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FMI, PARLEMENT EUROPÉEN, SÉNAT FRANÇAIS… LE TRAVAIL DE L’IGF SALUÉ À L’INTERNATIONAL

Après un travail apprécié au niveau local, la lutte que mène le Président de la République à travers l’Inspection générale des finances (IGF) est aussi saluée par des partenaires internationaux. Au FMI, à la Banque mondiale, aux Etats-Unis et bientôt au Parlement européen, l’IGF vend positivement les résultats de la lutte contre la prédation des finances publiques.

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Le travail qu’abat l’IGF dans la lutte contre le détournement des deniers publics en République démocratique du Congo crée un climat de confiance au niveau des institutions financières internationales et même des partenaires extérieurs. L’inspecteur général des finances-chef de service, Jules Alingete est depuis un temps sollicité à l’étranger pour promouvoir les résul- tats du travail de lutte contre la prédation des finances publiques déclenchée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. Une vision que Jules Alingete et ses inspecteurs s’em- ploient à réaliser au quotidien.

Ainsi, le mois de septembre 2022, s’inscrit désormais en lettres d’or dans les annales de l’IGF : elle marque une étape majeure de la consécration des efforts de lutte contre la mauvaise gouvernance menée sous le Président Tshisekedi. Le pa tron de l’IGF est en effet invi- té aux États-Unis d’Amérique

Elle est appelée à renforcer ses capacités de contrôle dans tous les volets prévus dans cet appui, notamment combattre les exonérations fantaisistes, contribuer à la réduction des dépenses d’urgence, maitriser la masse salariale dans le secteur public .

pour recevoir un prix qui en est le témoignage. En escale sur le vieux continent, ça sera au tour du Parlement européen de lui en décerner un autre dans la même optique. Déjà à Kinshasa, une délégation de la Ligue universelle du bien public avait, en avril dernier, nominé Jules Alingete pour la médaille d’or de lutte contre la corrup- tion en République démocratique du Congo. La remise de cette récompense est prévue au Sénat français en octobre 2022. Lors de l’annonce de ce mérite, le gendarme financier de l’Etat avait immédiatement renvoyé l’ascenseur à « l’artisan principal » de cette lutte contre l’impunité, le Président de la République, Félix-An toine Tshisekedi.

« Au nom de son Excellence Monsieur le Président de la Ré- publique, Chef de l’Etat, l’artisan principal, le planificateur et le stratège de la lutte contre l’impunité déclenchée en RD Congo, nous leur disons merci. », avait dit Jules Alingete à cette délégation. Pour cette struc- ture, le travail de l’IGF avait changé l’image extérieure de la RDC. « Ce choix, c’est le travail et l’image extérieure du pays qui nous a séduit dans cette démarche et le courage qui a été fait par le Congo d’impliquer et de mettre en place cette politique anti-corruption et pour donner une image de l’Afrique à l’extérieur, une vraie image autre que celle qu’on entend chez nous en France », a avoué Stéphane Meterfi, président de la délégation française de cette ligue.

L’IGF et le projet des 145 territoires

Une délégation du FMI a été reçue le 7 septembre 2022 par l’inspecteur général des finances-chef de service, Jules Alingete Key. Au menu des échanges, cette délégation tenait à s’informer sur le point de vue de ce service quant à la qualité des investissements en République démocratique du Congo.

Face au sérieux démontré par l’IGF dans le contrôle des finances publiques, le FMI souhaitait vivement voir cette institution s’impliquer également dans le contrôle de l’exécution des travaux du projet de développement à la base des 145 territoires.

D’après M. Jean Luc Helis du Département des finances publiques au FMI, il était question de voir de quelle manière organiser davantage le processus de gestion de ce projet. « De notre côté, nous essayons d’aider le gouvernement à bâ tir des outils qui permettraient d’avoir les informations plus exhaustives et fiables », a-t-il fait savoir.

Un appui du FMI à l’IGF

Pour permettre à l’IGF de mieux accomplir son travail de contrôle, le FMI avait apporté en août 2021 un appui financier de l’ordre de 1,5 million de dollars américains, étalé sur une période de trois ans. Globale- ment, l’objectif recherché est d’améliorer la qualité de la dé- pense publique en République démocratique du Congo. Or le projet de développement à la base des 145 territoires va bénéficier de centaines de millions de dollars pour sa réalisation. Ce qui requiert un contrôle de l’IGF pour mener à bien ce projet. En quête de résultats palpables, le FMI avait insisté sur les points cruciaux ayant conduit à cet appui financier. Ses objectifs ont trait à la mobilisation des recettes, à l’amélioration de la qualité de la dépense et de reconstitution de la marge de manœuvre pour les dépenses les plus essentielles. Pour les atteindre, l’IGF semble être un passage obligé : « Il s’agit des objectifs majeurs auxquels l’IGF ne peut qu’être associée ».

Pour parvenir à un meilleur contrôle, l’IGF devra peser de tout son poids. « Elle est appelée à renforcer ses capacités

de contrôle dans tous les volets prévus dans cet appui, notamment combattre les exonérations fantaisistes, contribuer à la réduction des dépenses d’urgence, maitriser la masse salariale dans le secteur public », avait  déclaré Jules Alingete.

La Banque mondiale jette des fleurs…

La Banque mondiale a aussi jeté des fleurs à l’IGF pour son travail dans le contrôle des finances publiques. Le directeur régional du Département des programmes croissances équitables, finances et institution de la région de l’Afrique du sud et de l’Est, Assad Alam était reçu le 10 juin dernier à l’IGF. Cette délégation de la Banque mondiale a bien voulu comprendre le plan d’engagement de l’IGF dans l’implémentation de la bonne gouvernance prônée par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. Le chef de la délégation, Assad Alam, a loué par la suite l’initiative de l’échange citoyen au- quel se livre l’IGF avec toutes les couches sociales de la RDC tout en promettant de renforcer la collaboration entre les deux institutions. « Le travail que vous faites s’avère très important, même pour l’efficacité et l’efficience des projets que nous sommes en train d’ap- puyer, ce qui nous permettrait d’atteindre les résultats que nous voulons tous obtenir à travers nos projets. Nous avons vraiment hâte de continuer à travailler avec vous, de continuer à renforcer notre collaboration pour le bien-être de la population congolaise », a reconnu ce responsable de la Banque mondiale.

Il s’agit des objectifs majeurs auxquels l’IGF ne peut qu’être associée .

Patrouille financière réconfortée

En visite en RDC, Cédric Halin, bourgmestre de la commune d’Olne, à Bruxelles, en Belgique, a rencontré Jules Alingete pour saluer le travail de l’IGF et appuyer la patrouille financière. Ce bourgmestre qui est aussi inspecteur des finances, a apprécié la pratique du contrôle a priori exercé par l’IGF sur les finances publiques. « L’Inspection des finances souhaiterait intervenir avant la dépense parce que si on intervient après la dépense, c’est trop tard ! L’argent est parti, et c’est très compliqué de le récupérer. Et nous, en Belgique, l’Inspection des finances intervient avant la dépense. C’est-à-dire que nous avons la capacité de bloquer un processus de dépense même vis-à-vis d’un ministre ou d’un gouvernement (…) », a soutenu Cédric Halin.

Le Japon, à travers son ambassadeur en RDC, Hiro Minami, avait aussi félicité en octobre 2021 le travail de l’IGF. « Vous savez, c’est très important avec les partenaires internationaux, ils sont très intéressés sur tout ce qui se fait en termes de bonne gouvernance. Personne ne peut accepter de vous accompagner en matière de conseil et de moyens si vous-même vous ne voulez pas implémenter la bonne gouvernance », avait reconnu Jules Alingete au sortir de l’entretien avec cet ambassadeur.

Le diplomate nippon avait promis tout le soutien de son pays : « Le Japon restera aux côtés de l’Inspection générale des finances pour lutter contre le détournement des deniers publics et la corruption », avait indiqué Hiro Minami.

Dido Nsapu

 

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Kinshasa face à la vie chère : une capitale parmi les plus coûteuses d’Afrique

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Entre loyers élevés, produits importés onéreux et salaires souvent modestes, le coût de la vie dans la ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), alimente constamment les inquiétudes des ménages. Comparée à d’autres villes du pays et même à certaines métropoles africaines, la capitale congolaise reste l’une des plus chères pour vivre au quotidien. 

Dans les marchés, les transports ou les quartiers résidentiels, les Kinois constatent une hausse continue des dépenses. Pour de nombreux ménages, boucler le budget mensuel devient un véritable défi. Le prix des denrées alimentaires, du logement et des services essentiels ne cesse d’augmenter, creusant l’écart entre revenus et coût de la vie.

Au niveau national, Kinshasa demeure de loin la ville la plus chère de la République démocratique du Congo. Dans des villes comme Lubumbashi, Kisangani ou Mbuji-Mayi, certains produits et loyers restent plus abordables, notamment en raison d’une demande moins forte et d’un rythme économique différent. « En 2022, basé à Kinshasa pendant un an, mon employeur me louait un duplex de 3 chambres (+/- 200 m2), aux Résidences La Forge, à 3000 dollars par mois. Je n’en revenais pas, car dans d’autres capitales africaines où j’ai été en poste, j’aurai eu la même chose à 1.500 dollars. Mais en visitant d’autres amis logés dans ces résidences fermées comme la Concession Utexafrica, ou le River Side Suites… j’ai compris que ces prix exagérés de loyer étaient comme une « norme », dans cette ville. », avait témoigné en juillet 2024 Benjamin Babunga, un Congolais qui était en mission à Kinshasa.

Kinshasa, une des villes les plus coûteuses d’Afrique

A l’échelle africaine, la situation de Kinshasa attire l’attention. Plusieurs classements internationaux placent régulièrement Kinshasa parmi les villes les plus coûteuses du continent pour les expatriés et certains travailleurs internationaux. Selon Forbes Afrique, Bangui, en République centrafricaine, Libreville au Gabon, Victoria, aux Seychelles, Djibouti, Durban, Luanda et Kinshasa figurent parmi les villes les plus chères d’Afrique, particulièrement pour les expatriés. Ce coût de la vie élevé est souvent lié à la cherté des logements de standing, à l’importation de produits et à l’insécurité. « L’obsession sécuritaire et le goût de l’entre soi ont accentué l’envie de rester à tout prix à la Gombe, le centre des affaires, à Kinshasa. Mais je trouve que l’Etat congolais se désintéresse du secteur immobilier que les propriétaires d’immeubles fixent leurs prix comme bon leur semble. », avait expliqué Benjamin Babunga.

Dans certaines études récentes, la capitale congolaise apparaît même en tête du classement africain et autour de la 13ᵉ place mondiale pour le coût de la vie. D’autres analyses expliquent cette situation par les contraintes logistiques, le manque d’infrastructures et la forte dépendance aux produits importés, qui renchérissent les prix dans la capitale. Les comparaisons montrent aussi que vivre à Kinshasa peut rester légèrement moins cher que dans certaines capitales africaines comme Addis-Abeba, mais avec un pouvoir d’achat souvent beaucoup plus faible pour les habitants.

Des habitants asphyxiés…

Au niveau des habitants, la répercussion de cette réalité se traduit par des arbitrages quotidiens : réduire certaines dépenses, multiplier les activités génératrices de revenus ou s’éloigner du centre-ville pour trouver des loyers plus accessibles. Même là encore, des communes comme Ngaliema, Kintambo, Bandal, Lingwala, Lemba et tant d’autres commencent aussi à augmenter les loyers. « Il est très difficile de trouver aujourd’hui une maison de deux chambres et salle de bain à 250 dollars. Pourtant, nos revenus ne varient pas. », se plaint un père de famille qui dénonce une asphyxie économique.

Au-delà du loyer, le transport constitue également l’une des principales préoccupations des habitants. Les tarifs des taxis et minibus augmentent régulièrement, en raison du prix du carburant et de l’état des routes mais aussi de la faiblesse de l’Etat dans la gestion du secteur. Pour de nombreux travailleurs, se rendre au bureau représente désormais une part importante du budget mensuel. Face à cette situation, les ménages développent des stratégies d’adaptation. Certains réduisent les portions, d’autres remplacent certains aliments par des produits moins chers. Les dépenses jugées non essentielles sont reportées, tandis que la solidarité familiale joue un rôle crucial pour amortir le choc dans ces périodes difficiles.

Cette situation fait développer la débrouille chez certains Kinois. Dans les rues animées de Kinshasa, cette débrouille reste une seconde nature. Mais derrière cette capacité d’adaptation se cache une réalité plus fragile : celle de ménages qui avancent chaque jour avec la même question – comment faire face à la prochaine hausse des prix et nouer les deux bouts.

Ville géante en pleine croissance, Kinshasa concentre les opportunités économiques du pays, mais aussi ses contradictions. Tant que les infrastructures, la production locale et les revenus ne suivront pas le même rythme, la capitale congolaise continuera de symboliser, pour beaucoup, la difficulté de vivre dans l’une des villes les plus chères du continent.

Heshima

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Chute du roi dollar en RDC : entre réjouissance et inquiétude des Congolais

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Depuis environ un mois, le franc congolais s’est fortement apprécié : les taux officiels de la Banque centrale du Congo (BCC) sont tombés sous la barre des 2 200 CDF pour 1 dollar, alors qu’ils avoisinaient 2 885 CDF fin août – une appréciation de l’ordre de 10 à 15 %. Sur le marché parallèle, le dollar est parfois descendu encore plus bas : il s’est échangé jusqu’à 1 750 CDF dans certains quartiers, reflétant une chute rapide d’une monnaie qui sert pourtant de valeur refuge à l’épargne des citoyens. Cette dégringolade suscite beaucoup plus d’inquiétude que de réjouissance.

En République démocratique du Congo (RDC), le franc congolais connaît une appréciation depuis plus de trois semaines. Il a augmenté de 10 à 15 % depuis le 19 septembre 2025. Le nouveau gouverneur de la Banque centrale, André Wameso, a assuré le 6 octobre à la presse qu’il s’agit du résultat exclusif de la conduite de la politique monétaire par la banque. Cependant, cette appréciation de la monnaie nationale crée une érosion financière dans les ménages dont les économies sont pour la plupart en devises.

Pourquoi le franc s’est-il apprécié ?

La Banque centrale a mené deux actions majeures pour parvenir à l’appréciation du franc sur le marché de change. « La banque a joué sur deux leviers pour déterminer le nouveau taux de change. Il y a eu surchauffe sur les marchés, il n’y avait pas suffisamment de devises. Première décision : la Banque centrale injecte 50 millions de dollars sur le marché pour empêcher qu’il y ait trop de francs congolais. La Banque centrale est venue pallier ce manque de devises. Mais quelle était la vraie mesure ? La Banque centrale a demandé aux banques commerciales de reconstituer leur réserve obligatoire en francs congolais […] Nous avons ensuite choisi le moment où les entreprises sont obligées de payer une partie de leurs impôts dans la monnaie locale. Ces deux effets combinés ont fait en sorte que les francs congolais sont devenus rares et ce qui est rare est cher. C’est ce qui explique l’appréciation du franc congolais », a expliqué André Wameso.

Si la majorité des Congolais réclamaient la baisse du taux de change, sa dégringolade brutale n’a pas réjoui les ménages. Cette chute n’a pas conduit à une baisse proportionnelle des prix des biens et services sur le marché. « J’ai énormément perdu mon pouvoir d’achat. Une boîte de lait de 2 500 grammes qui coûtait 20 dollars (56 000 francs, avant la baisse du taux) est vendue le mardi 14 octobre 2025 à 54 000 francs. Je suis payé en dollars, je dois désormais débourser 30 dollars au taux de 1 800 francs pour acheter ce lait, soit 50 % de perte du pouvoir d’achat », a expliqué Henry Bolia, un père de famille résidant au quartier Mbudi, dans la commune de Mont-Ngafula, à l’ouest de Kinshasa.

Une jeune entrepreneure avoue avoir licencié certains de ses travailleurs à cause du coût supplémentaire suscité par cette chute du taux de change. Elle pointe notamment le coût additionnel du transport pour ses agents, les prix des courses n’ayant pas bougé. « Je changeais 25 dollars [au taux de 2 800 francs] pour payer le transport de sept agents à raison de 10 000 francs par personne. Aujourd’hui, je dois débourser près de 40 dollars pour la même dépense. Il en est de même pour l’achat de carburant pour alimenter le groupe électrogène », a-t-elle affirmé.

Théoriquement, si le franc s’apprécie, le coût des biens importés tels que le carburant, certains aliments transformés, des appareils électroménagers et des médicaments importés devrait diminuer, ce qui allège les factures des ménages. Mais dans le contexte actuel, les prix baissent sans suivre le même rythme que le taux de change.

Une appréciation de « courte joie » ?

Malgré la perte de leur pouvoir d’achat, certains Congolais continuent de soutenir cette appréciation du franc avec l’espoir d’une baisse des prix des biens et services. Mais une autre catégorie estime que cette baisse du taux de change est une courte joie, craignant une remontée fulgurante du dollar dans les jours à venir. « Un beau jour viendra où le taux va encore monter. Les produits vivriers ne changent pas de prix. Les vêtements ne changent pas de prix. Rien ne change de prix. Et un jour viendra où le dollar va reprendre son chemin », déclare un habitant de Kinshasa interrogé par la Deutsche Welle.

De son côté, le gouverneur de la Banque centrale assume sa politique et rassure : « Ce n’est pas un phénomène passager […] Nous disposons de plus de 7 milliards de réserves de change. La Banque centrale du Congo peut donc injecter des liquidités en devises grâce à ces réserves. » Cette politique suscite toujours un certain scepticisme, y compris dans les rangs de l’opposition et de la société civile.

Des mesures populistes ?

Malgré la technicité du nouveau gouverneur de la Banque centrale, une partie de l’opinion politique pense que ces mesures sont populistes et risquent de causer des dégâts économiques dans les ménages. « Il est évident que cette appréciation du franc est artificielle, politique et populiste », dénonce Prince Epenge, porte-parole de LAMUKA. Économiste et juriste, mais aussi membre de la société civile, Jonas Tshiombela s’inquiète des conséquences de ce phénomène dans un contexte social déjà tendu : « Nous sommes dans une situation depuis un peu plus de 20 ans, voire 30 ans. Nous n’avons jamais connu une appréciation de notre monnaie de cette manière. Tout le monde se plaint, on injecte des millions de dollars pour rechercher l’équilibre. Mais là, on a créé un autre problème qui risque de déboucher sur une explosion sociale. »

Selon lui, cette situation peut conduire à une révolte populaire si elle n’est pas bien gérée. « On est en train de jouer avec le feu. Attention avec la colère des pauvres, elle risque de déboucher sur des situations incontrôlables que l’État ne saura pas mesurer. C’est ce que je crains, parce que la colère est partout », a-t-il ajouté.

Attention à une forte appréciation du franc

Loin de rassurer, la forte appréciation du franc congolais sur le marché face au dollar américain inquiète et déstabilise les calculs dans plusieurs ménages. Le gouvernement, de son côté, assure vouloir corriger cette situation avec la Banque centrale du Congo. L’État doit reprendre son pouvoir réel en stabilisant le marché de change afin d’éviter des effets économiques néfastes à moyen et long termes.

Économiste, le député Flory Mapamboli tire la sonnette d’alarme sur le risque d’une forte appréciation du franc congolais face au dollar. « Si cette appréciation continue, les recettes courantes baisseront. Les comptabilités des entreprises sont tenues en dollars, les salaires du secteur privé sont payés en dollars, alors que les dépenses publiques en francs congolais resteront constantes », a-t-il alerté.

Pour cet élu de Kasongo-Lunda, cette situation pourrait même entraîner une contraction de la demande globale et perturber les équilibres macroéconomiques, car plus de 85 % des transactions et 90 % des dépôts bancaires se font en dollars. Tout en félicitant la Banque centrale pour les efforts consentis, Flory Mapamboli pense que la priorité doit être la stabilité, pas l’appréciation excessive du franc congolais. Il recommande à la Banque centrale et au gouvernement de stabiliser la monnaie et d’éviter les fluctuations excessives dans les deux sens ; d’accélérer les réformes de la monétique pour créer un switch national en monnaie locale et enfin de promouvoir les paiements numériques en francs congolais.

Heshima

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Subventions coûteuses du carburant en RDC : le prix à payer pour stabiliser les prix

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La République démocratique du Congo (RDC) maintient depuis plusieurs années une politique de subvention massive des prix du carburant afin de préserver la stabilité à la pompe et le pouvoir d’achat des ménages. Mais cette stratégie, saluée pour son impact social immédiat, exerce une pression considérable sur les finances publiques, alerte la Banque mondiale dans son dernier rapport. En pratique, ce mécanisme creuse l’endettement de l’État, qui cumule des arriérés de plusieurs centaines de millions de dollars envers les importateurs. Une situation qui inquiète les institutions financières internationales, à commencer par celles de Bretton Woods.

Dans son rapport sur la situation économique en RDC, rendu public fin juillet, la Banque mondiale a alerté sur les risques de détérioration de l’économie congolaise, notamment en raison du conflit qui perdure dans l’est du pays. Parmi les menaces identifiées figure la subvention des manques à gagner accordée aux pétroliers.

En compensant ces pertes, Kinshasa vise à maintenir un prix bas à la pompe pour les consommateurs. L’État intervient ainsi pour éviter une flambée des tarifs, dans un contexte où le taux de change pénalise les importateurs et où les coûts logistiques et macroéconomiques restent élevés. Sans ces aides, le litre d’essence avoisinerait 5 300 à 5 400 francs congolais. Mais l’impact sur l’économie et les finances publiques est jugé préoccupant par l’institution financière internationale. Un mois plus tôt, le FMI avait déjà mis en garde le gouvernement contre les risques liés à cette politique de subvention.

Une dépense de 300 millions USD en 2024

Selon la Banque mondiale, les subventions directes au carburant ont coûté environ 300 millions de dollars à l’État congolais en 2024. D’après les chiffres transmis par le gouvernement au FMI, 288 millions de dollars ont été remboursés cette année-là au titre d’arriérés partiels datant de 2023.

En 2025, près de 270 millions supplémentaires ont été versés pour solder le solde de la dette de 2023 ainsi que les créances des deux premiers trimestres de 2024. Ces deux plus gros remboursements ont été effectués grâce à des prêts bancaires syndiqués : 145 millions de dollars débloqués en février 2024 et 214 millions en novembre 2024. À cela s’ajoute un manque à gagner fiscal estimé à 86,8 millions de dollars par an, soit environ 0,1 % du PIB, selon les autorités citées par la Banque mondiale.

Les subventions perturbent les finances du pays  

Si elles permettent de maintenir la stabilité des prix à la pompe, les subventions pétrolières pèsent lourd sur les finances publiques. En 2022, plus de 400 millions de dollars ont été déboursés par le gouvernement à ce titre, alors que seulement 80 millions étaient inscrits au budget. Le ministre des Finances de l’époque, Nicolas Kazadi, expliquait alors que l’enveloppe prévue ne suffisait pas à apurer la dette de l’État envers les opérateurs pétroliers.

Depuis plus de trois ans, le FMI exhorte Kinshasa à réformer ce système jugé trop coûteux. Pour sa part, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, défendait ces subventions, arguant qu’elles visent à contenir les prix des biens et services. « 40 % du prix du carburant que vous consommez est payé par l’État. Lorsque le carburant prend l’ascenseur, tout prend l’ascenseur. En contenant son prix, nous agissons directement sur le quotidien des ménages », expliquait-il en 2022.

Parmi les pistes envisagées figure la mise en place d’un cadre permettant d’ajuster les prix des carburants en fonction de leurs coûts réels. Mais, selon le dernier rapport de la Banque mondiale, ce mécanisme « n’est pas pleinement appliqué », ce qui maintient des tarifs artificiellement bas et creuse les dépenses publiques. D’où la nécessité, selon Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour la RDC en 2022, de réformer ce système de subventions afin d’en limiter le coût et de le remplacer par des aides ciblées en faveur des ménages les plus vulnérables. Elle préconisait alors de réorienter ces fonds vers les besoins prioritaires : santé, éducation et investissements dans des infrastructures essentielles.

Des coûts des subventions allégés en 2025

En août 2024, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, estimait que l’État congolais supportait un manque à gagner mensuel d’environ 15 millions USD pour maintenir les prix des carburants. Ce déficit, qui avait atteint près de 40 millions USD par mois, a été sensiblement réduit. Concrètement, le gouvernement prend en charge entre 2 100 et 2 300 francs congolais par litre, afin que le prix payé par l’usager reste autour de 3 500 FC, alors que le coût réel se situe entre 5 300 et 5 400 FC.

Selon les chiffres publiés en mai 2025, les manques à gagner liés aux subventions se sont établis à 31,5 millions USD pour l’ensemble de l’année 2024, soit une baisse de 89 % par rapport aux 288 millions USD enregistrés en 2023. Pour le premier semestre 2024, la dépense s’élevait à environ 16 millions USD, un montant similaire ayant été constaté au second semestre.

« Le FMI salue les efforts du gouvernement congolais dans la réduction des pertes et manques à gagner (PMAG) du secteur pétrolier : –89 % entre 2023 et 2024 », a indiqué le compte X du ministère de l’Économie nationale. « Nous avons observé une diminution significative de ces pertes, avec un impact très positif sur les finances publiques. Nous encourageons le gouvernement à poursuivre ses efforts », déclarait en mai dernier Calixte Ahokpossi, chef de mission du FMI pour la RDC.

Lutte pour la fin des subventions structurelles

Ces avancées s’inscrivent dans le cadre des efforts visant à assainir et rationaliser les subventions pétrolières, afin d’assurer une gestion plus efficace et transparente des finances publiques. En 2022, un audit de la Structure des prix des produits pétroliers (SPPP) avait été confié au cabinet Mazars. Avant même la publication de ses conclusions en 2023, le gouvernement avait engagé, dès avril 2022, des mesures proactives pour contenir les dépenses publiques, notamment en excluant le secteur de l’aviation internationale de la liste des bénéficiaires.

En octobre 2023, cette rationalisation a été étendue au secteur minier, qui représentait près de 20 % des manques à gagner. À long terme, l’exécutif entend réduire progressivement l’écart entre les prix de marché et les prix de vente au détail, dans l’objectif de mettre fin aux subventions structurelles sur les produits pétroliers.

Heshima

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