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Contrôle parlementaire : Kamerhe et Sama aux abonnés absents

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En République démocratique du Congo (RDC), le contrôle parlementaire, pourtant crucial pour la démocratie, continue d’être relégué au second plan par les deux chambres du parlement. Depuis l’ouverture de la session de mars, l’Assemblée nationale a convoqué des séances plénières à compter sur les doigts de la main, sans exercer avec efficacité son pouvoir de contrôle sur les mandataires publics. Pourtant, ce ne sont pas des problèmes de gouvernance qui manquent au pays. Cette léthargie, observée également au Sénat, notamment sur la question de la crise sécuritaire dans l’Est du pays, irrite certains Congolais.

Véritable rempart contre la gabegie ou la mauvaise gouvernance de l’exécutif national et des mandataires publics, le contrôle parlementaire se fait de moins en moins sentir sous la quatrième législature dirigée par Vital Kamerhe pour l’Assemblée nationale et Jean-Michel Sama Lukonde pour le Sénat. Ces deux chambres du Parlement congolais contrôlent de moins en moins le gouvernement et les entreprises publiques. La loi du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques et le décret n°13/050 du 06 novembre 2013 portant règlement général sur la comptabilité publique, qui renforcent le système de gestion des finances publiques au pays, recommandent le contrôle parlementaire comme l’un des modes de contrôle du budget affecté aux actions du gouvernement et des entreprises publiques. Mais les pratiques politiques courantes ne respectent pas toujours cette orthodoxie dans la gestion de la chose publique.

Le 16 septembre 2024, Vital Kamerhe avait promis un renforcement du contrôle parlementaire en marge de l’ouverture de la session essentiellement consacrée à l’examen du budget 2025. Une promesse qui était pourtant bien accueillie par les députés nationaux dont les initiatives de contrôle étaient souvent gelées par l’ancien bureau dirigé par Christophe Mboso. Plus de 7 mois après, les interpellations des mandataires ou des ministres sont à compter sur les doigts. Lors de la session de septembre, le ministre d’État, ministre des Infrastructures et Travaux publics, Alexis Gizaro, avait été interpellé sur sa gestion des projets d’infrastructures à travers une question orale signée par des députés, notamment Rubens Mikindo, Elie Kambale et Patrick Munyomo. À la fin de cet exercice, certains élus s’étaient estimés non convaincus par les réponses du ministre. En novembre 2024, cette question a été transformée en motion de défiance contre ce membre du gouvernement. Une motion qui n’a jamais été examinée jusqu’au moment où ces informations sont mises sous presse. Dans son discours de clôture de la session de septembre, Vital Kamerhe avait promis d’examiner cette motion à la session de mars, actuellement en cours. Une pratique qui lui a valu des critiques, notamment de la part de la société civile œuvrant dans le secteur des finances publiques.

Selon le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, une motion doit être programmée pour examen 48 heures après son dépôt. Mais celle dirigée contre le ministre Gisaro totalise 6 mois dans le tiroir du bureau de Vital Kamerhe. Dans un communiqué rendu public le 16 décembre 2024, le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) a accusé l’Assemblée nationale d’avoir violé l’article 235, alinéas 3 et 6, de son règlement intérieur dans ce dossier de la motion de défiance contre le ministre Gisaro.

Un contrôle sacrifié sur l’autel de la solidarité politique

Dans une Assemblée nationale dominée par la majorité des députés issus de la plateforme politique Union sacrée de la Nation, il est difficile de mener une action parlementaire contre un mandataire sans s’attirer les foudres de son camp politique au sein même de l’Union sacrée. C’est le cas de la motion contre Alexis Gisaro, perçue comme un élément conçu par des députés pour déstabiliser le gouvernement. Dans l’entendement de certains alliés, une telle démarche ne devrait être menée en plénière. Une attitude qui sacrifie le contrôle parlementaire sur l’autel de la solidarité politique.

D’ailleurs, Vital Kamerhe l’avait rappelé en décembre dernier. Pour lui, le contrôle parlementaire ne doit pas être perçu comme un « acharnement » ou une opération visant à déstabiliser le gouvernement de la République. Il avait appelé les uns et les autres à saisir la quintessence de cette démarche parlementaire, qui n’est nullement une chasse aux sorcières.

Contrôle régulier du gouvernement : Kamerhe n’a pas tenu promesse

Face à l’absence du contrôle parlementaire, l’opposition parlementaire n’a pas retenu sa colère. Fin mars 2025, certains députés d’Ensemble pour la République ont dénoncé l’inaction du bureau de l’Assemblée nationale au sujet de cet exercice légal. Christian Mwando Nsimba, président du groupe parlementaire du parti de Moïse Katumbi, a dénoncé une absence « avérée » de contrôle parlementaire vis-à-vis du gouvernement, principalement dans l’exécution du budget en cours. « Le Parlement ne fonctionne pas. Le gouvernement est protégé. Nous n’avons ni le contrôle des salaires, ni celui des militaires au front. Il y a une incapacité générale à gérer l’armée. On a réduit tout le monde au silence », a fulminé Christian Mwando. Pourtant, lors de sa prise de fonction à la tête du bureau de cette chambre, Vital Kamerhe avait promis un contrôle parlementaire rigoureux. Il avait même programmé cet exercice parlementaire pour chaque mercredi. Mais à ce jour, le bilan de « VK » sur ce sujet est trop faible. Certains estiment même que lui et son collègue président du Sénat, Jean Michel Sama, sont quasiment aux abonnés absents quand il s’agit de faire exécuter un tel exercice de redevabilité de l’exécutif national vis-à-vis de l’autorité budgétaire qui est le Parlement.

Député et sénateur, le rôle du gendarme remis en cause

Dans cette législature, les députés et sénateurs ont tendance à exercer le travail de contrôle parlementaire dans les différentes commissions. Ce qui limite le champ de contrôle, alors qu’en plénière, tous les 500 députés ou 107 sénateurs pouvaient avoir la latitude d’enrichir le débat. Lors de l’émission « Le débout » diffusée le 28 avril sur les ondes de la radio Top Congo, le journaliste Thierry Kambundi a interpellé Vital Kamerhe au sujet de cette léthargie. « Pensez-vous qu’il n’y a pas de problèmes au Congo qui méritent des interpellations des ministres à l’Assemblée nationale ? », a-t-il déclaré. Pour lui, ce ne sont pas les matières qui manquent aux députés pour exercer leur responsabilité. « Un député, ça s’assume », a ajouté Christian Lusakueno. Depuis l’ouverture de la session le 15 mars, le bureau de l’Assemblée nationale a convoqué moins de 5 plénières. Pourtant, la RDC traverse actuellement l’une des crises sécuritaires majeures de son histoire. Dans cette période charnière entre les conflits et la recherche de la paix, le gouvernement est en train de signer des accords et des déclarations de principes avec des pays tiers, notamment le Rwanda. C’est justement pendant une telle période que l’Assemblée nationale et le Sénat devraient rester vigilants pour éviter au pays la signature de mauvais traités et arrangements qui pourraient être sources de nouveaux conflits dans les jours à venir. Si la Constitution du pays accorde au chef de l’État la latitude de signer des traités et accords internationaux, la soumission de ces projets d’accord à l’aval du Parlement pourrait renforcer la vigilance du gouvernement dans un contexte où le Rwanda a toujours usé d’une forme de ruse pour torpiller des engagements souscrits à l’échelle régionale et internationale dans le cadre de cette crise, vieille de près de 30 ans.

Au niveau de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe avait souligné que la question de la crise sécuritaire est gérée au niveau du gouvernement. La chambre basse allait, à travers son bureau, recueillir les informations auprès de l’exécutif national sans toutefois en débattre devant la plénière, au regard de la sensibilité de certaines questions de sécurité.

Le budget exécuté sans contrôle parlementaire

Si les questions sécuritaires requièrent une certaine forme de secret, celles liées à la gestion des finances publiques devraient être traitées en toute transparence. Le législateur a toujours prévu un contrôle à trois dimensions au sujet de la loi de finances publiques. Concernant le contrôle parlementaire réalisé par des députés et sénateurs, cette même loi a renforcé les pouvoirs du Parlement dans le vote et le contrôle du budget. Désormais, pour mieux apprécier les choix budgétaires du gouvernement, l’action du Parlement s’inscrit dans une démarche d’évaluation des politiques et de l’action publiques. D’après le Comité d’orientation de la réforme des finances publiques (COREF), le contrôle parlementaire sur l’exécution de la loi de finances se concentre sur l’examen des programmes budgétaires dans le but d’apprécier, à terme, les résultats atteints par les gestionnaires et de contrôler la performance des politiques publiques mises en œuvre par l’État. Mais ce pouvoir dévolu aux parlementaires n’est pas totalement assumé.

Au Sénat, le contrôleur n’est pas contrôlé

Comme à l’Assemblée nationale, le Sénat est quasiment aux abonnés absents lorsqu’il s’agit du contrôle parlementaire, encore moins du contrôle des dépenses internes. En 2024, le CREFDL dénonçait des dépenses internes souvent incontrôlées. « Le circuit de la dépense publique dans notre pays ne fonctionne pas. Vous avez des décaissements d’un milliard et des institutions qui se partagent les excédents budgétaires », dénonce Valery Madianga, coordonnateur de cette structure de la société civile. Dans un rapport intitulé « Le biface du Parlement congolais : un contrôleur à contrôler », cette organisation a mis à nu l’incapacité de l’autorité budgétaire à surveiller les dépenses dans ses propres lignes budgétaires. En mai 2024, Valery Madianga a épinglé des dépassements budgétaires estimés à près de 300 millions de dollars dans la gestion du Parlement. « Au niveau du Sénat, par exemple, le dépôt d’archives devrait être construit. Le bâtiment n’a jamais été livré, mais l’État a dépensé près de 81 000 dollars américains », a-t-il avancé. Pour lui, quand le contrôleur n’arrive pas à se contrôler, personne ne serait en mesure de surveiller la dépense publique. Ce qui occasionne des dépassements budgétaires aussi bien du côté du Parlement que dans d’autres institutions comme le gouvernement ou la Présidence de la République.

Assemblée nationale : un faible contrôle parlementaire sous l’ère Mboso

Cette léthargie décriée au sujet du contrôle parlementaire était également observée sous la présidence de Christophe Mboso à l’Assemblée nationale. D’après le baromètre de l’activité parlementaire et de l’action du gouvernement en RDC, présenté par Talatala, les députés nationaux avaient introduit, entre septembre 2020 et décembre 2023, au moins 177 moyens de contrôle et d’information, 88 questions orales avec débat, 50 questions écrites, 16 questions d’actualité, 18 interpellations, une motion de censure et quatre motions de défiance. Un ratio faible par rapport aux trois années passées à la tête de la chambre, mais aussi vis-à-vis des défis de gouvernance observés dans tous les secteurs de la vie nationale. Sous son ère, le président Christophe Mboso était accusé plusieurs fois de bloquer le contrôle parlementaire qui visait des membres du gouvernement Sama Lukonde. Sous sa présidence, seules 11 de ces initiatives parlementaires avaient abouti à un examen en plénière, soit à peine 6 % des moyens de contrôle et d’information déposés.

La peur de l’implosion de l’Union sacrée

Le contrôle parlementaire est redouté à l’Assemblée nationale. L’Union Sacrée de la nation, une majorité parlementaire hétéroclite, risque de s’imposer suite aux actions liées au contrôle parlementaire. On se souvient des échanges houleux entre Vital Kamerhe et le député Daniel Aselo, président du groupe parlementaire UDPS/Tshisekedi, au sujet justement du contrôle parlementaire exercé contre le ministre Alexis Gisaro. Le président de l’Assemblée nationale avait réagi avec fermeté face à cette initiative, en rejetant toute implication personnelle dans un dossier qui devrait faire partie des prérogatives du pouvoir exécutif. Ces tensions entre membres de l’Union sacrée montrent qu’une action de contrôle parlementaire, même légitime, peut être perçue comme une menace contre l’unité fragile de cette coalition.

Dans ce contexte, il devient évident que la logique de « solidarité politique » l’emporte souvent sur les impératifs de gouvernance et de transparence. Cela peut nuire à l’image de l’Union sacrée, qui, bien qu’elle ait été portée par la volonté d’une gestion partagée des institutions, se retrouve de plus en plus fragilisée par des divisions internes et des compromis qui étouffent la responsabilité individuelle. Un contrôle parlementaire inefficace peut ainsi laisser l’opinion publique douter de l’engagement réel des membres du gouvernement et des parlementaires envers les principes de bonne gouvernance et de transparence.

La soumission du contrôle parlementaire à des intérêts politiques

En effet, cette situation met en lumière la relation complexe entre le contrôle parlementaire et les jeux de pouvoir au sein de l’Union sacrée. L’incapacité du bureau de l’Assemblée nationale à tenir ses promesses de renforcer le contrôle parlementaire révèle que, dans la pratique, les intérêts partisans ou personnels prédominent parfois sur l’intérêt général. Pour plusieurs observateurs, il est difficile de dissocier les enjeux de gouvernance de la logique de soutien politique, surtout lorsque des acteurs clés de la coalition au pouvoir ne veulent pas mettre en péril des accords tacites ou des soutiens pour des ambitions électorales futures.

De plus, l’absence de décisions fermes et rapides sur des questions aussi cruciales que les motions de défiance ou les contrôles de dépenses publiques met en exergue une certaine forme de complaisance au sein des institutions. Dans ce contexte, des membres influents de l’Union sacrée, tout comme les responsables gouvernementaux, sont poussés à jouer la carte de la tranquillité plutôt que d’assumer une responsabilité pleine et entière en matière de reddition de comptes.

Vers une réforme du contrôle parlementaire ?

Face à cette inertie, plusieurs experts en gouvernance et société civile appellent à une réforme du système de contrôle parlementaire en RDC. Leurs propositions incluent un renforcement de l’indépendance des institutions parlementaires et un encadrement plus strict des pratiques parlementaires. L’idée serait de rendre plus transparent le processus d’examen des motions, de mieux encadrer les actions de défiance et de garantir une séparation claire entre les engagements politiques et les obligations de contrôle institutionnel.

Certaines de ces réformes préconisent aussi une meilleure formation des parlementaires sur les enjeux de la gestion publique, ainsi que des mécanismes de suivi plus rigoureux concernant les budgets et les projets d’infrastructures publiques. Cela permettrait de réduire l’emprise de l’exécutif sur le législatif et de remettre en place des systèmes de contrôle véritablement efficaces et performants.

L’avenir du contrôle parlementaire en RDC

L’inefficacité actuelle du contrôle parlementaire en RDC n’est pas uniquement un symptôme de dysfonctionnements institutionnels, mais aussi le reflet de l’équilibre de pouvoir fragile au sein de l’Union sacrée. Tant que cette coalition restera à la tête des deux chambres du Parlement, il semble que l’objectif de renforcer le contrôle parlementaire sera continuellement soumis aux intérêts politiques, freinant ainsi les efforts de gouvernance responsable et transparente. Toutefois, des réformes structurelles et une plus grande prise de conscience politique pourraient, à terme, permettre de redonner au Parlement congolais son rôle fondamental de gardien de l’intérêt public et de contre-pouvoir face à l’exécutif.

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RDC-Ouganda : les dessous d’une collaboration sur fond de méfiance

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L’armée ougandaise (UPDF) a annoncé, fin mars 2026, son intention de se retirer de plusieurs positions dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu et jusqu’à Mahagi, en Ituri. Ce désengagement, confirmé par le chef d’état-major Muhoozi Kainerugaba, se fera, selon lui, en coordination avec Kinshasa, juste après le retrait des rebelles du M23 de la zone. Bien avant cette annonce qui, du reste, n’est pas officialisée, l’Ouganda voulait obtenir la démission du gouverneur militaire de l’Ituri. Une stratégie de pression sur Kinshasa qui interroge sur les véritables motivations de Kampala. Son intervention militaire aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la traque des rebelles ADF pourrait bien cacher d’autres motivations, essentiellement économiques.   

L’UPDF (Uganda People’s Defence Force) est déployée en Ituri, dans le nord-est de la RDC dans le cadre de l’opération Shujaa depuis fin 2021, collaborant avec les FARDC contre les rebelles ougandais de l’Alliance des forces démocratiques (ADF). Cette mutualisation FARDC-UPDF vise à neutraliser ce groupe armé qui a fait allégeance à l’Etat islamique. Ce groupe est présent en Ituri et au Nord-Kivu. Officiellement, il s’agit de combattre l’insécurité. Cependant, cette présence vise également à sécuriser les intérêts économiques ougandais (routes, or, bois et pétrole du lac Albert).

A ce jour, cette mutualisation des forces n’a pas permis d’arrêter les attaques des ADF contre des civils aussi bien en Ituri qu’au Nord-Kivu. Loin de renforcer la sécurité des Congolais et des Ougandais dans les zones frontalières, cette alliance semble avant tout servir les intérêts économiques ougandais, notamment en matière d’exportation d’or. 

Les chiffres d’exportation d’or explosent en Ouganda

L’Ouganda n’est pas un producteur massif d’or. Cependant, il enregistre des chiffres record sur l’exportation de ce minerai. Une croissance due à l’augmentation des prix mais surtout au trafic favorisé par l’instabilité de la région, principalement dans l’Est de la RDC. L’Ouganda a vu ses revenus d’exportation d’or atteindre des chiffres records. Selon la Banque d’Ouganda, en 2019, ces revenus s’élevaient à 1,26 milliard de dollars, les exportations d’or ont ensuite culminé à 2,3 milliards de dollars en 2023, puis à 3,3 milliards de dollars en 2024. D’après des prévisions pour 2025, ces revenus devraient atteindre 6,4 milliards de dollars. 

Cette croissance est principalement due à l’augmentation du prix de l’or, qui avoisinait l’année dernière 5.000 dollars l’once. L’or représente désormais 47% des revenus d’exportation de l’Ouganda, surpassant largement d’autres produits phares comme le café et le cacao. Malgré ces chiffres impressionnants, l’Ouganda n’est pas devenu un producteur massif d’or, note TV5 Monde. Lors d’un récent forum économique, le gouverneur adjoint de la Banque centrale ougandaise, Augustus Nuwagaba, a admis que l’or exporté par le pays pourrait ne pas provenir de ses propres mines. « Il se peut qu’il ne soit pas à nous », avait-il déclaré. Mais d’où vient l’or exporté par l’Ouganda ?

L’insécurité en RDC profite à l’économie ougandaise 

L’Ouganda profite du trafic d’or en provenance de pays voisins, notamment de la RDC. Riche en ressources aurifères, ce pays partage une frontière avec l’Ouganda dans des zones comme l’Ituri et le Nord-Kivu. Ces régions sont non seulement riches en or, mais aussi en proie à des conflits armés. Ce qui favorise le trafic de ce métal jaune notamment vers l’Ouganda. En Ituri, par exemple, l’or est très présent, particulièrement dans les territoires de Djugu, Mahagi et Mambasa, s’appuyant sur des gisements historiques (Kilo-Moto). Cette ressource, exploitée à la fois de manière artisanale et industrielle, alimente une économie de guerre contrôlée en partie par des groupes armés et réseaux criminels, générant d’importants flux financiers illicites. Selon l’étude d’une ONG anti-corruption, environ 95 % de l’or exporté depuis l’Ouganda est illicite.  

En état de siège depuis plus de 4 ans, la province de l’Ituri n’a pas toujours recouvré la paix totalement. Le gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya entretient des rapports tendus avec des trafiquants d’or. L’Ouganda également n’apprécie pas cet officier congolais. Le chef d’état-major de l’armée ougandaise, le général Muhoozi Kainerugaba ne cache pas son hostilité envers ce gouverneur militaire, appelant parfois à son arrestation sur les réseaux sociaux. L’Ouganda a même formulé une demande formelle pour solliciter son remplacement. D’après les informations révélées par Africa Intelligence, le pouvoir de Félix Tshisekedi a rejeté ces demandes de l’armée ougandaise, qui réclamait l’éviction de ce gouverneur militaire.

Sécuriser ses investissements pétroliers

En dehors du trafic d’or à son avantage, l’Ouganda vise aussi la sécurisation de ses intérêts économiques dans la région. Des intérêts qui empiètent sur la zone d’influence du voisin rwandais, estime le rapport d’un groupe d’experts de l’ONU publié en août 2024. En dehors des intérêts sécuritaires, le gouvernement ougandais se concentre sur la sécurisation de ses investissements pétroliers et le renforcement des réseaux commerciaux vers la RDC, où ses exportations formelles ont représenté en 2019 « 156 millions de dollars » et les exportations informelles, constituées en majorité de biens industriels, « 330 millions de dollars ».

Des accointances avec le M23 et la CRP

La collaboration militaire entre la RDC et l’Ouganda s’opère dans un climat de méfiance, avec des allégations de soutien de Kampala à d’autres groupes rebelles, comme le M23 mais aussi la Convention pour la révolution populaire (CRP) de Thomas Lubanga. Ce dernier s’est même exilé en Ouganda mais son groupe mène des combats contre l’armée congolaise en Ituri. L’Ouganda a joué un rôle discret mais documenté dans la résurgence du M23, en facilitant le retour de son chef militaire en RDC en 2017 et en servant de vivier de recrutement pour la rébellion, selon un rapport publié en avril 2026 par le Congo Research Group (CRG) et le Center on International Cooperation (CIC) de l’Université de New York. Ce document note également que des officiers de l’armée ougandaise (UPDF) ont également été signalés comme participant aux sessions de formation militaire dispensées aux recrues du M23 dans le camp de Tchanzu, en RDC, aux côtés d’officiers des Forces de défense rwandaises en 2021. Mais ce rapport ne précise pas la nature exacte des arrangements entre Kampala et le M23. Difficile de savoir si ces facilitations reflètent une politique délibérée de Kampala ou il s’agit simplement des initiatives individuelles de la part de certains officiers militaires ougandais.

Depuis le lancement de ces opérations dénommées « Shuuja » visant à neutraliser les ADF, les autorités congolaises et ougandaises affichent officiellement une volonté commune de restaurer la paix. Malgré des engagements répétés en faveur d’une coopération sécuritaire renforcée, les relations entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda restent marquées par une profonde méfiance, notamment en ce qui concerne leurs opérations militaires conjointes dans l’est du pays. Malgré ce climat de méfiance, Kinshasa et Kampala poursuivent cette collaboration. Le 21 juin dernier, le président congolais Félix Tshisekedi avait reçu à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Kaguta Museveni et chef d’état-major de l’armée. La veille de cette rencontre, le 20 juin, les responsables des armées de deux pays avaient signé un accord pour poursuivre leur opération militaire conjointe contre les rebelles ADF.

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RDC : comment le gouvernement compte utiliser les fonds de 1,25 milliard USD d’eurobonds ?

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La République démocratique du Congo a mobilisé 1,25 milliard de dollars sur les marchés financiers internationaux à travers une émission d’eurobonds le 9 avril 2026. Lors d’une conférence de presse tenue le 13 avril à Kinshasa, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a présenté les projets prioritaires à financer, dans un contexte de besoins urgents pour soutenir le développement économique et social du pays.

L’émission d’eurobonds réalisée par la République démocratique du Congo s’inscrit dans une stratégie de diversification des sources de financement. Selon le ministère des Finances, cette levée de fonds vise principalement à financer des projets d’infrastructures, notamment dans les transports et l’énergie, considérés comme des leviers essentiels de croissance. Près de la moitié des projets prévus dans ce financement concernent la ville de Kinshasa, capitale du pays, confrontée à une démographie galopante sans moyens de transport et autres infrastructures de base. Une partie de fonds levés vise à construire un nouveau terminal de 49 000 m² à l’aéroport de N’djili, capable d’accueillir 5 millions de passagers par an.

Quelque 300 kilomètres de routes sont également prévus, ainsi qu’une rocade de 31 kilomètres avec échangeurs et ponts. Les autres investissements visent le développement d’un réseau de lignes de transmission électrique de 330 KV permettant une connexion entre la Zambie et la « ceinture de cuivre » de la RDC, une centrale hydroélectrique de 64 mégawatts et des réseaux de distribution dans la province du Kasaï-Central.

Dans d’autres villes du pays, ces fonds vont également financer la création de centres de formation professionnelle précisément dans quatre villes. Il y a aussi la modernisation de la route entre la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, et Beni, dans la province du Nord-Kivu, longue de 750 kilomètres.

Des craintes sur la transparence de fonds persistent…

Si le gouvernement met en avant des investissements structurants, experts et institutions appellent à la transparence dans la gestion de ces fonds mais aussi à la prudence face aux risques de surendettement. D’après des analyses de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, la RDC fait face à un déficit important en infrastructures, ce qui freine son développement économique. Les investissements dans les routes, les barrages et les réseaux électriques pourraient ainsi améliorer la connectivité et soutenir l’industrialisation, en particulier dans les zones minières. Mais la gestion de ces réalisations pose de doute quant à la transparence. « Nous voulons un témoin, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), pour assurer le suivi de la gestion de ces ressources. Nous allons, pour la transparence, informer la population sur l’affectation du 1,25 milliard mobilisé. D’ici un an, nous inviterons les investisseurs à constater concrètement les réalisations. », a répondu Doudou Fwamba face aux craintes sur la transparence dans la gestion de ces fonds. Ces craintes sont exprimées suite à des précédents en Afrique subsaharienne qui montrent que l’absence de suivi rigoureux peut limiter l’impact réel de tels financements sur les conditions de vie des populations. La Banque africaine de développement (BAD) souligne, dans certains de ses rapports, que l’efficacité de la dépense publique reste un enjeu clé pour maximiser les retombées économiques.

Eurobonds, la RDC très crédible sur le marché ?

Le pays a accompli un pas de plus en accédant aux marchés internationaux des capitaux. C’est un moyen pour la RDC de diversifier ses sources de financements. Plusieurs facteurs ont joué pour la réussite de cette opération. Coordonnée notamment par la Rawbank au niveau de la région, cette opération d’eurobonds est la conséquence d’une discipline budgétaire observée ces derniers temps au pays.

Le faible niveau d’endettement public de la RDC a aussi pesé en faveur de Kinshasa dans les calculs des investisseurs. Kinshasa n’avait soumis que des demandes pour 1,25 milliard de dollars, mais a reçu des soumissions frôlant les 5 milliards de dollars. Le ministre des Finances justifie le refus du fonds supplémentaire par le fait que le gouvernement n’avait en main que des projets avec étude de faisabilité coutant le 1,25 milliard de dollars sollicité. « Nous ne pouvions pas accepter toutes ces soumissions. Nous n’avions que des projets avec des études de faisabilité pour le montant sollicité », a fait savoir le ministre des Finances qui s’est réjoui non pas du milliard reçu mais de la « crédibilité certifiée » que le pays a gagné dans ce processus. Doudou Fwamba célèbre donc la « reconnaissance des efforts » du président Félix Tshisekedi et l’entrée « très réussie » de la RDC dans la finance internationale.

Pour réussir cette opération, la Rawbank, première banque de la RDC, a agi aux côtés des leaders mondiaux tels que Citigroup et Standard Chartered Bank comme arrangeurs et coordinateurs des souscriptions au niveau global. « Nous sommes fiers d’avoir accompagné cette opération, qui ouvre la voie à de nouveaux financements internationaux, y compris pour les émetteurs non souverains », a déclaré Mustafa Rawji, directeur général de la Rawbank. Avec cet emprunt, le taux d’endettement du pays passe de 18,1 % à 19,5 % du PIB, un niveau toujours inférieur à celui de pays comme la Namibie, l’Angola ou le Kenya. Kinshasa prévoit de constituer des provisions annuelles pour son remboursement.

Si les 1,25 milliard de dollars d’eurobonds offrent à la République démocratique du Congo une opportunité d’accélérer son développement, leur réussite dépendra de la capacité du gouvernement à conjuguer discipline budgétaire, transparence et efficacité dans l’exécution des projets, sous le regard attentif des partenaires comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

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Kinshasa : que sait-on du projet de viaduc pour désengorger les axes Nguma-Mondjiba-Socimat ?

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Face à la congestion chronique qui paralyse l’accès au centre-ville de Kinshasa, le gouvernement congolais a annoncé via le conseil des ministres tenu le 10 avril 2026 un projet de viaduc de 3,5 km dans la baie de Ngaliema. Objectif : fluidifier la circulation sur les axes importants reliant notamment les avenues Nguma, Mondjiba à la Gombe en passant par la rive gauche du fleuve Congo. Plusieurs zones d’ombre entourent encore ce projet, notamment son financement et son tracé à la hauteur de la très convoitée Baie de Ngaliema.   

Présenté lors du Conseil des ministres du 10 avril 2026, le projet de viaduc dans la baie de Ngaliema s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre les embouteillages à Kinshasa. Selon les autorités, cette infrastructure vise en priorité les axes les plus saturés de l’ouest de la capitale, notamment la route de Matadi, la rocade nord-ouest et le corridor Kintambo–boulevard Mondjiba–Socimat, régulièrement paralysés aux heures de pointe.

Long d’environ 3,5 kilomètres, le futur viaduc sera constitué de deux fois deux voies. Il doit relier directement les rocades nord-ouest et nord-est, en contournant les points noirs de circulation comme Kintambo-Magasin. Le tracé annoncé partirait de l’avenue du Tourisme, à hauteur de l’Hôpital de la Rive, longerait la baie de Ngaliema via le site de Chanic, pour déboucher sur le boulevard Tshatshi, à proximité de l’Hôtel Pullman, dans la commune de la Gombe.

Conçu comme une voie rapide urbaine, l’ouvrage permettrait une vitesse de circulation estimée entre 60 et 80 km/h, avec des échangeurs et rampes d’accès contrôlées. Il offrirait ainsi une alternative directe aux axes Nguma et Mondjiba, aujourd’hui saturés par l’augmentation du parc automobile et l’urbanisation rapide de la capitale. Pour le gouvernement, ce projet constitue une réponse structurelle à un problème devenu chronique : chaque jour, des milliers d’usagers passent plusieurs heures dans les embouteillages pour rejoindre la Gombe, principal centre administratif et économique. Le viaduc s’inscrit également dans un programme plus large de réaménagement de la baie de Ngaliema et de modernisation des infrastructures routières de Kinshasa.

Baie de Ngaliema, un site aux projets controversés

La rive gauche du fleuve, dans la zone communément appelée « Baie de Ngaliema », est toujours convoitée par plusieurs projets immobiliers controversés. Réputée site non aedificandi depuis l’époque coloniale, la Baie de Ngaliema est occupée actuellement par des constructions dites anarchiques. Si le gouvernement a réussi à démolir d’autres constructions anarchiques ailleurs notamment à Magasin-Kintambo, la Baie de Ngaliema continue cependant d’être spoliée par des « puissants » au point de faire capituler le gouvernement. En juin 2025, en marge de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée chaque 5 juin, la ministre de l’Environnement et développement durable, Eve Bazaiba, avait officiellement annoncé la « sanctuarisation » de la Baie de Ngaliema. Les travaux visant à transformer cet espace en parc récréatif écotouristique ont été lancés par la même occasion, faisant de cette zone « une aire protégée ». En tant que telle, ce site bénéficie des protections prévues par la loi sur la conservation de la nature, au même titre que toutes les autres aires protégées du pays. Eve Bazaiba avait également mis en garde les fonctionnaires qui délivrent des titres fonciers sur des espaces « non aedificandi », conseillant aux acquéreurs de parcelles d’agir avec prudence. « Vos propres besoins ne vous permettent pas de construire n’importe où. Lorsqu’il y a des catastrophes, ces mêmes personnes appellent l’Etat à l’aide alors que c’est elles-mêmes qui prennent des risques démesurés. Que les conservateurs des titres fonciers sachent qu’aujourd’hui il y a pénalisation des actes. Celui qui donne des titres fonciers aux paisibles citoyens là où il ne faut pas se retrouvera en prison. », avait-elle menacé. Si hier, ils étaient couverts, ce n’est pas le cas aujourd’hui. La loi a déjà été promulguée, avait-elle ajouté. Dans la foulée de cette mesure, l’aménagement et la gestion de cet espace ont été confiés à la société Utexafrica, suivant un partenariat public-privé signé en 2017. Jean-Philippe Waterschoot, directeur général de cette société, avait expliqué que ce projet vise à protéger la rivière Makelele et le fleuve Congo tout en offrant aux Kinois un espace récréatif accessible gratuitement.

Mais malgré ce projet, d’autres constructions anarchiques ont continué. Le 14 février 2026, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, avait effectué une visite d’évaluation sur ce site stratégique, annonçant de facto le début d’un processus qui devrait conduire à la démolition des bâtisses érigées en violation des normes urbanistiques.            

Un projet de « petit » Dubaï en attente… 

Depuis 2017, les projets foisonnent à la Baie de Ngaliema. Un projet immobilier et d’urbanisation à usage mixte avait été conçu sur une superficie totale de 187 ha. Le projet Corniche est divisé en quatre zones. Il visait à créer une sorte de « petit Dubaï » sur ce site. La zone I qui part de la résidence actuelle de l’ambassadeur de France jusqu’à la clôture du Palais de la Nation. Elle s’étend sur une superficie de 24,56 ha, dont 9,02 ha sur la terre ferme et 15,54 ha à gagner sur le fleuve. Il était prévu d’ériger un restaurant, des commerces, des logements collectifs et des maisons individuelles. La Zone II s’étend du Palais de la Nation à l’embouchure de la rivière Gombe sur une superficie de 33,07 ha, dont 11,80 ha sur la terre ferme et 21,07 à gagner sur le fleuve. Dans cette zone, il était prévu la construction d’un restaurant, des commerces, un hôtel et des logements collectifs. La zone III, la plus importante de toutes, va de la rivière Gombe au chantier naval de Chanimétal au niveau de la baie de Ngaliema sur une superficie de 77,79 ha, dont 67,86 ha sur la terre ferme et 9,93 ha à gagner sur le fleuve. Elle devrait comprendre des bureaux, un restaurant, des commerces, un hôtel, un River Club, des logements collectifs, des maisons individuelles, un parc thématique (45 000 m2) et un théâtre. Et, enfin, la zone IV qui s’étend du chantier naval de Chanimétal jusqu’au collecteur situé au Mont Ngaliema, soit une superficie de 52,23 ha, dont 24,71 ha sur la terre ferme et 27,52 ha à gagner sur le fleuve. Elle devrait abriter des bureaux, un restaurant, des commerces, un hôtel, des logements collectifs, culturel et éducationnel et un centre culturel. Ce projet avait été repris en 2022 par l’administration Tshisekedi. Le ministre des Affaires foncières de l’époque, Aimé Molendo Sakombi, avait tenté de le faire avancer en prenant langue à Dubaï avec la firme Emaar Properties. Mais jusqu’à ce jour, le site fait toujours l’objet des controverses. D’autres constructions anarchiques sortent encore de terre.    

Le viaduc va-t-il voir le jour ? 

Présenté comme une solution ambitieuse, le viaduc va-t-il voir le jour dans cet imbroglio autour de la Baie de Ngaliema ? Ce projet, au-delà des controverses liées au site, devra encore franchir l’épreuve du financement et de la mise en œuvre pour convaincre. Dans une ville où les projets d’infrastructures peinent souvent à se concrétiser, les Kinois attendent désormais des actes pour espérer voir, enfin, leurs trajets quotidiens se raccourcir. La ville-province de Kinshasa reste surtout confrontée à des embouteillages monstres, paralysant la circulation routière et compliquant considérablement les déplacements ainsi que le vécu quotidien des Kinois et Kinoises. Lors des précédentes réunions du Conseil des ministres, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, avait, à plusieurs reprises, demandé au gouvernement de trouver une solution durable aux embouteillages sur les principaux axes routiers de la ville. Si ce viaduc est réalisé, il sera considéré comme l’une des solutions structurelles attendues par la population kinoise pour faire face aux embouteillages chroniques dans cette partie de la capitale.

Heshima Magazine 

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