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Politique

Jeanine Mabunda Lioko, femme d’Exception !

Le 24 avril 2019, la République Démocratique du Congo a écrit en lettres d’or une page de son histoire avec l’élection de Jeanine Mabunda Lioko Mudiayi à la tête du Bureau de l’Assemblée nationale, première femme congolaise à accéder, par vote, à cette citadelle imprenable que la gent féminine abordait avec effroi jusque-là.

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Photo: Shutterstock

Avec 375 voix favorables, Jeanine Mabunda a atteint un score impressionnant pour occuper la tête de la Chambre basse du Parlement. Des statistiques exceptionnelles pour une femme d’exception. Depuis la démocratisation de la RDC avec l’organisation des élections générales, aucune femme n’avait occupé un poste de si haut niveau, devenant la deuxième personnalité du pays en termes de préséance et la troisième derrière le Président du Sénat, en cas de succession à la tête de l’Etat.

D’aucuns relèvent le nom de Philomène Omatuku Atshakawo Akatshi, qui a été membre influente de la fameuse ACL-PT (Assemblée Constituante Législative- Parlement de transition) de l’époque de Laurent-Désiré Kabila avant d’en devenir respectivement Présidente intérimaire puis Présidente entre février et août 2003. Cependant, depuis la démocratisation du jeu politique congolais avec l’organisation des élections générales, voire depuis l’indépendance de ce pays en 1960, aucune femme n’avait dirigé la Chambre basse du Parlement congolais.

Le soutien indéfectible de ses pairs !
Muasi a tongaka mboka te (ndlr : une femme ne peut bâtir une Nation), voilà une boutade de la tradition orale congolaise qui a accompagné la stigmatisation de la femme, la réduisant ainsi à une subalterne naturelle de l’homme. Et lorsqu’une femme sort la tête de l’eau, cette assertion tend à se renforcer davantage pour souligner l’exception.
L’histoire a été changée en faveur de Jeanine Mabunda. Sa désignation par Joseph Kabila, Président sortant de la RDC et Autorité morale de la plus grande plateforme électorale du pays le Front Commun pour le Congo (FCC), actée, c’est toute la gent masculine composée des plus caciques à l’exemple de Ramazani Shadary, Mwilanya Wilondja ou encore Minaku Ndjalandjoko qui ont accompagné la candidature de cette femme d’exception. Pour lier leur volonté à l’action, ils se sont activés à faire de cette candidature, l’unique au poste de Speaker de la Chambre basse et ont tous effectué le déplacement du Palais du Peuple, le jour du vote pour contribuer à l’écriture d’une nouvelle histoire politique au pays de Lumumba.

Une reconnaissance, mieux une consécration de l’intelligence, de l’intégrité et du leadership féminins qu’incarne l’Honorable Jeanine Mabunda Lioko dont le patronyme reste à ce jour, intimement lié aux valeurs.

« « Je réitère mes vives félicitations à Jeanine Mabunda Lioko Mudiayi qui est une femme non seulement dynamique mais aussi intelligente ; elle incarne le visage de l’alternance et est parmi les femmes qui font la fierté de la Nation ».. »

L’histoire a été changée en faveur de Jeanine Mabunda. Sa désignation par Joseph Kabila, Président sortant de la RDC et Autorité morale de la plus grande plateforme électorale du pays le Front Commun pour le Congo (FCC), actée, c’est toute la gent masculine composée des plus caciques à l’exemple de Ramazani Shadary, Mwilanya Wilondja ou encore Minaku Ndjalandjoko qui ont accompagné la candidature de cette femme d’exception. Pour lier leur volonté à l’action, ils se sont activés à faire de cette candidature, l’unique au poste de Speaker de la Chambre basse et ont tous effectué le déplacement du Palais du Peuple, le jour du vote pour contribuer à l’écriture d’une nouvelle histoire politique au pays de Lumumba.

Une reconnaissance, mieux une consécration de l’intelligence, de l’intégrité et du leadership féminins qu’incarne l’Honorable Jeanine Mabunda Lioko dont le patronyme reste à ce jour, intimement lié aux valeurs.

Modèle de leadership !
Dans un pays en quête de leadership féminin et fortement tourné vers l’émancipation de la femme et l’égalité des genres, des femmes qui sortent de l’ordinaire se comptent sur les doigts d’une main. Cela, suite à la discrimination sur le sexe féminin, émanant des idées séculaires selon lesquelles la femme manque d’étoffe pour des hautes responsabilités et la confinent aux taches ménagères
Une tendance que Jeanine Mabunda est déterminée à changer. Et pour ce faire, la Présidente de l’Assemblée nationale a jugé impérieux de commencer à la base : les élèves, et particulièrement les jeunes filles ! Le 24 mai 2019, une centaine d’élèves, filles et garçons, ont pris d’assaut le siège de l’Assemblée nationale. Ils proviennent du Lycée Motema Mpiko, de l’Athénée de Lingwala, de l’école Académia et du Lycée Kabambare et ont goûté aux saveurs insoupçonnées des plénières de la Chambre Basse sur invitation de sa Présidente.

Loin d’être un show ou une simple visite, cette sorte de classe promenade joue un rôle de conditionnement dans le chef de ces élèves d’aujourd’hui, cadres du Congo de demain pour qui l’image de l’Honorable Mabunda restera, assurément, à jamais gravée dans leurs esprits comme modèle de leadership. “Faire du Palais du Peuple “la Maison du Peuple” J’étais très contente de recevoir les élèves de quelques écoles de Kinshasa pour parler du rôle de l’hémicycle et des parlementaires dans le but de renforcer ce lien de proximité et surtout d’écoute” tel était le but de la Présidente de l’Assemblée nationale.

A l’exemple de Bill Clinton, ce célèbre Président américain, dont la destinée a été changée lorsqu’il a salué, à l’occasion d’une classe promenade, le Président Kennedy.

De manière particulière, les jeunes filles ayant assisté à cette plénière auront été témoins oculaires des capacités féminines à diriger un espace majoritairement, voire traditionnellement masculin.

De multiples ovations, des applaudissements nourris et chaleureux, des élèves admiratifs et émus — presqu’aux larmes — qui font la queue pour une photo ou une poignée de main.

Elles ont désormais un exemple miroir, une jurisprudence pour briser tous les plafonds de verre que la société congolaise a imposés dans le but de limiter leurs champs d’actions à des travaux ménagers ou de faible portée.

Briser les plafonds de verre !
Le 29 août dernier, Madame Mabunda Lioko a octroyé une vingtaine des bourses d’études à quelques étudiantes membres de sa formation politique, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). Dans son allocution, elle est revenue sur la nécessité de voir les femmes embrasser la politique congolaise : « Il est temps que la femme congolaise s’intéresse à la politique et choisisse un parti pour y oeuvrer ». C’est dans cette perspective que la Présidente de l’Assemblée nationale a jugé nécessaire de former la classe féminine montante de son parti en lui permettant de poursuivre un cursus universitaire dans les établissements nationaux.

Il convient de relever que la Présidente de la Chambre Basse du Parlement congolais figure parmi les cadres triés sur le volet ; un coup d’oeil à son curriculum vitae très fourni, permet contempler avec admiration le parcours brillant de cette élue de Bumba dans la Province de la Mongala. Plusieurs fois diplômée d’Universités (ndlr : Université Catholique de Louvain et de l’Institut Catholique de Hautes Etudes Commerciales), elle a travaillé dans le secteur bancaire dès 1998 à la City Bank avant de gérer la direction commerciale d’African Systems entre 1993 et 1995. Elle sera plus tard, contactée pour devenir un(e) des conseillers du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo entre 1997 et le début des années 2000. En 2002, elle deviendra la première femme à diriger le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) jusqu’en 2007 lorsqu’elle entre par la grande porte au sein du Gouvernement Gizenga I, comme Ministre du Portefeuille, à l’issue du premier cycle électoral démocratique, libre et transparent organisé en 2006. C’est notamment grâce à elle que les entreprises du Portefeuille vont subir de grandes réformes et des transformations notables.

Elue deux fois députée nationale, en 2011 et 2018, celle qui détient la police de débats à l’Assemblée nationale ne fait pas dans la demi-mesure. Jeanine Mabunda charme par son éloquence, son intelligence, son courage et son humilité.

Faire de la Femme un agent de développement de la RDC !
Le 1er mars est mondialement connu pour célébrer les droits de la femme, en République Démocratique du Congo, cette journée a offert l’occasion à la Présidente de l’Assemblée nationale de contacter quelques femmes fortes congolaises afin de préparer une activité d’envergure. Avec la Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères, Jeanine Mabunda a abordé des stratégies à mettre en oeuvre pour sensibiliser les femmes et les outiller afin qu’elles contribuent davantage à la transformation du pays et à s’approprier les plus grandes réformes entreprises.

Quelques jours plus tard, les femmes du Ministère des Affaires Etrangères invitaient la speaker de l’Assemblée nationale pour célébrer les droits de la Femme. Profitant de la tribune à elle offerte, l’Honorable Jeanine Mabunda a martelé sur les encouragements mutuels entre femmes : « Nous les femmes, nous devons faire la différence, nous avons les mêmes talents que nos collègues hommes, nous devons parfois le mériter un peu plus », a-t-elle précisé.

Il sied de rappeler à ce sujet que trois mois plus tôt, le 7 décembre 2019, sur invitation de la Ministre du Genre, Famille et Enfant, la Présidente de l’Assemblée nationale a échangé avec les femmes Ministres et Parlementaires de la RDC. Pour cette rencontre, l’Honorable Mabunda avait un message particulier : prôner l’autonomisation et l’égalité des sexes, tout en rappelant que point n’est besoin de considérer l’homme comme un adversaire dans cette lutte. Réussir à instaurer cette égalité des sexes peut faire de la République Démocratique du Congo un exemple dans la Région des Grands Lacs et sur le Continent.

Défenseur des femmes violentées !
Dans les années 2013, on dénombrait près de 15.000 cas de violences sexuelles (VS) en RDC. Nommée, en date du 8 juillet 2014, Représentant personnel du Chef de l’Etat chargé de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement d’enfant, Jeanine Mabunda a par son action multiforme permis une tendance à la baisse des cas de VS : de 15.000 cas en 2013, on est passé à 7.751 cas en 2015 et 1.734 cas en 2016, soit une baisse de près de 80 %. Sur 3.085 plaintes de viols enregistrées en 2016 par la justice civile et militaire, 839 décisions de condamnation ont été rendues, dont 225 par la justice militaire.

Parmi les actions menées durant son mandat, il y a lieu de rappeler notamment l’organisation des audiences foraines des cours et tribunaux dans les milieux ruraux. Avec la mise en oeuvre du plan d’action des FARDC en faveur de la lutte contre les VS, il y a eu la formation et la signature des actes d’engagement par 218 commandants, dont des généraux et des colonels ; la sensibilisation de 13.585 militaires, dont des recrues à Kitona ; l’amélioration de l’image de la RDC sur le plan régional dans la lutte contre les VS, d’où le choix du colonel Toussaint MUTANZINI de la RDC par les Nations Unies comme Procureur à la Cour spécial de la RCA.

Elle a en outre publié et présenté à Addis-Abeba les meilleures pratiques de la RDC en matière de lutte contre les VS à travers un bulletin de jurisprudence des arrêts de la Haute Cour Militaire de la RDC qui a connu la participation de hautes personnalités dont le Président de la République Gabonaise et de la CEEAC, Ali Bongo.

Une sollicitude maternelle naturelle !
Au sein de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda revêt plusieurs tuniques, entre autres celle de mère. Au mois de juin dernier, elle est montée au créneau pour dénoncer l’arrestation arbitraire d’un Député national de l’opposition, Jean-Jacques Mamba, accusé pour faux et usage de faux.

Dans le même élan, profitant de ses vacances parlementaires, elle a effectué le tour de quelques provinces du Congo afin de palper du doigt la réalité du terrain et des bases électorales des députés nationaux.

Lors de ce périple, à l’étape de Bukavu dans le Sud-Kivu, elle a fait savoir qu’elle est venue pour s’enquérir des problèmes que traverse la population.

“Nous sommes venu écouter les préoccupations de la population pour savoir ce qu’elle attend de nous, car c’est elle le patron de nous députés et nous avons le devoir de défendre ses intérêts pour qu’en fin nous nous rendions compte que cette population vit en toute quiétude», a révélé la Présidente de l’Assemblée nationale.

Une synergie naturelle qui fait de Jeanine Mabunda un leader incontesté dans l’aréopage politico social de la RDC et un modèle d’intégrité, d’abnégation et de sollicitude pour les femmes congolaises. C’est d’ailleurs à juste titre qu’en novembre 2019, elle a été nominée en première position des Femmes d’Influence pour l’année 2019, à la cinquième édition de « Génération Femme d’Influence ».

Laquelle reconnaissance a été également mise en lumière par le Président congolais Félix-Antoine Tshisekedi lors de son discours sur l’Etat de la Nation devant le Parlement réuni en Congrès. Devant les Députés Nationaux et Sénateurs, corps diplomatiques et invités prestigieux, le Chef de l’Etat déclarait : « Je réitère mes vives félicitations à Jeanine Mabunda Lioko Mudiayi qui est une femme non seulement dynamique mais aussi intelligente ; elle incarne le visage de l’alternance et est parmi les femmes qui font la fierté de la Nation ».
Pas meilleure consécration que celle-ci.

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Politique

POST-LÉGISLATIVES NATIONALES KAMERHE, SAMA BEMBA, BAHATI…LA BATAILLE POUR LES POSTES LANCÉE

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) est arrivée en tête des législatives nationales avec 69 sièges sur les 477 attribués. Elle est suivie de l’UNC et alliés de Vital Kamerhe qui rafle la deuxième place, lequel devance l’AFDC-A de Modeste Bahati, talonnée par le MLC de Jean-Pierre Bemba, tandis que la formation de Katumbi pourrait devenir la principale force d’opposition. Une bataille pour les postes se dessine déjà…

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A pres un retard de 11 jours par rapport à la date de publica – tion des ré s u l t a t s prévue au 03 janvier 2024, conformément au calendrier électoral de la CENI, le suspense a enfin été levé sur les noms des députés qui vont siéger à l’Assemblée nationale pour les 5 prochaines années. Sous réserve éventuelle de l’issue des recours. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’est acquittée de cette étape dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 janvier 2024 en rendant public les résultats provisoires des élections législatives du 20 décembre 2023. Finalement, après deux semaines d’attente, 23 000 candidats ont enfin connu leur sort.

Sans surprise, le parti présidentiel, l’UDPS, est arrivé en tête avec 69 des 477 sièges attribués sur les 500 que compte l’Assemblée nationale. Les 23 restants correspondent aux circonscriptions où le vote n’a pas pu avoir lieu à cause de l’insécurité, notamment dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Kwamouth. A ce lot, s’ajoutent les résultats de certains autres territoires où des suffrages ont été soit annulés, soit suspendus pour des raisons d’enquête.

Il s’agit par exemple de Masi-Manimba dans le Kwilu et de Yakoma, dans la province du Nord-Ubangi où des élections ont été invalidées. Quant à Bomongo et à Budjala, le décompte des scrutins a été stoppé pour cause d’investigation. A souligner que le Front commun pour le Congo (FCC), la coalition de l’ancien président Joseph Kabila, avait boycotté l’ensemble de ces scrutins. Martin Fayulu, classé troisième à la présidentielle, avait pour sa part boycotté les législatives. 

L’UDPS devra composer…

Le parti de Félix Tshisekedi, fraîchement réélu avec plus de 73 % des voix pour un second mandat, ne réunit pas à lui seul la majorité absolue. « même si on ajoute tous les autres partis satellites de l’UDPS », fait remarquer Ithiel Batumike, chercheur à Ebuteli, un institut congolais de recherche sur la politique et la sécurité.

Ce qui nécessite que l’UDPS compose avec d’autres alliés pour dégager la majorité au parlement. L’UNC et alliés de Vital Kamerhe a créé la sensation en raflant 39 sièges devant l’AFDC-A de Modeste Bahati (35 sièges) et le MLC de JeanPierre Bemba se pointe en quatrième position avec une faible moisson de 19 sièges. Ces forces pourraient faire la différence dans cette quête de majorité parlementaire en faveur de Félix Tshisekedi. 

Pour l’heure, seul Ensemble pour la République pourrait devenir la principale force d’opposition du pays, pour la première fois dans l’histoire de ce jeune parti créé en 2019. Le mouvement de Moïse Katumbi, arrivé second à l’élection présidentielle avec 18 % des voix, obtient une vingtaine de sièges et se classe neuvième sur 71 formations candidates aux législatives.

Un peu moins de la moitié d’entre elles n’ont pas atteint le seuil de voix nécessaire (1 %) et ne disposeront pas de mandataires. Parmi elles, l’Alliance des Congolais pour la refondation de la nation (ACRN), du Prix Nobel de la paix Denis Mukwege. Dans ces conditions, avec combien de partis Félix Tshisekedi devra-t-il faire alliance pour atteindre la majorité et ainsi nommer son futur gouvernement ? Les tractations avec les 44 formations politiques désormais représentées à l’Assemblée nationale ont commencé bien avant l’annonce des résultats. 

Kamerhe à la manœuvre… 

La période post-électorale suscite déjà des appétits au sein de l’Union sacrée de la Nation. L’heure est désormais au partage du butin après avoir permis à Félix Tshisekedi d’obtenir un second mandat à la magistrature suprême. C’est Vital Kamerhe, le félin, qui a lancé les hostilités en premier. Le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) a d’ores et déjà réussi à rassembler plus de 100 députés autour de lui, notamment des leaders d’autres formations et regroupements tels que Julien Paluku, Tony Kanku Shiku et Jean-Lucien Bussa pour la mise en place d’une nouvelle plateforme politique dénommée « Pacte pour un Congo Retrouvé (PCR) ». L’enjeu ? C’est autour des postes clés de la République, à savoir la primature, la présidence de l’Assemblée nationale ainsi que celle du Sénat que l’empoignade aura lieu. 

D’autres protagonistes dans la course… 

Après la sortie officielle de PCR de Vital Kamerhe, l’actuel Premier ministre refuse aussi de se tenir à carreau face aux appétits politiques de Vital Kamerhe et d’autres poids lourds de l’Union sacrée de la Nation. Ainsi, Jean-Michel Sama Lukonde est à la manœuvre pour le positionnement d’une plateforme in  titulée « Dynamique agissons et bâtissons (DAB) ». DAB réunirait 72 députés nationaux, plus de 100 députés provinciaux et conseillers communaux.

Plusieurs personnalités de l’actuelle majorité de l’Union sacrée en seraient membres, entre autres, la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka avec le regroupement A24, A25, AN ; les ministres Guy Loando et Muhindo Nzangi avec leurs formations politiques AREP et AVRP ; Godefroid Mayobo du Palu, Modeste Mutinga, John Tibasima, Jonathan Bialosuka, Dany Banza d’ACO, ainsi que l’ancien conseiller de Félix Tshisekedi, Jean-Claude Kabongo.

Parallèlement à cette démarche de Kamerhe et Sama Lukonde, Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, a rencontré l’actuel président du Sénat, Modeste Bahati, JeanPierre Bemba, vice-Premier ministre, ministre de la Défense ainsi que le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso. Une troisième méga plateforme pourraient naitre de ces trois membres du présidium de l’Union sacrée de la Nation.

 Heshima

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Nation

INVESTI LORS D’UNE CÉRÉMONIE HISTORIQUE TSHISEKEDI DÉVOILE LES PRIORITÉS DE SON NOUVEAU QUINQUENNAT

Le président réélu de la République démocratique du Congo a prêté serment le 20 janvier 2024 à Kinshasa pour un second mandat. Le chef de l’Etat congolais a, dans son speech, égrainé 6 objectifs prioritaires de ce nouveau quinquennat s’engageant à veiller à ce que les erreurs du passé ne se reproduisent plus.

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F élix Tshisekedi, brillamment réélu avec 73,47% des suffrages, a vu grand pour sa prestation de serment. L’homme a choisi le stade des Martyrs de la Pentecôte rempli au maximum de sa capacité de 80 000 places. Dixsept chefs d’Etat africains en fonction, quatre honoraires et des délégations de plusieurs dizaines d’autres pays y étaient présents, pour une cérémonie sous haute sécurité et très protocolaire, avec au rendez-vous fanfare, cavalerie et prières, le tout sous une très grande ovation.

Il s’agit des présidents du Burundi, du Kenya, de la République centrafricaine, du Gabon, de la République du Congo, de la Guinée Bissau, de la République d’Afrique du Sud, de l’Angola, du Tchad, de Sao Tomé et Principe, de Djibouti, du Malawi, du Zimbabwe, de la Zambie, du Sénégal, de la Gambie et du Ghana. 

Les présidents honoraires sont ceux du Kenya, de Madagascar, de la Tanzanie et du Nigéria. Pour des millions de Congolais qui ont suivi la cérémonie à distance, la chaine nationale (RTNC) a innové en filmant en direct le départ du président de la République depuis le Palais du Mont-Ngaliema, dans les hauteurs du camp Lieutenant-colonel Tshatshi, jusqu’au Palais du peuple où le chef de l’Etat a changé de véhicule, optant pour une Toyota décapotée escortée par la cavalerie.

 C’est avec une telle escorte sécurisée dans l’air notamment par des hélicoptères des forces spéciales que Félix Tshisekedi a fait son entrée solennelle au stade des Martyrs de la Pentecôte. « Je jure solennellement (…) de défendre la Constitution et les lois de la République, (…), de maintenir son indépendance et l’intégrité de son territoire », a déclaré devant les juges de la Cour constitutionnelle le président réélu, avant de recevoir les salutations des chefs coutumiers des 26 provinces du pays. « J’ai conscience de vos attentes », a-t-il enchaîné dans son discours d’investiture, faisant allusion notamment au chômage, au pouvoir d’achat, à la situation des jeunes, à la promotion des femmes tout comme des personnes vivant avec handicap et à la cohésion nationale.

6 objectifs prioritaires

Dans son allocution d’investiture, Félix Tshisekedi a esquissé les objectifs prioritaires de son nouveau mandat. Il est question de six axes, à savoir : créer plus d’emplois ; protéger le pouvoir d’achat des ménages en stabilisant le taux de change ; assurer avec efficacité la sécurité des populations et de leurs biens ; poursuivre la diversification de l’économie ; garantir plus d’accès aux services sociaux de base et renforcer l’efficacité des services publics. 

Par rapport à son expérience de cinq dernières années au pouvoir, Félix Tshisekedi semble avoir tiré les leçons qui peuvent l’aider à améliorer sa gouvernance actuelle. « Tirant les leçons de l’expérience passée et tenant en compte vos aspirations, je m’engage pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus », a-t-il promis.

Il a par ailleurs rendu hommage à ses alliés de l’Union sacrée de la Nation au sein de laquelle se trouve l’UDPS, son parti, et il a également adressé un clin d’œil aux candidats de l’opposition, promettant de veiller à ce que le rôle de cette dernière soit effectif lors de ce quinquennat, notamment avec la désignation de son Porte-parole telle que reconnue par la Constitution.

Le chef de l’Etat congolais a aussi épinglé les efforts fournis dans la sécurisation des populations et la défense de l’intégrité territoriale du pays mises à mal, selon lui, par les velléités obscures de certains États voisins, d’acteurs extérieurs ou internationaux avec une complicité « lâche » de certains Congolais.

« En effet, nonobstant votre vigilance, le sacrifice et la bravoure de nos vaillantes forces de sécurité et de défense, les menaces se veulent résilientes. Et pour beaucoup, alimentées par la trahison de certains Congolais qui, sans scrupule, sans la moindre considération humaine et patriotique, s’allient à l’ennemi pour faire couler le sang de leurs propres frères et sœurs Congolais », a-t-il fustigé. 

Félix Tshisekedi a aussi évoqué la préservation de la cohabitation sereine entre les peuples qui, selon lui, constituent un défi à relever pour sauvegarder la cohésion nationale qui ne peut se réaliser qu’au moyen du renouvellement et de la consolidation du « vouloir vivre collectif. Un vouloir vivre collectif où seront bannis les fléaux de la haine, du tribalisme, du clanisme et de toutes les antivaleurs qui aujourd’hui, minent le développement » du pays. 

Comparativement à sa première prestation de serment qui avait officiellement eu lieu le 24 janvier 2019 dans les jardins du Palais de la Nation, lorsqu’il succédait à Joseph Kabila (2001-2018), premier président réélu de la Troisième République, le cérémonial impressionnant du deuxième président réélu n’a pas manqué de s’inscrire dans la symbolique du chiffre 20 qui l’a accompagné tout au long du processus électoral, par celui porté pour sa candidature, la date du vote et enfin celui de son investiture.

Heshima

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Politique

Bataille présidentielle de 2023: CAMP KATUMBI LES QUELQUES PESANTEURS CONSTATÉES…

Le président d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi a fait de son mieux lors de la campagne électorale, malheureusement, les résultats n’ont pas été fameux au finish. Retour sur quelques éléments qui ont handicapé le principal challenger de Félix Tshisekedi.

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En s’organisant en vue de la présidentielle du 20 décembre 2023, l’Union sacrée de la nation n’a pas manqué de plonger l’opposition dans la distraction, Ensemble pour la République avec. Sa candidature ayant été rejetée en 2018, Moïse Katumbi ne se doutait de voir l’histoire se répéter. La loi que Noël Tshiani avait transmise au Parlement était pour lui une épée de Damoclès suspendue sur sa tête.

D’autre part, le manque de financement, mieux le financement des élections qui tombait à compte-gouttes, a fait planer le doute à un moment sur le respect du délai constitutionnel au point que n’importe qui, même lui, pouvait se mettre à spéculer sur l’effectivité de la tenue des élections. S’il faut considérer que le soutien des leaders politiques chevronnés et patrons des formations politiques ayant pignon sur rue représente une donne non négligeable, lui par contre en était dépourvu. Pourtant, c’est ce qui avait propulsé Martin Fayulu en 2018.

Ainsi donc, contrairement aux alliés de Félix Tshisekedi dont JeanPierre Bemba, Modeste Bahati, Vital Kamerhe… qui trainent derrière eux une longue expérience et dont les partis politiques figurent parmi les mieux implantés au Congo, les alliés de Moïse Katumbi se recherchent encore. D’ailleurs, trois d’entre eux sont encore des « blancs-becs » politiques et presque tous sont vierges de toute expérience présidentielle.

L’épouvantail des candidatures des étrangers

Certes aucune candidature n’a été rejetée au niveau de la CENI ou à la Cour constitutionnelle, mais, la campagne électorale a, à un moment, pris l’allure d’attaques personnelles. Non seulement que la polémique sur la nationalité de l’opposant Katumbi a, malheureusement, refait surface, jamais les Congolais ont autant été mis en garde lors d’une campagne électorale face aux candidatures soutenues par les étrangers, lesquels ont pour agenda le démembrement du Congo.

Selon plusieurs déclarations, le président d’Ensemble pour la République détiendrait un passeport zambien et au terrain municipal de Masina, à Kinshasa, Jean-Pierre Bemba a été plus que direct dans son interpellation sur cette allégation. « J’envoie un message à Moïse Katumbi, qu’il vienne dire au peuple congolais s’il est Zambien ou pas. On ne peutpas servir deux maîtres au sommet de l’Etat. Tu finiras par trahir l’un au profit de l’autre », avait-t-il déclaré. Répondant à une question sur les origines de son père, le président d’Ensemble a affirmé qu’il ne pouvait pas renier son père qui était grec-juif. D’autre part, l’image du Rwanda et de Paul Kagame que l’USN a collée sur certains candidats, dont Katumbi, a certainement causé un impact négatif dans l’opinion.

Surtout quand on sait que, pour la majorité des Congolais, Paul Kagame est le diable en personne. Dans un autre registre, certains analystes n’apprécient pas le fait que Moïse Katumbi ait dépensé beaucoup d’argent notamment dans la presse étrangère, particulièrement française. La majorité de ces médias l’ont beaucoup défendu, qualifiant parfois Tshisekedi d’idéaliste qui voulait transformer la RDC en pays de rêve, et Martin Fayulu d’intransigeant.

Une opposition de chacun pour soi

Le manque de consensus autour d’une candidature unique de l’opposition a desservi les opposants en général et Moïse Katumbi en particulier qui était considéré comme le principal challenger de Félix Tshisekedi, lui qui avait porté la candidature de Martin Fayulu en 2018. Les discussions autour de la candidature commune, entamées à Pretoria en Afrique du Sud, dirigées par l’ONG In Transformation Initiative (ITI) n’étaient qu’un vaste passetemps, les uns et les autres n’ayant pas été sincères. On ne sait évaluer ce que les alliés de Katumbi lui ont apporté en termes de suffrage.

Grand homme d’affaires, dirigeant du Tout-Puissant Mazembe, Katumbi Chapwe s’est réellement investi dans sa campagne, mais, selon les tendances données par la CENI, son influence s’est limitée au niveau de quelques provinces, à savoir le Maniema, le Haut-Katanga, le Haut-Lomami, Tanganyika et le Lualaba, tandis que Martin Fayulu était en tête seulement dans le Kwilu. Partout ailleurs c’était Félix Tshisekedi qui menait.

HESHIMA

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