi et que ces faits ne trouvent des responsables qui répondent devant la justice, malheureusement ça sera un rapport de plus qui ira dormir dans les tiroirs de la justice.

Qu’est-ce qui rend inefficace la lutte contre la corruption en RDC ?

Je crois qu’au-delà de l’absence de la justice, il y a un manque de volonté politique. Je crois que pour changer la justice, ça dépend des hommes. L’impulsion doit souvent venir d’en haut. Je crois qu’à un moment donné, les politiciens ou ceux qui gèrent la question de la politique en RDC doivent se poser la question si le secteur judiciaire au Congo est une réussite ou un échec ? Mais il faut dire la vérité, ça doit être un échec parce que sans une justice efficace, on ne peut pas parler de lutte contre la corruption.

Pensez-vous qu’un parquet financier est nécessaire ?

 Aujourd’hui, je ne cesse de conseiller et de me battre pour l’arrivée d’un parquet financier. Je ne cesserai de me battre pour qu’il y ait beaucoup de moyens pour que la Cour des comptes fasse bien son travail. Bravo, les juges ont prêté serment ! Mais ce n’est pas du tout suffisant ! Ils ont besoin de travailler. Ce n’est pas normal aujourd’hui que nous puissions nous rendre dans un tribunal, sans moyens suffisants pour faire l’administration ! Les juges n’ont pas de moyens pour avoir des papiers duplicateurs, même pour imprimer, c’est tout un problème. Vous pouvez avoir un problème au niveau de la justice, on vous demande du papier, on vous demande de l’encre pour pouvoir monter votre dossier… Aujourd’hui, on parle de l’accroissement du budget, moi je pense que si le budget est en train de monter et que cela ne sert qu’à nourrir la classe politique et à nourrir les politiques, je crois qu’à un moment donné il faut se poser pas mal de questions. Je crois qu’aujourd’hui l’enjeu n’est pas de dire que les recettes publiques sont en train d’augmenter, à un moment donné on doit se dire : ça augmente mais ça sert à quoi et cela alimente qui finalement ? Tout l’enjeu se trouve à ce niveau. Je crois qu’il y a lieu de mettre énormément des moyens pour pouvoir rendre justice. Aujourd’hui, les gens se plaignent qu’il n’y a pas assez d’investissements, si la question de la justice n’est pas réglée, quel est cet investisseur qui acceptera de placer ses moyens en RDC tout en sachant que demain il n’y aura pas une justice qui peut l’aider à rentrer dans ses droits ? C’est un problème […] Vous savez pourquoi nous parlons de parquet financier ? C’est parce que bien évidement les questions de corruption demandent une expertise toute autre, une expertise beaucoup affinée que la justice courante. Parce que les gens qui volent ou qui détournent de l’argent trouvent des mécanismes et ces mécanismes sont souvent transnationaux qui vont au-delà du Congo. Il faut à la fois un mécanisme interne qui permette à la fois le fonctionnement, le suivi dans les mécanismes internationaux. Exemple le plus récent, vous avez appris des affaires de corruption et des perquisitions sur la Coupe du monde au Qatar. Et vous avez des perquisitions qui se font en Belgique, donc vous comprenez que la lutte contre la corruption doit se baser sur une justice efficace à l’international. Par exemple ceux qui volent de l’argent au Congo ne vont sans doute pas le garder au Congo. Il faut qu’il y ait une justice efficace qui sera à même de collaborer avec une justice internationale pour traduire en justice le corrupteur et le corrompu.

Le chef de l’Etat a, dans son discours sur l’état de la Nation, annoncé que les cinq mille magistrats recrutés seront pris en charge par les budgets 2023-2024 en raison de 2500 magistrats par année. Cela peut-il résoudre le problème de justice en RDC ?

  J’ai eu à entendre beaucoup de plaintes par rapport au recrutement de ces magistrats. Il y a des bouches et des voix qui s’élèvent pour parler de la politisation de ce processus. Ce qui est quelque chose à condamner. Deuxièmement, je vais dire une chose : ces magistrats seront nommés évidemment mais quels sont les moyens dont disposent-ils pour bien faire leur travail ? Et quels sont les moyens de coercition qui ont été mis pour punir ces magistrats lorsqu’ils s’écarteront de la voie normale et légale ? Parce que pour pouvoir rendre justice équitable, il ne suffit pas seulement de recruter les magistrats, il suffit aussi de voir quels sont les moyens qui seront mis à leur disposition pour travailler et quelles sont les lois qui pourront les contraindre à bien faire leur travail… Il faut travailler sur le secteur de la réforme de la justice, parce que nous comprenons que ce qui s’est passé dans notre système judiciaire depuis l’indépendance est un fait criant. Le Congo est le lit de l’impunité depuis les indépendances […] Je pense que le critère d’exemplarité a été pris en compte dans le recrutement de ces magistrats. […] Je pense qu’il aura suffisamment des moyens pour les rémunérer et des moyens pour les contraindre à bien travailler.

Les enquêtes menées par l’IGF à la Présidence de la République et au Sénat n’ont pas été rendues publiques. Votre réaction ?

Je pense que ça reste quand même une affaire assez triste. Ne pas rendre public le rapport, je pourrais comprendre mais lorsqu’il y a des faits répréhensibles, cela doit être rapidement sanctionné. Lorsque l’IGF mène des enquêtes, elle les mène de fois avec beaucoup de communication, je ne sais pas pourquoi pour la Présidence et le Sénat rien n’a été dit. Alors que nous savons que les chiffres ne trompent pas. Sur plusieurs rapports concernant la reddition des comptes, la Présidence accuse un dépassement budgétaire. Il y a lieu de savoir qu’est-ce qui occasionne ce dépassement budgétaire. Savoir comment les dépenses au niveau de la Présidence, sont gérées. Le problème aujourd’hui en R.D. Congo, c’est aussi la surbudgétisation et la surconsommation du budget par les institutions politiques. Ce qui fait qu’il y a très peu de dépenses enregistrées dans le pays. Donc, quel que soit l’embelli des chiffres, cela n’influence que le train de vie des animateurs des institutions. Ces chiffres n’influencent pas le train de vie du citoyen congolais.

Dans une année, il va y avoir des élections générales. Quels sont vos souhaits ?

Je pense que je ne suis pas hésitant pour faire de la politique mais je continue à dire une chose : la politique, on ne la fait pas par opportunisme. Je n’ai pas pris une position à un moment donné dans ma vie pour combattre le mal pour forcément finir en politique. Je ne l’ai pas fait pour me dire demain je vais finir en politique.

 Après votre dénonciation sur des fonds publics à la BGFIBank, d’autres lanceurs d’alertes sont sortis des autres institutions financières de la RDC. En quoi vos dénonciations sont utiles au système bancaire congolais ?

Je crois que beaucoup de gens doivent prendre conscience que nous sommes responsables du malheur ou du bonheur de ce pays. Et je crois que d’autres lanceurs d’alerte doivent sortir. Malheureusement je déplore aujourd’hui que mes compatriotes Navy Malela et Gradi Koko soient condamnés à mort pour avoir dénoncé la corruption au sein de la banque dans laquelle ils étaient. Et cette condamnation à mort est arrivée sous le règne du président Tshisekedi.

 Pensez-vous qu’on arrivera à mettre fin aux mauvaises pratiques dans les institutions bancaires de la RDC ?

Je crois que les choses doivent être faites au niveau réglementaire. Il y a beaucoup de réformes à mener sur le plan bancaire. Il y a la centrale de risque qui doit fonctionner normalement. Il y a l’identification de la population qui doit aussi aider à faire fonctionner les choses. Il y a des responsabilités du point de vue de l’Etat, il y a aussi des réformes au niveau de la Banque centrale du Congo. Pour mettre fin à ces pratiques, parce que si l’autorité de régulation n’arrive pas à frapper, malheureusement vous constaterez que cela a un impact sur le reste de l’économie du pays. Avec des   réformes bien structurées et réfléchies, cela pourra rapidement prendre fin.

Aujourd’hui, les réserves de la Banque centrale du Congo ont atteint des plafonds inédits. Que pensez-vous du nouveau management de la BCC ?

Je pense qu’il y a lieu de faire la différence entre les réserves de changes et la gestion de la Banque centrale. Les réserves de change ne sont qu’un indicateur. Cet indicateur est à comparer avec beaucoup d’autres indicateurs. Je crois qu’aujourd’hui, il y a lieu de comparer le niveau de la dette publique intérieure par exemple. On n’en parle pas assez. Comparer le niveau de la dette publique intérieure et extérieure, tout cela est à mettre en phase avec les réserves de change. Puisque seules les réserves en elles-mêmes ne peuvent justifier la bonne santé financière d’un Etat. Je crois qu’il y a aussi les obligations, les engagements, les endettements d’un Etat qui doivent être mis ensemble. Parce que si derrière, la dette intérieure ne fait que s’accroitre, sachez que l’Etat est un mauvais payeur. Vous voyez que les réserves de change ne peuvent en elles-mêmes exprimer la bonne santé financière d’un Etat. Tous les indicateurs en économie doivent être jugés les uns par rapport aux autres.

Pourquoi n’y a-t-il pas de Congolais aujourd’hui propriétaires des banques ?

Est-ce que le Congo a permis de développer une classe moyenne ? Quand il n’y a pas de classe moyenne, sachez derrière il n y a pas de vrais riches. Aujourd’hui, pourquoi plusieurs jeunes sont tentés de faire de la politique au Congo ? Parce que l’entrepreneuriat au Congo ne paie plus. C’est parce que des gens ont du mal à entreprendre et à gagner de l’argent sans être tracassés. Très peu d’investisseurs, très peu de Congolais sont capables de créer une banque parce que pour créer une banque il faut des capitaux, il faut un environnement propice à développer cette banque. Et si les Congolais eux-mêmes n’ont suffisamment pas de moyens pour pouvoir se développer et développer leurs affaires, je ne vois pas comment ça peut faciliter la création d’une banque par des Congolais. Ça dépend de beaucoup de critères. C’est vrai qu’il y avait des Dokolo et Kindwelo à un moment donné, mais c’est le passé. C’était la structure de l’Etat à l’époque qui permettait à ce que les Congolais puissent se développer, croitre financièrement, avoir de l’argent, faire des affaires, et il y avait moins des tracasseries qu’aujourd’hui. Même si la libéralisation de notre économie n’a pas commencé aujourd’hui. Mais cela explique la mauvaise santé financière du Congolais aujourd’hui. Et la mauvaise structuration de notre économie qui ne permet pas à des gens de se développer. Parce que si vous êtes dans un environnement où il y a trop de tracasseries, où l’informel domine sur le formel, où l’Etat n’a pas assez de loi pour réguler les affaires, pour développer et permettre aux citoyens d’entreprendre et ne pas demain se retrouver dans une situation où il peut perdre tout son argent… Très peu d’entreprise en Europe ont connu des problèmes pendant le Covid-19. C’est vrai qu’il y a eu des casses dans le cadre du Covid, mais les casses en Afrique et surtout en RDC, les gens ont perdu de l’argent parce que derrière l’Etat ne sait pas venir en aide à ces gens là… Tant que l’Etat ne saura pas être en mesure de soutenir l’entrepreneuriat sur le plan des assurances, des lois…il sera difficile de créer une classe moyenne… Les gens se focalisent tous à vouloir faire de la politique parce qu’ils pensent que c’est là qu’il faut gagner de l’argent…

En ce qui concerne les finances publiques, le budget 2023 se chiffre à 16,8 milliards de dollars. Quelles sont vos impressions ?

 Je dis que la hausse est toujours une bonne chose… Mais la finalité c’est quoi ? Est-ce que ce budget va aider demain à faire plus de recrutement ? Lorsque vous regardez la structure de ce budget, malheureusement, il est concentré vers les politiques. Le train de vie de l’Etat, des politiques. Il est à 60% tourné vers la rémunération des politiques. Est-ce que ce budget focalise les dépenses sur l’armée ? Est-ce qu’on sent que l’éducation est prioritaire ? Ce n’est pas le montant mais la structure du budget. Il faut de moins en moins payer les politiciens. Nous sommes en train d’évoquer la question des millionnaires congolais ou des nantis congolais qui peuvent demain créer des banques, est-ce que ce budget prévoit une part, un fonds de garantie pour soutenir l’entrepreneuriat ? Je ne le pense pas ! Est-ce que ce budget met un accent particulier sur l’éducation, dans les domaines clé de l’ingénierie ? Est-ce que ce budget va tripler la paie de nos militaires ? Je ne crois pas. Est-ce que ce budget va prendre en compte la vie des veuves militaires, des orphelins militaires ? Je ne le crois pas ! […] Il faut aller vers un budget qui prend en compte la vie du plus grand nombre. Le social, c’est aller vers des projets d’investissement, aller vers des projets à caractère social, aller vers ce qui aura intérêt pour la plus grande partie de la population et non rémunérer des gens qui font de la politique.

Propos recueillis par Olyncia Muhong Kashema

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