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Conflit RDC-Rwanda : Doha et Washington étalent l’impuissance de l’Union africaine

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Face à l’instabilité persistante en Afrique, notamment en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et dans le Sahel, l’Union africaine a largement montré ses faiblesses et son inefficacité à résoudre ces différentes crises sécuritaires. Pour le cas du conflit dans l’Est de la RDC, cette organisation n’a pas pris de mesures directes contre le Rwanda malgré les multiples preuves de la présence de l’armée rwandaise sur le sol congolais. L’Union africaine a abordé la question de manière diplomatique, sans prononcer une condamnation formelle du Rwanda, et a souvent évoqué la nécessité de dialogue. Il a fallu attendre l’implication des États-Unis et du Qatar pour voir les premiers signes d’une désescalade. Heshima Magazine analyse les raisons de l’impuissance de cette organisation panafricaine.

Après la signature de la déclaration de principes entre la RDC et le Rwanda le 25 avril 2025, une nouvelle étape devrait intervenir, ce vendredi 2 mai 2025 à Washington, aux États-Unis. L’administration Trump a quitté le pouvoir en janvier 2021, et il est donc impossible qu’elle soit impliquée dans des négociations de paix en mai 2025. Il faudrait mettre à jour cette information en précisant que l’administration Biden pourrait être impliquée dans le processus de paix ou bien reformuler pour refléter une implication d’acteurs d’après 2021.

Si cette échéance du 2 mai est respectée, les deux parties vont faire des amendements à distance sur ce projet d’accord jusqu’au 19 mai. Il est improbable que des amendements sur un accord de paix majeur se fassent exclusivement à distance. Les négociations directes sont généralement nécessaires pour ce type de processus. Une fois le document final prêt, le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais, Paul Kagame, vont se rendre aux États-Unis, en juin prochain, pour la signature officielle de l’accord de paix.

Une fois signé, cet accord de paix pourrait marquer un tournant décisif dans ce conflit entre la RDC et le Rwanda, tournant ainsi une page sombre d’environ trente ans d’instabilité dans l’Est de la RDC. Parallèlement, à Doha, capitale du Qatar, les discussions se poursuivent entre le gouvernement congolais et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) allié de l’Alliance Fleuve Congo (AFC).

Bien que l’UA n’ait pas été impliquée dans ces négociations précises, elle est toujours consultée dans des processus de médiation en Afrique. Il est donc inexact de dire que l’UA est totalement exclue. Ces démarches de paix sont menées loin des frontières de l’Union africaine, un organe panafricain censé résoudre les questions qui touchent les Etats membres. S’il y a un défi majeur qui reste l’épine dorsale de l’Union africaine, c’est bien les conflits et crises sécuritaires qui plombent le continent et sur lesquelles l’organisation montre toujours très peu d’autorité. De la RDC au Sahel en passant par la Libye et le Soudan, l’UA n’arrive pas à imposer l’image d’un organe de règlement des différends entre les Etats ou au sein des Etats. Cette incapacité de l’Union africaine à résoudre les crises politiques et sécuritaires du continent trouve ses racines dans plusieurs facteurs.

De l’OUA à l’UA, les tares persistent…

Le 25 mai 1963, trente-deux chefs d’État africains se réunissent à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour créer l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Le ton a été donné par un panafricaniste de renom : le ghanéen Kwame Nkrumah aux côtés de l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié Ier. Dans ce format, l’OUA avait pour mission de faciliter l’union et la solidarité entre les pays africains pour parachever le combat de la décolonisation et se libérer du racisme de l’apartheid qui sévissait encore en Afrique du sud (de 1959 à 1991) et en Namibie (de 1959 à 1979). L’OUA ne réussira pas à atteindre cette mission, minée par des clivages liés notamment à la guerre froide. Les puissances coloniales ont tout fait pour créer ces clivages afin d’empêcher toute action coordonnée par cette organisation continentale.

À cette époque, les Etats africains suivaient les positions des blocs des pays colonisateurs. Par exemple, la RDC – alors Zaïre – s’était alignée derrière le Bloc de l’Ouest composé en majorité des États-Unis et des pays de l’Europe occidentale alors que d’autres États africains soutenaient le Bloc de l’Est tenu par l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et ses États satellites. Dans cette configuration de clivage, l’OUA n’avait pas réussi à empêcher les conflits ni à révoquer les régimes dictatoriaux. En 1999, l’organisation n’a pas connu un autre “Kwame Nkrumah”. Ce passage est ambigu. Mouammar Kadhafi a proposé une réforme, mais le lien avec Nkrumah reste discutable. Il serait préférable de reformuler pour indiquer que Kadhafi a inspiré la réforme, sans faire un parallèle direct avec Nkrumah.

C’est le guide libyen Mouammar Kadhafi qui va inciter ses pairs africains à créer une nouvelle organisation adaptée à la nouvelle réalité africaine des années 90. Au total, 53 chefs d’État de l’OUA vont signer la « Déclaration de Syrte », en Lybie, lançant ainsi le projet de l’Union africaine. Contrairement aux missions dévolues à l’OUA, la nouvelle structure se fixe comme objectifs de renforcer l’union politique et le développement socio-économique du continent, de promouvoir la démocratie et les droits humains, et de favoriser l’intégration de l’Afrique sur la scène internationale. Près de 40 ans après la fondation de l’OUA, l’Union africaine est officiellement lancée en 2002 à Addis-Abeba, en Éthiopie, et non à Durban, en Afrique du Sud. Depuis 2017, elle réunit l’ensemble des 55 pays africains non sans difficultés.

Absence de volonté politique commune entre Etats

Les États membres de l’UA ont souvent des intérêts divergents. Dans le cas de la RDC et du Rwanda, certains pays membres peuvent avoir des affinités politiques, économiques ou militaires avec l’une ou l’autre partie, ce qui bloque souvent le consensus nécessaire pour une position commune ou une action forte. Conséquence : l’UA n’a jamais condamné le Rwanda pour son agression contre la RDC. Souvent, cette organisation tente de privilégier la diplomatie de prévention et de médiation, au détriment d’une prise de position ferme. Dans le conflit entre la RDC et le Rwanda, cette posture de neutralité limite sa capacité à désigner clairement un agresseur ou à imposer des sanctions. D’ailleurs, dans la palette de sanctions, l’UA n’a pas grand-chose à brandir contre un État, faute d’une intégration économique et politique entre les pays membres. L’Union africaine n’arrive même pas à imposer des sanctions politiques. Son président de la Commission, Moussa Faki Mahamat cité par l’Institut d’études de sécurité (ISS), avait avoué que l’Union africaine ne répond pas aux attentes, en partie du fait du comportement des États membres.

Selon lui, l’exercice excessif de leur souveraineté entrave le transfert de pouvoirs à la Commission de l’UA. La force de l’UA, en tant que groupement des pays africains, repose sur le pouvoir que les États membres lui confèrent pour mettre en œuvre leurs décisions. Un pouvoir que l’organisation n’a jamais eu de la part des États. Aucun pays africain n’a voulu concrètement céder une partie de sa souveraineté à l’Union africaine comme l’ont fait les 27 pays de l’Union européenne. Certains États africains ont inscrit dans leur constitution qu’ils étaient prêts à céder une partie de leur souveraineté au profit de l’unité africaine, mais aucun État ne l’a fait concrètement. Ces assertions sont restées théoriques dans leurs lois fondamentales. Au cours des années 2021, 2022 et 2023, environ 93 % des décisions de l’Union africaine n’ont pas été mises en œuvre, révèle une source interne. Ce qui démontre qu’au cours de ces années, l’institution n’a existé que de nom. Bien avant ces années, en 2019, après la publication provisoire des résultats de l’élection remportée par Félix Tshisekedi, l’Union africaine avait exigé de sursoir la publication des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle. Une délégation de cette organisation conduite par le président rwandais, Paul Kagame, devrait se rendre à Kinshasa pour évoquer un dialogue entre les parties au processus électoral. Mais personne n’a pris en considération ce voyage de Kagame en RDC. La Cour constitutionnelle avait confirmé les résultats définitifs de cette élection présidentielle, rendant inutile l’initiative de l’UA.

Influence des puissances régionales

L’UA a des organisations régionales avec qui elle collabore. Souvent la question des conflits entre États est d’abord traitée dans ces organisations, avant de remonter vers Addis-Abeba. Même dans ce cas de figure, la puissance économique ou militaire de chaque État peut dicter la ligne à suivre sans se référer à l’Union africaine. Des pays influents comme l’Afrique du Sud, le Nigeria, ou encore l’Égypte peuvent exercer une influence importante sur les décisions de cette organisation panafricaine. Leur propre agenda géopolitique peut entraver une réponse unifiée ou décisive à des crises comme celle de la RDC. C’est le cas de la CEDEO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) avec la crise de certains pays du Sahel. C’est aussi le cas de l’influence d’Afrique du Sud au sein de la SADC ou du Rwanda dans l’EAC. Une autre influence, celle des chefs d’États. Les positions des chefs d’États sont les plus dominantes au détriment de celles de la Commission de l’Union africaine. Cette hégémonie des dirigeants étatiques au sein de l’organigramme de l’union plombe les performances de l’organisation. C’est d’ailleurs très critiqué par une certaine opinion africaine. « On dit par exemple que [l’UA] est un ‘‘syndicat de chefs d’États’’ qui protège les uns et les autres, » a rappelé le journaliste Seidik Abba.

L’autre talon d’Achille de l’Union africaine, c’est son manque de moyens financiers et militaires. L’organisation dépend fortement du financement extérieur (notamment de l’Union européenne, de la Chine ou d’autres organisations internationales). Cela limite son autonomie et sa capacité à intervenir rapidement ou efficacement dans des crises régionales. Même son siège d’Addis-Abeba a été construit par des fonds extérieurs à l’Afrique. Ce qui crée une forme de dépendance de cette organisation vis-à-vis de ses bailleurs de fonds comme l’Union européenne ou la Chine.

Associer l’UA dans les pourparlers de Doha et Washington

Malgré son impuissance, plusieurs acteurs autour de la crise rwando-congolaise appellent à associer l’Union africaine dans la résolution de la crise à travers le schéma de Washington et de Doha. Johan Borgstam, représentant spécial de l’Union européenne a insisté sur la mise en œuvre concrète des engagements et de ce que sera le contenu du projet d’accord attendu à Washington entre Kinshasa et Kigali. Pour lui, il est nécessaire que toutes les initiatives actuelles assurent et renforcent le processus régional de l’EAC et de la SADC dans le cadre de l’Union africaine. « Nous nous encourageons vraiment la conclusion d’un accord de paix qui soit coordonné avec les efforts en cours dans la région, dans l’esprit de ce qu’on appelle des solutions africaines pour des problèmes africains », a déclaré Johan Borgstam.

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Comment la DGI est devenue la principale machine à recettes de l’Etat congolais 

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Entre réformes, numérisation et pression sur les contribuables, la Direction Générale des Impôts (DGI) s’est imposée comme l’un des piliers de la stabilité financière de la RDC. 

Longtemps considérée comme l’un des maillons faibles de l’administration publique congolaise, la Direction Générale des Impôts (DGI) est aujourd’hui devenue l’une des institutions les plus stratégiques de la République démocratique du Congo. À l’heure où l’État cherche à financer ses ambitions de développement, ses infrastructures, sa sécurité et ses services publics sans dépendre excessivement de l’aide extérieure, la mobilisation des recettes internes est devenue une priorité nationale.

Au cœur de cette transformation se trouve la DGI, régie financière chargée de la collecte des impôts au profit du Trésor public. Créée pour moderniser l’administration fiscale congolaise, l’institution a progressivement renforcé son rôle jusqu’à devenir la principale source de recettes de l’État.

La montée en puissance des recettes fiscales 

Les performances enregistrées ces dernières années témoignent d’un changement profond. Sous la direction de Barnabé Muakadi Muamba, reconduit à la tête de l’institution en 2026, la DGI a multiplié les initiatives visant à améliorer la collecte de l’impôt, élargir l’assiette fiscale et réduire les pertes liées à la fraude et à l’évasion fiscale. Les résultats sont visibles. En avril 2026, la DGI a dépassé ses prévisions budgétaires avec un taux de réalisation de 101,39 %, mobilisant plus de 3.538 milliards de francs congolais contre une prévision de 3.489 milliards. Une performance qui confirme le rôle central de l’institution dans le financement du budget national.

Pour de nombreux observateurs, cette progression ne relève pas du hasard. Elle est le résultat d’une stratégie combinant modernisation administrative, contrôle fiscal renforcé et réformes législatives.

La révolution silencieuse de la numérisation 

L’un des principaux moteurs de cette transformation est la digitalisation de l’administration fiscale. Pendant longtemps, les procédures fiscales en RDC étaient largement manuelles, favorisant les lenteurs administratives, les erreurs et parfois certaines pratiques frauduleuses. La mise en place progressive de services numériques a changé la donne. Aujourd’hui, plusieurs opérations peuvent être effectuées à distance, notamment l’obtention du Numéro d’Identification Fiscale (NIF), certaines déclarations et diverses démarches administratives. Cette modernisation permet une meilleure traçabilité des opérations et réduit considérablement les risques de manipulation des données fiscales. La technologie est ainsi devenue l’un des principaux leviers de mobilisation des recettes publiques.

Les réformes fiscales de 2026 : un tournant 

L’année 2026 marque également l’entrée en vigueur de nouvelles réformes fiscales majeures. Celles-ci reposent notamment sur l’introduction d’un nouvel Impôt sur les Sociétés ainsi que sur une réorganisation de l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques. L’objectif affiché est de simplifier le système fiscal, renforcer l’équité entre contribuables et accroître durablement les recettes internes.

Ces réformes visent également à intégrer davantage d’acteurs économiques dans le système fiscal, notamment ceux évoluant dans le secteur informel, qui représente encore une part importante de l’économie congolaise. Pour les autorités, l’enjeu est clair : élargir la base des contribuables plutôt que dépendre uniquement d’un nombre limité de grandes entreprises.

Barnabé Muakadi, l’homme des résultats 

S’il est difficile de résumer la transformation de la DGI à une seule personnalité, le nom de Barnabé Muakadi revient systématiquement lorsqu’il est question des performances récentes de l’institution. Reconduit à la tête de la DGI par le Président Félix Tshisekedi en 2026, il est souvent présenté comme l’un des artisans de la montée des recettes fiscales. Sous sa direction, la DGI s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de gouvernance fiscale, de modernisation des services et de mobilisation accrue des ressources nationales. Sa stratégie repose sur un principe simple : permettre à l’État de financer davantage ses politiques publiques grâce à ses propres ressources.

Vers une souveraineté financière ?

Au-delà des chiffres, la transformation de la DGI pose une question fondamentale : celle de la souveraineté financière de la RDC. Chaque franc congolais collecté par l’administration fiscale représente une ressource supplémentaire permettant à l’État de financer ses priorités sans recourir systématiquement à l’endettement ou à l’aide extérieure. Dans un contexte marqué par de fortes ambitions de développement, la DGI apparaît désormais comme l’un des acteurs clés de la construction de l’État moderne congolais.

L’institution n’est plus seulement un service chargé de percevoir l’impôt. Elle est devenue un instrument stratégique de gouvernance économique, dont les performances influencent directement la capacité du pays à financer son avenir.

Heshima Magazine 

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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation

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Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.

Le retour d’un géant endormi

Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.

Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.

Un Mondial qui change tout

Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).

Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.

Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.

Les enseignements d’une expérience unique

Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.

Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.

Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?

L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.

Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».

Le défi de la régularité

Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.

Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.

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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

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Une délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.

Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.

Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.

Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?

Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?

Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.

Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.

Les prémices d’un dialogue inclusif ?

Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.

Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Heshima Magazine

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