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Majorité parlementaire: La Remontada de Félix TSHISEKEDI

En un temps, deux mouvements, le président Félix Tshisekedi a renversé la situation, en prenant le contrôle des deux chambres du Parlement au détriment de son prédécesseur, Joseph Kabila. Retour sur la déferlante vague de l’Union sacrée de la nation.

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A vec plus de deux tiers de députés nationaux et sénateurs, le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila contrôlait quasiment toutes les institutions au terme des élections générales du 30 décembre 2018, à l’exception de l’Institution Président de la République. Son candidat, le dauphin Emmanuel Ramazani Shadary, n’ayant terminé que troisième à la présidentielle, la plus haute institution du pays revenait à Félix Tshisekedi Tshilombo, donné vainqueur par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et confirmé par la Cour constitutionnelle. Mais avec une large majorité au Parlement et dans les assemblées provinciales, la famille de Joseph Kabila avait les raisons de très vite se consoler de la déculottée subie à la présidentielle.

 Dans le cadre d’un accord conclu avec le Cap pour le changement (CACH) de Félix Tshisekedi, le FCC se taille logiquement la part du lion : le premier ministre est nommé dans ses rangs avec un gouvernement dominé par ses délégués. Les bureaux à l’Assemblée nationale et au Sénat sont dominés et dirigés par ses membres. Tous les gouverneurs de province ou presque sont du FCC. Les mandataires publics également. La citadelle FCC était imprenable, jusqu’à ce 6 décembre 2020 quand Félix Tshisekedi décide de renverser la situation. Il a annoncé avec fracas, après ses consultations politiques de trois semaines, la fin de la coalition FCC-CACH. Pour la première fois, le chef de l’Etat reconnaît que le gouvernement de ladite coalition « n’a pas permis de mettre en œuvre le programme pour lequel vous m’avez porté à la magistrature suprême ».

Le bureau Mabunda tombe

Dans la foulée, il a annoncé la désignation d’un informateur qui aura la charge d’identifier une nouvelle majorité dans le cadre de l’Union sacrée qu’il entend comme « une nouvelle conception de la gouvernance basée sur les résultats dans l’intérêt supérieur de la Nation ». « Il s’agit d’adhérer aux principes, valeurs et cadre programmatique dont je viens de fixer ici les grandes lignes », avait-il souligné. 

Dès lors, les choses iront vite, alors très vite, prenant de court la redoutable machine politique de Joseph Kabila. Quatre jours après, c’est Jeanine Mabunda et tout son bureau qui seront destitués à l’Assemblée nationale par la majorité des députés après un vote de déchéance. Un premier indice du renversement de la majorité à l’Assemblée nationale se dessine. Le 28 janvier, le rapport présenté par l’informateur Modeste Bahati au chef de l’Etat indique que 391 députés nationaux ont fait allégeance à l’Union sacrée de la nation. Parmi eux, beaucoup viennent du FCC, à l’instar de Lambert Mende, Jean-Pierre Lihau, Alphonse Ngoyi Kasanji. D’autres des regroupements pro-Moïse Katumbi et pro-Jean-Pierre Bemba rejoignent le navire. « Nous avons une majorité écrasante. Il n’y aura pas beaucoup de peine pour que le gouvernement de l’Union Sacrée puisse recevoir l’investiture de l’Assemblée nationale », se satisfait Modeste Bahati. 

Le gouvernement Ilunkamba défenestré

 Afin de laisser le champ libre à ce gouvernement de l’Union sacrée de la nation, il fallait déjà défenestrer celui du FCC-CACH dirigé par Ilunkamba. Sur un total de 377 députés présents à la plénière, 367 ont voté pour la motion de censure contre le gouvernement, en l’absence du Premier ministre et de son équipe. Sylvestre Ilunkamba a décliné l’invitation du bureau d’âge qui, selon lui, n’avait pas compétence de conduire pareil exercice. Après un brin de résistance, il va se plier à la décision des députés et déposera sa démission le 29 janvier auprès du président de la République.

L’Assemblée nationale en poche, le ticket Union sacrée pour l’élection du Bureau définitif est passé comme une lettre à la poste, le 3 février. Christophe Mboso, président du bureau d’âge, est élu président de la chambre basse. Jean-Marc Kabund, président a.i. de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel, retrouve son poste de Premier Vice-président de la chambre, perdu six mois auparavant, après un bras de fer avec le FCC autour de l’état d’urgence sanitaire décrété par le Chef de l’Etat.

Le Président de la République et les membres du bureau définitif de l’Assemblée nationale

Thambwe Mwamba renversé

La déferlante vague de l’Union sacrée n’a pas attendu la session ordinaire de mars 2021 pour renverser le bureau du Sénat. Alors que la session extraordinaire était clôturée le 2 février la date même de son ouverture, le secrétaire général du Sénat a convoqué une plénière en vue de l’installation du bureau d’âge dirigé par le sénateur Léon Mamboleo Muguba, le 4 février pour examiner la pétition signée par une soixantaine de sénateurs contre le président de cette prestigieuse Institution et les autres membres du Bureau. Avant même le vote-sanction, le président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba va déposer sa démission, non sans dénoncer « l’irrégularité de la procédure initiée en violation de la Constitution et du règlement intérieur [du Sénat] ».

Avant lui, les autres membres du bureau de la chambre haute avaient jeté l’éponge. Seul, le Premier vice-président, Samy Badibanga, proche de Félix-Antoine Tshisekedi, a gardé son poste, sa pétition ayant été rejetée par le Bureau d’âge, faute de la présence de son initiateur le jour de son examen. Comme à l’Assemblée nationale, les postes au bureau du Sénat seront vraisemblablement glanés par l’Union sacrée de la nation.

Seul maître à bord

En un temps, deux mouvements, Félix-Antoine Tshisekedi a « déboulonné » le système de son prédécesseur en s’adjugeant une majorité parlementaire confortable. La dissolution de l’Assemblée nationale, brandie comme plan B par le chef de l’Etat en cas d’échec de la mission d’informateur, n’aura finalement pas lieu, tant l’édifice FCC s’est effondré comme un château de cartes. Maintenant, le fils du Sphinx sera le seul maître à bord. Il devrait placer une équipe gouvernementale capable de matérialiser enfin sa promesse électorale. Désormais, il n’aura plus d’excuses, lui qui n’a qu’environ trois ans pour convaincre, avant une nouvelle bataille électorale.

 Socrate NSIMBA

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FELIX TSHISEKEDI entre espoir et inquiétudes des Congolais

Où en sommes-nous avec le « Peuple d’abord ! » ? Question à laquelle personne ne sait répondre. En décembre prochain, le Président Félix-Antoine Tshisekedi va prononcer le troisième discours de son quinquennat sur l’état de la Nation. D’aucuns se demandent ce qu’il en sera, parce que les conditions de vie de la population, dont il reconnaît l’endurance et la résilience, sont loin de s’améliorer.

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Lors de son speech fait en décembre 2020 dans le même cadre, le deuxième de la série, Fatshi s’était dit déterminé à engager, dans tous les secteurs de la vie nationale, les réformes nécessaires à l’amélioration du vécu quotidien des Congolais. À quelques mois de la présidentielle  prévue en 2023, non seulement que ces réformes dites courageuses et ambitieuses se font attendre, la situation sociale générale de la population semble se détériorer.

Dans presque tous les secteurs, la population attend des solutions mais en vain. Aucun suivi et évaluation réguliers de l’action gouvernementale en vue de garantir l’exécution optimale des objectifs contenus dans le Programme du Gouvernement. Tel est le cas du secteur du petit commerce ou du commerce de détails qui est toujours exercé par les étrangers, alors que la loi l’interdit. Comment comprendre que les ports illégaux et clandestins de l’ex-ONATRA continuent à fonctionner, une année après la décision de leur fermeture prise par le chef de l’Etat ? De même, on ne sait où on en est avec la baisse des prix des produits surgelés…

Les attentes de la population sont aussi restées sans réponses par rapport aux infrastructures, notamment les routes qui se détruisent davantage, la lutte contre la pauvreté, l’amélioration des conditions de travail et les rémunérations, le chômage…. De Goma où il était en séjour en juillet 2021, le chef de l’Etat avait indiqué que la corruption continue même dans le milieu de la justice qui est censé la combattre !

 Les attentes de la population sont aussi restées sans réponses par rapport aux infrastructures, notamment les routes qui se détruisent davantage, la lutte contre la pauvreté, l’amélioration des conditions de travail et les rémunérations, le chômage…. De Goma où il était en séjour en juillet 2021, le chef de l’Etat avait indiqué que la corruption continue même dans le milieu de la justice qui est censé la combattre !

De la CENI, bras de fer judiciaire, grèves des enseignants et des professionnels de santé, détournements des deniers publics, crises récurrentes dans les institutions provinciales, divergence autour de la taxe RAM, scandales d’exploitations illégales des ressources minières…

La RDC se confronte-t-elle à des problèmes insolubles et des crises institutionnelles sans fin ?

Desserte en électricité et en eau : on va de mal en pis

Alors que la population attend depuis des années qu’on lui desserve de l’électricité et de l’eau potable, aucune solution définitive n’a été envisagée pour accroitre durablement l’offre de la desserte en eau et en électricité face à la demande tant de Kinshasa que des autres provinces de la RDC.

Rien n’explique mieux la souffrance des Congolais dans le domaine énergétique que la prolifération à Kinshasa du commerce des groupes électrogènes et panneaux solaires, voire la multiplication des sociétés de forage. « Peuple d’abord ! », vivre sans électricité ou sans eau potable est devenu une situation normale dans plusieurs communes de Kinshasa. Pourtant, au terme du forum de Matadi sur l’énergie mère du développement rapide et de la modernité, organisé en août 2019 au Kongo central, il avait été décidé que l’Energie soit considérée comme une priorité du quinquennat en cours. Depuis…

L’Autorité de Régulation du secteur de l’Electricité (ARE) et l’Agence National d’Electrification et des services Energétiques en milieux Rural et Péri-Urbain (ANSER) sont, à ce jour, opérationnelles avec la désignation de leurs animateurs. Seulement, on ne sent rien, aucun changement par rapport à l’époque où ces structures n’existaient pas. Certes il faut attendre la fin des travaux de construction des usines de Lemba Imbu et de Binza-Ozone pour voir le déficit en eau résorbé, cependant, la population doit dans l’entretemps continuer à peiner chaque jour pour s’approvisionner en cette denrée.

EPST et ESU : la réforme, c’est aussi s’occuper des enseignants, des infrastructures….

 

Conformément à l’article 43 de la Constitution, la gratuité de l’enseignement de base est effective en RDC depuis la rentrée scolaire 2019-2020. Si cette mesure permet à plusieurs millions d’enfants d’intégrer ou de réintégrer le système éducatif, cependant, la problématique du paiement des enseignants, des infrastructures scolaires et du niveau des élèves reste entière. Depuis des années, le gouvernement a du mal à satisfaire et respecter ses promesses face aux exigences de ceux-ci. Aujourd’hui, les enseignants rappellent les engagements de Bibwa face à aucune réponse. Conséquence, chaque année il y a déclenchement des grèves. Alors qu’on parle de la construction des infrastructures scolaires à Kinshasa tout comme dans l’arrière-pays, il faut dire qu’au Congo les élèves continuent encore à s’assoir à même le sol où à étudier sous les arbres.

C’est au moment où les nouvelles unités (NU) demandent leur mécanisation et les anciens enseignants le réajustement de leurs salaires dans le budget 2022, qu’un bras de fer s’installe entre le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), Tony Mwaba, et les enseignants.

 Quoi qu’il en soit, les Congolais attendent voir le gouvernement résoudre le problème des écoles fictives et établissements scolaires non viables, sans oublier la régularisation de la situation des agents fictifs et sans actes réguliers de recrutement. Aussi, devrait-il résoudre le problème de surpeuplement des salles de classe provoqué par le retour massif des enfants à l’école.

Nécessiter d’agir vite pour l’ESU

Le souci de tout Congolais est de voir les universités et instituts supérieurs former de bons cadres supérieurs. Ainsi, l’Etat doit palier l’absence des financements, à l’insuffisance des infrastructures, à la qualité et au nombre de professeurs qui font défaut.

 S’il tient à un résultat positif, il devrait financer la formation des nouveaux professeurs en vue d’assurer la relève, de sorte qu’il n’y ait plus de carence sur l’ensemble du système éducatif. Il devrait en outre veiller à la mise à jour des programmes d’enseignement. Entre autres, les étudiants attendent voir le gouvernement trouver la solution aux problèmes des bourses et les enseignants à celui de la vente des syllabus. Pour ce qui est des infrastructures, la politique de leur construction devrait être proportionnelle à la croissance de la population estudiantine. En effet, c’est à juste titre que le ministre Muhindo Nzangi a lancé en septembre 2021 les états généraux de l’ESU dans le but de voir les choses changer. Au terme desdites assises, c’est le cas de le souligner, plusieurs universités ont perdu le privilège d’organiser une faculté de médecine.

RAM : l’insensibilité des dirigeants face aux cris de la population

 Au moment où les regards des Congolais sont rivés sur l’Assemblée nationale d’où la solution est censée provenir concernant le Registre des appareils mobiles (RAM), la question divise tant les députés de l’Union sacrée que ceux de l’opposition et la population ne sait à quel saint se vouer. En effet, plusieurs mois se sont écoulés avant que cette question ne soit abordée à l’assemblée nationale. Ainsi s’interrogent des Congolais sur le silence de l’Inspection Générale des Finances sur cette taxe ou rémunération que certains qualifient d’escroquerie, fléau, vol…

La guerre des chiffres

Le ministre des Postes et Télécommunications, Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PTNTIC), Augustin Kibassa Maliba, dit que le RAM a permis de collecter 25 millions de dollars au profit du trésor public. Martin Fayulu quant à lui, a demandé à l’Inspection Générale des Finances d’y regarder du dedans. L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) indique pour sa part que la taxe RAM a permis de collecter 266 millions de dollars depuis son institution en septembre 2020. Cette ONG regrette que le ministre Kibasa n’ait pas annoncé sa suppression lors de son intervention à l’Assemblée nationale. En effet, la question du RAM suscite une grande colère tant dans la population que parmi les députés nationaux. Elle oppose largement les députés du Front commun pour le Congo (FCC) à ceux de l’Union sacrée, en plus d’opposer ces derniers au Premier ministre. Avant que le ministre Kibassa ne se présente devant l’Assemblée nationale, les élus de l’USN étaient en réunion avec le Premier ministre autour de la même question, mais, la rencontre s’est terminée à queue de poisson.

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Elections de 2023: Face à la crise de légitimité, une volonté nationale forte appelée à s’installer

Avec le divorce, sans casse, du mariage FCC-CACH, la République démocratique du Congo a évité, sans doute, une crise politique majeure. Mais certains signes avant-coureurs annoncent de véritables soubresauts avec la manière dont le dossier CENI s’est dénoué.

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A environ deux ans des élections prévues en 2023, une impasse plombe le processus électoral. Les huit confessions religieuses ne se sont toujours pas accordées sur le nom du futur président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Le délai supplémentaire de 72 heures leur accordé par le président de l’Assemblée nationale est largement dépassé. Les catholiques et protestants font bloc pour stopper la candidature de Denis Kadima présentée par l’Église kimbanguiste et soutenue par six confessions religieuses.

 Pour un processus de désignation du président de la Centrale électorale qui a commencé depuis avril dernier, cela parait interminable aux yeux de plusieurs observateurs. Cela fait penser justement à une crise qui couve déjà au pays. Il faut avouer que cela n’a pas encore affecté les institutions politiques et administratives. Mais si rien n’est fait, le pays pourrait connaître une crise politique générale. De quoi susciter l’option d’un dialogue politique pour pouvoir négocier la suite des événements, au cas où le processus électoral prendrait un grand retard.

Risque de glissement

L’interminable bras de fer qui oppose depuis des mois les représentants des huit confessions religieuses commence déjà à agacer les Congolais. « Ils seront responsables du glissement du calendrier électoral qui peut arriver en 2023. Ils bloquent les choses alors que le temps passe. Je demande au bureau de l’Assemblée nationale d’aller de l’avant. On ne peut pas bloquer tout le monde à cause d’un groupe de gens », a-t-ont entendu des Congolais réagir dans les rues de Kinshasa.

 Les prochains mois, on s’attend à des discussions sans fin entre les chefs des confessions religieuses. Le tandem Catholique-protestant, sentant le risque de glissement venir, a préféré demander à Corneille Nangaa de conduire des opérations du processus électoral en attendant que son successeur soit désigné. Une posture qui laisse penser que le bout du tunnel est encore loin.

Eviter une crise majeure

Face à l’impasse sur la désignation des animateurs de la CENI, il y a aussi des risques d’un enlisement général de la situation. Une chose à éviter, puisque cela conduira inéluctablement vers un glissement de la date constitutionnelle des élections (2023). L’occasion sera propice aux chasseurs des postes de crier à la convocation d’un dialogue politique.

 Dans cette situation, Félix Tshisekedi a un rôle à jouer. Celui de veiller au bon fonctionnement des institutions. Lui qui a été proclamé vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018 et investi, le 24 janvier 2019, en présence de Joseph Kabila. Une première alternance au pouvoir sans effusion de sang depuis l’indépendance en 1960. Cet événement historique s’entend tel un devoir moral pour Félix Tshisekedi. Il doit, lui aussi, rendre le pouvoir pacifiquement au bout d’un ou de deux mandats afin de pérenniser cette alternance. Histoire d’éviter au pays une énième crise de légitimité.

 Dido Nsapu

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CENI : entérinement de Denis Kadima, début d’une longue crise de légitimité ?

Au regard de l’entérinement controversé de Denis Kadima comme président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), point n’est besoin d’être prophète pour prédire qu’il y aura une grande crise de légitimité à l’issue des prochaines élections.

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Une fois encore, la population congolaise a assisté à une scène qu’elle avait déjà vécue : l’entérinement, le 16 octobre 2021, de Denis Kadima, comme c’était le cas de celui de Ronsard Malonda. Ce qui est sûr, la crise de légitimité sera « longue et populaire » étant donné qu’il y a une forte contestation.

Pour nombreux membres de l’Union sacrée, l’heure est à la jubilation. Le professeur André Mbata qui a dirigé la commission mixte paritaire qui a traité les différentes candidatures pendant deux mois, se dit heureux et espère voir le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, prendre incessamment une ordonnance pour investir les membres entérinés de la CENI.

D’autre part, les représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et ceux de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) sont très déçus. Pour le pasteur Eric Senga de l’ECC qui parle de l’illégitimité, il s’agit là d’un bond vers l’inconnu. Du côté Front commun pour le Congo (FCC) où on grince les dents, on désapprouve la démarche tout en dénonçant la fraude. Quant à l’Ensemble de Moïse Katumbi, elle fustige la corruption, le débauchage et le forcing de « Christophe Mboso ». Lamuka qui n’a cessé de dénoncer la politisation de la CENI, est aussi déçu.

 Espoirs ou désespoirs

Une fois de plus, la population congolaise qui espérait voir les choses se dérouler autrement reste encore à ce jour, sur sa soif. Les ecclésiastiques dont le groupe de six confessions religieuses et celui de deux autres ont déçu. Après un long moment de divergences, de blocage de la machine, ils aboutissent au même scénario que celui du passé. Après le long bras de fer, le camp des six que dirige le patron des églises du réveil au Congo, Dodo Israël Kamba, peut se frotter les mains. Seulement, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi est face à une situation difficile parce qu’il n’y a pas eu consensus, une raison pour laquelle il avait refusé de confirmer l’entérinement de Malonda. Cette jurisprudence colle Fatshi à la peau comme une sangsue. Lui, en tant que garant du bon fonctionnement des institutions, est devant un choix cornélien.

Nombreux sont ceux qui pensent toutefois que Félix Tshisekedi peut encore faire quelque chose en vue de présenter un bilan plus ou moins équilibré à la fin de son mandat en 2023. Ce qui est sûr, dans le domaine des infrastructures, il peut rattraper le retard enregistré en donnant un coup de boost à ce qui est en chantier, le cas du projet Tshilejelu. Il peut en outre impulser d’autres projets en multipliant des initiatives du genre opérations «pas d’école sans bancs» et «zéro trou» lancées respectivement par Tony Mwana à Kabeya Kamwanga (au Kasaï oriental) et par Jean-Michel Sama, à Kinshasa. Il en va de même du programme de développement de 145 territoires de la RDC, lequel permettra à terme à chaque Congolais de bénéficier de quelque chose.

Les Congolais pourront également profiter de l’embellie que connaît la mobilisation des finances publiques, due à la lutte contre la corruption que mène notamment l’Inspection générale des finances (IGF),. Cela pourrait jouer un rôle important pour l’amélioration des salaires des enseignants et autres fonctionnaires de l’Etat. Pour cela, le chef de l’Etat a 2022 et une partie de 2023 pour un tant soit peu redorer les blasons et assouvir la soif des Congolais par rapport à toutes les promesses faites. 

 Hubert Mwipatayi

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