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Société

Psychologie : La rivalité féminine

La vie est ainsi faite : les rapports humains se caractérisent par une rivalité latente ou carrément
expressive. Cette friction semble toutefois se
montrer plus prégnante auprès de la gent féminine au point de s’interroger sur la particularité
psychologique de ce comportement.

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L a sentence latine affirmant que l’homme est un loup pour l’homme – homo homini lupus – indique à ne point en douter que les relations entre les hommes sont quasi inévitablement empreintes d’une dose de conflit. Dans une certaine mesure, on en vient à se demander si ce comportement ne serait pas en soi l’essence même de la vie, incitant les individus à se surpasser par une émulation entre eux. Ces différends s’observent ainsi dans la vie professionnelle, au sein des familles, au sein des couples et même des relations comme l’amitié, censées être débarrassées de tout antagonisme, n’y échappent pas. Au-delà du principe de l’attraction des contraires et par opposition, de répulsion des semblables, la cause de cette situation tiendrait de la nature humaine elle-même, faite à la fois d’instincts primaires et de raisonnements. Cela fait agir l’individu, d’une part de manière impulsive pour la sauvegarde de ce qu’un chacun peut estimer être ses intérêts et d’autre part, par le fait de s’armer d’une conviction propre, dans la conduite à adopter devant le cours des choses et par-là objecter, s’il le faut, par rapport au point de vue d’autrui.

 Dans ce contexte, du côté de la gent féminine, ses agissements résultent de l’éducation inculquée génération après génération à même d’expliquer pourquoi dans cette catégorie d’individus, la rivalité a tendance à s’exacerber avec plus d’acuité.

Le beau sexe

En effet, dans l’inconscient de l’espèce humaine cultivé depuis des millénaires, la qualité principale attendue d’une femme est la beauté physique. De fait, pour qu’une femme soit appréciée, c’est d’abord son apparence extérieure qui est  prise en considération : le premier commentaire sur elle portera sur l’harmonie des traits de son visage, le charme de son sourire, l’élégance de son maintien, la coquetterie dont elle fait preuve….

Tout est donc mis en condition pour que la femme s’investisse dans l’esthétique de chaque partie de son corps, de la pointe de ses cheveux à celle de ses ongles. Et à ses atouts s’ajoutent sa capacité à enfanter et à être utile à son foyer plus qu’à la société. Pendant ce temps, ces exigences ne le sont pas pour l’homme à qui il est demandé de faire preuve d’intelligence, de force physique…, tout autant certes, sujettes à une rivalité, mais alors que chez ce dernier, les motivations sont d’ordre socio-économique au point de l’amener pour atteindre son objectif à composer avec ses pareils, chez la femme cela relève surtout plus de la futilité et de l’émotionnel, avec inclination pour sa part de se montrer intransigeante envers ses semblables.

 Ainsi, cet esprit de concurrence entre femmes se remarque d’abord par leur façon de s’observer, de s’épier même en se dévisageant de la tête au pied, parfois discrètement, parfois avec insistance, en ne s’embarrassant pas à tourner la tête au passage d’une autre femme pour bien l’examiner sous toutes les coutures. Tels sont les germes de la rivalité féminine.

Les amis mâles de Josiane, qu’elle préfère d’ailleurs côtoyer plus que les femmes « pour éviter des problèmes inutiles » aime-t-elle se justifier, connaissant   déjà son jugement porté sur une autre femme, aiment la taquiner sur telle ou telle autre croisée en chemin. Au point de devancer sa réponse lancée en chœur : « Oui, elle est bien, mais… » puis faire succéder la mise en valeur des défauts, soit de dire qu’elle est trop grosse, ou trop mince et même franchement maigre, trop petite ou être un grand échalas, ou de lui trouver les lèvres trop épaisses, ou encore de trouver qu’elle fait genre avec tout le sens qu’elle est seule à sous-entendre….

De la sorte, le fait de vouloir surpasser l’autre sinon de ne pas être égalée par elle développe en la femme le réflexe de la suspicion et pourquoi pas une paranoïa à se faire déboulonner de son piédestal. Cela provoque souvent en elle un sentiment de suffisance voire de supériorité qui se refuse à toute divergence ou en tout cas à se faire écraser et ne pas se voir être préférée à une autre. Ou alors, lorsqu’elle est consciente de son infériorité en termes de beauté ou de jeunesse, c’est la jalousie qui s’installe.

 Le sexe faible

La contrepartie de cet investissement dans la beauté a pour incidence d’affaiblir la femme et aussi par instinct, de donner de l’ampleur à son agressivité pour se défendre. En situation de faiblesse, supposée ou réelle, toute espèce vivante a pour réflexe naturel l’autodéfense : dans ces conditions, seule la survie prévaut.


Il va de soi que dans ce contexte, cette réaction attise la rivalité. Le lien s’établit de la sorte entre le sentiment décrit plus haut de ne pas vouloir être dominée et pour se faire, sortir ses griffes pour effrayer et éloigner l’adversaire considéré comme tel. Choses que la femme sait bien faire. 

Ainsi pour bien confirmer que cette agressivité résulte de la rivalité entre personne de même sexe, la femme se montrera plus complaisante à l’égard d’un homme, certainement parce qu’elle accepte d’emblée la force de ce dernier et voir en son homologue de même sexe une ennemie de tout instant. D’ailleurs, le jugement qu’une femme portera sur une autre femme et un homme se fera à l’avantage de ce dernier : une femme trompée en voudra plus à sa rivale plutôt qu’à son conjoint envers qui elle se montrera compréhensive pour déverser toute sa colère sur l’autre jugée seule responsable de la situation.

Certes parler de sexe faible, c’est envisager en partie la force physique car en réalité ce n’est pas elle qui est déterminante étant entendu que les humains ne vivent pas dans une jungle où le combat au corps à corps n’est pas systématique. D’ailleurs, contrairement à cette idée longtemps admise, les études scientifiques démontrent que physiquement les femmes sont plus résistantes que les hommes face à la famine ou à la maladie. 

Face à cette vérité scientifique, il s’agit de préférence de relever l’erreur accumulée depuis l’aube des temps, assimilée à tort par la femme et qui l’a amenée à se dévaloriser entre elles et cultiver les prémisses de la rivalité. Dans l’entretemps, cette faiblesse apparente ne correspond en rien à ce qui peut se voir lorsque la femme entre en scène pour comploter, faire preuve de méchanceté gratuite…

Les acquis de la rivalité féminine

Néanmoins, comme il est reconnu, à quelque chose, malheur est bon ! Au moins, le premier mérite de cet antagonisme, surtout s’il n’est qu’en sourdine est celui de permettre à la femme de s’améliorer, de se mettre au diapason d’une personne appréciée malgré les critiques qui peuvent être décernées à cette dernière. On remarque ainsi que tout en fonctionnant en mode concurrentiel, les femmes finissent par adopter de meilleures manières, plus d’élégance, et en principe plus de sagesse et d’intelligence. 

De plus, avec le monde moderne et la promotion de la parité, la femme est davantage conviée à pousser au plus loin les études pour occuper des postes dans la société. Dans cette optique, le critère subjectif sur sa seule beauté n’occupe plus la place primordiale sur le jugement que l’on peut porter sur elle.

Cependant, à ce stade, la rivalité entre elles ne s’estompe pas nécessairement. Déjà pour la poursuite des études, c’est encore les femmes qui sont les premières à se déconseiller d’embrasser de longues filières sous le prétexte de ne pas se donner de chance de trouver un mari à leur issue, avec en prime de manquer une maternité. 

Si en soi, une rivalité sentimentale, pratiquée en toute sportivité, pour arracher le cœur d’un homme libre peut se comprendre, au niveau professionnel, la dissension avivée peut intervenir entre collègues, entre subalternes et supérieures ou entre partenaires au point d’empêcher le meilleur épanouissement en raison de suspicions permanentes qui n’ont toujours pas de justifications fondamentales. Et cela peut de ce fait conduire à des conséquences regrettables en termes de promotion, de gain de marchés… 

Toutefois, la prise de conscience par la femme de sa véritable valeur devrait avoir le mérite de déplacer la friction mesquine qui caractériserait ses attaches au sein de son genre pour l’emmener sur le terrain de la compétition du savoir-faire pour finir par se faire reconnaitre en toute sincérité par ses vis-à-vis féminins et améliorer leur entente.

HESHIMA

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PSYCHOLOGIE: Fémicide, quand l’amour rime avec danger

A la grande passion du cœur, succède parfois le désamour dont l’envolée peut dans son paroxysme conduire à un crime passionnel dont serait victime la femme.

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Les rapports humains ont malheureusement comme contrecoup la mise à mort entre individus dont la diversité a, au suffixe cide (du latin frapper, tuer, massacrer), donné lieu à des préfixes aussi variés pour indiquer l’ampleur de ces drames : homicide pour le meurtre commis sur un être humain, infanticide pour celui perpétré sur un enfant, parricide sur l’assassinat d’un père ou tout autre ascendant à l’instar du matricide porté contre la mère, le fratricide vis-à-vis du frère ou de la sœur, le régicide contre un roi , le génocide au détriment de tout un peuple, quitte à se donner la mort par le suicide.

A toutes ces nuances de « cide », s’est ajouté le néologisme fémicide (ou féminicide, ou encore de gynecée, le gynécide ou gynocide) depuis quelques trois bonnes décennies pour faire la distinction du meurtre perpétré par l’homme ou la femme contre une femme ou une fille, et lorsque le mobile est basé sur le genre. Dans cet ordre d’idées, le meurtre qui consisterait par exemple pour un voleur de tuer une femme pour s’accaparer de ses biens ne rentre pas dans la catégorie du fémicide. Il en va de même de la mort d’une femme dans un accident de la route sans que son sexe n’y soit lié. De la sorte, tous les meurtres de femmes ne sont donc pas automatiquement des fémicides. Et ceux-ci peuvent être perpétrés aussi bien par un homme que par une femme.

Les causes du fémicide

Au-delà des considérations  juridiques et autres sur ce drame, on imagine que ses causes sont multiples. Le mobile le plus important est d’ordre sentimental, à la base de tensions qui peuvent surgir dans une relation entre un homme ou une femme, que ce soit pour des motivations internes au couple ou des faits qui lui sont extérieurs.

Cet agissement trouve son fondement dans la conception traditionnelle dans les relations entre l’homme et la femme généralement empreintes de passion amoureuse, laquelle pousse chacun des membres du couple à vouloir s’approprier l’exclusivité de l’autre, bien sûr l’homme vis-à-vis de sa femme, mais également la femme vis-à-vis de son homme contre sa rivale. Dans cette interaction, le premier s’est octroyé le droit de domination sur la seconde. Au sein du couple, l’homme cherche par-là à affirmer sa virilité.

 C’est ainsi que lorsque le couple qui, après avoir vécu dans l’extase du meilleur, se trouve confronté à traverser les turbulences du pire et ne parvient pas à le gérer, il peut être amené à rompre.

Le mobile du fémicide est donc essentiellement sentimental, dont la non-maîtrise développe la colère, la jalousie et lorsque ces sentiments deviennent insurmontables, ils finissent par conduire à la séparation. Le traumatisme qui s’ensuit explique, sans les justifier, les comportements brutaux à la source du fémicide. Et cette violence si elle est machiste, peut provenir aussi de la femme, bien que celle-ci en subit les conséquences.

 Sur un autre registre, le fémicide trouve son fondement non pas cette fois-ci pour des raisons de cœur, mais plutôt pour la raison même, bien que celle-ci soit difficile à comprendre, mais c’est bien connu, le cœur a des raisons que la raison ignore ! Ici, une autre cause de fémicide est celle relative à des considérations psychosociologiques car ayant pour motivation le poids de la culture.

Dans le cas d’espèce, la raison du poids de la culture peut en effet prédisposer une personne psychologiquement à procéder au meurtre d’une femme dont la famille n’a, par exemple, pas su honorer la dot. 

Dans un pays comme l’Inde où c’est la famille de la femme qui apporte la dot, le défaut de son règlement aligne pour ce motif des statistiques des décès d’Indiennes toutes les heures ! Et donc, au lieu de voir un amour s’épanouir, c’est dans un bain de sang qu’il flétri.

 La passion amoureuse peut aussi conduire une femme à attraper une grossesse hors mariage, chose absolument interdite dans certaines sociétés traditionnellement rigoureuses qui pour laver l’infamie peut aboutir à un fémicide.

Un autre mobile de fémicide porte sur le fruit de l’amour. Dans les communautés, où la naissance d’un garçon est préférable à celle d’une fille, combien de crimes de ce genre n’ont pas lieu ? Tel a été le cas de la Chine à une époque de contrôle de natalité.

Arme contre arme

D’emblée, il va de soi qu’aucun crime n’est admissible, quelle que soit la raison avancée. On peut toutefois s’interroger sur les mécanismes de sa commission, volontairement ou non.

Quand il ne se limite pas à des menaces à des moments d’exaspération, le geste est en soi difficile à commettre et lourd de conséquence. C’est dire que s’il intervient, c’est généralement dans un état second, soit sous les effets de l’alcool ou des drogues.

A ce stade, la sensibilité de l’interprétation des faits et gestes peut s’accroître de manière incontrôlée avec leurs conséquences néfastes. Un homme suspicieux sur le comportement de sa conjointe peut, sous l’emprise de certaines substances, attiser sa jalousie au détour d’un sourire ou d’une salutation que celle-ci adresserait même innocemment à un autre homme. Si la réaction n’est pas immédiate, elle peut se reporter ultérieurement en s’accumulant jusqu’à l’éclatement.

Depuis l’affaire 0scar Pistorius, cet athlète sud-africain handicapé accusé du meurtre de sa compagne, un splendide mannequin, Didier, un passionné des histoires de couples, ne manque jamais de donner sa version des faits. Pour lui, « c’est sûr que sa compagne devait certainement se moquer de son handicap en le comparant sûrement à d’autres hommes, peut-être pour sa prestance où pour ses performances masculines. Il n’a  pas su résister et le drame s’en est suivi.» Et d’évoquer pour convaincre, l’art des Congolaises de descendre un homme avec une phrase dédaigneuse bien connue : « parmi les hommes, faut-il te compter avec eux ? ». Ou encore lorsque les Ivoiriennes demandent à un homme de prouver « s’il est garçon ! »

Car dans le raisonnement de Didier, on peut condamner l’homme d’utiliser la force physique contre la femme pour commettre son forfait, mais on oublie que la femme dispose d’une arme toute aussi terrifiante à laquelle elle recourt, à savoir la langue. La Bible ne dit-elle pas qu’il s’agit d’un petit organe qui peut embraser une situation ? Dans Job, ne dit-on pas que les anciens attribuent le venin de la vipère à sa langue ? Or c’est de cette arme dont fait usage la femme sans ne pas toujours se rendre compte des risques qu’elle peut occasionner. Didier conseille d’ailleurs son épouse de toujours se réserver lors d’une dispute, surtout lorsqu’il a pris un verre de trop…

Mais même en état de sobriété, l’attitude d’un homme peut se montrer violente et le cas le plus représentatif est l’adultère, insulte souvent suprême pour la gent masculine. Ici les protagonistes luttent à arme inégale, car à l’une il sera exigée la tolérance et à l’autre il sera accordé la liberté d’agir à sa guise.

 Il n’en reste pas moins qu’en dehors de la flagrance des fémicides, d’autres sont plus sournois, par exemple à la suite des coups répétés régulièrement avec des répercussions dans le corps. La mort survient alors à petit feu pendant que la victime n’a pas la force de se défendre, en gardant le silence par amour.

Selon les statistiques effroyables présentées par les associations féministes, il ressort donc que la violence machiste est la première cause de mortalité des femmes de 16 à 44 ans dans le monde. Le fémicide serait alors un drame pour drôles de dames qui ne parviendraient pas à maîtriser leur homme trop passionné par elles ?

Dans tous les cas, on peut affirmer que romance et maltraitance ne font pas bon ménage…. dans un couple. Et donc quand le pire prend le pas sur le meilleur, l’amour devient un danger permanent autour duquel peut rôder le fémicide . Sauf de faire preuve en toute circonstance d’une capacité à se montrer placide.

 HESHIMA  

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Psychologie: Féminicide, quand l’amour rime avec danger

A la grande passion du cœur, succède parfois le désamour dont l’envolée peut dans son paroxysme conduire à un crime passionnel dont serait victime la femme.

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Les rapports humains ont malheureusement comme contrecoup la mise à mort entre individus dont la diversité au suffixe cide (du latin frapper, tuer, massacrer), donne lieu à des préfixes aussi variés pour indiquer l’ampleur de ces drames : homicide pour le meurtre commis sur un être humain, infanticide pour celui perpétré sur un enfant, parricide sur l’assassinat d’un père ou tout autre ascendant à l’instar du matricide porté contre la mère, le fratricide vis-à-vis du frère ou de la sœur, le régicide contre un roi , le génocide au détriment de tout un peuple, quitte à se donner la mort par le suicide.

A toute ses nuances de « cide », s’est ajouté le néologisme fémicide (ou féminicide, ou encore de gynecée, le gynécide ou gynocide) depuis quelques trois bonnes décennies pour faire la distinction du meurtre perpétré par l’homme ou la femme contre une femme ou une fille, et lorsque le mobile est basé sur le genre. Dans cet ordre d’idées, le meurtre qui consisterait par exemple pour un voleur de tuer une femme pour s’accaparer de ses biens ne rentre pas dans la catégorie du fémicide. Il en va de même de la mort d’une femme dans un accident de la route sans que son sexe n’y soit lié. De la sorte, tous les meurtres de femmes ne sont donc pas automatiquement des fémicides. Et ceux-ci peuvent être perpétrés aussi bien par un homme que par une femme. 

Les causes du fémicide

Au-delà des considérations juridiques et autres sur ce drame, on imagine que ses causes sont multiples. Le mobile le plus important est d’ordre sentimental, à la base de tensions qui peuvent surgir dans une relation entre un homme ou une femme, que ce soit pour des motivations internes au couple ou des faits qui lui sont extérieurs.

Cet agissement trouve son fondement dans la conception traditionnelle dans les relations entre l’homme et la femme généralement empreintes de passion amoureuse, laquelle pousse chacun des membres du couple à vouloir s’approprier l’exclusivité de l’autre, bien sûr l’homme vis-à-vis de sa femme, mais également la femme vis-à-vis de son homme contre sa rivale. Dans cette interaction, le premier s’est octroyé le droit de domination sur la seconde. Au sein du couple, l’homme cherche par-là à affirmer sa virilité. C’est ainsi que lorsque le couple qui après avoir vécu dans l’extase du meilleur se trouve confronté à traverser les turbulences du pire et ne parvient pas à le gérer, il peut être amené à rompre.

Le mobile du fémicide est donc essentiellement sentimental, dont la non-maîtrise développe la colère, la jalousie et lorsque ces sentiments deviennent insurmontables, ils finissent par conduire à la séparation. Le traumatisme qui s’ensuit explique, sans les justifier, les comportements brutaux à la source du fémicide. Et cette violence si elle est machiste, peut provenir aussi de la femme, bien que celle-ci en subit les conséquences.

 Sur un autre registre, le fémicide trouve son fondement non pas cette fois-ci pour des raisons de cœur, mais plutôt pour la raison même, bien que celle-ci soit difficile à comprendre, mais c’est bien connu, le cœur a des raisons que la raison ignore ! Ici, une autre cause de fémicide est celle relative à des considérations psychosociologiques car ayant pour motivation le poids de la culture.

Dans le cas d’espèce, la raison du poids de la culture peut en effet prédisposer une personne psychologiquement à procéder au meurtre d’une femme dont la famille n’a, par exemple, pas su honorer la dot. Dans un pays comme l’Inde où c’est la famille de la femme qui apporte la dot, le défaut de son règlement aligne pour ce motif des statistiques des décès d’Indiennes toutes les heures ! Et donc, au lieu de voir un amour s’épanouir, c’est dans un bain de sang qu’il flétri.

Dans le cas d’espèce, la raison du poids de la culture peut en effet prédisposer une personne psychologiquement à procéder au meurtre d’une femme dont la famille n’a, par exemple, pas su honorer la dot. Dans un pays comme l’Inde où c’est la famille de la femme qui apporte la dot, le défaut de son règlement aligne pour ce motif des statistiques des décès d’Indiennes toutes les heures ! Et donc, au lieu de voir un amour s’épanouir, c’est dans un bain de sang qu’il flétri.

La passion amoureuse peut aussi conduire une femme à attraper une grossesse hors mariage, chose absolument interdite dans certaines sociétés traditionnellement rigoureuses qui pour laver l’infamie peut aboutir à un fémicide.

 Un autre mobile de fémicide porte sur le fruit de l’amour. Dans les communautés, où la naissance d’un garçon est préférable à celle d’une fille, combien de crimes de ce genre n’ont pas lieu ? Tel a été le cas de la Chine à une époque de contrôle de natalité.

Arme contre arme

D’emblée, il va de soi qu’aucun crime n’est admissible, quelle que soit la raison avancée. On peut toutefois s’interroger sur les mécanismes de sa commission, volontairement ou non. Quand il ne se limite pas à des menaces à des moments d’exaspération, le geste est en soi difficile à commettre et lourd de conséquence. C’est dire que s’il intervient, c’est généralement dans un état second, soit sous les effets de l’alcool ou de drogues.

A ce stade, la sensibilité de l’interprétation des faits et gestes peut s’accroître de manière incontrôlée avec leurs conséquences néfastes. Un homme suspicieux sur le comportement de sa conjointe peut, sous l’emprise de certaines substances, attiser sa jalousie au détour d’un sourire ou d’une salutation que celle-ci adresserait même innocemment à un autre homme. Si la réaction n’est pas immédiate, elle peut se reporter ultérieurement en s’accumulant jusqu’à l’éclatement.

Depuis l’affaire 0scar Pistorius, cet athlète sud-africain handicapé accusé du meurtre de sa compagne, un splendide mannequin, Didier, un passionné des histoires de couples, ne manque jamais de donner sa version des faits. Pour lui, « c’est sûr que sa compagne devait certainement se moquer de son handicap en le comparant sûrement à d’autres hommes, peut-être pour sa prestance où pour ses performances masculines. Il n’a pas su résister et le drame s’en est suivi.» Et d’évoquer pour convaincre, l’art des Congolaises de descendre un homme avec une phrase dédaigneuse bien connue : « parmi les hommes, faut-il te compter avec eux ? ». Ou encore lorsque les Ivoiriennes demandent à un homme de prouver « s’il est garçon ! »

 Car dans le raisonnement de Didier, on peut condamner l’homme d’utiliser la force physique contre la femme pour commettre son forfait, mais on oublie que la femme dispose d’une arme toute aussi terrifiante à laquelle elle recourt, à savoir la langue. La Bible ne dit-elle pas qu’il s’agit d’un petit organe qui peut embraser une situation ? Dans Job, ne dit-on pas que les anciens attribuent le venin de la vipère à sa langue ? Or c’est de cette arme dont fait usage la femme sans se rendre compte des risques qu’elle peut occasionner. Didier conseille d’ailleurs son épouse de toujours se réserver lors d’une dispute, surtout lorsqu’il a pris un verre de trop… Mais même en état de sobriété, l’attitude d’un homme peut se montrer violente et le cas le plus représentatif est l’adultère, insulte souvent suprême pour la gent masculine. Ici les protagonistes luttent à arme inégale, car à l’une il sera exigée la tolérance et à l’autre il sera accordé la liberté d’agir à sa guise.

Il n’en reste pas moins qu’en dehors de la flagrance des fémicides, d’autres sont plus sournois, par exemple à la suite des coups répétés régulièrement avec des répercussions dans le corps. La mort survient alors à petit feu pendant que la victime n’a pas la force de se défendre, en gardant le silence par amour.

Selon les statistiques effroyables présentées par les associations féministes, il ressort donc que la violence machiste est la première cause de mortalité des femmes de 16 à 44 ans dans le monde. Le fémicide serait alors un drame pour drôles de dames qui ne parviendraient pas à maîtriser leur homme trop passionné par elles ? Dans tous les cas, on peut affirmer que romance et maltraitance ne font pas bon ménage…. dans un couple. Et donc quand le pire prend le pas sur le meilleur, l’amour devient un danger permanent autour duquel peut rôder le fémicide . Sauf de faire preuve en toute circonstance d’une capacité à se montrer placide.

 HESHIMA

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Nom et prénom dans la culture congolaise

Au nombre des éléments distinctifs d’un individu ou d’une famille, le nom et le prénom ont une caractéristique propre dans la culture congolaise, instructive à plusieurs égards de la vie de cette société.

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Dans la tradition congolaise, le nom et le prénom sont des notions qui au départ n’existent pas en soi. Un individu est nommé selon des critères qui lui sont propres en fonction de sa position au sein de la famille ou du clan, ou en fonction des valeurs qui lui sont prêtées ou encore en fonction des faits attachés à la vie familiale, voire à certains événements qui y sont associés.

C’est donc dire que chaque individu au sein d’une famille était en principe censé porté seul son nom, même si ce dernier pouvait être dupliqué pour des raisons d’assimilation à d’autres membres de la famille.

 Ce n’est donc qu’à l’arrivée des Occidentaux qu’une distinction s’est opérée entre le nom et le prénom.

En effet, de par la culture judéo-chrétienne, les Occidentaux à l’instar de ce qui se pratiquait chez eux, ont ordonné dans le chef d’une personne le port, à la fois du nom patronymique et le prénom à l’issue du baptême pour le distinguer, que ce soit individuellement ou par rapport à la famille. Toutefois, malgré cette imposition, le pouvoir colonial a dû se soumettre à quelques concessions. Certaines familles, au lieu de porter une appellation patronymique identique, ont pu opter pour que chaque membre ait un nom qui lui est personnel, différent de celui de son père et des membres de sa fratrie.

En même temps, en dépit du port du prénom chrétien, un postnom est collé au nom pour la préservation de la coutume dans une certaine mesure, généralement en hommage à un ascendant. En réalité sur ce registre, la dénomination est limitée au cercle familial avec son évocation à certaines occasions. Ce n’est qu’à l’époque de l’instauration du recours à l’authenticité prônée par Mobutu que l’utilisation du postnom deviendra obligatoire en lieu et place du prénom chrétien, même si l’habitude de l’utilisation de ce dernier persiste, parfois en catimini. Il faut aussi reconnaître que dans l’entretemps, le port d’un même patronyme au sein d’une famille s’est généralisé.

Dès lors, de manière plus large, outre qu’il différencie un individu, le nom peut également situer une personne dans une aire géographique donnée de telle ou telle province, voire à l’intérieur de celle-ci dans tel ou tel autre recoin. Ainsi, un Congolais moyen sait d’emblée, à partir du nom d’une personne, déterminer son origine (mukongo, swahili, muluba ….) et même être capable de préciser de quel patelin il provient. Et cela peut servir utilement ou non, selon les circonstances ! Même si avec l’augmentation de la fréquence des mariages mixtes, s’installe par la force des choses, la mixité des noms d’aire géographique différente, avec la confusion qui va avec.

Le choix de l’appellation

Le nom patronymique s’impose généralement de lui-même. Il résulte d’une appellation qui retrouve sa source dans l’histoire même de la famille, traditionnellement le nom d’un ascendant direct ou non. Une fois admis le principe à partir de l’époque coloniale ou peu de temps après que tous les membres d’une famille sont censés porter le même nom, celui-ci est légué par l’ascendant génération après génération.

La différence est dès lors plutôt perceptible dans le postnom. Dans la majorité des cas, le postnom est supposé définir l’individu au mieux de sa personnalité. C’est ainsi que l’ensemble des peuples du Congo au travers  du nom donné à une personne peuvent sublimer la Nature ( Miezi chez les Bakongos et Nyota en swahili pour étoile, équivalent de Stella ou Estelle en Occident) ou le désir de choyer un enfant comme Mujinga qui signifie la préférée en tshiluba ou l’élever sur un piédestal avec le nom de Ndona (princesse en kikongo) ou exalter l’Amour (Zola en kikongo ou Nanga et Dinanga en tshiluba) ou encore l’espoir ( Luzolo en kikongo) ou d’autres qualités comme la force, la vaillance, la vertu…

Malheureusement, le nom peut également être l’expression de l’histoire des déboires d’une famille comme l’atteste le nom de Mampasi au Kongo Central ou Mateso à l’Est du pays. La prise de conscience de l’impact que peut avoir le nom sur la vie d’une personne a conduit beaucoup de ses porteurs à s’en délester.

 Le nom peut aussi se donner pour des raisons d’intérêt : un employé ou un voisin peut ainsi attribuer à un de ses enfants le nom de son patron ou de son chef ou du voisin sous des prétextes d’amitiés ou de sympathie mais qui n’empêche pas de faire jaser l’entourage suspectant des raisons inavouées.

Cependant les motivations basiques du nom sont généralement liées aux circonstances de venue au monde d’une personne. Il peut s’agir de la position hiérarchique au sein de la famille comme par exemple le nom de Paluku ou encore de Nzanzu attribué au premier garçon né chez les Nandé du Nord-Kivu, les suivants ayant aussi leur propre identification. Il peut être aussi question de sexe où la distinction s’opère entre fille selon l’ordre d’arrivée, de la position de sortie du corps à la naissance, de la période ou des circonstances de la venue au monde…. C’est dire en somme que le nom relève d’une classification bien établie par la nature et la société et s’impose de luimême à son porteur. Dans cette configuration, le nom des jumeaux revêt une importance capitale chez pratiquement tous les peuples du Congo qui leur a donné, à chacun, une identité spécifique : Nsimba et Nzuzi ( Bakongos), l’aîné  et le suivant, peu importe le sexe ; Mbuyi et Kanku ( Balubas du Kasaï) ; Nguru et Ndovya ( Nandé) ; Kyungu et Kabange ( Balubakats) ; Mboyo et Boketshu (Mongos) ; Ngoy et Mukonkole (Basongyes), Omba et Shako (Tetelas), Maboso et Mangongo Mbuzas), Cikuru et Cito (Bashis), Kakuru et Katoto (Bahunde), Nguru et Kakuru ( Nande), Embo et Empi (Ambuun), Mbo et Mpia (Basakatas et Sengele), Pi et Mbou (Bambalas)…

Il est à noter que ces appellations valent également pour les triplés ou les quadruplés et autres dont les suivants ont également un nom propre. Ainsi, le troisième né d’un même accouchement est appelé Katumwa (littéralement celui qui bénéficie du privilège de ne pas être commissionné, tellement il est choyé !) chez les Bakongos, Katuma chez les Balubas et Kambungu chez les Bayakas.

 Dans l’entretemps, l’enfant qui naît d’un prochain enfantement gémellaire, porte aussi un nom qui le situe de manière particulière dans la fratrie : (N)’Landu (Bakongos), Mfutila (Bayakas), Kabanga (Balubas), Tsita ( Bahunde), Ciza ( Bashi), Kitsa ( Nandes)…

Néanmoins, il convient de préciser que certaines personnes peuvent porter les noms décrits ci-haut sans le mériter par la naissance, mais tout simplement par héritage d’un géniteur ou d’une personne qu’on a voulu honorer. Dans cette configuration familiale inhabituelle, les enfants ne sont pas les seuls à se démarquer par leur désignation. Il en va à l’identique des parents où le parent, fier de son exploit, peut se coller le nom approprié, Shambuyi pour le père et Muambuyi pour la mère des jumeaux chez les Balubas.

 Nouvelle culture

Avec l’ouverture au monde, le Congo est toutefois de plus en plus soumis à une nouvelle culture. Celle-ci a tendance à rejeter les noms traditionnels. Bien que rare, ce phénomène peut atteindre le nom de famille d’origine pour diverses raisons, notamment pour échapper à toute la négativité de la spiritualité ancestrale qui lui est rattachée. Pour le restant, la liberté de choix du prénom ou du postnom est plus large.

Pour ce qui concerne le postnom, à moins de maintenir des affinités favorables à l’égard d’un ascendant, la propension à refuser d’hériter d’une désignation pour rendre hommage est systématique. Cette culture fait alors preuve d’une imagination débordante. L’option porte à priori sur des noms chrétiens, non pas ceux traditionnels du calendrier catholique mais par des nouveaux prénoms sous forme de contraction des termes bibliques aux accents parfois carrément détonants comme Glodi (Gloire de Dieu), Plamedi ( Plan merveilleux de Dieu) ou même parfois au goût douteux comme Merdi ( Merveille de Dieu). D’autres encore exigent un diminutif du fait de leur longueur comme ADUP pour Amour du Prochain.

 Devant cet acharnement à toujours vouloir plus de chrétienté, dans l’espoir de bénéficier de dividendes divins, certains prénoms sont préférés à d’autres contrairement à toute logique : être appelé Chadrack et nettement plus valorisant que Daniel dont la préséance aux yeux de Dieu lui est pourtant acquise.

Dans cette nouvelle culture, l’inspiration n’a pas de limite. Elle s’exprime aussi par la contraction des prénoms des conjoints donnés à leur enfant, témoignage de l’unicité de leur amour à son summum. Avec parfois le risque que cela tourne court à la suite de la séparation ! Un autre constat porte sur l’adoption comme prénom … du nom d’une personne : régulièrement, des personnes ont comme prénom Reagan, Mitterrand, Giscard, Giresse…. Un peu comme si un jour on apprenait qu’un Français ait pour prénom Tshisekedi ! 

 Noël NTETE

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