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Politique

Consultations Présidentielles: Fatshi déboulonne !

Depuis son investiture en qualité de cinquième Président de la République Démocratique du Congo, le 24 janvier 2019, Félix-Antoine Tshisekedi ne recule jamais devant une occasion de s’adresser à son peuple. Des adresses qui créent un engouement sans précédent avant, pendant et après leur diffusion. Comme annoncé par le porte-parole du Président de la République Monsieur Kasongo Mwema Yamba Yamba, le dimanche 06 décembre 2020 a été choisi pour révéler à la face du Congo et au reste du monde, les conclusions du Chef de l’Etat congolais à l’issue des consultations qu’il avait initiées du 02 au 25 novembre dernier à l’attention des forces représentatives de la RDC en vue de la création d’une union sacrée autour de sa vision (Le Peuple d’Abord). Coïncidence, cette date a aussi été celle de la fête de la Saint Nicolas. Peut être était-ce un cadeau en guise de cette fête dont on récompense les bons comportements des enfants.

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Un audimat incroyable que la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) n’avait presque jamais réalisé, même lors de plus grands rendez-vous sportifs. La raison est noble cette fois-ci, le Congo s’apprête à entrer dans une nouvelle ère.

Un état des lieux du chaos !

D’entrée de jeu, Félix Tshisekedi ne va pas avec le dos de la cuillère. Avec émotion, il déclare : « Une fois de plus, j’ai ressenti l’immense douleur, doublée de révolte de mes compatriotes face à la situation d’instabilité et de guerre larvée qui perdure dans une partie du pays ; j’ai été anéanti par les témoignages renouvelés des victimes d’atrocités ; j’ai mesuré la soif, exprimée par tous, d’une démocratie exemplaire et d’un véritable État de droit; j’ai compris que notre peuple et la majorité de ses élites ne supportent plus d’être pris en otage par le cancer de la corruption, des traitements discriminatoires, des discours creux et démagogiques   ; J’ai ressenti la lassitude de nombre d’entre vous, toujours plus impatients de voir des résultats concrets sur le front socioéconomique changer leur quotidien et celui de leurs enfants. J’ai pris bonne note des attentes précises de chaque catégorie consultée, ainsi que celles spécifiques aux différentes provinces. J’ai aussi été marqué par votre reconnaissance des efforts consentis pour trouver des solutions aux multiples problèmes auxquels nous faisons face. J’en suis d’ailleurs ragaillardi ». Ces phrases ont été d’une clarté saisissante sur la nature des décisions fatales devant suivre. Le point de non-retour avait été atteint et cela n’a pas tardé à se confirmer lorsque le cinquième président congolais s’est mis à étaler le chapelet de ces décisions réparties en des domaines précis touchant directement au quotidien du congolais, à savoir :

  • La paix et la sécurité dans la partie Est de la République ;
  • Le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit ;
  • L ’ o r g a n i s a t i o n des élections en 2023 ;
  • L’indépendance et la bonne administration de la justice ;
  •   L’amélioration des finances publiques et du climat des affaires ;
  •   Le développement par les infrastructures ;
  •   L’investissement du nouveau congolais dans le capital humain ;
  •   La problématique de l’emploi pour jeunes ; 
  • La promotion des droits de la femme.

Fin de la coalition FCC-CACH, nomination d’un informateur 

Cela était attendu voire appelé de tous les vœux, les congolais de plusieurs horizons ont salué la décision de Félix Tshisekedi de mettre fin à la coalition entre Cap pour le Changement, sa plateforme et le Front commun pour le Congo, de son ancien allié Joseph Kabila. Le Président Tshisekedi a fait

état non seulement de nombreux maux qui rongent son pays depuis des décennies, mais aussi évoqué les pistes de solutions lui proposées par ceux et celles qui ont pris part aux consultations. Le Chef de l’Etat a également rappelé que le Gouvernement de coalition Cach-Fcc ne lui a pas permis de mettre en œuvre son programme ni été capable de répondre aux attentes et aspirations des congolais. Il a estimé que les efforts fournis les deux dernières années pour maintenir la coalition, n’ont servi à rien et que continuer ce mariage mettrait carrément en péril son quinquennat et sa vision. « Comme j’ai eu à vous le dire le 23 octobre dernier, nous n’avons pas le droit de prendre en otage le devenir de notre Nation à cause de querelles politiciennes et de repositionnement…En conséquence, j’ai décidé de nommer un INFORMATEUR, conformément aux dispositions de l’article 78, alinéa 2, de la Constitution. Il sera chargé d’identifier une nouvelle coalition réunissant la majorité absolue des membres au sein de l’Assemblée Nationale ». Avec cette annonce, certains élus du peuple commencent déjà à envisager la remobilisation de leurs troupes, des d e s c e n t e s sur terrain en prévision d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale comme l’a promis le Président de la RDC en cas d’échec d’identification d’une nouvelle majorité et fort de ce que les raisons de dissolution de l’Assemblée nationale sont, a-t-il dit, réunies. 

Aux saveurs victorieuses pour l’Udps 

De l’avis de personnes averties, la coalition FCCCACH a toujours été en ligne de mire dans les différentes réunions au sein du Cap pour le Changement en général et de l’Udps en particulier. Et au regard du succès de ces consultations présidentielles dans l’opinion, des voix s’étaient levées, aussitôt les consultations finies, pour réclamer ou exiger ipso facto la fin de la coalition FCC-CACH.

Félix Tshisekedi recevant Laurent Mosengwo, ancien Cardinal
F.Tshisekedi et le Docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix lors des Consultations
présidentielles
Photo de famille entre F.Tshisekedi, le Minstre
de l’intérieur et les Gouverneurs de Provinces
Après un échange très attendu le Président F.Tshisekedi et Moïse Katumbi posent en photo

Il est notamment reproché à cette coalition le manque d’un programme commun de gouvernance, des divergences de vues et surtout le manque de sincérité du FCC, majoritaire au parlement et au gouvernement, bloquant ainsi l’action du Président de la République. Argument rejeté au Front Commun pour le Congo qui accuse le CACH d’incompétence dans la gestion des affaires publiques. 

Malgré ce jeu de ping-pong, les consultations du Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi se sont poursuivies pendant trois bonnes semaines, rencontrant dans la foulée une adhésion massive des Congolais dont la plupart ne juraient que par la rupture de cette coalition qu’ils qualifient par ailleurs “d’incestueuse et contre nature”. Bien avant l’adresse du Chef de l’Etat du 06 décembre, au cours de laquelle il a publié les conclusions des consultations qu’il avait initiées parmi lesquelles la fin de la coalition FCC-CACH, au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), l’heure était déjà à la fin de cette coalition avec le FCC. L’on a même vu Jean-Marc Kabund se lancer en croisade dans l’arrière-pays pour préparer la base du parti présidentiel à la fin de cette coalition dont il a été victime en étant destitué de son fauteuil de 1er Vice-président de l’Assemblée par la même majorité qui l’avait élu. 

Dans les médias, Augustin Kabuya le secrétaire général de l’UDPS était allé plus loin en prédisant l’exil aux sociétaires du FCC et la CPI à l’ancien Président Joseph Kabila. En revanche, certains cadres du FCC, qui sont eux aussi montés au créneau, avaient, au nom de leur majorité au Parlement, demandé aux ministres CACH de quitter le gouvernement s’ils considèrent que la coalition FCC-CACH n’existe plus. En outre, les caciques les plus modérés du FCC se sont montrés conciliants en appelant le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi à revenir aux bons sentiments. Pour eux, toute concession doit se faire dans le cadre de l’accord qui les lie. Réagissant à l’adresse du Chef de l’Etat du dimanche 06 novembre dernier, le FCC a tout simplement pris acte en déclarant attendre le mot d’ordre de son autorité morale Joseph Kabila ! 

 Les péripéties d’une désunion inévitable : retour sur les Consultations ! 

Des analystes avisés avaient entrevu ce divorce dès les premiers instants du mariage FCC-CACH. La longue discussion sur le quota dans le gouvernement Ilunkamba, le mépris de certaines ordonnances présidentielles ne présageaient rien de bon pour le peuple dans l’attente du salut. Félix Antoine Tshisekedi, qui ne dirige pas seul le pays, car n’ayant pas la majorité au parlement, soupçonne alors ses partenaires du Front commun pour le Congo (FCC) cher à son prédécesseur Joseph Kabila avec qui il est en coalition de multiplier des stratagèmes pour bloquer son action au gouvernement. De l’escalade verbale entre les sociétaires des deux camps FCC-CACH aux rencontres des deux leaders de la coalition au pouvoir, rien ne va changer. Des chamailleries vont se multiplier entre les deux camps et pendant ce temps, la situation sociale de la population va de mal en pis. Au vu de ses prérogatives constitutionnelles et conscient du danger qui le guette sachant qu’il sera seul face au peuple qui l’a élu pour défendre le bilan de son quinquennat, le Président Felix-Antoine Tshisekedi va taper du poing sur la table après le refus de la Présidente de l’Assemblée nationale, du Président du Sénat, du Premier Ministre, des Ministres, etc., tous du Fcc, de prendre part, le 21 octobre 2020, à la prestation de serment des juges constitutionnels. 

Ainsi, en date du 23 octobre, dans une adresse télévisée à la nation de 6 minutes qui a été très suivie comme un match de football, Félix-Antoine Tshisekedi, estimant qu’aucun arrangement politique n’est au-dessus de la Constitution, va annoncer les Consultations avec les forces les plus représentatives du pays en vue d’une “Union sacrée” .

 Saluant cette option, nombreux sont les animateurs des institutions du pays, les forces sociopolitiques, ainsi que les personnalités politiques qui ont répondu à l’appel et qui ont tour à tour été reçus par le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi au Palais de la nation où se déroulaient ces consultations. Parmi eux, les institutions d’appui à la démocratie dont le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) conduit par son président Corneille Nangaa, le bureau du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la Communication (CSAC), le bureau du Conseil économique et social (CES), la Commission d’intégrité et médiation électorale (CIME), le Conseil national de suivi de l’ Accord de la Saint Sylvestre (CNSA) représenté par son président Joseph Olenga Nkoy, des responsables des confessions religieuses, des chefs religieux dont le cardinal Mosengwo, Simon Kimbangu chef spirituel de l’église Kimbanguiste, la CENCO, des organisations de la Société civile, des ONG de défense des droits de l’Homme, des artistes musiciens et comédiens, etc.

Revenir aux premiers amours

Ces consultations ont été l’occasion pour le Président Tshisekedi de renouer avec ses amis de Lamuka dont Jean-Pierre Bemba, président du MLC, Moïse Katumbi président d’Ensemble pour la République, Antipas Mbusa Nyamuisi, Freddy Matungulu qui ont répondu favorablement à l’invitation leur lancée. Il faut signaler qu’en quête d’une candidature commune de l’opposition à la Présidentielle congolaise de 2018, les précités qui avaient longtemps combattu Kabila, n’avaient finalement pas su se mettre d’accord à Genève (Suisse) autour d’un nom. Le front Tshisekedi et Kamerhe décidera par la suite de se désunir. Les consultations nationales ont donc permis, deux ans après Genève, de revoir ces leaders de l’opposition ensemble afin de regarder cette foisci vers la même direction par la création de l’union sacrée.

D’autres grandes figures qui ont fait la vedette à ces consultations sont Léon Kengo wa Dondo, considéré à ce jour comme le doyen de la politique congolaise, ancien président du Sénat, le docteur Denis Mukwege, premier Prix Nobel congolais, les anciens premiers ministres Mabi Mulumba, Singa Udju et Samy Badibanga actuel Premier vice-président du Sénat.

Des invités-surprises

Alors qu’interdit de prendre part à ces assises boudées par leur famille politique, certaines figures du FCC de Joseph Kabila ont créé la surprise en se pointant au Palais de la nation. On a vu parmi eux, feu sénateur Lola Kisanga, qui quelques jours plus tôt avait envoyé une correspondance à Félix Tshisekedi dans laquelle non seulement il a salué l’idée des consultations, mais a aussi exprimé toute sa volonté d’aider le Chef de l’Etat par son expérience. Rappelons qu’il fut Ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Gouverneur de l’ancienne province Orientale et ancien Rapporteur du Sénat. On y a également vu les députés nationaux membres du Front commun pour le Congo Jean-Pierre Lihau et Alphonse Ngoy Kasanji. Le premier, autrefois Conseiller d’Evariste Boshab avant de devenir le Directeur de Cabinet d’Aubin Minaku lorsque ce dernier occupait le perchoir de l’Assemblée nationale, est considéré comme la relève du camp Kabila. Il porte fièrement le sobriquet de « cerveau d’Etat » pour sa richesse intellectuelle et politique acquise de son père le Professeur Lihau, grand juriste et politique de premier rang de l’ère Mobutienne. Lihau père est cité parmi les 13 parlementaires fondateurs de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (Udps). C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a été convié aux consultations aux côtés de Kibasa Maliba et Mbwakiem, d’autres fils des pères fondateurs de l’Udps. Toutefois, sa présence devant Tshisekedi a fait jaser dans le camp Kabila qui juge cela de haute trahison et d’une perte ineffable au vu des capacités de l’honorable Lihau.

A l’opposé, le second, l’ancien Gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji a encore étonné de plus belle. L’homme pourtant originaire du grand Kasaï comme Tshisekedi, n’a jamais hésité pour tirer à boulets rouges sur ce dernier.

Félix Tshisekedi les deux doigts levés en signe de victoire

Du fait de son appartenance au dernier carré de Kabila, Ngoyi Kasanji représentait tout d’une identité qui ne peut pas s’approcher de Fatshi surtout après les insultes que des membres de sa famille ont proférées à direction de l’épouse du Président congolais, la stupéfaction a été grande. Mal vus au FCC, ils ont tous été menacés de perdre leurs sièges au Parlement pour cette attitude qualifiée “d’auto exclusion”. Malgré cette menace, d’autres se sont encore présentés au Palais de la nation dont l’ancien Ministre du Développement rural Justin Bitakwira visiblement déçu du FCC et qui avait même déclaré que sa démarche n’engageait que lui-même. Ce n’est qu’après, en dépit de son désaccord, que le FCC avait tout de même permis aux gouverneurs des provinces et présidents des assemblées provinciales issus de ses rangs de répondre à ces consultations. 

On a aussi noté la présence de Modeste Bahati Lukwebo désormais seule autorité morale reconnue du regroupement politique l’AFDC-A qui a déclaré son soutien total au chef de l’État Félix Tshisekedi. Un soutien d’une importance capitale connaissant le nombre non négligeable d’élus appartenant au regroupement de Bahati. Cela peut aisément jouer en la faveur d’une requalification de la majorité parlementaire. Tous ont encouragé le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi dans sa démarche et proposé des pistes des solutions afin que ces assises débouchent sur des conclusions satisfaisantes pour l’intérêt du peuple. 

Entre réjouissance et prudence

Après l’adresse du Président Tshisekedi, l’heure est maintenant aux attentes que d’aucuns considèrent comme celles de la dernière chance. Voir le pays décoller, vivre aisément proportionnellement à l’immensité des richesses que regorgent le sol et le  sous-sol congolais, mais surtout espérer enfin la paix et la stabilité sur toute l’étendue de la RDC. Une paix que certaines personnes n’espèrent pas encore en ayant dans un coin de leurs têtes l’éventuelle réaction de Joseph Kabila, ancien président congolais et leader du FCC. Après avoir dirigé le Congo pendant près de dix-huit ans, l’homme était-il préparé à passer dans l’opposition républicaine sans recours aux armes, dans un pays où les Tshisekedi, les Katumbi, les Bemba et les Fayulu sont dans le « presque même camp » ? Les jours qui suivent sauront mieux répondre à cette question.

 Du côté des partenaires extérieurs, Félix-Antoine Tshisekedi qui a toujours bénéficié de l’appui de nombreux pays à travers le monde, continue de demeurer dans la confiance de ces derniers. A l’instar du diplomate américain accrédité en RDC, Mike Hammer qui saute à chaque occasion sur son compte Twitter pour manifester son adhésion à la politique de Tshisekedi, les Ambassades du Canada, de la Corée du Sud, des Etats-Unis, du Japon, du Royaume-Uni et de la Suisse en RD Congo ont signé une déclaration de soutien au discours du 06 décembre du Président de la République.

Dans l’entre-temps, le cinquième Président de la RDC, appelé affectueusement Fatshi béton vient de surprendre le continent africain, le monde en général et plus particulièrement ces congolais qui ne voyaient pas en lui l’âme de guerrier. D’aucuns fustigeaient le fait qu’il se laissait martyriser par le clan Kabila. Le jeudi 10 décembre, avec la déchéance de Jeanine Mabunda à la tête de l’Assemblée nationale, le Président Congolais sera désormais considéré comme un Président stratège et pleinement Président qui a pu bouleverser les calculs en sa faveur malgré sa minorité dans les institutions et a su convaincre les députés FCC à adhérer à une nouvelle ère, au-delà de l’Etat de droit, qui place l’homme au centre de son programme. Historique !

AGENDA DES CONSULTATIONS PRESIDENTIELLES

Initiées par le Chef de l’Etat, Son Excellence, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, elles se sont déroulées du lundi 02 au mercredi 25 novembre 2020 au Palais de la Nation. 

Lundi 02 novembre : En marge de l’ouverture des Consultations présidentielles, le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a reçu le Président et le Rapporteur de la CENI ; l’ancien Cardinal Monseigneur Laurent Monsengwo Pasinya ; l’Imam Moussa, président ad intérim de la Commission d’intégration et de Médiation électorale (CIME) ; l’Apôtre Léopold Mutombo Kalombo, fondateur et Pasteur du Ministère Amen ; et plusieurs délégations : le Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA) conduite par son Président Joseph Olengha Nkoy ; la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) ; le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) ; le Conseil Économique et Social (CES) ; les organisations chargées du suivi et du processus électoral ; l’Église du Christ au Congo (ECC) ; la communauté Islamique ; l’Armée du Salut en RDC ; l’Église Orthodoxe en RDC ; les Églises Indépendantes du Congo ; l’Église de Réveil du Congo ; le Haut Conseil des Églises de Réveil ; l’Eglise Bangunza et l’Église du 3ème Testament.

Mardi 03 novembre : Les délégations suivantes ont été reçues : les Associations de la Société Civile ; l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) ; la délégation du Syndicat National des Médecins (Synamed) ; le Syndicat des Médecins de la République Démocratique du Congo (Symeco) ; l’Ordre des Avocats ; les représentants du Syndicat Autonome des Magistrats (Synamag) ; l’Ordre des Médecins ; l’Ordre des Infirmiers ; le Syndicat National des Enseignants Catholiques (Synecat) ; l’Ordre des pharmaciens et l’Ordre des Experts Comptables.

Mercredi 04 novembre : Le Président de la R é – p u b l i q u e a reçu l’ancien Vice-Président de la République Monsieur Jean-Pierre Bemba, leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC) ; Monsieur Simon Kimbangu Kiangani, chef spirituel de l’Église Kimbanguiste ; le professeur Yoka Liye Mudaba à la tête d’une délégation des acteurs  culturels et littéraires ; les délégations des artistes comédiens ; des Responsables des Universités et Instituts Supérieurs de la RDC ; des Associations féminines ; l’Association des Handicapés ; la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) ; les responsables des Mouvements Citoyens et la délégation des étudiants.

Jeudi 05 novembre : Quatrième journée des Consultations, le Chef de l’État a reçu Monseigneur Tshibangu Tshishiku, président du Conseil d’Administration des Universités du Congo accompagné du Recteur de l’UNILU ; le groupe parlementaire MS-AA2-G7 ; les anciens candidats à l’élection présidentielle de décembre 2018 parmi lesquels Tryphon Kin-Kiey, Noël Tshiani, Gabriel Mokia, Théodore Ngoy, Seth Kikuni, Sylvain Masheke et Marie Josée Ifoku ; l’ancien Ministre Antipas Mbusa Nyamuisi ; l’Association des chroniqueurs politiques de la RDC ; la Fédération des commissionnaires de Diamant ; le Centre de Réflexion Juridique de la Lutte contre la Corruption ; l’Ordre National des Médecins Vétérinaires ; l’Intersyndicale National du Congo ; l’apôtre Diamant Kalonji, Archevêque de la Communauté religieuse « Ministères chrétiens Logos Rhema » et le caucus des Députés, Sénateurs et Gouverneurs du grand Équateur.

 Vendredi 06 novembre : La cinquième journée a été ouverte par un entretien avec les Chefs coutumiers suivi des audiences accordées à l’ancien Gouverneur et Rapporteur honoraire du Sénat feu honorable Jean-Pierre Lola Kisanga ; à l’ancien président du Sénat Monsieur Léon Kengo wa Dondo ; au groupe des anciens Premiers Ministres de la RDC ; à Madame Philomène Omatuku Atshakawo Akatshi ; à la délégation des Anciens Gouverneurs de la Banque Centrale du Congo ; aux Notables Ne Kongo ainsi qu’aux forces politiques et sociales de la Grande Province Orientale.

Samedi 07 novembre : L’honorable Gabriel Kyungu wa Kumwanza a été reçu en ouverture de la sixième journée des consultations. Le Sénateur Modeste Bahati Lukwebo, l’ancien Gouverneur Moïse Katumbi, président de la plate-forme Ensemble pour la République, le député honoraire Ne Muanda Nsemi et les patrons des ensembles musicaux ont également été reçus par le Président Félix Tshisekedi.

Lundi 09 novembre : Le Chef de l’État s’est entretenu avec le Docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix ; la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) ; les Sénateurs Cach et Alliés ; le député honoraire Franck Diongo, président du Mouvement Lumumbiste Progressiste ; l’honorable Laurent Batumona ; l’ancien député national Jean-Bertrand Ewanga ; les Responsables de la Fondation Olangi Wosho et avec l’ancien candidat à l’élection Présidentielle de 2006 et député honoraire Eugène Diomi Ndongala.

Mardi 10 novembre : Ont été reçus : la délégation des oubliés (shayeurs, shégués et wewa), conduite par Madame Kibassa ; le Ministre honoraire du Développement rural Justin Bitakwira ; les fils des pères fondateurs de l’UDPS (Augustin kibassa, Jean-Pierre Lihau et Tony Vincent Mbwakiem), le sénateur Mobutu Giala Kasa Albert (fils de feu Président Mobutu), la délégation du Parti Lumumbiste Unifié (PALU), la délégation du G13 (Groupe de 13), le Caucus des élus du Kongo Central, le Caucus des élus du Nord-Kivu, les délégués de l’Association des Ingénieurs Agronomes et la délégation des Notables de la grande Province Orientale.

Mercredi 11 novembre : Le Chef de l’État a poursuivi ses consultations pour cette neuvième journée en recevant tour à tour l’honorable Pius Muabilu, Ministre d’État chargé de l’Habitat et la délégation de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), parti politique de Vital Kamerhe, conduite par son Secrétaire général Aimé Boji Sangara.

 Jeudi 12 novembre : Le Caucus des élus du Lualaba, l’ex Vice-Ministre de l’intérieur et sécurité Basile Olongo Pongo, le Caucus des élus du Grand Kasaï, les membres de l’Union de la Diaspora et les notables du Kasaï Central ont aussi été reçus par le Président.

Vendredi 13 novembre : A l’occasion de la onzième journée des consultations, le Président de la République s’est entretenu avec les Gouverneurs des Provinces ; le président national des chefs coutumiers le Mwami Munongo ; le Mwami Pierre Ndatabaye ; Déogratias Bugera ; Bizima Kahara ; l’Ordre des Architectes ; les Mamans maraîchères et les alliés de l’UDPS.

Mercredi 18 novembre : Ont également été reçus au Palais de la nation, le Caucus des députés du territoire de Masisi ; le Caucus des députés du Maniema ; les délégations des députés du Sud-Kivu, des patrons de la presse écrite de la RDC, de l’Association des Jeunes Lwanzo Lwa Mikuba Sempya et de la Fondation Katangaise ; le bâtonnier Jean-Claude Muyambo ; l’ex-Juge à la Cour Constitutionnelle Eugène Banyaku ; Adam Bombole et Jean-Baptiste Bomanza.

Vendredi 20 novembre : Le Chef de l’État FélixAntoine Tshisekedi a consulté Bofasa Djema, François Lumumba, Roger Lumbala, Constant Lomata, Tshibangu Kalala, les Députés élus du Nord-Kivu et de Kinshasa, la délégation de l’Asbl Bana Kin, l’Association des Chroniqueurs socioculturels et la délégation des musiciens chrétiens.

Lundi 23 novembre : Pour cette quatorzième journée, le Président de la République accordé des audiences aux Présidents des Assemblées provinciales, à la délégation des dirigeants sportifs et aux Députés élus de la Province du Nord-Kivu.

Mardi 24 novembre : Les membres du Regroupement politique Action Alternative pour le Bien-être et changement (AAB) ainsi que les Généraux retraités ont fait le déplacement pour le Palais de la nation dans le cadre des consultations.

 Mercredi 25 novembre : Dernier jour des consultations, le garant du bon fonctionnement des Institutions a reçu les membres de la Dynamique de Bikoro, la délégation des personnalités politiques du Grand Bandundu conduite Tryphon Kien Kiey, la délégation de la Dynamique Congo Uni, conduite par Monsieur Vidiye Tshimanga, la délégation de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), conduite par l’honorable Jean-Marc Kabund, son président ad intérim.

HESHIMA

Politique

Comment Jean-Marc Kabund est devenu incontournable?

Contre vents et marées, le président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’impose comme un véritable faiseur de rois sur la scène politique, mettant souvent sur le carreau ses détracteurs à l’intérieur comme à l’extérieur du parti présidentiel.

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Qui pouvait parier que ce jeune b a r o u d e u r venu du Haut-Lomami, nommé à la grande surprise secrétaire général de l’UDPS en août 2016 par Etienne Tshisekedi, allait devenir moins de cinq ans après, l’une des personnalités les plus influentes de la scène politique congolaise? Devenir à seulement 35 ans la deuxième personnalité du parti phare d’opposition dans une période politique aussi décisive (on était à quatre mois de l’expiration du deuxième et dernier mandat du président sortant Joseph Kabila, sans aucune assurance de la tenue des élections dans le délai) est loin d’être un cadeau.

Il fallait donc plus rapidement faire ses preuves alors que son prédécesseur, Bruno Mavungu était jugé complaisant si pas mou pour mener le combat de la contestation. Et Kabund n’a pas loupé l’occasion de s’affirmer, incarnant une aile dure ponctuée d’un discours cru contre le régime de Kabila. Les combattants apprécient et l’adoptent plus rapidement.

Premier test

Kabund réussit son premier grand test de mobilisation un mois après, un certain 19 septembre 2016, lors de la marche de l’opposition exigeant la convocation du corps électoral. L’UDPS paie le plus lourd tribut lors de ces manifestations qui ont fait des dizaines de morts. La nuit de la manifestation, son siège de Limete 11 ème rue est attaqué par un commando, brûlant vifs des combattants à l’intérieur du bâtiment. Après avoir boycotté les discussions de la cité de l’UA entre le pouvoir et l’opposition, conduites par le Togolais Edem Kodjo et ayant abouti à la nomination de Samy Badibanga (président du groupe parlementaire UDPS et alliés) comme Premier ministre, l’UDPS accepte enfin de participer au dialogue du Centre interdiocésain sous la modération des évêques catholiques. Avec Félix Tshisekedi et Valentin Mubake, Jean-Marc Kabund représente la délégation du parti. Mais l’accord de la Saint Sylvestre souffre de son exécution. L’UDPS refuse la condition de proposer trois noms au poste de Premier ministre.

Le 1er février 2017, coup de tonnerre : Etienne Tshisekedi décède à Bruxelles. Le parti reste orphelin. C’est le moment que choisi le pouvoir pour semer la division, en débauchant encore un autre cadre, Bruno Tshibala, fraichement sorti de prison depuis son arrestation à la suite des évènements du 19 septembre 2016. « On savait que Tshibala fréquentait, à partir de la prison, les gens du pouvoir », nous confiera Augustin Kabuya, alors secrétaire général adjoint chargé de la communication. Lui, Kabund et Félix Tshisekedi restent fidèles à la ligne dure du parti et préfèrent se réorganiser à l’interne en vue des prochaines échéances.

Nouvelle légitimité

 Mars 2018, le parti organise son premier congrès de l’histoire qui aboutit à la désignation de Félix Tshisekedi comme président national en remplacement de son père décédé. Fatshi va reconduire Jean-Marc Kabund comme secrétaire général, douchant ainsi les espoirs de ceux qui ne voulaient plus le voir à ce poste. C’est une nouvelle légitimité qui va donner des galons à l’ancien président de la fédération de l’UDPS Kamina. Félix Tshisekedi remporte la présidentielle de 2018. Devenu chef de l’Etat, il doit pouvoir prendre congé de son poste de président national du parti. L’article 26 des statuts de l’UDPS stipule qu’en cas de décès, de démission, d’interdiction d’exercer ou d’empêchement définitif du président du parti, un directoire composé de trois personnalités, à savoir le président de la Convention démocratique du parti (CDP), le président de sa Commission électorale permanente (CEP) et le secrétaire général assument un intérim collégial avant l’organisation d’un congrès sous trente jours.

L’intérim contesté

Mais Félix-Tshisekedi prend tout le monde à contrepied. Il confère un mandat spécial à Kabund comme président intérimaire du parti. Le parti est divisé entre ceux qui saluent un acte politique nécessaire, le président voulant laisser le parti entre les mains d’un fidèle et ceux qui dénoncent une violation des textes sans toutefois s’attaquer au nouveau chef de l’Etat.

Victor Wakwenda Bukasa, président de la CDP, et Jacquemin Shabani, président de la CEP et ancien secrétaire général du parti, ne supportent pas cette situation. Mais leurs voix ne portent pas face à ce qu’il convient de considérer comme la volonté de l’autorité suprême, Félix Tshisekedi. « Jean-Marc Kabund se sert du mandat spécial qui viole les textes au mépris des Statuts et Règlement d’ordre intérieur, il use et abuse de ses attributions au point de réduire le parti à un cercle des clients et des fanatiques inscrits dans la logique de gangstérisme politique », rebondit Victor Wakwenda dans un communiqué daté du jeudi 20 mai. Tout le monde croyait pourtant à une accalmie trouvée avec la nouvelle hiérarchie du parti constituée du tandem Kabund-Kabuya. Rien de tout cela. Wakwenda est allé même loin jusqu’à accuser Kabund d’une démarche tendant à « écarter le Président Félix Tshisekedi avec l’intention de se positionner utilement pour les échéances de 2023 ».

Union sacrée

Ces accusations peuvent elles mettre Kabund en difficulté face à Tshisekedi ? Difficile de le croire, tant le premier-vice-président de l’Assemblée nationale continue de bénéficier de la confiance du chef de l’Etat.

En décembre 2020, il était celui qui a jeté le pont pour la traversée de l’écrasante majorité des députés vers l’Union sacrée de la nation, la plus grande victoire politique de Félix Tshisekedi sur son prédécesseur Joseph Kabila et sa machine politique, le FCC. Chef d’orchestre dans la déchéance du bureau Mabunda qui a conduit à la destitution de Sylvestre Ilunkamba et plus tard à la démission du bureau Thambwe Mwamba au Sénat, Kabund est présenté aujourd’hui comme celui qui a matérialisé sur le terrain l’union sacrée. Il en a profité pour se venger de sa destitution en mai 2020 au poste de premier vice-président après une sortie médiatique contre la tenue d’un congrès pour autoriser l’état d’urgence sanitaire décrété par le chef de l’Etat. Preuve que le rapport de force a depuis changé, les mêmes députés qui l’ont descendu de son piédestal, l’ont réélu à ce même poste dans l’actuel bureau Mboso.

Celui qui était déjà le chef de la délégation de CACH lors des discussions avec le FCC en 2019, a encore pesé dans le processus de désignation des membres de la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par Sama Lukonde. Beaucoup l’ont même accusé de former, autour de quelques députés, une équipe gouvernementale parallèle à imposer à Sama Lukonde. Une chose est pourtant vraie : Kabund a parrainé la nomination de plusieurs ministres de ce gouvernement, surtout ceux venus de l’UDPS.

 Le président intérimaire de l’UDPS est devenu dans un laps de temps un véritable faiseur de rois sur la scène politique, mettant souvent sur le carreau ses détracteurs à l’intérieur comme à l’extérieur du parti présidentiel. Aujourd’hui, seul Félix Tshisekedi pourrait remettre en question l’influence acquise par JeanMarc Kabund dont la carrière politique pourrait se résumer à un conte de fées.

 Socrate Nsimba

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Politique

Présidentielles: ces contestations électorales musclées

A travers le monde et particulièrement en Afrique, la gestion de la période pré et post-électorale n’a jamais été aisée. Retour sur quelques contestations électorales les plus marquantes.

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Aux Etats-Unis d’Amérique, un cas récent a cristallisé l’attention de l’opinion internationale. Il s’agit de la présidentielle américaine ayant conduit Joe Biden à la Maison Blanche. Elu il y a quatre ans sur la promesse de « rendre sa grandeur à l’Amérique », le président sortant, Donald Trump, a achevé son mandat en la couvrant de honte.

 Ayant vu les suffrages filer entre ses doigts, Trump a engagé une contestation électorale quasi inédite aux Etats-Unis. Le 6 janvier 2021, par une foule de partisans extrémistes que le président lui-même avait incitée, le Capitole, ce sanctuaire de la démocratie américaine a été pris d’assaut, pour empêcher son adversaire démocrate Joe Biden, d’être officiellement déclaré vainqueur de l’élection du 3 novembre 2020.

Des violences ayant fait plus de deux morts et qui ont fini par diviser le pays en deux. Une partie du respect de l’ordre constitutionnel et l’autre qui vit dans un univers parallèle, nourrie par une théorie de complot.

Toujours dans ce même grand pays de démocratie, l’on se rappellera du duel Al Gore et George Walter Bush en 2000. Les deux candidats, le premier démocrate et le second républicain, sont allés jusqu’au recomptage des voix, notamment en Floride. Comme si cela ne suffisait pas, il a fallu attendre l’arrêt de la Cour suprême de justice pour mettre un terme aux recours et aux contestations électorales.

 Cet arrêt a donné pour vainqueur George W. Bush au détriment d’Al Gore.

Mais cette décision judiciaire fut aussi sévèrement critiquée car la Cour suprême s’était arrogée un rôle « inédit » dans ses attributions.

 Un sport national en Afrique…

Sous les tropiques, les contestations électorales deviennent presque un sport national. Dans la plupart des pays africains où la culture électorale au sommet de l’Etat essaie de s’installer, l’on constate très souvent des contestations musclées.

  La crise électorale la plus marquante de ces dernières années, c’est bien celle de la Côte d’Ivoire. Ce conflit qui débute après le second tour de l’élection présidentielle de 2010,un premier scrutin depuis 10 ans, qui a vu le président Laurent Gbagbo s’affronter à Alassane Ouattara. Un affrontement dans tous les sens du terme puisque le résultat amène à un différend électoral meurtrier, suite à des fraudes présumées. Gbagbo qui dit avoir gagné les élections est reconnu par le Conseil constitutionnel. Alors qu’Alassane Ouattara, victorieux de son côté, est reconnu par la Commission électorale indépendante (CEI) et est appuyé par la communauté internationale.

Après une tentative de médiation de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, Abidjan sombrera dans la violence armée avec plus d’une dizaine de milliers de morts uniquement dans la capitale. Laurent Gbagbo sera envoyé à la Cour pénale internationale (CPI) en 2011.

 RDC, Kabila rempile

Une autre contestation électorale, c’est celle de novembre 2011 en République démocratique du Congo. Le président Joseph Kabila organise, contre l’avis de la communauté internationale, des élections sur fonds propres du pays. Il a, en face de lui, comme challenger principal, l’éternel opposant, Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

Selon les résultats communiqués par le président de la CENI, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, Joseph Kabila, 40 ans à l’époque, a rempilé pour un second mandat avec 48,95 % des voix (8.880.994 voix), loin devant l’opposant de 78 ans, Etienne Tshisekedi, qui a totalisé 32,33% des suffrages (5.864.775 voix). Les deux personnalités seront talonnées par Vital Kamerhe, qui recueille 7,74% des suffrages.

L’UDPS, le parti d’Etienne Tshisekedi, crie à un hold-up électoral. Des contestations vont embraser le pays et faire 24 morts. Des dizaines d’autres personnes sont placées en détention arbitraire depuis le 9 décembre 2011, date à laquelle le président Joseph Kabila a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle, avait rapporté Human Rights Watch.

 Des violences qui seront calmées par Tshisekedi qui a refusé officiellement d’appeler à des contestations, mais s’autoproclame simplement président.

Kenya, un récidiviste

Au Kenya, les contestations de la réélection du président Uhuru Kenyatta en 2017 ont causé au moins 37 morts dans les violences qui ont suivi l’annonce de sa réélection. Et cela, avant que le scrutin ne soit annulé. Ces chiffres ont été fournis par la Commission des droits de l’homme, qui a pointé une répression surtout « concentrée dans les zones qui ont voté pour son concurrent, Raila Odinga ».

  Et le Kenya n’est pas à ses premières contestations électorales meurtrières. L’on se souvient du duel entre Mwai Kibaki et Raila Odinga. Le 27 décembre 2007, des émeutes avaient éclaté après la réélection contestée de Mwai Kibaki à la présidence face à Raila Odinga.

Dido NSAPU

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Politique

Les alliances : Atout et faiblesse de la politique en RDC

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Àquand la publication de votre premier gouvernement ? Félix Tshisekedi n’échappe pas à cette question toutes les fois qu’un microphone lui est tendu. Souple face aux hommes des médias, le président congolais brandit la meilleure jurisprudence qui soit pour justifier le temps que prend ce gouvernement : la Belgique est restée près de deux ans sans gouvernement. Des sources concordantes rassurent que le gouvernement issu de la première alternance au pouvoir au Congo tarde suite à une mésentente entre les délégués CACH (Cap pour le Changement) de Félix Tshisekedi et ceux du FCC (Front commun pour le Congo) de Joseph Kabila. De Kingakati dans la banlieue-Est de Kinshasa à Mbuela dans la province du Kongo central, ces partenaires au pouvoir ne se mettent pas d’accord sur le quota pour la composition du Gouvernement.

Un pénible décollage ! 

Et alors que le principal couac semblait provenir d’une mésentente CACH-FCC, un événement survenu ces dernières heures met à nu le manque d’unanimité au sein de la plateforme de l’ancien régime. Joseph Kabila comme, dans un dribble dont il est le seul à en détenir la formule, a désigné début juillet Alexis Thambwe Mwamba comme candidat à la tête du bureau du Sénat. Une décision qui a fâché Modeste Bahati, un poids lourd au sein du FCC compte tenu du nombre important de sièges que compte son regroupement Alliances des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) dans les assemblées législatives. 

Ce dernier a, presqu’immédiatement annoncé sa candidature au même poste, défiant ainsi le mot d’ordre de Joseph Kabila, son autorité morale. Un désamour qui a été traduit le mardi 09 juillet par un communiqué du FCC suspendant M. Bahati Lukwebo. L’occasion faisant le larron, Modeste Bahati, fin connaisseur du sérail politique congolais a profité de cette punition du FCC pour montrer ses atouts de félin, apparaissant sur une photo aux côtés de Vital Kamerhe, comme pour annoncer un rapprochement entre les deux camps.

Un tableau assez sombre qui pousse à une analyse sur la nécessité des alliances et des coalitions politiques en République démocratique du Congo.

Une Nation née des alliances !

 Autour des années 1950, le vent des indépendances a commencé à souffler sur le continent africain, ne laissant pas indifférents quelques leaders et animateurs des différents cercles culturels au Congo. Ces derniers ont senti la nécessité de se constituer en groupes de réflexion et de pression afin de solliciter l’indépendance de leur pays. Une succession des mouvements populaires qui a produit les résultats escomptés. Les leaders d’opinions congolais sont conviés à Bruxelles pour parler autour d’une table ronde avec leurs « homologues » belges. L’indépendance était dans la poche. Une date était même proposée et actée. Une formalité doit cependant être remplie : les nouveaux dirigeants du Congo doivent être élus.

C’est alors que des partis politiques, œuvrant dans la plus grande clandestinité et des regroupements connus, vont se joindre à quelques associations culturelles, voire claniques pour aller aux élections.

  L’Alliance des bakongo (Abako) que dirigent dans l’ombre l’Abbé Loya et Kasa-Vubu, celui-ci plus en vue que le premier, le Mouvement national congolais (MNC) de Lumumba, le Parti solidaire africain (PSA) d’Antoine Gizenga, etc. seront le fruit de premières alliances politiques au Congo. La première pierre devant construire l’édifice Congo, orphelin de ses belges concepteurs a été posée sur une alliance Kasa-Vubu-Lumumba (Gizenga, Bolikango et autres).


La RDC aime les alliances !

 En 2006, la République démocratique du Congo s’apprête à vivre ses premières élections générales, libres, transparentes et démocratiques. Joseph Kabila, président de la transition, est candidat à la présidentielle. Conscient des clivages sociaux existant dans ce pays-continent, quatre fois plus grand que la France, il lance son opération séduction à l’attention de quelques partis politiques aux idéologies proches de sa formation politique, le PPRD. Ainsi, au début de cette année électorale, l’Alliance pour le renouveau au Congo (ARC ) d’Olivier Kamitatu, le Mouvement social pour le renouveau (MSR) de Pierre Lumbi Okongo et d’autres partis se joignent au PPRD afin de maximiser les chances d’obtenir une majorité présidentielle. L’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP) est donc lancée et c’est tambour battant qu’elle va, dès l’entame des élections, à la conquête des sièges.

Kabila arrive en tête des élections au premier tour, cependant, il n’a pas obtenu la majorité absolue, étant talonné de près par Jean-Pierre Bemba, leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC).

  Les deux candidats doivent remettre les gants dans un duel d’ores et déjà annoncé âpre. À ce stade, il n’est plus question de réfléchir par deux fois, les alliances s’imposent. Kabila en sait quelque chose, Bemba doit tenter le coup. Les proies sont connues: Antoine Gizenga, un des pères fondateurs de la Nation congolaise et président du Parti lumumbiste unifié (PALU) est arrivé 3ème au premier tour. Il est très populaire dans les provinces du Bandundu et de Kinshasa. Nzanga Mobutu, un des fils du Maréchal déchu en 1997 par le père de Joseph Kabila, a, quant à lui, raflé la 4ème place grâce à sa prééminence dans la province de l’Équateur nostalgique de son défunt père Mobutu Sese Seko, et enfin, Oscar Kashala, ce médecin installé aux États-Unis, surprise de ces élections est arrivé à la cinquième marche du podium.

Les jeux sont ouverts, que le meilleur gagne !

 Kabila est parvenu à enrôler Gizenga et Nzanga tandis que Bemba n’a pu avoir que Kashala et d’autres candidats ne pesant malheureusement pas sur la balance.

Le résultat est le reflet des alliances comme dans une relation de cause à effet, Kabila a remporté haut la main, le second tour.

Tout chemin mène à Rome!

 Elu en 2011 pour un deuxième mandat, son dernier tel que le prévoit la Constitution congolaise, Kabila doit quitter le pouvoir en 2016. Et les opposants politiques ne sont pas prêts à le laisser finir son mandat en paix. Des réunions et des rencontres s’organisent à Gorée au Sénégal, à Ibiza en Espagne ou encore à Paris en France.


La plus importante de ces rencontres a lieu en 2015 à Genval, une bourgade bruxelloise. Elle est présidée par Etienne Tshisekedi le légendaire opposant aux différents régimes d’après Kasa-Vubu et y prend part la quasi-totalité des opposants congolais. 

Kinshasa tremble et le camp Kabila tangue. L’AMP devenue MP quelques années auparavant va perdre quelques-uns de ses cadres, et ce ne sont guère des poids-plume. 

Olivier Kamitatu, Pierre Lumbi, Christophe Lutundula, Dany Banza, José Endundo, Muando Nsimba que rejoint le célèbre et riche homme d’affaires Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga, exilé en Belgique après des démêlés avec la Justice congolaise. Que de grands noms qui ont décidé de quitter Kabila qu’ils reprochent d’être trop silencieux au sujet de son avenir politique. Ils s’en vont créer le Groupe des sept (G7) et rejoindre l’aréopage des opposants à Kabila.

 Kabila ne dit mot et reste protégé par l’article 70 de la Constitution qui le maintient à son poste jusqu’à l’investiture d’un nouveau président.

Une disposition qui trouvera tout son sens lorsque la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), dans un point de presse, déclarera son incapacité à organiser les élections en 2016, soit à l’expiration du dernier mandat de Kabila.

 Le Congo est trempé de la tête aux pieds dans une sorte de crise de légitimité des institutions.

Successivement deux dialogues seront organisés pour calmer le jeu, apaiser les esprits le temps que la Ceni organise les élections tant attendues.

 Un gouvernement chapeauté par l’opposant Samy Badibanga, transfuge de l’UDPS de Tshisekedi sera investi en 2016 avant d’être remplacé en 2017, juste quelques mois après par celui de Bruno Tshibala, un autre bras droit d’Etienne Tshisekedi, décédé en février 2017.

Le camp présidentiel peut souffler, l’opposition a perdu quelques-uns de ses cadres, mais n’abdique pas. Avec un Katumbi à qui certaines presses attribuent des milliards en banque, l’opposition n’arrête de rugir.

À la mi-2017, Katumbi déplace une bonne partie des opposants, ils sont venus d’Europe, d’Amérique et de Kinshasa et ont posé leurs valises à Johannesburg pour parler du Congo.

À l’issue de ce grand forum, il sera décidé la création d’une grande plateforme : Ensemble pour le changement. Cette fois-ci Katumbi ne se cache pas, c’est lui qui en est le patron. 

À Kinshasa, Kamerhe dont le parti est signataire des accords issus des dialogues de l’Union africaine et du Centre interdiocésain, n’est plus en odeur de sainteté avec Kabila. Il met un terme à leur partenariat, sans cependant convaincre ses lieutenants ayant juré fidélité à Kabila. 

Le Front commun pour le Congo !

 Dans un entretien avec son premier ministre Bruno Tshibala, Joseph Kabila pique ce dernier :«…maintenant que nous travaillons ensemble, devons nous continuer à se considérer comme ennemis ou nous pouvons nous associer dans une grande famille ? »

Une question qui n’a su trouver de réponse séance tenante, mais qui aura dérangé tous les rêves de Tshibala.

 2018, après de nombreuses réunions sous forme de derniers réglages, tous les opposants politiques prenant part au Gouvernement Tshibala, les José Makila, Jean-Lucien Busa, Oly Ilunga, Ingele Ifoto, Basile Olongo et autres, optent pour une alliance avec la Majorité présidentielle (MP). Un mastodonte voit le jour, c’est le Front commun pour le Congo, un ensemble des plateformes et partis politiques réunis autour de Joseph Kabila. Certains approuvent cette initiative tandis que d’autres n’y adhèrent pas. Ainsi, Lisanga Bonganga, pourtant membre du gouvernement Tshibala et Kin-Kiey Mulumba, Kabiliste invétéré ne signeront pas la charte créant le FCC. Ce dernier refusera même de soutenir Ramazani Shadary, le candidat désigné pour le compte du FCC.


Genève, un amour s’est brisé !

La Ceni a annoncé la date des élections, elle rassure, celles-ci se tiendront sans ambages en décembre 2018. L’opposition politique, a été, de manière assez étonnante, unie et solidaire depuis 2015. Les congolais sont émerveillés à l’idée que ces politiques, certains agacés par la tête de Kabila et d’autres désireux de gérer autrement le Congo, puissent désigner un candidat commun.

 La volonté de cette frange de la population tend à se réaliser lorsque Jean-Pierre Bemba, relaxé de son incarcération à la Cpi, Moïse Katumbi, Matungulu, Adolphe Muzito, Martin Fayulu, Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi, ces grands leaders d’opinions, membres de l’Opposition se réunissent à Genève en Suisse.

Autour d’Allan Doss, ancien secrétaire général des Nations Unies et membre de la Fondation Koffi Annan, les leaders congolais vont élire le candidat unique de l’Opposition à la prochaine présidentielle.

 Le vote aura lieu entre Fayulu, Matungulu, Kamerhe et Tshisekedi, les seuls dont les dossiers de candidature ont été validés par la Cour Constitutionnelle du Congo. Et à la surprise générale, Martin Fayulu, jusque-là, pas très populaire, sera le candidat désigné.

Le monde exulte et s’étonne. Le rêve est donc devenu réalité, l’Opposition ira aux élections en étant unie. 

Une joie de courte durée, car peu après, instantanément Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, sommés par leurs bases politico-sociologiques ont dû retirer leurs signatures de l’accord désignant Fayulu. 

Les deux vont se retrouver quelques jours plus tard à Nairobi au Kenya, ce pays touristique de l’Est de l’Afrique pour décider, qui des deux sera candidat à la présidentielle. Ils nomment leur alliance « Cach » : Cap pour le changement.

 Avec une souplesse qui lui colle à la peau, Kamerhe a laissé tendre la main à Tshisekedi. Une décision payante puisque le 10 janvier 2019, la Ceni a déclaré Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018. Une victoire avec un arrièregoût aigre d’autant plus que le tandem TshisekediKamerhe n’a pu remporter la majorité au Parlement. C’est le FCC de Kabila, qui a la quasi-totalité des sièges dans les deux chambres du Parlement, dans les Assemblées provinciales et même parmi les gouverneurs. Ce qui donne lieu à une coalition dans la gestion actuelle de la Rdc. Deux alliances pour ne former qu’une : FCC-CACH pour le meilleur et le pire.

Au gré des intérêts !

Les alliances se font et se défont. Cette boutade se vérifie merveilleusement bien en République démocratique du Congo dont l’histoire politique est faite d’amour et de désamour. Une question se pose: pourquoi toutes ces alliances ? La politique est l’instrument de gestion de la chose publique, mieux des intérêts du peuple. Toute gymnastique politique est avant tout pour favoriser l’intérêt général.

 En RDC, les avis divergent au sein de la population et dans différents cercles de réflexion. D’aucuns estiment que les alliances politiques se concluent davantage pour des intérêts partisans que pour le bien du peuple.

Il est de coutume de retrouver les mêmes visages, le matin dans l’opposition et dans le camp présidentiel à midi. Des âmes perdues, des litres de sang engloutis et imbibés dans le sol légué par les pères fondateurs de la Nation…la souffrance du Congolais est la seule donne inchangée depuis l’Indépendance.

 Entré dans une nouvelle ère politique où fils et fille clament « le Peuple d’abord », l’espoir quoiqu’infime, reste tout de même vif de voir les alliances politiques servir l’intérêt du peuple congolais.

HESHIMA

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