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Laurent-Désiré Kabila, le mystère demeure 20 ans après

Graciés par le président Félix Antoine Tshisekedi, Eddy Kapend et ses co-accusés, qui clament toujours leur innocence, ont été libérés le 8 janvier 2021, soit 20 ans après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. Les commanditaires de l’ignoble crime n’étant pas connus, des voix s’élèvent pour la réouverture du procès. Seulement, de nombreux présumés complices sont dans la nature, notamment à l’étranger, et à plusieurs niveaux. Retour sur ce qui s’était passé le 16 janvier 2001 et après…

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A près la libération d’Eddy Kapend et consorts, les activistes, parmi lesquels ceux de l’ONG Justicia Asbl, demandent la réouverture du procès. Pour le président de cette structure, Timothée Mbuya, toutes les voies doivent être exploitées pour que le peuple congolais connaisse toute la vérité sur la mort de Laurent-Désiré Kabila.

 En effet, Eddy Kapend et vingt-cinq autres personnes qui avaient été condamnés à mort en janvier 2003 sans que la peine leur infligée ne soit exécutée, se considèrent toujours comme innocents. « Tous les assassins de Laurent-Désiré Kabila, les traitres, les commanditaires…tous sont en liberté. Ne sont en prison que les innocents », clamait l’ancien aide de camp de « Mzée », le 16 janvier 2018.

 Dans une émission sur YouTube, le bâtonnier Jean-Claude Muyambo qui dit être à la fin de la rédaction d’un ouvrage sur Laurent-Désiré Kabila intitulé « One Day », affirme présenter les faits de manière à laisser chacun tirer une conclusion sur les commanditaires. Question : connaitra-t-on un jour les commanditaires de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila ? En réalité, les gens ont toujours envie d’en parler, d’y creuser.

Une enquête journalistique qui pointe du doigt…

 Vingt ans après, la vérité se trouve dissimulée, peut-être, dans les pistes dont le journaliste belge Arnaud Zajtman a exploré et dont parle le documentaire intitulé « Qui a tué Laurent-Désiré Kabila ? », réalisé et diffusé avec la collaboration de Marlène Rabaud, en avril 2011 sur la chaîne de télévision France O. Sinon, dans une interview réalisée sur RFI par Christophe Boisbouvier, Arnaud Zajtman affirme qu’aucune de personnes emprisonnées à Makala n’était coupable du meurtre.

Le Rwanda en sait quelque chose

Si les relations avec le Rwanda et l’Ouganda semblent aujourd’hui normalisées, les deux pays voisins de l’Est ont joué par le passé un rôle majeur dans la déstabilisation de la RDC. D’après Arnaud Zajtman, le Rwanda est impliqué dans l’assassinat de Mzée. Il explique que juste après l’assassinat, Mirindi et Bilal Héritier s’étaient enfuis à Goma, au Nord-Kivu, espace jadis sous contrôle rwandais. «D’ailleurs, le soir de l’assassinat, c’est l’un des responsables de la sécurité du Rwanda qui dit à un diplomate britannique « ce sont nos hommes qui ont fait le coup ».

 En effet, Laurent-Désiré Kabila était arrivé au pouvoir grâce à l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), en s’appuyant principalement sur les troupes du Rwanda et de l’Ouganda. Il finit par se séparer avec les trois autres fondateurs de l’AFDL et mis également fin à la relation avec ses alliés Tutsis rwandais et ougandais qui occupaient des postes importants au pays dont les Affaires étrangères, l’armée et la sureté nationale, ces derniers étant devenus encombrants. Les officiers et soldats rwandais et ougandais étant partis contre leur gré, il s’en suivra une tentative de coup d’Etat et une nouvelle rébellion à l’Est du pays.

Liens entre les gardes, Bilal et l’ambassade des Etats-Unis

« … dans le film, j’ai suivi les pistes, à savoir celles d’un petit nombre de gardes du corps. Ils étaient liés à un homme d’affaires libanais qui en a assuré la logistique et qui, lui-même, avait des contacts avec le groupe rebelle pro-rwandais RCD (le Rassemblement congolais pour la démocratie). Ces rebelles, à l’époque, occupaient l’Est de la RDC. Et ces mêmes gardes du corps avaient également, à l’époque, des contacts avec l’attachée de défense de l’ambassade des EtatsUnis. Et donc, d’après mes investigations, toutes ces personnes sont, à différents égards, impliquées dans le complot », témoigne Arnaud Zajtman.

A en croire le journaliste belge, les hommes exécutés le 16 janvier 2001 avaient un lien avec Bilal Héritier, l’homme d’affaires libanais que Laurent-Désiré Kabila avait écarté du marché du diamant quelques semaines plus tôt. C’est lui, poursuit-il, qui fournit la logistique de l’assassinat et qui avait mis un appartement à la disposition des gardes du corps chargés de faire le coup. « Et le soir de l’assassinat, c’est chez lui que trouve refuge le complice de l’assassin, Georges Mirindi », précise-t-il. « …Les gardes du corps de Laurent-Désiré Kabila avaient été recrutés par Anselme Masasu un compagnon d’armes que Kabila fait exécuter au mois de novembre 2000.

 Et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, l’élément qui vient rajouter à la frustration déjà grande des gardes du corps puisqu’ils sont mal payés. Laurent-Désiré Kabila est imprévisible. De temps en temps, il envoie ses gardes du corps au cachot. », rapporte Arnaud Zajtman. 

Au sujet des Etats-Unis, il affirme que la carte de visite de l’ancienne attachée de Défense de l’ambassade américaine à Kinshasa, le colonel Sue Ann Sandusky, avait été trouvée sur Rachidi, l’assassin. « Elle m’a confirmé qu’elle était en contact avec les gardes du corps, qu’elle leur offrait des bières. Mais évidemment, elle nie toute implication dans l’assassinat », affirme Arnaud Zajtman. En effet, dans les affaires de Rachidi, on avait trouvé des écrits signés par l’attachée militaire de l’ambassade des Etats-Unis d’alors indiquant : « en cas de problème, contactez ce numéro ». Mirindi, le complice de Rachidi que Arnaud a rencontré, vit en exil en Suède. Il l’avait abordé, mais celui-ci l’avait envoyé promener. Quant à Bilal Héritier, il est jusqu’aujourd’hui en cavale à l’étranger.

 Ce jour où Laurent-Désiré fut abattu

Président de la République du 17 mai 1997 au 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila n’avait dirigé le pays que pendant trois ans et huit mois. Il meurt âgé de 61 ans. Selon la version officielle, quarante ans jour pour jour après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, il fut lui aussi assassiné au Palais de Marbre, par son garde du corps, Rachidi Mizele, lequel sera à son tour abattu par Eddy Kapend, en ce temps là aide du camp du défunt chef de l’Etat. Samedi 16 janvier de 2001, le défunt président de la République devait recevoir une délégation iranienne qui venait négocier sur l’uranium du Katanga. Selon la version officielle toujours, Rachidi l’aurait tué en présence d’Emile Mota, son directeur de cabinet adjoint chargé de l’Economie et des Finances, qui devrait l’accompagner le lendemain à Yaoundé, au XXIème Sommet Afrique-Francen (Lire aussi pages 32 à 34).

HESHIMA

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Ces jeunes congolais déterminés à faire parler d’eux

Depuis quelques années en République Démocratique du Congo émergent des milieux politiques de jeunes politiques influents qui savent surfer sur le vent propulseur des réseaux sociaux. Ils sont très remarquables sur Twitter, Facebook… où ils n’ont pas besoin d’un encadrement ou d’un mentor.

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 Si le dénominateur commun reste les réseaux sociaux, certains jeunes congolais évoluent dans des partis politiques ayant pignon sur rue, d’autres agissent en indépendants, d’autres encore militent comme membres de la société civile. Sans doute, ils sont aujourd’hui nombreux ceux qui sont devenus célèbres grâce à leurs interventions à titre personnel sur les réseaux sociaux. Ted Beleshayi, secrétaire exécutif de la Ligue des jeunes de l’UDPS, Billy Kambale et Dr Yemba de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Constant Mutamba de la Nogec, Jacky Ndala de l’Ensemble pour la République, Blanchard Mongomba du Nouvel Elan, Seth Kikuni… sont entre autres, les jeunes qui s’y distinguent et qui ont le vent en poupe.

Bataille pour se hisser dans l’opinion publique

Si une catégorie excelle en communiquant efficacement sur Twitter, une autre est sur Facebook… Patrick Nkanga du PPRD et Patrick Muyaya, ministre actuel de la Communication et médias, sont deux des jeunes politiques qui savent tirer profit de Twitter. Certains, à l’instar de Honoré Mvula, président du parti la Force des Patriotes (FP), se réclamant proche du président Tshisekedi, arrivent à réaliser jusqu’à plus de 1 millions de « j’aime » sur Facebook. D’autres comme Fils Mukoko et le pasteur Guily, deux combattants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), font souvent du buzz sur Facebook. S’ils ne sont pas très actifs sur les réseaux sociaux, d’aucuns savent néanmoins s’appuyer sur ceux-ci par le biais de ceux y ont une grande influence. Tel est le cas de l’avocatphilanthrope et homme politique Guy Loando.

Acteurs politiques à part entière

Des mouvements citoyens à la politique il n’y a qu’un pas. À l’instar de jeunes de Y’en a marre (Sénégal) et du Balai Citoyen (Burkina Faso), d’autres jeunes congolais évoluant dans  des mouvements citoyens, luttent notamment pour la préservation de la démocratie. Ces leaders de la nouvelle génération, habitués à titiller le pouvoir, « combattent » au sein de plusieurs mouvements citoyens dont les plus connus sont la Lucha et Filimbi. Parmi ses grandes figures on trouve Fred Bauma, Carbone Beni et bien d’autres. Individuellement, on trouve aussi de personnes qui trouvent à redire en politique. L’abbé Blaise Kanda, curé de la paroisse Notre Dame de l’Espérance, à Mbuji-Mayi et certains comédiens sont de ceux-là.

Journaliste ou propagandiste

L’autre catégorie est constituée de jeunes, au départ journalistes, mais qui sous le couvert de la corporation journalistique excellent dans la propagande politique. Ceux-ci vendent parfois leurs services aux politiques en mal de positionnement ou en déficit d’influence. Une fois le magot en poche, ces nouveaux « samouraïs » n’hésitent pas à mettre du feu sur les réseaux sociaux, en foulant aux pieds la déontologie et l’éthique professionnelle. On retient d’eux deux choses : dans les vidéos virales qu’ils larguent sur les réseaux, s’ils ne sont pas laudateurs, ils sont diffamateurs. Cela marche apparemment bien pour eux étant donné que les petites enveloppes qu’on leur glisse leur permettent de paraître…

De plus en plus de jeunes au sein des institutions

Contrairement à une certaine époque où les « vieux » dominaient la scène politique, les jeunes envahissent davantage les institutions de la République. A Kinshasa, ils sont nombreux qui ont su tirer leur épingle du jeu lors des élections de 2018. Parmi ceux-ci figurent les députés nationaux Daniel Safu, Eliezer Tambwe, Christelle Vuanga… Il y a au parlement, pendant cette législature, une cinquantaine de députés de moins de 40 ans dont la benjamine a moins de 30 ans. Patrick Muyaya, 39 ans, est le président du Réseau des jeunes parlementaires.

 Hubert MWIPATAYI

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Autopsie des processus électoraux en RDC: La lourde responsabilité de la classe politique et des confessions religieuses dans l’échec.

En jaugeant les différents processus électoraux de la RD Congo, on arrive à la conclusion que les difficultés rencontrées résultent de la volonté des acteurs politiques de caporaliser la CENI. Les confessions religieuses y contribuent malheureusement significativement.

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Il y a fort à craindre que le souci de garantir l’indépendance, la neutralité et l’impartialité de la CENI, de façon à rassurer tous les compétiteurs électoraux de la crédibilité des élections de 2023 ne soit qu’un vœu pieu. Les faits prouvent que la responsabilité de l’échec des processus électoraux est partagée entre les acteurs politiques dont les parlementaires qui n’arrivent pas toujours à voter des lois garantissant l’impartialité, et les chefs religieux. Pourtant, c’est sur le président de la commission électorale que l’on rejette toute la responsabilité après les élections.

L’histoire s’est répétée lors des précédents cycles électoraux et il y a fort à parier qu’elle se répète avec le processus électoral en cours. Depuis la désignation de l’abbé Apollinaire  Malumalu, précurseur et concepteur de l’architecture électorale de la RDC, les choses se déroulent toujours de la même manière. Ce qui arriva au moment de sa désignation, de celle de ses successeurs Daniel Ngoyi Mulunda et Corneille Nangaa ou de  Ronsard Malonda, est en train d’arriver aujourd’hui.  Les mêmes causes produisant les mêmes effets, si en 2006, 2011 et 2018 les élections ont été qualifiées de chaotiques, on se demande si ce ne sera pas pareil en 2023. Entretemps, avec du temps perdu, l’impératif du respect du délai constitutionnel des scrutins devient illusoire.

Plusieurs réformes pour rien

C’est après chaque processus électoral que la question de la réforme refait surface, même si les mêmes tares subsistent. Présentant devant les élus du peuple le 9 avril 2021 le rapport général du processus électoral, Corneille Nangaa avait déclaré ce qui suit au sujet de la réforme électorale : « Tout le monde parle aujourd’hui de réformes électorales. Mais il n’est pas évident que tous ceux qui en parlent en aient la même compréhension ». Le président sortant de la CENI a évidemment raison.

On a beauprocéder au changement de président de la centrale-électorale ou  réviser la loi sur la CENI et la loi électorale,  on est encore loin de sortir de l’ornière. Les velléités de la caporalisation de la CENI subsistent toujours. Du coup, les faiblesses relevées lors des cycles électoraux passés reviennent toujours.

La problématique de la caporalisation de la CENI

Corneille Nangaa et d’autres acteurs politiques ont recommandé la désignation des personnalités indépendantes, mais la démarche reste une équation difficile à résoudre tant les « désignateurs » sont eux-mêmes divisés.   Pour sa part, le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) pense qu’au-delà de la désignation des personnalités indépendantes,  le président de la République devrait insuffler la dynamique de réforme du processus électoral ou avoir la volonté d’agir en ce sens. En tant que garant du bon fonctionnement des institutions, le président Félix Antoine Tshisekedi n’a pas à faire litière de la question.

Même, comme l’a suggéré la plateforme Lamuka dans sa proposition de loi, constituer le  bureau de la centrale électorale uniquement avec des membres de la société civile ne résoudra pas le problème. Aussi longtemps que la société civile elle-même sera politisée, la CENI sera toujours caporalisée. Il est ainsi difficile de ne pas transformer la désignation des membres de la CENI  et de son président en un lieu de conquête ou de conservation du pouvoir.

L’impossible dépolitisation de la CENI

Au début de chaque processus électoral, il y a toujours une controverse autour de la dépolitisation de la CENI. Cependant, une fois le projet de loi sur la CENI analysé et adopté par les  députés nationaux, on ne  voit finalement pas le travail de dépolitisation abattu. Encore que certains scientifiques-politiques ne croient même pas que ce soit possible. Tel est le cas du professeur André Mbata, député national de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et président de la commission PAJ de la chambre basse du Parlement, qui estime impossible  la dépolitisation de la CENI.

Le Groupe d’Etudes sur le Congo, lui aussi, pense que la dépolitisation totale de la CENI est pratiquement impossible dans un climat de méfiance entre les acteurs politiques  qui tiennent à avoir leurs délégués à la CENI considérés comme leurs yeux dans l’organe de gestion des élections. L’Accord de Sun City, adopté en 2003, préconisait la mise en place d’une CENI indépendante…Selon le GEC, le compromis politique trouvé portait les germes d’instrumentalisation politique de la commission électorale. Or, tant que la commission électorale ne sera pas réellement indépendante, parler des élections libres et démocratiques sera toujours utopique.   Bien plus, étant donné ce qui s’est passé lors des élections précédentes, il est difficile de dissiper le climat de suspicion, de manque de confiance entre les chefs religieux et de méfiance entre les acteurs politiques.

Les confessions religieuses ont déçu

Le processus ayant conduit à la désignation de Ronsard Malonda et celui qui est en cours, démontrent que les chefs religieux en général sont hypocrites, certains sont cupides et corruptibles.  Les agendas des uns et   des autres se sont finalement étalés au grand jour. Aussi, leur  charte n’encourage que des querelles d’Allemands, car élaborée comme pour ne pas permettre le consensus, ce qui,  inexorablement, renvoie au vote. Et lorsqu’il faut parler vote, chacun connait la suite.

Cette fois-ci encore, les représentants de la plateforme des 8 confessions religieuses (Eglise Catholique, Armée du Salut, Eglise Kimbanguiste, Eglise Indépendante, Eglise Orthodoxe, l’Eglise du Christ au Congo, Eglise du Réveil, musulmane) auxquelles revient la tâche de désignation du président de la CENI ont déçu.

L’indépendance et neutralité du candidat censé les représenter pose toujours problème et l’église catholique évoque un problème d’intégrité. Après plusieurs rounds improductifs, les 6 confessions religieuses ont dare-dare déposé leur PV de désignation du candidat président de la CENI au Bureau de l’Assemblée nationale.  Mais, les représentants de la CENCO et de l’ECC s’en moquent comme de leur première « soutane », estimant comme l’a dit Eric Senga, porte-parole de l’ECC, qu’il n’existe pas juridiquement une plateforme de 6 confessions religieuses.

Pour Donatien Nshole, secrétaire général de CENCO, le candidat qu’il appelle X, présenté par ces 6 confessions religieuses, pèche par rapport à l’intégrité et l’indépendance. En effet, la proposition de loi que Christophe Lutundula a soumise au parlement stipule que les membres de la CENI sont choisis parmi les personnalités indépendantes reconnues pour leur compétence, intégrité morale, probité, honnêteté…

D’aucuns se rappellent  qu’à chaque occurrence la CENCO vient avec son candidat et aucun jusqu’à présent n’a eu la chance de passer. Ses membres ont eu parfois à être en contradiction entre eux, le cas de la désignation de Malu Malu qui avait divisé les évêques en 2013. Contre l’avis de la CENCO, Malu Malu avait accepté de présider la CENI. Il avait le soutien de son évêque, Mgr Sikuli Paluku Melchisédech,  alors que la CENCO s’était opposée à la présence d’un ecclésiastique à ce poste, préférant comme candidat le laïc Botolo Magoza. Les évêques  avaient demandé des sanctions canoniques contre l’abbé Apollinaire Malu Malu et ce dernier avait perdu son poste de directeur général de l’Institut panafricain Cardinal Martino. Aujourd’hui, le candidat Cyrille Ebotoko qui jouit de son soutien, comme en 2020 face à Malonda, Denis Kadima et Sylvain Lumu, continue d’être à l’écart.   

Au terme du tamisage en 2020, les catholiques et les protestants n’avaient été pour le choix de Ronsard Malonda dont le président Tshisekedi avait refusé la validation de mandat après  l’entérinement de l’assemblée nationale.

En définitive, les confessions religieuses passent pour une plateforme fantoche, facilement manipulable par la classe politique. L’abbé Donatien Nshole, sur les ondes d’une radio locale, a eu à exprimer ses regrets par rapport à l’image qu’ils véhiculent tous dans l’opinion. Certainement, cela pousse d’aucuns à dire que, si l’on y prend garde, elles (les confessions religieuses) finiront par se voir déposséder de ce privilège leur reconnu dans l’Accord global et inclusif de Sun City. « Les hommes restent ce qu’ils sont. Qu’ils soient en soutanes, ils ont un cœur humain », conclut Jacques Djoli.

Le choix cornélien de Félix Tshisekedi

Monseigneur Marcel Utembi et le docteur André Bokundoa ne sont pas de ceux qui reculent. Malgré le jusqu’auboutisme de leurs pairs, ils tiennent à épuiser toutes voies nécessaires. Devant la décision implacable du groupe de l’évêque général Dodo Kamba, ils sollicitent l’arbitrage du président Tshisekedi, sous prétexte qu’il s’était adressé à Jeannine Mabunda lorsqu’il y avait mésentente  au tour de la désignation de Ronsard Malonda.  Le 17 juillet 2020, le président Tshisekedi avait effectivement  refusé d’investir Ronsard Malonda, dans un courrier adressé à la présidente de l’assemblée nationale, Jeannine Mabunda, soulignant que ladite désignation était fortement contestée par plusieurs des représentants des confessions religieuses, à savoir l’Eglise catholique, l’Eglise du Christ au Congo et l’Eglise Kimbanguiste.

La « jurisprudence Mabunda » existant, le président Félix Tshisekedi a tout intérêt à trancher pour éviter les manifestations qu’avaient initiées le Comité laïc de coordination (CLC) et Lamuka, lorsque Ronsard Malonda était désigné en 2020, lesquelles manifestations avaient occasionné la mort de plusieurs personnes. Si autre fois Lamuka, le CLC et l’UDPS étaient contre la désignation de Ronsard Malonda, actuellement Lamuka, FCC (PPRD) et les mouvements citoyens comme La Lucha  font un lever de boucliers. 

Des processus électoraux ayant les mêmes caractéristiques.

Ric à ric, tous les processus électoraux suivent ou presque le même schéma. Ainsi, après l’étape de la désignation des animateurs de la CENI, comme lors des autres processus, la classe politique va passer à une autre, celle des tiraillements portant sur la loi électorale dont le manque de compromis sur pas mal de points : mode de scrutin, seuil, machine à voter, enrôlement, fichier électoral, caution non remboursable…

Pour le processus électoral en cours, on peut dire que « les allemands arrivent » : il n’y a plus rien à faire. Autant en emporte le vent. Sinon, les questions demeurent. Devrait-on continuer à parler des élections chaotiques, fraudes massives, bras de fer ou résultat entaché d’irrégularités ? En réalité, les prémisses posées actuellement sont inévitablement celles qui produisent le cafouillage ou le tripatouillage. Comment dans ce cas précis ne pas s’attendre à la violence postélectorale ?

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100 JOURS DU GOUVERNEMENT Sama Lukonde : les bons chiffres aux côtés des attentes colossales…

Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a dressé le bilan de ses cent premiers jours de gestion le mardi 3 août 2021. Si en trois mois, le Gouvernement des « Warriors » qu’il dirige, a réalisé des exploits du point de vue économico-financier, il doit cependant fournir de gros efforts sur le plan sécuritaire, mais aussi agir pour relever le social dont la population vit encore dans la grande misère.

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 C’est dans un contexte particulièrement difficile de la pandémie à coronavirus que Sama Lukonde Kyenge prend les manettes de commande le 26 avril 2021. L’état de siège est décrété début mai, soit moins d’une semaine après l’investiture de son Gouvernement. Comme si cela ne suffisait pas, le 22 du même mois, Nyiragongo entre en éruption. Tout pour perturber le programme.

Contre toute attente, comme le démontrent les agrégats macroéconomiques, le premier Gouvernement de l’Union sacrée de la nation a plutôt bien travaillé, surtout économiquement, même si du point de vue social on en est encore aux intentions. 

En 100 jours, le chef du Gouvernement a réalisé des grandes prouesses : il a maitrisé l’inflation, stabilisé le taux de change, accru les réserves stratégiques, impulsé la reprise des activités économiques… Avec son arrivée aux commandes, les réformes en vue de l’amélioration du climat des affaires sont engagées et la lutte contre la corruption et les crimes économiques est lancée à fond. Dans le secteur minier, Sama Lukonde a mis en œuvre le Plan directeur de l’industrialisation, en relançant le plan triennal de l’ITIE RDC.

Les chiffres qui en disent long

Concernant le taux de change, moyennant un tableau, le Premier ministre a démontré l’évolution positive de la situation. En juillet 2019, 1 dollar s’échangeait à 1650 FC, en juillet 2020 il s’est échangé à 1977 FC et en 2021 il s’échange autour de 1989 FC au taux officiel. Si le taux d’inflation était de 14,2 % en juillet 2020, celui-ci a connu un glissement jusqu’à 7,2 %. De même, le taux de croissance qui était de 4,4% en 2019, de 1,7 % en 2020, il est de 4,9 % en 2021. Quant aux réserves de change, elles sont passées de de 783,7 millions de dollars en avril 2021 à 1,631 milliard de dollars. Par ailleurs, des statistiques indiquent que la RDC est sortie de son déficit qui était de -212 milliards de Francs Congolais au deuxième trimestre de 2020 et est passée à +763 milliards de Francs au deuxième trimestre de 2021. C’est aussi le cas de souligner que pendant les cent jours, il y a eu une forte mobilisation des recettes. Le Gouvernement a mobilisé plus de 945 millions de dollars rien qu’en mai et juin 2021.

L’exploit de la signature avec le FMIParmi les vaillances réalisées en temps record par le Gouvernement figure la signature de l’Accord avec le Fonds monétaire international. Le FMI a octroyé à la RD Congo une facilité élargie de crédit à hauteur de 1,5 milliard de dollars, ce qui est une avancée significative qui va permettre d’appuyer les réformes visant à maintenir la stabilité macroéconomique. Le premier décaissement de plus de 200 millions de dollars n’a pas tardé.


Ce programme, assorti des exigences, a été conclu après de longues négociations. Le précédent avait été arrêté brusquement fin 2012, à cause du refus de publier les contrats de cession des parts de l’Etat dans les entreprises minières. Cette fois-ci, outre la transparence dans le secteur minier, le Gouvernement a pris l’engagement de mobiliser les recettes et d’exécuter les dépenses essentielles et d’investissement, en améliorant sa politique monétaire et en luttant contre la corruption. Ce programme, a-t-on indiqué, va catalyser d’autres financements des bailleurs bi et multilatéraux et attirer des investissements privés.


Les dépenses rationnelles

 Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge préconise la qualité dans la dépense en donnant priorité aux secteurs sociaux. C’est dans ce souci que le fonds venant du FMI sera affecté surtout dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de la santé et dans la gratuité de l’éducation de base.
Les infrastructures « acceptables »


 Le Premier ministre a promis de doter la RDC des infrastructures modernes acceptables. En annonçant des actions d’une grande envergure. Il a rappelé qu’il y a des projets qu’il a trouvés en cours, qu’il va parachever. D’autres sont initiés par son Gouvernement : réalisation d’un plan triennal évalué à 36 milliards de dollars. Il a entre autres cité la réhabilitation du pont Kasaï à Tshikapa, le lancement des travaux de bitumage des routes Kasindi-Beni-Butembo et Bunagana-Rutshuru-Goma. En plus, son Gouvernement va acquérir 30 ponts métalliques modulaires, financer l’entretien des pistes rurales, entretenir les routes dans le cadre du FONER et financer un projet de 300 écoles préfabriquées à travers le pays. Il assure que des chantiers sont ouverts à travers les provinces pour assurer l’intégration nationale. Aussi a-t-il affirmé que des jalons sont posés dans le secteur de l’énergie (eau et électricité) dans le but d’accroitre la fourniture.

Situation sécuritaire


La restauration de l’autorité de l’Etat et le rétablissement de la paix dans les zones de l’Est où les groupes armés massacrent régulièrement les populations préoccupe le Premier ministre Sama. L’état de sièges décrété début mai en Ituri et au Nord-Kivu n’a pas encore donné des fruits, notamment à cause des magouilles qui minent les forces de sécurité, mais des efforts sont consentis en vue des résultats positifs. Entretemps le chef de l’Exécutif appelle les Congolais à se ranger derrière les FARDC.


L’amélioration du social 

Du point de vue social, rien n’est encore visible, alors  que les attentes de la population sont colossales. Le Gouvernement se bat mais la situation est difficile sur tous les fronts. Si d’une part il est parvenu à un accord avec les médecins des hôpitaux publics qui ont suspendu leur mouvement de grève le 4 août, d’autre part les professeurs grondent face à leur ministre de tutelle et les travailleurs de la société des Transports du Congo (TRANSCO) ont tout perturbé avec leur grève. C’est à juste titre que lors d’une messe organisée le 4 août à la Primature, qu’il a appelé la population à l’espoir et à la cohésion. Il a promis d’être à l’écoute des Congolais qui souffrent, en indiquant que le gouvernement a mis en place des mécanismes pour appliquer son programme basé sur la vision du Président de la République.

Concernant l’amélioration de la vie prosaïque de la population, le Premier ministre dit agir pour revoir à la baisse les prix des billets d’avion et ceux des produits surgelés. Le billet d’avion Kinshasa-Goma qui est de 340 dollars jusque-là pourrait être réduit à 200 dollars si les prix baissent.

Le Gouvernement, par ailleurs, a déjà mis en œuvre sa politique concernant le secteur productif. Celle-ci concerne la mise en œuvre du Fonds de garantie de l’entreprenariat au Congo, la validation du programme de développement et d’innovation pour l’entreprenariat des jeunes en RDC, ainsi que la mise à la disposition des subventions   financières pour les PME, dans le cadre des projets d’appui au développement des micro, petites et moyennes entreprises.

Au regard des efforts fournis par le Gouvernement, les évêques de la CENCO reconnaissent qu’il y a des bonnes initiatives visant l’amélioration des conditions de vie des Congolais. Invité à assister à la messe organisée le 04 août, l’abbé Donatien N’Shole l’a reconnu. Toutefois, concernant les élections en 2023, Sama Lukonde dit que son Gouvernement travaille durement dans la maximisation des recettes en vue de les organiser.

 Hubert MWIPATAYI 

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