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Dossier

2021, année de tous les enjeux!

L’année 2020 était considérée comme celle de l’Action en République Démocratique du Congo. Et même si la grande pandémie Covid-19 a fortement perturbé le cours des événements à travers le monde, entraînant un chapelet de changements sociaux, démographiques, écologiques et économiques, en RDC où les populations attendaient énormément de cette année, le pays a tout de même vibré au rythme de quelques actions mémorables. L’effectivité de la gratuité de l’enseignement, les premières heures de l’instauration de l’Etat de droit, la réforme de la justice, la déchéance du Bureau de l’Assemblée nationale et l’effritement de la majorité parlementaire que le Front commun pour le Congo détenait depuis 2019. Cependant, sans que les deux années soient mises en concurrence, l’année 2021 contrairement à 2020, n’a pas été annoncée tambours battants. Elle n’est pas reliée à une accroche et, pourtant elle est celle de grands événements dont les préludes ont été joués vers le dernier trimestre de l’année 2020.

La reconfiguration de la scène politique congolaise par la création de l’Union sacrée, les premiers pas de Joseph Kabila dans l’opposition, la réforme de la Ceni, les nominations à la tête des entreprises et la présidence de l’Union Africaine que va exercer Félix-Antoine Tshisekedi, une première historique pour la RDC. Voilà entre autres, la panoplie d’événements tant attendus en 2021.

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La reconfiguration de la classe politique congolaise

L’opposition n’est pas faite pour tout le monde, en tout cas c’est l’image que quelques cadres jadis pros Kabila comme Julien Paluku, sont en train de véhiculer. Depuis la déchéance de Mabunda, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu multiplie des appels du pied au Président Tshisekedi marquant même son adhésion au sein de l’Union sacrée, avec comme premiers pas l’invitation au Premier Ministre et aux membres de son gouvernement à démissionner. Une série de sorties médiatiques qui n’ont pas amusé ses anciens camarades de la plateforme. 

Tour à tour, Patrick Nkanga Bekonda, conseiller de Ilunga Ilunkamba, et son épouse la sénatrice Francine Muyumba, ont attaqué l’actuel ministre de l’Industrie avec des mots pas très tendres.

Faire l’inventaire des troupes, entendre chaque député et chaque sénateur FCC en vue d’identifier et de comprendre les problèmes à l’origine du malaise régnant actuellement dans ce qui était présenté hier comme une machine politique à toute épreuve.

Modeste BAHATI LUKWEBO,
président de l’AFDC-A Informateur

 La veille de la nativité du Christ, le porte-parole du FCC, Alain Atundu Liongo a déclaré : « L’Union sacrée, ce projet FccCide n’est pas la voie idoine pour consolider la cohésion nationale. Bien au contraire, elle hypothèque dangereusement la cohésion nationale et la dignité du Congolais. » L’ancien patron des services de sécurité du temps de Mobutu traite l’Union sacrée de bâtard démocratique, un gâchis, un coup d’épée dans l’eau. Dans la foulée, il exige des députés Fcc ayant pris la route de l’Union sacrée de se signaler au Bureau de l’Assemblée nationale afin d’y être remplacés par leurs suppléants respectifs.

Cependant, au sein du FCC, certains cadres rassurent que la majorité ne s’est nullement effritée. La déchéance de Mabunda était l’expression d’un ras-le-bol exprimé dans les rangs mêmes du FCC sans que cela ne devienne une mission réussie pour Félix Tshisekedi. La nouvelle majorité parlementaire ne lui est pas encore acquise de facto. C’est d’ailleurs dans cette perspective que Joseph Kabila sur le corps, tente de remobiliser ses troupes en mettant en place une équipe dirigée par Raymond Tshibanda Tunga Mulongo en vue d’écouter les élus FCC, déterminer les raisons de leur expression de rasle-bol et savoir surtout comment y remédier pour barrer le passage au train Tshisekedi, qui avance pour gérer selon sa vision. Il est évident qu’en quête de grâces, quelques membres du FCC traversent du côté Tshisekedi au détriment de Kabila, ainsi, le puzzle sera refait de part et d’autre sans tomber dans le qui « trop embrasse mal étreint ». Les nouvelles recrues ne devraient pas mettre à mal les anciens membres, les fidèles, les loyaux, ce qui pourra rendre vulnérable même le camp s’estimant dorénavant fort.

Gouvernement-Entreprises publiques : la poule aux œufs d’or !

« Depuis la mort de Mzée Laurent-Désiré Kabila, une dictature s’est installée au Congo, l’Udps a tenté d’appliquer la force pour la chasser, nous avons fait de même. Maintenant si le Président Tshisekedi est au pouvoir, c’est grâce au travail que nous avons fourni, il faut qu’il se rappelle de nous. Une grande personnalité comme moi ne doit pas être chômeur. Qu’on me nomme PCA d’une grande entreprise basée dans le Kongo Central ou ministre du nouveau gouvernement », a déclaré Ne Mwanda Nsemi, le leader du parti politique Bundu dia Mayala au micro de la radio Top Congo. Une question de récompense du fait des combats entrepris politiquement, telle est la crainte concernant l’attente de la nouvelle gestion que d’aucuns présentent comme salvatrice d’un Congo dans un coma profond depuis des décennies. L’informateur Modeste Bahati n’a que peu de jours pour la détermination de la majorité parlementaire reconfigurée ou pas, préalable avant la mise en place du nouveau gouvernement qu’il pilotera peut-être.

Moïse KATUMBI CHAPWE, président de Ensemble pour le Changement 

 Après un échec cuisant du gouvernement Ilunkamba dont le bilan ne sait être présenté, les attentes vis-à-vis de la prochaine équipe sont grandes : redresser l’économie, éradiquer l’insécurité à l’Est du Congo, endiguer la crise sanitaire due à Ebola et à la Covid-19, préparer les élections de 2023 et doter la RDC d’un budget à la hauteur de ses potentialités. Avec des opposants intraitables à l’exemple de Martin Fayulu, candidat malheureux à la dernière présidentielle et Joseph Kabila, leader du FCC défait, la machine Tshisekedi n’a pas droit à l’erreur. Elle devra convaincre déjà par sa composition et par le fond de son travail. Le fait d’avoir Modeste Bahati comme potentiel Premier Ministre annonce un gouvernement séduisant connaissant la qualité et les valeurs dont regorge le leader de l’AFDC.

Ainsi, il ne serait pas impossible de bénéficier d’un gouvernement six étoiles auréolé d’un Jean-Marc Kabund en remplacement de Gilbert Kankonde à l’Intérieur où sa rigueur et son expérience d’homme populaire peuvent être mises à contribution. Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba devenus désormais alliés de taille de Félix Tshisekedi seraient assurément récompensés par des portefeuilles aussi juteux que stratégiques non pas pour eux-mêmes, mais pour leurs poulains. Le retour d’un Olivier Kamitatu au ministère du Plan dont il maîtrise les rouages pour avoir été son animateur sous Kabila entre 2011 et 2015 n’est pas à exclure, un Francis Kalombo au ministère de l’Information ou encore à la Justice est attendu. Ce dernier, autrefois chantre de Joseph Kabila n’avait jamais été récompensé d’un portefeuille que certains ont présenté comme principale raison de sa défection.

Jean Pierre BEMBA GOMBO,
président du MLC

Du côté de Jean-Pierre Bemba, il est possible que ce soit de nouvelles têtes aux mains sans tâches qui viennent au-devant de la scène. Le jeune député national du MLC, Daniel Mbau a séduit son monde tant par sa verve oratoire que par la pertinence de ses interventions ; avocat réputé, il pourrait aussi prétendre au ministère de la Justice.

En parlant de la jeunesse, le Président Tshisekedi a montré tout son intérêt pour la jeune élite de son pays. Il pourra faire monter Ted Beleshayi à la place d’Acacia Bandubola au ministère de l’Economie nationale, maintenir Junior Mata aux Finances comme titulaire ou adjoint alors que l’UNC Baudoin Mayo conservera peut-être le Budget.

S’agissant des entreprises publiques, la deuxième vague de nominations est attendue et cette dernière concerne les gros poissons, les poules aux œufs d’or de l’économie congolaise. Le pourvoyeur des partis politiques, des campagnes électorales ne sont nullement les portefeuilles ministériels, mais les entreprises publiques. Plus d’une année, des gens et courtisans se promènent soit à Limete soit à la Cité de l’Union africaine ou se contentent de rabâcher des oreilles par des appels téléphoniques depuis l’Europe espérant glaner un poste de directeur général ou d’adjoint dans des entreprises stratégiques comme la Caisse nationale de sécurité sociale, la Société nationale d’électricité, la Regideso, l’Ogefrem, la Dgda, la Dgrad, etc. Qui aura quoi, pourquoi, comment et avec quel apport réel et direct sur l’intérêt général ? Les prochains jours sauront mieux répondre à ces questions. Voilà à quoi ressemblera donc l’année 2021 pour la République Démocratique du Congo, mieux qu’une année de l’Action, une année des attentes.

 Les Gouverneurs de Provinces au garde à vous !

La septième Conférence des gouverneurs de provinces qui s’est tenue du 27 au 29 décembre dans la salle de réunion du Palais de la Nation, à Kinshasa est considérée comme le point d’orgue d’événements politiques organisés en 2020. Si ces assises n’ont pas eu directement un message évocateur, le thème choisi : « la gouvernance des provinces dans l’environnement démocratique actuel : défis et opportunités » revêt, quant à lui plein de sens à quelques jours de la mise en place effective de l’Union sacrée de la Nation, telle que l’a décidée Félix Tshisekedi au sortir des consultations présidentielles.

Faut-il rappeler que la Constitution de la RDC institue la décentralisation, ce modèle de gestion qui consiste pour le pouvoir central de transférer une partie de ses prérogatives à des entités dites territoriales décentralisées ? Celles-ci jouissent d’une personnalité juridique leur conférant dans la foulée une autonomie de gestion. Et si d’aucuns voyaient en la décentralisation un risque latent de balkanisation dans la mesure où les animateurs des provinces même s’ils ne sont qu’élus au suffrage indirect sont avant tout de grands leaders d’opinion, populistes à l’exemple aujourd’hui de Richard Muyej, Jacques Kyabula, Atou Matubuana ou encore Jean Muteba comme ce fut le cas, autrefois sous Kabila, de Moïse Katumbi, André Kimbuta, etc. Remettre la gestion quotidienne à des politiques de la trempe des précités constitue réellement un risque à prendre.

Joseph KABILA K. autorité morale du FCC,
président honoraire de la
République Démocratique du Congo

Ainsi donc, avec la coalition Front Commun pour le Congo et Cap pour le Changement désormais dans les oubliettes, la majorité jadis acquise au FCC à l’Assemblée nationale et dans les assemblées provinciales, il était plus qu’impérieux pour le cinquième Président congolais de procéder au rappel des troupes sachant avec pertinence que la quasi-totalité des vingt-six gouverneurs de provinces étaient des pros Kabila. Et même si trois de ces gouverneurs à savoir, Jean Bamanisa, Atou Matubuana, le gouverneur du Sankuru, ont nargué leurs assemblées provinciales et les mots d’ordre de Kingakati demandant leur éviction, la majeure partie de ceux-ci déclarent encore leur loyauté au FCC.

Le Président congolais a profité de la septième Conférence des gouverneurs des provinces pour rappeler à ses invités que l’intérêt général, le salut du peuple demeurent l’objet de sa politique en lieu et place de l’individualisme ou encore de l’égoïsme politique conduit par les colorations politiques. Il a informé avec insistance sur sa volonté de mettre en place l’Union sacrée de la Nation pour laquelle il sollicite l’apport de toutes les forces représentatives dont font partie les gouverneurs de provinces, eux qui sont en contact permanent avec les problèmes de la société et qui sont mieux placés pour proposer des solutions au développement intégré. En deux jours de travail, les animateurs des 25 provinces ont lu une motion de soutien total à Félix Tshisekedi et à l’Union sacrée. Assez pour comprendre que le message est passé et que rien ne peut faire obstruction à l’Union sacrée à travers le pays aux superficies continentales.

Réformes importantes, la Céni en ligne de mire !

 Le 06 décembre 2020, le Président congolais, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a présenté les conclusions issues des consultations nationales qu’il avait initiées à Kinshasa du 02 au 25 novembre de la même année. Un discours globalisant qui a fait l’effet d’une bombe tant il a été dans le sens de tous les secteurs de la vie avec dans sa gibecière une série des réformes dont les plus importantes sont d’ordre politique et électoral :

  • opérer, sur la base d’un large consensus, des réformes constitutionnelles portant sur le mode de scrutin ou le seuil minimum aux élections législatives nationales, la rétrocession aux provinces afin de rendre effective la décentralisation, la loi sur la nationalité afin de permettre aux nombreux concitoyens de la diaspora de conserver, selon le cas, la nationalité congolaise d’origine ;
  •  ouvrir un débat en vue de la réintroduction de l’élection présidentielle au suffrage universel direct à la majorité absolue (2 tours) et, le cas échéant, verrouiller ces dispositions dans une révision constitutionnelle ;
  • réhabiliter les partis politiques dans leur rôle de principaux moteurs de la démocratie et acteurs de la vie parlementaire, en lieu et place des regroupements politiques, conformément à l’esprit et à lettre de la Constitution, notamment son article 6 ;
  •  réduire la taille du gouvernement ;
  • accorder à chaque groupe parlementaire constitué au sein des  2 chambres, des plages horaires gratuites et équitables au sein de la chaine de télévision publique parlementaire, pour y défendre ses opinions, idées ou activités ; 
  • en 2023, organiser les premières élections locales en même temps que les élections nationales ;
  • changer le mode de scrutin des Gouverneurs de provinces et des Sénateurs ; 
  • accélérer la désignation du porte-parole de l’opposition ;
  •   Supprimer le Ministère de la Décentralisation et réintégrer sa fonction au sein du Ministère de l’Intérieur ;
  • dépolitiser l’Administration du territoire en privilégiant les critères d’ancienneté et de compétence dans les nominations des administrateurs des territoires, ainsi que la promotion des non originaires ;
  •   procéder à l’identification des citoyens congolais et étrangers résidents, et délivrer les nouvelles cartes d’identité sécurisées avant fin 2022 ; 
  • assurer le vote pour les congolais de l’étranger aux prochaines élections nationales ; 
  • créer des sièges pour les congolais de l’étranger à l’Assemblée nationale ; 

Des réformes importantes qui vont sans nul doute donner un coup de rabot à la politique congolaise tant décriée dans le monde suite à sa démocratie jugée de parodie. Une façon pour Félix Tshisekedi de danser au rythme du G13, ce collectif de treize parlementaires et personnalités politiques du Congo, qui plaidait depuis juillet 2020 pour des réformes en profondeur de la centrale électorale de la RDC, en lieu et place de procéder directement à la nomination de Ronsard Malonda comme président de la Ceni en remplacement de Corneille Nangaa Yobeluo, l’homme par qui est venu l’alternance politique historique. Fin juillet 2020, Félix Tshisekedi avait refusé d’entériner la désignation de Ronsard Malonda par une ordonnance. Même si à cette époque, répondant à une correspondance de l’Assemblée nationale à ce sujet, le locataire du Palais de la Nation avait évoqué un manque de soubassement, l’idée première dans la tête de Fatshi était celle de conditionner toute action électorale par une série des réformes profondes. Si hier, l’alliance avec le FCC majoritaire au Parlement était une grosse écharde, à ce jour, plus rien ne peut empêcher la machine de débouler calmement.

La RDC au sommet de l’Afrique !


Félix-A. TSHISEKEDI
président de la République Démocratique du Congo

Il y a deux ans, au mois de février 2019, Félix Tshisekedi participe à son premier sommet de l’Union africaine. Lors de ces assises historiques, le Président Fatshi va être davantage gratifié en se voyant élire deuxième vice-président de l’instance continentale avec comme conséquence l’occupation du poste de président en 2021. Pour la RDC c’est une histoire qui s’écrit en belles lettres.

 

C’est pour la première fois que le pays de Lumumba exerce la présidence. Deux ans après, le rêve d’autrefois tend à se réaliser. Cela n’est plus qu’une question de jours. Le 03 décembre 2020, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a reçu en audience, Monsieur Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union Africaine. Cette rencontre était relative à la préparation de la présidence de l’Union Africaine que s’apprête à exercer le Président Tshisekedi, à l’issue de l’Assemblée générale ordinaire qui se tiendra à Addis-Abeba en février 2021.

Juste après, le cinquième Président congolais s’est entretenu avec le panel qui va accompagner son mandat à la tête de l’instance continentale. Qu’attendre de la RDC ? Le Président Tshisekedi y a répondu lors de son message de vœux la nuit du 31 décembre 2020. 

Pour madame Winnie B, Directrice de l’ONU/Sida ; Félix Tshisekedi devra, en sa qualité de Président de l’UA, militer pour que l’Afrique obtienne rapidement le vaccin contre la Covid-19. Tandis que Macron a rassuré son homologue congolais lors d’un appel téléphonique, de son soutien à l’Union africaine pour le développement du continent.

HESHIMA

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Ces cardinaux qu’a connus la RDC…

Le cardinal émérite Laurent Monsengwo Pasinya dont le décès est intervenu le 11 juillet 2021 à Versailles, en France, a été fait cardinal en 2010, soit 3 ans après le décès du cardinal Etsou. Retour sur ses deux devanciers mais aussi son successeur.

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L’Eglise catholique romaine en République démocratique du Congo est à son 4ème cardinal. Le premier, Joseph-Albert Malula, né le 17 décembre 1917 à Léopoldville (Kinshasa), a exercé cardinal et archevêque de Kinshasa, de 1964 à 1989. Il est réputé être l’un des personnages religieux qui   a combattu la dictature de Mobutu.


On lui attribue notamment la remise en question de certains aspects de la politique de l’authenticité prônée par le pouvoir en place qui n’était pas de nature à promouvoir l’entente entre l’Église et l’État. Le cardinal Malula  avait ainsi refusé d’installer au grand séminaire Jean XXIII un comité de la Jeunesse du mouvement populaire de la révolution (JMPR). Un conflit qui a abouti à la confiscation de la résidence du cardinal qui devint le quartier général de la JMPR.

Le 11 février 1972, le cardinal Malula s’exila à Rome. Mais de Rome où il était, il continuait à encourager les chrétiens à demeurer fermes dans la foi. Il décède le 14 juin 1989 à Louvain, en Belgique.


 Etsou lui succède…

 Environ deux ans après le décès du cardinal Malula, le Pape Jean-Paul II crée Frédéric Etsou cardinal lors du consistoire du 28 juin 1991, devenant ainsi le deuxième cardinal du pays après Joseph-Albert Malula. Mais bien avant cette étape, il fut consacré évêque le 7 novembre 1976 puis nommé évêque de Mbandaka le 11 novembre 1977 en remplacement du belge Mgr Pierre Wijnants. Il fut nommé archevêque de Kinshasa le 14 août 1990, charge qu’il a assumé jusqu’à sa mort le 6 janvier 2007.


Le cardinal Etsou a été aussi engagé notamment dans les questions d’éducation civique et électorale. Il a accompagné la campagne d’éducation civique et électorale avec la commission Justice et paix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) au cours des années 2005- 2006.

Coexistence des cardinaux


 Fait rare dans l’histoire de l’église catholique au Congo. Le pays a connu la coexistence des deux cardinaux, Laurent Monsengwo (créé cardinal en 2010 puis démissionne en 2018) puis devenu cardinal émérite. Il y a eu ensuite le cardinal en fonction, Fridolin Ambongo Besungu créé cardinal par le Pape François, le 5 octobre 2019, à Rome. Une situation inédite en République démocratique du Congo. Ce que le gouverneur de la ville de Kinshasa n’a pas manqué de relever. « Je bénis le Seigneur Dieu ToutPuissant qui, par sa grâce et sa divinité, a permis que je sois gouverneur de Kinshasa en cette période spéciale de l’église catholique avec la création à Rome du Cardinal Fridolin Ambongo. Cette cérémonie à laquelle j’ai participé a fait de moi l’un des rares dirigeants d’une ville africaine qui compte deux cardinaux », a indiqué Gentiny Ngobila. C’était lors de sa prise de parole à la messe organisée, le 18 juillet, en mémoire de Laurent Monsengwo, dans la cathédrale Notre-Dame du Congo, à Lingwala.


 Dido NSAPU

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MONSENGWO : ce combattant en soutane

L’influent archevêque émérite de Kinshasa a tiré sa révérence, le 11 juillet 2021 à Versailles, en France. Malgré son rang de clergé, ce natif d’Inongo a “ combattu “ différentes dictatures en RDC. Retour sur les grands moments politiques au cours desquels il s’est illustré.

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Le cardinal émérite Laurent Monsengwo Pasinya est mort à 81 ans. Son décès depuis Versailles, près de Paris, où il a été amené pour des soins médicaux a suscité une vague d’hommages unanime dans la classe politique congolaise. Même l’ex-président, Joseph Kabila, contre qui le prélat a dirigé ses piques les plus musclées, s’est dit « attristé » par cette disparition.


Originaire d’une famille de chef coutumier Sakata, dans la province du Mai-Ndombe, Laurent Monsengwo est né en 1939, à Inongo. Paradoxalement à sa lignée coutumière, il choisit très tôt la voie ecclésiastique. Ce qui va le conduire à côtoyer le monde politique et ainsi pérenniser, de manière ostentatoire, le combat de son mentor, le cardinal Joseph Albert Malula. Ordonné prêtre en 1963, puis évêque à Kinshasa en mai 1980, Monsengwo gravit les échelons d’une Église déjà érigée en contrepouvoir face au règne du “tout-puissant” Mobutu Sese Seko.


Mémorandum à Mobutu


Monsengwo a été  l’initiateur, en 1990, d’un mémorandum demandant plus de libertés au Maréchal Mobutu, alors que ce dernier venait de dépasser un quart de siècle au pouvoir. Un mémorandum qui lui avait donné une autre dimension. Il était alors considéré comme «un personnage incontournable, le cerveau moteur de la poussée vers la démocratie», selon les écrivains Roger Gaise et Isidore Ndaywel ont dit dans un livre consacré aux 25 ans de l’épiscopat de ce prélat. Pour Isidore Ndaywel, c’est Laurent Monsengwo, alors président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), qui a introduit la notion de « démocratisation » dans les discours de l’Eglise catholique. Plus d’une année après son mémorandum, Monsengwo occupera la tête de la Conférence nationale souveraine (CNS). Celleci sera fermée par Mobutu puis rouverte après la marche des chrétiens catholiques réprimée dans le sang par le régime Mobutu. Monsengwo sera le président du Haut conseil de la République Parlement de transition (HCRPT) jusqu’à son éviction en 1996.


Critique contre M’zee


 Alors que la première guerre du Congo éclate à Kisangani en 1996, Laurent Monsengwo est évacué de son diocèse – déguisé en vieillard – pour ne pas être repéré par des rebelles. Une guerre qui verra Mobutu, abandonné par ses soutiens politiques, chassé l’année suivante par les rebelles de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila avec l’appui du Rwanda. Et le prélat ne va pas tarder à se montrer critique vis-à-vis du nouveau pouvoir. Une attitude qu’il conservera après l’accession à la tête du pays de Joseph Kabila, à la suite de l’assassinat de son père, en 2001, en pleine deuxième guerre du Congo (1998-2003).


Pendant ce conflit, Monsengwo dénonce les crimes commis par les belligérants dans sa ville, et doit, pour sa sécurité, vivre un temps hors de Kisangani, pour le contrôle de laquelle l’Ouganda et le Rwanda se livreront des combats sans merci, directement ou par milices congolaises interposées. À la fin de la guerre, il ne participe pas à la transition politique mais reprend vite son rôle de combattant, en soutane… 

Réélection boudée !


En décembre 2007, Mgr Monsengwo succède à la tête de l’archevêché de Kinshasa au cardinal Frédéric Etsou, décédé en janvier de la même année. Laurent Monsengwo est fait cardinal par Benoît XVI en 2010. Et pendant son ministère comme cardinal, il n’enlèvera pas son étoffe de critique à l’égard du pouvoir. La CENCO va régulièrement lancer des mises en garde au régime Kabila.
Et en 2011, le cardinal conteste la réélection de Joseph Kabila, en estimant que les résultats de la présidentielle de novembre n’étaient « conformes ni à la Vérité, ni à la Justice ». Ses détracteurs l’accusent d’être proche de l’opposition, d’Etienne Tshisekedi, principal challenger de Joseph Kabila à ces scrutins controversés.


Réputé déjà très critique à l’égard du pouvoir de Joseph Kabila, Laurent Monsengwo va pousser le bouchon plus loin qu’il ne l’a fait sous Mobutu. Après la répression des marches du 31 décembre 2017, réclamant l’application de l’accord de la Saint Sylvestre, les paroissiens ont été tués et des gaz lacrymogènes lancés dans les Eglises. Il va, dans un message, appeler que « les médiocres dégagent ! » C’était lors de sa conférence de presse du 2 janvier 2017, après ces répressions des marches. Face aux voix de la majorité, de l’époque, qui protestaient contre cette qualification, l’accusant d’être devenu « l’opposant numéro 1 », le secrétaire général de la Conférence épiscopale, l’abbé Nshole justifie : « Médiocre, ce n’est pas une insulte, c’est une évaluation ».

La République aura donc vécu un cardinal « combatif » à chaque fois que sa « démocratie » qu’il avait appris à défendre depuis Mobutu était menacée par un régime politique. Ayant hérité d’une Église traditionnellement engagée sur le plan politique et sociétal avec des figures marquantes comme Joseph Albert Malula, Laurent Monsengwo a, en novembre 2018, cédé son fauteuil à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa à Mgr Fridolin Ambongo Besungu. Ce dernier, lui aussi, ménage difficilement la classe politique qu’il accuse parfois d’être à la base de la misère du peuple.


Dido Nsapu  

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30 JUIN 2021 LUMUMBA : un hommage repoussé !

Ce 30 juin 2021, la République démocratique du Congo célèbre ses 61 ans d’indépendance. Cette fête allait comporter une particularité, celle du rapatriement des reliques du premier héros national du pays. La survenue d’une troisième vague de covid-19 a eu raison de cet agenda.

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Depuis le mois de décembre 2020, le président de la République, Félix Tshisekedi, avait annoncé son intention d’organiser un hommage national, le 30 juin 2021, en l’honneur de Patrice Emery Lumumba. Une solennité qui devrait être précédée du rapatriement de ses reliques. L’idée est d’offrir enfin une sépulture à celui qui fut le premier Premier ministre de l’histoire de la République démocratique du Congo dans les années 1960. Mais aussi et surtout, un acteur majeur de l’indépendance du pays. Pour ce faire, le pays s’apprêtait à cet événement pour ce mois de juin finissant. Quatre lieux étaient choisis pour cet hommage national : Lumumba-ville, une entité créée par Félix Tshisekedi en mémoire de Patrice Emery Lumumba, dans la province du Sankuru, la ville de Kisangani, dans l’actuelle Tshopo, qui fut son bastion politique. Ces reliques allaient aussi passer à Shilatembo, le lieu de son assassinat, dans le Haut-Katanga. Puis, enfin, la ville de Kinshasa où une sépulture est en cours de construction au pied de l’Echangeur de Limete, dans l’Est de la ville.

Mais la survenue d’une troisième vague de la pandémie de covid-19 en République démocratique du Congo a eu raison de cet agenda des hommages. La Présidence de la République a renvoyé cet événement au 17 janvier 2022, le jour de la commémoration de l’assassinat de Lumumba. Sa famille biologique, ses enfants en particulier, attendent ce moment pour enfin faire le deuil de leur père. « Pendant plus de dix ans, on a fait tout le nécessaire pour arriver à ce résultat, celui de la restitution par le gouvernement belge à la famille des restes de la dépouille de notre père […] », a déclaré Roland Lumumba.

Ces restes infinitésimaux dont il est question sont constitués jusqu’à preuve du contraire d’une dent. Et d’ailleurs, en septembre 2020, la justice belge avait répondu favorablement à la demande de la famille de Patrice Lumumba de lui restituer cette dent attribuée au héros de l’indépendance congolais assassiné. Cette dent avait été saisie chez un policier belge ayant contribué à faire disparaître le corps de Patrice Lumumba.

30 juin 1960

Comment ce 30 juin 1960, jour de fête, était-il devenu le canal par lequel la déchéance du tout jeune Etat indépendant est passée ? D’après des témoignages recoupés, ce jeudi-là, au doux soleil, tout allait mieux se passer si le désaccord entre le nouveau chef de l’Etat, Joseph Kasa-Vubu et son puissant Premier ministre n’avait pas existé.

 Selon Thomas Kanza, ministre et proche de Lumumba, qui livre ce témoignage à RTBF, en 2000, Patrice n’avait pas apprécié l’attitude de Kasa-Vubu qui a refusé de lui faire lire son discours, préférant le montrer au gouvernement belge. « À 8h30, le Premier ministre me fait venir chez lui, à sa résidence privée. Il y avait là quelques amis. J’avais l’impression qu’ils avaient déjà discuté entre eux. Le Premier ministre me donne son discours. Il était déjà écrit, dactylographié.», explique cet ancien ministre de Lumumba. Patrice Lumumba lui annonce qu’il va prendre la parole au Parlement et lui demande de relire et de corriger le texte. Thomas Kanza répond à Lumumba que c’est un excellent discours, à prononcer au stade devant la population, mais que « le Parlement n’est ni l’endroit ni l’occasion de prononcer ce discours». Au départ, ce discours devait effectivement être prononcé au stade l’après-midi même, rapporte ce média.

«C’est alors que j’apprends de la bouche de Lumumba : ‘Thomas, je veux parler, parce que le président Kasa-Vubu nous a humilié. Il va prononcer un discours qu’il a montré au gouvernement belge, mais qu’il ne nous a pas montré. Thomas, je vais parler.», relate Thomas Kanza. Puisque Lumumba devait contresigner le discours de Kasa-Vubu, ce que ce dernier ne lui a pas donné l’occasion de faire. Cela provoqua l’intervention virulente de Lumumba au Palais de la Nation, ce jeudi-là. Une diatribe qui va gâter la journée du roi Baudouin Ier. Et depuis, Patrice Lumumba était dans le collimateur du colonisateur, y compris la stabilité du pays. Ce qui provoqua une mutinerie au sein de la Force publique seulement 5 jours après l’indépendance. Avant de voir une sécession katangaise 11 jours après la proclamation de l’indépendance.

 Dido Nsapu 

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