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Deal RDC–USA : l’IGF, levier clé de la transparence exigée par Washington ?

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Un vent d’espoir souffle sur la République Démocratique du Congo (RDC) avec l’émergence d’un partenariat stratégique avec les États-Unis. Cet accord ambitieux, axé sur l’exploitation de minerais stratégiques comme le cobalt, le lithium et le cuivre, pourrait offrir aux entreprises américaines un accès privilégié en échange d’un soutien sécuritaire pour pacifier l’Est du pays, une région riche en ressources mais marquée par l’instabilité. Qualifié de « deal historique » par un diplomate américain lors d’une conférence à New York en avril 2025, cet accord pourrait redéfinir les relations géopolitiques en Afrique centrale et transformer l’économie congolaise. Cependant, la transparence dans la gestion des ressources et des finances publiques est une condition sine qua non pour les États-Unis. C’est dans ce contexte que l’Inspection Générale des Finances (IGF), dirigée par le chevronné Jules Alingete, devient un acteur clé. Depuis 2020, Alingete a transformé l’IGF en un rempart contre la corruption. Heshima Magazine explore comment l’IGF pourrait permettre à la RDC de se positionner comme un partenaire fiable et transparent sur la scène internationale.

La RDC est un géant minier, détenant environ 70 % des réserves mondiales de cobalt, d’immenses gisements de lithium et plus de 75 millions de tonnes de cuivre. Ces minerais, essentiels aux batteries des véhicules électriques, aux technologies renouvelables et aux infrastructures électriques, sont au cœur de la transition énergétique mondiale. Pourtant, l’Est du pays, où ces ressources abondent, est en proie à une insécurité chronique. Des groupes armés, comme le M23 appuyé par le Rwanda, exploitent illégalement ces minerais, privant l’État de revenus cruciaux tout en massacrant la population congolaise. Face à ce défi, le président Félix Tshisekedi a proposé un accord audacieux aux États-Unis : un accès privilégié à ces richesses en échange d’un appui militaire pour stabiliser la région et d’investissements massifs pour moderniser l’économie.

Ce partenariat ne se limite pas à une transaction économique. Il s’inscrit dans une compétition géopolitique mondiale, où les États-Unis cherchent à contrer l’influence chinoise, qui domine actuellement le secteur minier congolais. Mais pour que cet accord voie le jour, Washington exige une gouvernance irréprochable, appuyée par des institutions robustes comme l’IGF, dont la mission est d’assurer une gestion transparente des fonds et des ressources publics. « Ce deal est une chance pour la RDC, mais il repose sur la confiance », commente Alain Mulunda, analyste économique à l’Université de Lubumbashi.

Minerais, insécurité et rivalités internationales

La demande mondiale pour le cobalt, le lithium et le cuivre explose. Selon l’US Geological Survey, cette demande devrait quadrupler d’ici 2030, propulsant la RDC au centre de l’attention. Les gisements de cobalt du Lualaba et du Haut-Katanga, les réserves de lithium du Tanganyika et du Maniema, et les immenses dépôts de cuivre du Haut-Katanga font du pays un acteur incontournable. Jusqu’à récemment, la Chine exerçait une emprise quasi exclusive sur ces ressources, contrôlant 70 à 80 % de la production congolaise grâce à des entreprises comme China Molybdenum et Zijin Mining, selon une analyse de la Banque mondiale.

L’Est de la RDC, riche en minerais, est un paradoxe. Alors que ses ressources attirent les investisseurs, l’insécurité freine leur exploitation. Le M23, accusé par une résolution de l’ONU en février 2025 de recevoir le total soutien rwandais, exploite illégalement ces minerais, privant l’État de plus de 2 milliards de dollars par an, selon l’ONG Global Witness. « Sans sécurité, il n’y a pas d’investissement possible », a martelé Tshisekedi lors d’un sommet à Nairobi en janvier 2025.

Longtemps dépendante des partenariats chinois, la RDC cherche à diversifier ses alliances. Lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2024, Tshisekedi a plaidé pour des partenariats « gagnant-gagnant » qui favorisent la transformation locale des minerais. Le deal avec les États-Unis s’inscrit dans cette stratégie, offrant une alternative pour attirer des investissements occidentaux tout en répondant aux défis sécuritaires.

Les contours du deal : minerais contre sécurité et investissements

Au cœur de l’accord, la RDC propose un accès privilégié à ses minerais stratégiques : le cobalt, extrait principalement dans le Lualaba et le Haut-Katanga, le lithium, dont les gisements du Tanganyika et du Maniema attirent l’attention des industriels, et le cuivre, dont les réserves massives positionnent le pays comme un leader africain. Des géants américains comme Tesla, Ford et Apple, selon un rapport de Bloomberg en avril 2025, négocient des contrats d’approvisionnement à long terme pour sécuriser leurs chaînes de production.

En contrepartie, les États-Unis s’engagent à soutenir la sécurité dans l’Est congolais. Cet appui comprend la formation et le renforcement des Forces armées de la RDC (FARDC) par des instructeurs américains, le déploiement d’un contingent limité de conseillers militaires pour coordonner les opérations contre les groupes armés, et la fourniture de technologies avancées, comme des drones et des systèmes de renseignement à la pointe de la technologie. « Notre objectif est de stabiliser l’Est pour sécuriser les investissements », a déclaré un officiel du Pentagone, cité par CNN en mars 2025.

L’accord inclut également un plan d’investissement ambitieux de 500 milliards de dollars sur 15 ans, financé par des entreprises privées et des institutions américaines comme la Development Finance Corporation (DFC). Ces fonds viseront à moderniser les infrastructures, avec la construction de routes, de ponts et de réseaux électriques pour faciliter l’exploitation minière. Des usines de raffinage seront établies pour transformer localement le cobalt et le cuivre, réduisant la dépendance aux exportations brutes. Enfin, des projets sociaux, comme la construction d’écoles et d’hôpitaux dans les zones minières, sont prévus pour améliorer les conditions de vie. « Ce projet pourrait transformer la RDC », a tweeté l’économiste de renommé international Jeffrey Sachs en avril 2025.

Où en sont les négociations ?

Les discussions entre Kinshasa et Washington avancent à grands pas confie à Heshima Magazine une source au sein du gouvernement. Côté congolais, Félix Tshisekedi pilote les négociations, épaulé par son conseiller économique Andre Wameso, le ministre des Mines, … Côté américain, le secrétaire d’État Marco Rubio, des officiels du Pentagone et des représentants de Tesla et General Motors jouent un rôle clé. En mars 2025, Wameso s’est rendu à Washington pour rencontrer des sénateurs, selon un article de Politico, afin de finaliser les termes de l’accord.

Le département d’État américain a confirmé, dans un communiqué du 29 avril 2025, que cet accord « renforcera la sécurité et la prospérité en Afrique centrale ». « Ce deal est une opportunité inespérée pour notre pays, enfin la RDC connaitra la paix et la prospérité », se réjouis Sophie Salama, experte en gouvernance à Kinshasa.

La transparence, condition sine qua non des États-Unis

Pour les États-Unis, tout investissement en RDC est subordonné à une gouvernance rigoureuse, assurée par des hommes et des femmes intègres du pays hôte, conformément aux exigences du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA). Adoptée en 1977, cette loi interdit aux entreprises américaines de verser des pots-de-vin à des agents publics étrangers et impose une comptabilité rigoureuse et transparente. Les violations sont sévèrement sanctionnées, comme en témoigne le cas de l’entreprise Telia, condamnée en 2017 à une amende de 965 millions de dollars pour des faits de corruption en Ouzbékistan.

Les entreprises américaines impliquées dans le deal risquent gros en cas de corruption. Une infraction pourrait entraîner des amendes colossales, des peines de prison pour les dirigeants et l’exclusion des marchés publics américains. Pour répondre à ces exigences, Washington imposera des audits conjoints avec les autorités congolaises, des rapports trimestriels sur les revenus miniers et une surveillance étroite des flux financiers. La Securities and Exchange Commission (SEC) et le DOJ (Department of Justice) collaboreront avec des institutions locales en RDC pour détecter toute irrégularité, rendant la transparence non négociable.

L’IGF, pivot de la confiance américaine

L’IGF s’est imposée comme un acteur central dans la lutte contre la corruption et la promotion de la transparence. Créée par l’ordonnance n° 87-323 du 15 septembre 1987 et rattachée directement à la présidence, elle a pour mission de contrôler la gestion des finances publiques. Ses audits, enquêtes sur les détournements et patrouilles financières en font un rempart contre la corruption. « Nous sommes les gardiens de l’argent public », affirme Jules Alingete, Inspecteur Général Chef de Service, dans un entretien à Jeune Afrique en janvier 2025.

Sous la direction d’Alingete, l’IGF a intensifié ses efforts. En avril 2025, un audit des projets routiers à Kinshasa a révélé des surfacturations de 30 %, entraînant la suspension des responsables impliqués. En mars 2025, trois directeurs d’entreprises publiques ont été écartés pour détournement de fonds, une décision saluée par Transparency International. La relance de la « patrouille financière » en 2025 permet désormais un contrôle en temps réel des dépenses publiques, renforçant la crédibilité de l’institution. « L’IGF est devenue un acteur incontournable pour rassurer les partenaires internationaux », commente Pierre Kibati, militant écologiste congolais.

L’IGF a également joué un rôle déterminant dans la renégociation du contrat minier sino-congolais signé en 2008 sous le régime de Joseph Kabila. Ce contrat, qui prévoyait un échange de minerais contre des infrastructures, s’est avéré déséquilibré au détriment de la RDC. Selon un rapport de l’IGF, les entreprises chinoises ont généré environ 76 milliards de dollars de gains, tandis que la RDC n’a bénéficié que de 3 milliards de dollars en infrastructures. Cette situation a conduit l’IGF à recommander une revisitation ou une résiliation du contrat.

Les efforts de l’IGF ont abouti à la signature d’un nouvel avenant en mars 2024, rééquilibrant les profits entre les deux parties. Le montant alloué aux infrastructures est passé de 3 à 7 milliards de dollars sur les dix-sept prochaines années, avec des décaissements annuels obligatoires de 324 millions de dollars. De plus, la part de la RDC dans la coentreprise Sicomines a été augmentée, renforçant ainsi son contrôle sur la gestion des ressources minières.

Dans le cadre du partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis sur les minerais critiques, l’IGF est appelée à jouer un rôle central. Elle auditera les contrats miniers, surveillera l’utilisation des fonds américains et collaborera avec la SEC pour garantir une transparence totale. Cette collaboration s’étendra forcément à d’autres institutions congolaises, telles que la Cour des comptes, la Cellule Nationale de Renseignements Financiers (CENAREF) pour lutter contre le blanchiment. « Sans l’IGF, ce partenariat n’aurait sûrement aucune crédibilité aux yeux de Washington », souligne Sophie Mutombo, étudiante en économie à Kinshasa.

Ainsi, l’IGF, sous la direction de Jules Alingete, s’affirme comme le pivot de la confiance américaine dans la gestion des ressources stratégiques de la RDC.

Félix Tshisekedi, architecte d’une nouvelle RDC

Félix Tshisekedi est le moteur de ce partenariat. Depuis son arrivée au pouvoir en 2019, il a fait de la lutte contre la corruption une priorité. En 2023, il a promulgué une loi anti-corruption renforçant les sanctions contre les détournements de fonds. L’année suivante, le budget de l’IGF a été augmenté de 50 %, lui donnant les moyens d’agir. « La corruption est un cancer que nous devons éradiquer », avait-t-il déclaré.

Sur le plan diplomatique, Félix Tshisekedi a déployé une série d’initiatives pour repositionner la République Démocratique du Congo (RDC) sur la scène internationale. Ses visites stratégiques aux États-Unis en 2023 et 2024, ainsi que son discours marquant devant l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2024, ont constitué des étapes clés dans cette démarche. Lors de ces occasions, il a mis en avant la nécessité de transformer localement les minerais afin de valoriser davantage les ressources naturelles du pays et d’attirer les investisseurs étrangers, notamment américains.

L’une des déclarations marquantes de cette période provient de Jules Alingete, l’Inspecteur général des Finances, qui a souligné les efforts constants du président pour améliorer la gouvernance publique en RDC. Lors de la Journée internationale de lutte contre la corruption en décembre 2024, il a affirmé : « Depuis son accession à la magistrature suprême de notre pays, Son Excellence Monsieur le président de la République et chef de l’État de la RDC, Félix Tshisekedi, ne cesse de s’employer pour améliorer la gouvernance publique dans notre pays. » Cette déclaration met en lumière l’engagement du président Tshisekedi à renforcer la transparence et à promouvoir une gestion plus rigoureuse des ressources publiques, des objectifs essentiels pour renforcer la crédibilité du pays à l’international.

Opportunités et défis

Le deal RDC-USA offre des perspectives prometteuses. La pacification de l’Est pourrait mettre fin à des décennies de conflits, tandis que les 500 milliards de dollars d’investissements prévus sur 15 ans permettraient de moderniser l’économie congolaise. La transformation locale des minerais, avec la construction d’usines de raffinage, pourrait créer des milliers d’emplois et réduire la dépendance aux exportations brutes.

L’IGF, clé d’un partenariat historique

Le partenariat entre la RDC et les États-Unis est une opportunité historique, mais son succès repose sur un pilier fondamental : la transparence. L’Inspection Générale des Finances, par son action rigoureuse et sa collaboration avec d’autres institutions, est le levier qui permettra à la RDC de gagner la confiance de Washington. Sous l’impulsion de Félix Tshisekedi, ce deal pourrait transformer le pays en un modèle de coopération internationale, à condition que les engagements de gouvernance soient tenus. Comme le résume Pierre Kibati, « l’avenir de la RDC se joue maintenant, et l’IGF est au cœur de cette bataille ».

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Kinshasa Kia Mona : le pari fou d’une nouvelle ville pour désengorger la capitale congolaise

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Face à l’explosion démographique et aux embouteillages chroniques qui étouffent Kinshasa, les autorités congolaises ont lancé, depuis décembre 2025, « Kinshasa Kia Mona », un gigantesque projet d’extension urbaine à l’est de la capitale. Que sait-on réellement de ce mégaprojet inédit depuis l’indépendance ? Combien pourrait-il coûter à la République ? Tentative d’explication.

Kinshasa rêve plus grand. Beaucoup plus grand qu’on ne pouvait l’imaginer. Avec près de vingt millions d’habitants et une urbanisation galopante, la capitale congolaise suffoque sous le poids de sa propre croissance démographique. Embouteillages monstres, insuffisance des infrastructures, pénurie de logements et extension anarchique des quartiers périphériques illustrent les défis quotidiens auxquels sont confrontés les Kinois. Pour répondre à cette pression devenue difficilement maîtrisable, le gouvernement congolais a officiellement lancé le projet « Kinshasa Kia Mona », une nouvelle ville appelée à transformer durablement le paysage urbain de la mégapole.

Pourtant, au départ, le projet peinait à convaincre. Beaucoup d’initiatives similaires annoncées par le passé n’ont jamais véritablement vu le jour. C’est notamment le cas de Fatshi City, dévoilé en 2021. Porté par la société privée Bitec Consulting, ce projet ambitionnait de construire des cités modernes et connectées sur des sites militaires à Kinshasa et dans certaines provinces. Bien qu’approuvé par le président de la République, ce programme reste, à ce jour, largement inachevé.

Kinshasa Kia Mona, un projet à plus de 50 milliards USD

Cette fois, les autorités assurent vouloir passer à la vitesse supérieure. Kinshasa Kia Mona a été officiellement lancé en décembre 2025 par le président Félix Tshisekedi dans la commune de Maluku, à environ 45 kilomètres du centre-ville de Kinshasa. Estimé à plus de 50 milliards de dollars américains, le projet s’étendra sur près de 43 000 hectares. Il prévoit la construction de quartiers résidentiels modernes, de zones industrielles, d’infrastructures hospitalières, d’universités, de centres commerciaux ainsi que de vastes espaces verts.

Le site principal est situé à Menkao, dans la commune de Maluku. Le gouvernement congolais a également décidé d’intégrer une partie du groupement de Kingakati, près du parc de la Vallée de la N’sele, dans cette future ville.

À terme, Kinshasa Kia Mona pourrait accueillir jusqu’à cinq millions d’habitants. Son modèle de financement repose sur plusieurs mécanismes : partenariats public-privé (PPP), prêts bancaires, financements des banques de développement, modèles BOT (Build-Operate-Transfer), garanties foncières, levées de fonds et subventions publiques.

Au cœur du projet figure un vaste pôle industriel multisectoriel structuré autour de huit parcs spécialisés, allant des hautes technologies aux industries pharmaceutiques, en passant par la transformation agroalimentaire et l’économie circulaire.

Plus de 225 000 emplois annoncés

Selon les autorités congolaises, Kinshasa Kia Mona ambitionne également de devenir un puissant moteur économique. La première phase du projet prévoit notamment la construction d’une cité industrielle capable d’abriter jusqu’à 160 usines dès les premières années. À terme, plus de 225 000 emplois directs et indirects pourraient être créés, dont environ 30 000 dès la première phase du chantier. Les autorités présentent ce projet comme une réponse durable aux défis de l’urbanisation, mais aussi comme un symbole de modernisation et d’industrialisation de la RDC.

Cependant, plusieurs observateurs restent prudents. Certains experts s’interrogent sur la capacité réelle de l’État à financer durablement un projet aussi colossal dans un contexte marqué par les difficultés d’accès aux services de base dans plusieurs communes de Kinshasa. D’autres estiment que le succès de cette nouvelle ville dépendra surtout de la qualité des infrastructures routières, de l’accès à l’eau et à l’électricité, mais également de la transparence dans la gouvernance du projet.

Des entreprises chinoises privilégiées ?

La première pierre de la cité industrielle, portée par un consortium d’entreprises chinoises, a été posée en décembre 2025. Cette zone constitue la première phase de la gigantesque nouvelle ville.

Selon plusieurs sources, seuls 15 à 20 % des espaces industriels seraient ouverts à des investisseurs non chinois. Les projections sino-congolaises évoquent l’implantation de près d’un millier d’usines dans les cinq prochaines années.

Toutefois, les autorités congolaises assurent vouloir diversifier les partenaires. L’ancien ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi, avait notamment précisé : « La Chine est peut-être entrée en premier dans la cité industrielle, mais cela ne représente qu’une petite partie des espaces à développer. Il y a de la place pour tout le monde. »

Dans cette logique, le coordinateur du projet, Thierry Katembwe, a multiplié les missions à l’étranger, notamment à Paris, à l’invitation du Medef. Selon plusieurs médias internationaux, ces démarches ont déjà permis la signature d’accords avec Dassault Systèmes, tandis que Bpifrance participe également au financement du projet. « Le projet n’est absolument pas uniquement chinois », a insisté Thierry Katembwe, évoquant également l’intérêt d’investisseurs américains, sud-africains, canadiens et congolais.

Un défi colossal

Derrière les ambitions affichées, le défi reste immense. Pour plusieurs urbanistes, la réussite de Kinshasa Kia Mona dépendra avant tout de la capacité des autorités à garantir la viabilité des infrastructures, la transparence des financements et l’accessibilité des logements pour les populations kinoises. Car Kinshasa traîne déjà une longue histoire de projets urbains ambitieux restés inachevés ou freinés par des difficultés de gouvernance.

Si cette nouvelle ville pourrait offrir un second souffle à une capitale saturée, un autre défi majeur demeure : celui du coût des logements. Leur accessibilité déterminera en grande partie la capacité réelle du projet à désengorger l’ancien centre-ville.

Avec Kinshasa Kia Mona, la RDC veut tourner une page et offrir à sa capitale un nouveau visage. Entre rêve futuriste et immense défi de réalisation, cette ville nouvelle pourrait devenir soit le symbole de la modernisation congolaise, soit rejoindre la longue liste des grands projets africains confrontés aux réalités du terrain. Une chose est sûre : à Kinshasa, l’avenir semble désormais se construire vers l’est.

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Préparation chamboulée, supporters bloqués en RDC : quand Ebola perturbe le rêve mondialiste des Léopards

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À quelques semaines de la Coupe du monde 2026, la résurgence du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) bouleverse la préparation des Léopards. Entre restrictions sanitaires, stages annulés, refus de visas aux supporters congolais vivant au pays et inquiétudes internationales, la sélection congolaise voit son parcours vers le Mondial fragilisé par une nouvelle crise sanitaire.

La République démocratique du Congo vit une situation paradoxale. Alors que le pays célèbre sa qualification historique à la Coupe du monde 2026, une résurgence du virus Ebola menace aujourd’hui de perturber l’aventure des Léopards sur la scène internationale. Depuis plusieurs semaines, les autorités sanitaires congolaises et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) alertent sur une flambée inquiétante de la souche Bundibugyo du virus Ebola dans l’est du pays. Selon l’OMS, la propagation de l’épidémie est désormais jugée « très élevée » au niveau national.

Jusqu’au 25 mai, 101 cas avaient été confirmés, dont 10 décès, en RDC, avec comme épicentre la zone de santé de Mongbwalu, dans le territoire de Djugu, en Ituri, au nord-est du pays. « Mais nous savons que l’épidémie en RDC est bien plus vaste. Il y a désormais plus de 900 cas suspects et 220 décès suspects », a précisé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

Une épidémie qui perturbe le rêve mondialiste des Léopards

Face à cette situation, les conséquences dépassent désormais le seul cadre sanitaire. Le football congolais, en pleine euphorie après sa qualification au Mondial, se retrouve directement affecté.

Les États-Unis ont imposé une période d’isolement aux joueurs avant leur entrée sur le sol américain. Une mesure qui suscite la polémique, d’autant plus que la totalité des joueurs convoqués par le sélectionneur Sébastien Desabre ne vivent pas en RDC. Leur dernier séjour au pays remonte au début du mois d’avril à Kinshasa, loin de l’épicentre actuel de l’épidémie, et avant même la déclaration officielle de la maladie, intervenue le 15 mai.

Malgré cela, les joueurs se conforment déjà au protocole sanitaire mis en place. Deux bulles sanitaires ont été organisées en Belgique. La première regroupe les joueurs et une partie du staff technique déjà présents en Europe. La seconde concerne les membres du staff arrivés de Kinshasa, notamment les entraîneurs adjoints ainsi que Dodo Landu, team manager de l’équipe nationale.

Stage de préparation annulé à Kinshasa

La Fédération congolaise de football (FECOFA) a dû annuler le stage de préparation prévu à Kinshasa, ainsi qu’une cérémonie officielle d’adieux aux supporters et de décoration des Léopards programmée le 26 mai dernier.

Les activités prévues dans la capitale, notamment une conférence de presse du sélectionneur Sébastien Desabre et une rencontre avec les supporters, ont été suspendues pour des raisons sanitaires. Les Léopards ont ainsi été contraints de délocaliser leur préparation en Belgique afin d’éviter d’éventuelles restrictions de voyage imposées par les autorités américaines.

Des supporters vivant au pays privés du Mondial

Les États-Unis, pays hôte du Mondial avec le Canada et le Mexique, ont renforcé les mesures de contrôle pour les voyageurs en provenance de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Washington a notamment imposé une période d’isolement de 21 jours pour certaines personnes ayant séjourné dans les zones concernées. Or, les Léopards sont également portés par des supporters infatigables venus du pays. Plusieurs groupes de soutien aux fauves congolais ne pourront finalement pas se rendre à la Coupe du monde.

Le gouvernement congolais tente actuellement un difficile rattrapage diplomatique en vue du deuxième match des Léopards prévu à Guadalajara, au Mexique. Mais il sera compliqué pour les autorités mexicaines d’accorder des visas aux supporters congolais dans le contexte sanitaire actuel. Le supporter congolais Michel Kuka Mboladinga dit « Lumumba Vea », devenu célèbre lors de la CAN 2025 pour son hommage à Patrice Emery Lumumba, avait déjà manqué la finale des barrages intercontinentaux contre la Jamaïque, au Mexique, en raison d’un problème de visa.

Reste à savoir si ce dernier pourra bénéficier d’une exception cette fois-ci, malgré les restrictions prises par les États-Unis, le Canada et probablement le Mexique.

En RDC, des supporters entre fierté et inquiétude

Même si aucun scénario d’exclusion de la RDC du tournoi n’a été officiellement évoqué par la FIFA, l’inquiétude grandit autour de l’impact de cette crise sanitaire sur la participation congolaise. À Kinshasa, de nombreux supporters oscillent entre fierté de voir la RDC participer à sa première Coupe du monde moderne et inquiétude face à un virus qui menace de perturber ce rêve mondialiste. « Nous sommes déjà très fiers de notre qualification. Nous aurions dû vivre cette phase finale comme une fête. Mais malheureusement, les joueurs seront privés de la majorité de leurs supporters restés au pays. Le gouvernement devrait trouver un moyen de mobiliser les Congolais de la diaspora pour remplir les tribunes de Houston, aux États-Unis, lors du match RDC-Portugal », a déclaré Marcus Kitoto, un supporter rencontré à Kinshasa.

La FIFA affirme suivre la situation de près en collaboration avec les autorités sanitaires internationales et la FECOFA. Une possibilité de remboursement des billets est déjà évoquée pour certains Congolais qui s’étaient déjà procuré le précieux sésame.

Au-delà du football, cette crise sanitaire rappelle une réalité plus profonde : en RDC, les grandes ambitions nationales restent souvent confrontées à des défis sanitaires, sécuritaires et sociaux majeurs. Et à l’approche du Mondial 2026, les Léopards devront désormais livrer un double combat : celui du terrain et celui contre une épidémie qui menace de ternir le rêve de toute une nation.

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C64 contre C4 en RDC : l’UDPS riposte face au front anti-révision constitutionnelle

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À peine l’opposition congolaise avait-elle lancé la Coalition Article 64 (C64) pour barrer la route à toute réforme de la Constitution que l’UDPS a contre-attaqué avec la création de la C4. Derrière cette bataille de sigles se profile un affrontement politique majeur autour de l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo (RDC) et du débat explosif sur un éventuel changement constitutionnel.

Le duel politique est désormais lancé. En République démocratique du Congo, la question de la révision ou du changement de la Constitution cristallise de plus en plus les tensions entre le pouvoir et l’opposition. Après la naissance de la coalition « C64 », initiée par plusieurs figures de l’opposition, dont Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, pour défendre l’ordre constitutionnel actuel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a répliqué en annonçant la création de la « Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution », en sigle C4.

L’annonce a été faite par Augustin Kabuya Tshilumba, secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS. Selon le parti présidentiel, cette nouvelle plateforme vise à fédérer les Congolais favorables à une réforme des institutions jugée nécessaire pour adapter le pays aux réalités actuelles. Le chiffre « 4 » symboliserait les quatre grandes aires linguistiques de la RDC, dans une volonté affichée de donner une dimension nationale à cette initiative.

Déjà, plusieurs figures de la majorité présidentielle commencent à rallier la nouvelle plateforme pro-révision. C’est notamment le cas de Modeste Bahati Lukwebo, qui a officiellement rejoint la dynamique C4, renforçant ainsi le camp favorable à une réforme institutionnelle. En difficulté au sein de l’Union sacrée de la Nation, Modeste Bahati semble avoir saisi cette opportunité pour tenter de se repositionner politiquement, après ses déclarations controversées autour du débat constitutionnel. Une autre adhésion remarquée est celle de Mussa Mondo, ancien vice-ministre et ancien cadre du Front commun pour le Congo (FCC), qui a récemment rejoint le camp présidentiel.

L’opposition craint un troisième mandat

Face à cette offensive politique, l’opposition campe sur ses positions. Réunis autour de la coalition C64, des leaders comme Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund ou encore Delly Sesanga accusent le camp présidentiel de vouloir ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Leur stratégie repose sur l’article 64 de la Constitution, qui impose aux citoyens de faire échec à toute prise ou exercice du pouvoir contraire à la loi fondamentale.

Au cours d’un point de presse tenu le samedi 23 mai 2026 à son siège de Kinshasa, le parti de l’opposant Jean-Marc Kabund, l’Alliance pour le Changement (A.Ch), a réitéré son opposition catégorique à tout projet de modification de la Constitution, tel que prôné par le parti présidentiel.

 « Aujourd’hui, leur serment repose sur le changement de la Constitution et la révision constitutionnelle. Nous leur disons que, qu’il s’agisse d’un changement ou d’une révision, rien de tout cela n’aura lieu. Eux-mêmes le savent », a déclaré le secrétaire général du parti, Tonay Atwana Jean-Paleki.

L’UDPS amorce des consultations

Dans les rangs de l’UDPS, les responsables rejettent ces accusations et défendent plutôt une réforme destinée à corriger certaines faiblesses institutionnelles. Le parti invoque même l’héritage politique d’Étienne Tshisekedi, présenté comme l’inspirateur historique d’une nouvelle architecture constitutionnelle. L’UDPS n’hésite d’ailleurs pas à rappeler son boycott du référendum constitutionnel de 2005 ayant consacré l’actuelle Constitution. Le 22 mai, le parti a démarré des consultations dans le cadre de sa coalition pour le changement de la Constitution. Steve Mbikayi, député national et président du Parti Travailliste (P.T), était parmi les premiers à être reçus par Augustin Kabuya. À la fin de la rencontre, Steve Mbikayi a réaffirmé son engagement à accompagner l’UDPS dans le processus de changement de la Constitution. « Nous allons l’accompagner jusqu’à l’aboutissement heureux de l’adoption d’une nouvelle constitution », a déclaré le président national du P.T. Selon lui, la Coalition Article 64 lancée par l’opposition ne représentera pas un obstacle pour leur démarche.

Cette montée des tensions révèle une polarisation grandissante du paysage politique congolais. En l’espace de quelques jours, deux blocs antagonistes se sont constitués autour d’un même sujet : conserver ou changer la Constitution. D’un côté, la C64 entend verrouiller toute tentative de réforme ; de l’autre, la C4 veut mobiliser partis politiques, société civile et confessions religieuses en faveur d’un changement constitutionnel.

À Kinshasa, le bras de fer constitutionnel ne fait que commencer. Entre la C64, qui brandit la défense de l’ordre constitutionnel, et la C4, qui plaide pour une nouvelle architecture institutionnelle, la bataille politique promet d’occuper le devant de la scène dans les prochains mois. Une confrontation à haut risque qui pourrait redessiner l’avenir politique de la RDC à l’approche des échéances électorales de 2028.

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