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Politique

Consultations Présidentielles: Fatshi déboulonne !

Depuis son investiture en qualité de cinquième Président de la République Démocratique du Congo, le 24 janvier 2019, Félix-Antoine Tshisekedi ne recule jamais devant une occasion de s’adresser à son peuple. Des adresses qui créent un engouement sans précédent avant, pendant et après leur diffusion. Comme annoncé par le porte-parole du Président de la République Monsieur Kasongo Mwema Yamba Yamba, le dimanche 06 décembre 2020 a été choisi pour révéler à la face du Congo et au reste du monde, les conclusions du Chef de l’Etat congolais à l’issue des consultations qu’il avait initiées du 02 au 25 novembre dernier à l’attention des forces représentatives de la RDC en vue de la création d’une union sacrée autour de sa vision (Le Peuple d’Abord). Coïncidence, cette date a aussi été celle de la fête de la Saint Nicolas. Peut être était-ce un cadeau en guise de cette fête dont on récompense les bons comportements des enfants.

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Un audimat incroyable que la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) n’avait presque jamais réalisé, même lors de plus grands rendez-vous sportifs. La raison est noble cette fois-ci, le Congo s’apprête à entrer dans une nouvelle ère.

Un état des lieux du chaos !

D’entrée de jeu, Félix Tshisekedi ne va pas avec le dos de la cuillère. Avec émotion, il déclare : « Une fois de plus, j’ai ressenti l’immense douleur, doublée de révolte de mes compatriotes face à la situation d’instabilité et de guerre larvée qui perdure dans une partie du pays ; j’ai été anéanti par les témoignages renouvelés des victimes d’atrocités ; j’ai mesuré la soif, exprimée par tous, d’une démocratie exemplaire et d’un véritable État de droit; j’ai compris que notre peuple et la majorité de ses élites ne supportent plus d’être pris en otage par le cancer de la corruption, des traitements discriminatoires, des discours creux et démagogiques   ; J’ai ressenti la lassitude de nombre d’entre vous, toujours plus impatients de voir des résultats concrets sur le front socioéconomique changer leur quotidien et celui de leurs enfants. J’ai pris bonne note des attentes précises de chaque catégorie consultée, ainsi que celles spécifiques aux différentes provinces. J’ai aussi été marqué par votre reconnaissance des efforts consentis pour trouver des solutions aux multiples problèmes auxquels nous faisons face. J’en suis d’ailleurs ragaillardi ». Ces phrases ont été d’une clarté saisissante sur la nature des décisions fatales devant suivre. Le point de non-retour avait été atteint et cela n’a pas tardé à se confirmer lorsque le cinquième président congolais s’est mis à étaler le chapelet de ces décisions réparties en des domaines précis touchant directement au quotidien du congolais, à savoir :

  • La paix et la sécurité dans la partie Est de la République ;
  • Le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit ;
  • L ’ o r g a n i s a t i o n des élections en 2023 ;
  • L’indépendance et la bonne administration de la justice ;
  •   L’amélioration des finances publiques et du climat des affaires ;
  •   Le développement par les infrastructures ;
  •   L’investissement du nouveau congolais dans le capital humain ;
  •   La problématique de l’emploi pour jeunes ; 
  • La promotion des droits de la femme.

Fin de la coalition FCC-CACH, nomination d’un informateur 

Cela était attendu voire appelé de tous les vœux, les congolais de plusieurs horizons ont salué la décision de Félix Tshisekedi de mettre fin à la coalition entre Cap pour le Changement, sa plateforme et le Front commun pour le Congo, de son ancien allié Joseph Kabila. Le Président Tshisekedi a fait

état non seulement de nombreux maux qui rongent son pays depuis des décennies, mais aussi évoqué les pistes de solutions lui proposées par ceux et celles qui ont pris part aux consultations. Le Chef de l’Etat a également rappelé que le Gouvernement de coalition Cach-Fcc ne lui a pas permis de mettre en œuvre son programme ni été capable de répondre aux attentes et aspirations des congolais. Il a estimé que les efforts fournis les deux dernières années pour maintenir la coalition, n’ont servi à rien et que continuer ce mariage mettrait carrément en péril son quinquennat et sa vision. « Comme j’ai eu à vous le dire le 23 octobre dernier, nous n’avons pas le droit de prendre en otage le devenir de notre Nation à cause de querelles politiciennes et de repositionnement…En conséquence, j’ai décidé de nommer un INFORMATEUR, conformément aux dispositions de l’article 78, alinéa 2, de la Constitution. Il sera chargé d’identifier une nouvelle coalition réunissant la majorité absolue des membres au sein de l’Assemblée Nationale ». Avec cette annonce, certains élus du peuple commencent déjà à envisager la remobilisation de leurs troupes, des d e s c e n t e s sur terrain en prévision d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale comme l’a promis le Président de la RDC en cas d’échec d’identification d’une nouvelle majorité et fort de ce que les raisons de dissolution de l’Assemblée nationale sont, a-t-il dit, réunies. 

Aux saveurs victorieuses pour l’Udps 

De l’avis de personnes averties, la coalition FCCCACH a toujours été en ligne de mire dans les différentes réunions au sein du Cap pour le Changement en général et de l’Udps en particulier. Et au regard du succès de ces consultations présidentielles dans l’opinion, des voix s’étaient levées, aussitôt les consultations finies, pour réclamer ou exiger ipso facto la fin de la coalition FCC-CACH.

Félix Tshisekedi recevant Laurent Mosengwo, ancien Cardinal
F.Tshisekedi et le Docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix lors des Consultations
présidentielles
Photo de famille entre F.Tshisekedi, le Minstre
de l’intérieur et les Gouverneurs de Provinces
Après un échange très attendu le Président F.Tshisekedi et Moïse Katumbi posent en photo

Il est notamment reproché à cette coalition le manque d’un programme commun de gouvernance, des divergences de vues et surtout le manque de sincérité du FCC, majoritaire au parlement et au gouvernement, bloquant ainsi l’action du Président de la République. Argument rejeté au Front Commun pour le Congo qui accuse le CACH d’incompétence dans la gestion des affaires publiques. 

Malgré ce jeu de ping-pong, les consultations du Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi se sont poursuivies pendant trois bonnes semaines, rencontrant dans la foulée une adhésion massive des Congolais dont la plupart ne juraient que par la rupture de cette coalition qu’ils qualifient par ailleurs “d’incestueuse et contre nature”. Bien avant l’adresse du Chef de l’Etat du 06 décembre, au cours de laquelle il a publié les conclusions des consultations qu’il avait initiées parmi lesquelles la fin de la coalition FCC-CACH, au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), l’heure était déjà à la fin de cette coalition avec le FCC. L’on a même vu Jean-Marc Kabund se lancer en croisade dans l’arrière-pays pour préparer la base du parti présidentiel à la fin de cette coalition dont il a été victime en étant destitué de son fauteuil de 1er Vice-président de l’Assemblée par la même majorité qui l’avait élu. 

Dans les médias, Augustin Kabuya le secrétaire général de l’UDPS était allé plus loin en prédisant l’exil aux sociétaires du FCC et la CPI à l’ancien Président Joseph Kabila. En revanche, certains cadres du FCC, qui sont eux aussi montés au créneau, avaient, au nom de leur majorité au Parlement, demandé aux ministres CACH de quitter le gouvernement s’ils considèrent que la coalition FCC-CACH n’existe plus. En outre, les caciques les plus modérés du FCC se sont montrés conciliants en appelant le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi à revenir aux bons sentiments. Pour eux, toute concession doit se faire dans le cadre de l’accord qui les lie. Réagissant à l’adresse du Chef de l’Etat du dimanche 06 novembre dernier, le FCC a tout simplement pris acte en déclarant attendre le mot d’ordre de son autorité morale Joseph Kabila ! 

 Les péripéties d’une désunion inévitable : retour sur les Consultations ! 

Des analystes avisés avaient entrevu ce divorce dès les premiers instants du mariage FCC-CACH. La longue discussion sur le quota dans le gouvernement Ilunkamba, le mépris de certaines ordonnances présidentielles ne présageaient rien de bon pour le peuple dans l’attente du salut. Félix Antoine Tshisekedi, qui ne dirige pas seul le pays, car n’ayant pas la majorité au parlement, soupçonne alors ses partenaires du Front commun pour le Congo (FCC) cher à son prédécesseur Joseph Kabila avec qui il est en coalition de multiplier des stratagèmes pour bloquer son action au gouvernement. De l’escalade verbale entre les sociétaires des deux camps FCC-CACH aux rencontres des deux leaders de la coalition au pouvoir, rien ne va changer. Des chamailleries vont se multiplier entre les deux camps et pendant ce temps, la situation sociale de la population va de mal en pis. Au vu de ses prérogatives constitutionnelles et conscient du danger qui le guette sachant qu’il sera seul face au peuple qui l’a élu pour défendre le bilan de son quinquennat, le Président Felix-Antoine Tshisekedi va taper du poing sur la table après le refus de la Présidente de l’Assemblée nationale, du Président du Sénat, du Premier Ministre, des Ministres, etc., tous du Fcc, de prendre part, le 21 octobre 2020, à la prestation de serment des juges constitutionnels. 

Ainsi, en date du 23 octobre, dans une adresse télévisée à la nation de 6 minutes qui a été très suivie comme un match de football, Félix-Antoine Tshisekedi, estimant qu’aucun arrangement politique n’est au-dessus de la Constitution, va annoncer les Consultations avec les forces les plus représentatives du pays en vue d’une “Union sacrée” .

 Saluant cette option, nombreux sont les animateurs des institutions du pays, les forces sociopolitiques, ainsi que les personnalités politiques qui ont répondu à l’appel et qui ont tour à tour été reçus par le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi au Palais de la nation où se déroulaient ces consultations. Parmi eux, les institutions d’appui à la démocratie dont le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) conduit par son président Corneille Nangaa, le bureau du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la Communication (CSAC), le bureau du Conseil économique et social (CES), la Commission d’intégrité et médiation électorale (CIME), le Conseil national de suivi de l’ Accord de la Saint Sylvestre (CNSA) représenté par son président Joseph Olenga Nkoy, des responsables des confessions religieuses, des chefs religieux dont le cardinal Mosengwo, Simon Kimbangu chef spirituel de l’église Kimbanguiste, la CENCO, des organisations de la Société civile, des ONG de défense des droits de l’Homme, des artistes musiciens et comédiens, etc.

Revenir aux premiers amours

Ces consultations ont été l’occasion pour le Président Tshisekedi de renouer avec ses amis de Lamuka dont Jean-Pierre Bemba, président du MLC, Moïse Katumbi président d’Ensemble pour la République, Antipas Mbusa Nyamuisi, Freddy Matungulu qui ont répondu favorablement à l’invitation leur lancée. Il faut signaler qu’en quête d’une candidature commune de l’opposition à la Présidentielle congolaise de 2018, les précités qui avaient longtemps combattu Kabila, n’avaient finalement pas su se mettre d’accord à Genève (Suisse) autour d’un nom. Le front Tshisekedi et Kamerhe décidera par la suite de se désunir. Les consultations nationales ont donc permis, deux ans après Genève, de revoir ces leaders de l’opposition ensemble afin de regarder cette foisci vers la même direction par la création de l’union sacrée.

D’autres grandes figures qui ont fait la vedette à ces consultations sont Léon Kengo wa Dondo, considéré à ce jour comme le doyen de la politique congolaise, ancien président du Sénat, le docteur Denis Mukwege, premier Prix Nobel congolais, les anciens premiers ministres Mabi Mulumba, Singa Udju et Samy Badibanga actuel Premier vice-président du Sénat.

Des invités-surprises

Alors qu’interdit de prendre part à ces assises boudées par leur famille politique, certaines figures du FCC de Joseph Kabila ont créé la surprise en se pointant au Palais de la nation. On a vu parmi eux, feu sénateur Lola Kisanga, qui quelques jours plus tôt avait envoyé une correspondance à Félix Tshisekedi dans laquelle non seulement il a salué l’idée des consultations, mais a aussi exprimé toute sa volonté d’aider le Chef de l’Etat par son expérience. Rappelons qu’il fut Ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Gouverneur de l’ancienne province Orientale et ancien Rapporteur du Sénat. On y a également vu les députés nationaux membres du Front commun pour le Congo Jean-Pierre Lihau et Alphonse Ngoy Kasanji. Le premier, autrefois Conseiller d’Evariste Boshab avant de devenir le Directeur de Cabinet d’Aubin Minaku lorsque ce dernier occupait le perchoir de l’Assemblée nationale, est considéré comme la relève du camp Kabila. Il porte fièrement le sobriquet de « cerveau d’Etat » pour sa richesse intellectuelle et politique acquise de son père le Professeur Lihau, grand juriste et politique de premier rang de l’ère Mobutienne. Lihau père est cité parmi les 13 parlementaires fondateurs de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (Udps). C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a été convié aux consultations aux côtés de Kibasa Maliba et Mbwakiem, d’autres fils des pères fondateurs de l’Udps. Toutefois, sa présence devant Tshisekedi a fait jaser dans le camp Kabila qui juge cela de haute trahison et d’une perte ineffable au vu des capacités de l’honorable Lihau.

A l’opposé, le second, l’ancien Gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji a encore étonné de plus belle. L’homme pourtant originaire du grand Kasaï comme Tshisekedi, n’a jamais hésité pour tirer à boulets rouges sur ce dernier.

Félix Tshisekedi les deux doigts levés en signe de victoire

Du fait de son appartenance au dernier carré de Kabila, Ngoyi Kasanji représentait tout d’une identité qui ne peut pas s’approcher de Fatshi surtout après les insultes que des membres de sa famille ont proférées à direction de l’épouse du Président congolais, la stupéfaction a été grande. Mal vus au FCC, ils ont tous été menacés de perdre leurs sièges au Parlement pour cette attitude qualifiée “d’auto exclusion”. Malgré cette menace, d’autres se sont encore présentés au Palais de la nation dont l’ancien Ministre du Développement rural Justin Bitakwira visiblement déçu du FCC et qui avait même déclaré que sa démarche n’engageait que lui-même. Ce n’est qu’après, en dépit de son désaccord, que le FCC avait tout de même permis aux gouverneurs des provinces et présidents des assemblées provinciales issus de ses rangs de répondre à ces consultations. 

On a aussi noté la présence de Modeste Bahati Lukwebo désormais seule autorité morale reconnue du regroupement politique l’AFDC-A qui a déclaré son soutien total au chef de l’État Félix Tshisekedi. Un soutien d’une importance capitale connaissant le nombre non négligeable d’élus appartenant au regroupement de Bahati. Cela peut aisément jouer en la faveur d’une requalification de la majorité parlementaire. Tous ont encouragé le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi dans sa démarche et proposé des pistes des solutions afin que ces assises débouchent sur des conclusions satisfaisantes pour l’intérêt du peuple. 

Entre réjouissance et prudence

Après l’adresse du Président Tshisekedi, l’heure est maintenant aux attentes que d’aucuns considèrent comme celles de la dernière chance. Voir le pays décoller, vivre aisément proportionnellement à l’immensité des richesses que regorgent le sol et le  sous-sol congolais, mais surtout espérer enfin la paix et la stabilité sur toute l’étendue de la RDC. Une paix que certaines personnes n’espèrent pas encore en ayant dans un coin de leurs têtes l’éventuelle réaction de Joseph Kabila, ancien président congolais et leader du FCC. Après avoir dirigé le Congo pendant près de dix-huit ans, l’homme était-il préparé à passer dans l’opposition républicaine sans recours aux armes, dans un pays où les Tshisekedi, les Katumbi, les Bemba et les Fayulu sont dans le « presque même camp » ? Les jours qui suivent sauront mieux répondre à cette question.

 Du côté des partenaires extérieurs, Félix-Antoine Tshisekedi qui a toujours bénéficié de l’appui de nombreux pays à travers le monde, continue de demeurer dans la confiance de ces derniers. A l’instar du diplomate américain accrédité en RDC, Mike Hammer qui saute à chaque occasion sur son compte Twitter pour manifester son adhésion à la politique de Tshisekedi, les Ambassades du Canada, de la Corée du Sud, des Etats-Unis, du Japon, du Royaume-Uni et de la Suisse en RD Congo ont signé une déclaration de soutien au discours du 06 décembre du Président de la République.

Dans l’entre-temps, le cinquième Président de la RDC, appelé affectueusement Fatshi béton vient de surprendre le continent africain, le monde en général et plus particulièrement ces congolais qui ne voyaient pas en lui l’âme de guerrier. D’aucuns fustigeaient le fait qu’il se laissait martyriser par le clan Kabila. Le jeudi 10 décembre, avec la déchéance de Jeanine Mabunda à la tête de l’Assemblée nationale, le Président Congolais sera désormais considéré comme un Président stratège et pleinement Président qui a pu bouleverser les calculs en sa faveur malgré sa minorité dans les institutions et a su convaincre les députés FCC à adhérer à une nouvelle ère, au-delà de l’Etat de droit, qui place l’homme au centre de son programme. Historique !

AGENDA DES CONSULTATIONS PRESIDENTIELLES

Initiées par le Chef de l’Etat, Son Excellence, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, elles se sont déroulées du lundi 02 au mercredi 25 novembre 2020 au Palais de la Nation. 

Lundi 02 novembre : En marge de l’ouverture des Consultations présidentielles, le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a reçu le Président et le Rapporteur de la CENI ; l’ancien Cardinal Monseigneur Laurent Monsengwo Pasinya ; l’Imam Moussa, président ad intérim de la Commission d’intégration et de Médiation électorale (CIME) ; l’Apôtre Léopold Mutombo Kalombo, fondateur et Pasteur du Ministère Amen ; et plusieurs délégations : le Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA) conduite par son Président Joseph Olengha Nkoy ; la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) ; le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) ; le Conseil Économique et Social (CES) ; les organisations chargées du suivi et du processus électoral ; l’Église du Christ au Congo (ECC) ; la communauté Islamique ; l’Armée du Salut en RDC ; l’Église Orthodoxe en RDC ; les Églises Indépendantes du Congo ; l’Église de Réveil du Congo ; le Haut Conseil des Églises de Réveil ; l’Eglise Bangunza et l’Église du 3ème Testament.

Mardi 03 novembre : Les délégations suivantes ont été reçues : les Associations de la Société Civile ; l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) ; la délégation du Syndicat National des Médecins (Synamed) ; le Syndicat des Médecins de la République Démocratique du Congo (Symeco) ; l’Ordre des Avocats ; les représentants du Syndicat Autonome des Magistrats (Synamag) ; l’Ordre des Médecins ; l’Ordre des Infirmiers ; le Syndicat National des Enseignants Catholiques (Synecat) ; l’Ordre des pharmaciens et l’Ordre des Experts Comptables.

Mercredi 04 novembre : Le Président de la R é – p u b l i q u e a reçu l’ancien Vice-Président de la République Monsieur Jean-Pierre Bemba, leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC) ; Monsieur Simon Kimbangu Kiangani, chef spirituel de l’Église Kimbanguiste ; le professeur Yoka Liye Mudaba à la tête d’une délégation des acteurs  culturels et littéraires ; les délégations des artistes comédiens ; des Responsables des Universités et Instituts Supérieurs de la RDC ; des Associations féminines ; l’Association des Handicapés ; la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) ; les responsables des Mouvements Citoyens et la délégation des étudiants.

Jeudi 05 novembre : Quatrième journée des Consultations, le Chef de l’État a reçu Monseigneur Tshibangu Tshishiku, président du Conseil d’Administration des Universités du Congo accompagné du Recteur de l’UNILU ; le groupe parlementaire MS-AA2-G7 ; les anciens candidats à l’élection présidentielle de décembre 2018 parmi lesquels Tryphon Kin-Kiey, Noël Tshiani, Gabriel Mokia, Théodore Ngoy, Seth Kikuni, Sylvain Masheke et Marie Josée Ifoku ; l’ancien Ministre Antipas Mbusa Nyamuisi ; l’Association des chroniqueurs politiques de la RDC ; la Fédération des commissionnaires de Diamant ; le Centre de Réflexion Juridique de la Lutte contre la Corruption ; l’Ordre National des Médecins Vétérinaires ; l’Intersyndicale National du Congo ; l’apôtre Diamant Kalonji, Archevêque de la Communauté religieuse « Ministères chrétiens Logos Rhema » et le caucus des Députés, Sénateurs et Gouverneurs du grand Équateur.

 Vendredi 06 novembre : La cinquième journée a été ouverte par un entretien avec les Chefs coutumiers suivi des audiences accordées à l’ancien Gouverneur et Rapporteur honoraire du Sénat feu honorable Jean-Pierre Lola Kisanga ; à l’ancien président du Sénat Monsieur Léon Kengo wa Dondo ; au groupe des anciens Premiers Ministres de la RDC ; à Madame Philomène Omatuku Atshakawo Akatshi ; à la délégation des Anciens Gouverneurs de la Banque Centrale du Congo ; aux Notables Ne Kongo ainsi qu’aux forces politiques et sociales de la Grande Province Orientale.

Samedi 07 novembre : L’honorable Gabriel Kyungu wa Kumwanza a été reçu en ouverture de la sixième journée des consultations. Le Sénateur Modeste Bahati Lukwebo, l’ancien Gouverneur Moïse Katumbi, président de la plate-forme Ensemble pour la République, le député honoraire Ne Muanda Nsemi et les patrons des ensembles musicaux ont également été reçus par le Président Félix Tshisekedi.

Lundi 09 novembre : Le Chef de l’État s’est entretenu avec le Docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix ; la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) ; les Sénateurs Cach et Alliés ; le député honoraire Franck Diongo, président du Mouvement Lumumbiste Progressiste ; l’honorable Laurent Batumona ; l’ancien député national Jean-Bertrand Ewanga ; les Responsables de la Fondation Olangi Wosho et avec l’ancien candidat à l’élection Présidentielle de 2006 et député honoraire Eugène Diomi Ndongala.

Mardi 10 novembre : Ont été reçus : la délégation des oubliés (shayeurs, shégués et wewa), conduite par Madame Kibassa ; le Ministre honoraire du Développement rural Justin Bitakwira ; les fils des pères fondateurs de l’UDPS (Augustin kibassa, Jean-Pierre Lihau et Tony Vincent Mbwakiem), le sénateur Mobutu Giala Kasa Albert (fils de feu Président Mobutu), la délégation du Parti Lumumbiste Unifié (PALU), la délégation du G13 (Groupe de 13), le Caucus des élus du Kongo Central, le Caucus des élus du Nord-Kivu, les délégués de l’Association des Ingénieurs Agronomes et la délégation des Notables de la grande Province Orientale.

Mercredi 11 novembre : Le Chef de l’État a poursuivi ses consultations pour cette neuvième journée en recevant tour à tour l’honorable Pius Muabilu, Ministre d’État chargé de l’Habitat et la délégation de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), parti politique de Vital Kamerhe, conduite par son Secrétaire général Aimé Boji Sangara.

 Jeudi 12 novembre : Le Caucus des élus du Lualaba, l’ex Vice-Ministre de l’intérieur et sécurité Basile Olongo Pongo, le Caucus des élus du Grand Kasaï, les membres de l’Union de la Diaspora et les notables du Kasaï Central ont aussi été reçus par le Président.

Vendredi 13 novembre : A l’occasion de la onzième journée des consultations, le Président de la République s’est entretenu avec les Gouverneurs des Provinces ; le président national des chefs coutumiers le Mwami Munongo ; le Mwami Pierre Ndatabaye ; Déogratias Bugera ; Bizima Kahara ; l’Ordre des Architectes ; les Mamans maraîchères et les alliés de l’UDPS.

Mercredi 18 novembre : Ont également été reçus au Palais de la nation, le Caucus des députés du territoire de Masisi ; le Caucus des députés du Maniema ; les délégations des députés du Sud-Kivu, des patrons de la presse écrite de la RDC, de l’Association des Jeunes Lwanzo Lwa Mikuba Sempya et de la Fondation Katangaise ; le bâtonnier Jean-Claude Muyambo ; l’ex-Juge à la Cour Constitutionnelle Eugène Banyaku ; Adam Bombole et Jean-Baptiste Bomanza.

Vendredi 20 novembre : Le Chef de l’État FélixAntoine Tshisekedi a consulté Bofasa Djema, François Lumumba, Roger Lumbala, Constant Lomata, Tshibangu Kalala, les Députés élus du Nord-Kivu et de Kinshasa, la délégation de l’Asbl Bana Kin, l’Association des Chroniqueurs socioculturels et la délégation des musiciens chrétiens.

Lundi 23 novembre : Pour cette quatorzième journée, le Président de la République accordé des audiences aux Présidents des Assemblées provinciales, à la délégation des dirigeants sportifs et aux Députés élus de la Province du Nord-Kivu.

Mardi 24 novembre : Les membres du Regroupement politique Action Alternative pour le Bien-être et changement (AAB) ainsi que les Généraux retraités ont fait le déplacement pour le Palais de la nation dans le cadre des consultations.

 Mercredi 25 novembre : Dernier jour des consultations, le garant du bon fonctionnement des Institutions a reçu les membres de la Dynamique de Bikoro, la délégation des personnalités politiques du Grand Bandundu conduite Tryphon Kien Kiey, la délégation de la Dynamique Congo Uni, conduite par Monsieur Vidiye Tshimanga, la délégation de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), conduite par l’honorable Jean-Marc Kabund, son président ad intérim.

HESHIMA

Dossier

Dossier Bukanga Lonzo : Matata Ponyo, l’injugeable ?

Prévue le 21 juillet puis reportée d’un jour, l’audience devant fixer le sort de l’ancien Premier ministre congolais se tient ce vendredi à la Cour de cassation. Après l’étape controversée de la Cour constitutionnelle, les juges de cette autre instance judiciaire ont du pain sur la planche. Ils doivent se prononcer si Matata peut ou ne pas être jugé devant cette cour.

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Poursuivis pour détournement des deniers publics destinés au projet du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, Augustin Matata Ponyo et ses co-accusés Patrice Kitebi, ancien ministre délégué aux finances et Grobler Christo, homme d’affaires sud-africain, pourraient à nouveau se présenter à l’audience prévue ce vendredi 22 juillet 2022. Initialement fixée pour le 21 juillet, elle a été renvoyée à ce jour suite à l’indisponibilité d’un membre de la chambre de composition « pour cause d’inhumation d’un très proche parent », d’après l’ordonnance portant prorogation du délai et de délibéré signée par le premier président de la Cour de cassation.

La Cour de cassation devra donc rendre son arrêt avant dire droit sur les exceptions soulevées par la défense. Lors de l’audience du 14 juillet, la partie Matata Ponyo a évoquél’incompétence de la Cour de cassation à statuer sur cette affaire. Pour ses avocats, leur client n’est pas justiciable devant cette juridiction puisqu’il n’exerce plus ses fonctions à la tête du gouvernement. Si la Cour accède à cet argumentaire et se déclare incompétente, Matata Ponyo risque de ne plus être jugé sur cette affaire. D’ailleurs, lui-même se prévaut toujours de l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle dans la même affaire. « Lorsque la Cour constitutionnelle se déclare incompétente, elle clos de fait l’ensemble des procédures qui étaient émises à mon endroit », ne cesse de répéter l’homme à la cravate rouge. 

Pour lui, il ne peut pas être poursuivi à posteriori pour des faits qu’il avait commis pendant qu’il était Premier ministre. Et la Cour constitutionnelle est un juge pénal du Premier ministre et du Président de la République en fonction. N’étant plus en fonction, il ne peut plus être jugé pour ces faits. « On ne peut pas juger quelqu’un sur base de la volonté humaine mais on doit juger quelqu’un sur base de la Constitution et des textes légaux… », avait-il répondu, en mai dernier, au journal Afrique de TV5 Monde.        

Matata, l’injugeable ? 

Ce dossier Matata tend à devenir un casse-tête judiciaire. Après l’épisode de la Cour constitutionnelle qui s’était déclarée « incompétente » pour juger le prévenu dans l’affaire de ce détournement présumé de 205 millions de dollars, la Cour de cassation est sur le gril. Elle doit donner son arrêt avant dire droit qui déterminera si Matata pourra être jugé ou non dans ce dossier. Pour un analyste des questions juridiques, si la Cour de cassation se dit « compétente » pour juger l’ancien Premier ministre, elle s’enfoncera dans une mauvaise jurisprudence dont la Cour constitutionnelle avait déjà planté le décor, en novembre 2021. Cet analyste pense que cette juridiction ne devrait pas prononcer un tel arrêt dans ce dossier.     

« C’est la Cour constitutionnelle qui a faussé la démarche. Elle ne devrait pas se déclarer incompétente. D’où a-t-elle tiré son incompétence ? Puisque la mère de toutes les lois lui donne cette compétence là de juger les actes d’un président de la République et d’un Premier ministre en fonction ou pas. », a-t-il déclaré. Selon lui, la Constitution parle des infractions commises « dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice » de leurs fonctions. Une nuance de taille que le juge Dieudonné Kaluba, président de la séance et de cette Cour lors du prononcé de l’arrêt, aurait, d’après lui,  négligé. Le président du Sénat, Modeste Bahati avait fait quasiment la même observation en évoquant  l’article 164 de la constitution qui stipule : « La Cour constitutionnelle est le juge pénal du Président de la République et du Premier ministre pour des infractions politiques de haute trahison, d’outrage au Parlement, d’atteinte à l’honneur ou à la probité ainsi que pour les délits d’initié et pour les autres infractions de droit commun commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. Elle est également compétente pour juger leurs co-auteurs et complices. »

Ce qui renvoi à dire que même les co-accusés Patrice Kitebi et l’homme d’affaires sud-africain, Grobler Christo, auraient pu être jugés à la Cour constitutionnelle au regard du statut d’ancien Premier ministre de Matata. Son juge naturel ne serait donc pas la Cour de cassation. Si celle-ci se déclare incompétente, cela pourrait être justice. « Et Matata deviendrait malheureusement « injugeable » dans ce dossier. Puisque la Cour constitutionnelle ne peut plus se dédire après son arrêt qui offre une jurisprudence de l’impunité des anciens Premiers ministres», estime cet analyste.    

Heshima 

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Nation

RDC: Tshisekedi face au vide créé par Kabund.

Dans l’opposition comme en étant au pouvoir, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ne cesse de perdre des cadres importants. Après une série de départ pendant la lutte, le parti perd désormais Jean-Marc Kabund. Comment y faire face ?

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Sept mois après sa destitution puis son exclusion en janvier dernier de la tête de l’UDPS, parti au pouvoir, Jean-Marc Kabund-A-Kabund a brisé le silence. L’ancien bras droit du Président de la République démocratique du Congo est passé officiellement à l’opposition depuis le 18 juillet dernier. Kabundannonce avoir créé non seulement son propre parti mais il compte également mener une opposition farouche à son ancien mentor. 

Celui qui était devenu – à seulement 35 ans – la deuxième personnalité du parti phare d’opposition dans une période politique aussi décisive où le pays était à quatre mois de l’expiration du deuxième et dernier mandat du Président sortant Joseph Kabila,(sans aucune assurance de la tenue des élections dans le délai), a su faire ses preuves dans ce parti de feu Etienne Tshisekedi. 

Kabund fut investi secrétaire général dans une période aussi cruciale où l’UDPS venait de connaitre ses heures de timidité sous le secrétariat de feu Bruno Mavungu Mpuati. Ce dernier ne réussissait à appliquer les recettes miracles de ce parti : la rue. Et Jean-Marc Kabund a donc plus rapidement fait ses preuves dans le combat de la contestation. Il n’a pas loupé l’occasion de s’affirmer, incarnant une aile dure ponctuée d’un discours cru contre le régime de Kabila. Ce qui l’a fait apprécier chez les combattants de l’UDPS, habitués à une sorte d’houliganisme politique.   

Son importance auprès de Fatshi

Kabund n’a pas seulement aiguisé ses armes pendant les heures de l’opposition. Lorsque son président Tshisekedi se retrouvait « bloqué » par la majorité parlementaire détenue encore par le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, l’homme n’a pas hésité de quitter le Parlement pour rejoindre la rue aux côtés des militants afin de dénoncer une proposition de loi dite « Minaku et Sakata » (noms de ses initiateurs). Une proposition visant à permettre au ministre de la justice (du FCC à l’époque) de contrôler les magistrats du parquet et de dribbler du même coup le Conseil supérieur de la magistrature.Les résultats de ces pressions, tout le monde le sait. Et Kabund ne s’était pas arrêté là. Il a joué un rôle de premier plan pour inverser la majorité parlementaire en faveur de Félix Tshisekedi. 

En décembre 2020, il était celui qui a jeté le pont pour la traversée de l’écrasante majorité des députés vers l’Union sacrée de la nation, la plus grande victoire politique de Félix Tshisekedi sur son prédécesseur, Joseph Kabila et sa machine politique, le FCC. Chef d’orchestre dans la déchéance du bureau Mabunda qui a conduit à la destitution du Premier ministre Sylvestre Ilunkamba et, plus tard, à la démission du bureau Thambwe Mwamba au Sénat, Kabund est présenté comme celui qui a matérialisé sur le terrain l’Union sacrée.

Ce qui permet de se demander comment Tshisekedi va-t-il s’y prendre face à ce vide de Kabund ? Pour Bob Kabamba, professeur de Sciences politiques à l’Université de Liège (ULg) et Directeur de la Cellule d’appui politologique en Afrique centrale, Félix Tshisekedi s’appuie beaucoup plus sur ses hommes de la diaspora. « Mais il viendra un moment où il faut faire un travail  de terrain. La diaspora ne saura pas mobiliser la rue comme le faisait Kabund », estime un autre analyste qui pense que Tshisekedi a perdu un élément clé de l’ADN même de l’UDPS. Puisque Kabund étant un pur produit du parti.      

Fuite des cerveaux

L’UDPS a connu plusieurs cadres éminents qui ont fini par quitter le parti. Il y a, entre autres, les anciens Premiers ministres Samy Badibanga et Bruno Tshibala. L’UDPS a perdu Valentin Mubake. Il y a l’ancien deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Remy Masamba, qui se retrouve aujourd’hui loin des girons du parti. Madame Eve Bazaiba, aujourd’hui vice-Premier ministre en charge de l’Environnement sous la bannière du Mouvement de Libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba fut, avant 2006, cadre de l’UDPS. A ce jour, le parti n’a qu’Augustin Kabuya comme porte étendard. L’homme joue tant bien que mal le rôle de secrétaire général et, peut-être, président ad intérim du parti.       

Obligé de s’opposer à Fatshi       

Maintenant que le divorce est consommé, Jean-Marc Kabund ne peut que prendre le chemin de l’opposition. « C’est un rival potentiel contre le président Tshisekedi (…) Sans être rival, il aura du mal à pouvoir obtenir une quelconque surface d’existence politique », décrypte Bob Kabamba. Dans le contexte politique actuel, c’est la dynamique diaspora qui a gagné en écartant Kabund, pense-t-il. Mais dans le même temps, la dynamique de l’UDPS militante a le sentiment d’être oubliée par Félix Tshisekedi, fait-il remarquer. Kabamba pense qu’une partie de cette « base » frustrée pourrait se rallier à Jean-Marc Kabund. Il entrevoit même une possibilité d’union entre Martin Fayulu, Joseph Kabila et Jean-Marc Kabund s’il y a « convergence d’intérêt » entre ces trois personnalités.

Heshima      

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Nation

Déploiement de la Force régionale dans l’Est : des pyromanes en sapeurs pompiers ?

Après l’annonce, le 20 juin, à Nairobi, du déploiement d’une force régionale dans l’Est de la République démocratique du Congo, la plupart des Congolais ont manifesté une méfiance vis-à-vis de cette décision. Plusieurs souhaitent voir l’armée nationale être renforcée à la place de la présence des forces étrangères.

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Les dirigeants de la communauté d’Afrique de l’Est (EAC) ont décidé de la création d’une force militaire régionale censée contribuer à ramener la paix dans l’Est de la RDC. Alors que la RDC s’est opposée à la présence des militaires rwandais dans cette force, l’Ouganda – un autre pays suspecté par la RDC d’avoir facilité la prise de Bunagana par le M23 – insiste sur la présence du Rwanda dans ce déploiement. A l’issue du troisième conclave du lundi 20 juin, le président ougandais a souligné que « les problèmes affectant la région comme la crise en RD Congo nécessitent une approche collective de tous les membres régionaux de la Communauté de l’Afrique de l’Est ». A l’en croire, il faut insister pour travailler ensemble, allusion faite au Rwanda mis à l’écart par la RDC.

Mais cette force est perçue par l’opinion congolaise comme un risque sécuritaire supplémentaire pour le pays. En dehors du Kenya et de la Tanzanie, le reste des pays de la région de l’Est qui composeraient la fameuse Force régionale ont des groupes armés qui opèrent sur le sol congolais. Le Rwanda a des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) dont il accuse faussement les FARDC de collaborer avec ce groupe rebelle. Mais le rapport du groupe d’experts des Nations Unies en 2013 a démontré que des éléments FDLR que la MONUSCO avait rapatriés au Rwanda, certains étaient revenus au Congo dans les rangs du M23 pour attaquer la RDC. Ce même mouvement que Kinshasa accuse aujourd’hui le Rwanda de soutenir. L’Ouganda a des rebelles ADF en RDC, le Sud soudan, lui, a des Mbororos et le Burundi le Red Tabara.

 Visiblement, ce sont des pays qui attisent le feu dans l’Est congolais qui sont aujourd’hui appelés à l’éteindre. Ce qui parait invraisemblable, surtout pour des pays comme le Rwanda dont l’instabilité au Congo profite à son économie. Donc, rien ne présage que cette force régionale va vraiment s’occuper des problèmes sécuritaires de fond. Puis, voir une telle présence des armées étrangères éroderait la souveraineté congolaise, surtout par des pays qui convoitent depuis des années l’Est de la RDC.                         

Sur ce sujet, le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) a préféré écrire directement au président de la République, Félix Tshisekedi. « Nous rejetons vigoureusement » ce projet et « vous appelons à y renoncer », écrit la Lucha ; ce mouvement créé il y a dix ans à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. « Au moins trois des sept Etats membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) – le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi – sont impliqués depuis plus de deux décennies dans la déstabilisation de notre pays, à travers des interventions directes de leurs armées ou à travers des groupes armés », poursuit la Lucha, qui évoque des raisons « sécuritaires, économiques ou géopolitiques ».

Pour le candidat malheureux à la dernière présidentielle, Martin Fayulu, le communiqué des chefs d’Etat de EAC met à nu leur intention avérée de balkaniser la RDC. « Un pays ne sous-traite pas sa sécurité, même d’une infime partie de son territoire! Le communiqué des chefs d’Etat de EAC met à nu leur intention avérée de balkaniser la RDC. Aucun Congolais digne de ce nom ne peut accepter la force régionale de EAC. La RDC demeurera entière. », a-t-il écrit sur son compte Twitter.  

L’autre candidat malheureux, Noël Tshiani, lui, se pose déjà des questions sur ce qui adviendrait de la RDC après l’échec de cette opération. « L’accord de Nairobi entre pays de EAC et RDC ressemble à un marché des dupes. Tous ces pays instables ne voient pas d’insécurité chez eux, mais s’en pressent de faire partie de la force militaire régionale à déployer en RDC! Que deviendra RDC si cette force déployée échoue? »

Et le député national Delly Sesanga va plus loin et pense qu’à force de sous-traiter la question de la paix congolaise par d’autres pays, la RDC pourrait perdre, un jour, son âme, sa souveraineté et son intégrité territoriale chèrement acquises. « On ne fera jamais l’économie de la guerre sans une réforme profonde et sérieuse de nos Forces armées. En évitant en interne, de poser avec courage, les vrais problèmes de notre défense nationale pour y trouver des solutions durables, un jour nous finirons par perdre l’essentiel : l’âme de notre Nation, son indépendance nationale, sa souveraineté et son intégrité territoriale chèrement acquises« , a-t-il déclaré. 

Il sied de rappeler que la RDC a été agressée, en aout 1998, par trois pays de l’Est, le Rwanda, l’Ouganda ainsi que le Burundi. Depuis cette période, et bien avant même, l’Est de la RDC est entré dans une phase d’instabilité qui dure depuis près de 30 ans.       

Heshima

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