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Interview

Jules Alingete : « …je ne suis pas dans les 138 millions, je suis dans les 43 millions prélevés par BGFI BANK dans les comptes de la BCC »

Au vue de l’actualité, l’Inspecteur Général des Finances chef de service, Jules Alingete Key, a accordé une interview exclusive au Magazine HESHIMA, par le biais du micro de Thierry KAMBUNDI de la Radio Top Congo FM.

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La famille de l’ancien Président Joseph Kabila est accusée de détournement de 138 millions de dollars des caisses de l’Etat, avec la complicité de la banque BGFI-RDC. Cette enquête internationale menée par 19 médias internationaux vous cite comme personne ressource ou, en tout cas, s’est appuyée sur un rapport de l’IGF. Confirmez-vous les conclusions de cette enquête ?

Cet ensemble de medias qui a mené ces investigations avait envoyé des questionnaires à un certain nombre de services d’autorité dont l’Inspection Générale des Finances  a reçu près de 40 questions auxquelles il fallait répondre. Ces questions tournaient essentiellement autour de la BGFI BANK, c’est-à-dire dans cette enquête ils voulaient savoir ce qui s’est passé avec les 43 millions de dollars de l’affaire BGFI-EGAL.

Est-ce l’affaire que l’IGF avait révélée en mai dernier ?

Oui, l’IGF l’a révélé et elle est connue d’ailleurs de tous. Ils voulaient également savoir qu’est-ce qui s’est passé dans les contrats de péage sur la nationale N°1 Kinshasa-Moanda, sur Kasumbalesa-Lubumbashi et Lubumbashi-Kolwezi. Les enquêteurs ont également posé des questions sur les avances fiscales faites par la Gécamines au Trésor Public. Voilà les 3 questions essentielles qu’ils ont posées dans leur questionnaire et l’Inspection Générale des Finances a fourni les réponses en fonction des informations…

Vous leur avez fourni tous les détails dont ils avaient besoin ?

Oui, parce qu’ils ont dit clairement que l’Inspection Générale des Finances a répondu à toutes leurs préoccupations. Nous avions eu une concertation avec des services concernés dans la lutte contre la corruption et le détournement, donc nous avions répondu. En ce qui concerne l’affaire BGFI, nous avions clairement répondu que l’Inspection Générale des Finances avait enquêté sur cette affaire des présumés financements de la Société EGAL sur les fonds de la Banque Centrale du Congo. Nous sommes arrivés à découvrir que la BGFI BANK avait pris 43 millions de dollars dans le compte de la Banque Centrale du Congo et nous n’avions pas pu établir un ordre quelconque qui avait été donné par une autorité de la Banque centrale. Donc, nous avions pu comprendre que BGFI a fait cela de son propre chef et après plusieurs réunions de concertation avec BGFI, cette banque a reconnu les faits et a même proposé qu’il y ait un remboursement échelonné de ce montant de 43 millions.

Donc, à l’issue de nos échanges avec BGFI, EGAL, on a découvert que le ministère des Finances et beaucoup d’autres personnes étaient impliqués dans ça. Nous avions mis la société EGAL hors cause parce que la BGFI a reconnu d’avoir pris cet argent et n’a pas pu nous prouver et que cet argent a été versé à la Société EGAL. Voilà pourquoi nous avons responsabilisé la BGFI qui a accepté et qui, au moment où nous parlons, est en train de négocier les modalités de remboursement de ces 43 millions de dollars revenant à la Banque Centrale. Les restes sont des propos de ces enquêteurs qui n’engagent qu’eux-mêmes.

Vous ne vous reconnaissez-pas dans ce rapport alors que vous leur avez fourni tous les éléments ?

Ce que nous reconnaissons est que nous avons bien affirmé suivant des rapports de l’Inspection Générale des Finances que la BGFI BANK a pris 43 millions de dollars du compte de la Banque Centrale sans qu’il y ait autorisation de la Banque Centrale du Congo et sans qu’il y ait contrepartie. Par conséquent, la BGFI était obligée de restituer ces fonds. Sur ce terrain-là, la BGFI ne nous a pas contredits. Sur plusieurs fronts, nous avions eu plusieurs réunions au ministère des Finances, à la Banque Centrale, à l’Inspection Générale des Finances et même à la Justice. Toutes les parties y compris la BGFI, nous nous sommes mises d’accord que celle-ci restitue les 43 millions de dollars. Nous sommes maintenant au niveau de définir les modalités pratiques de restitution de cet argent.

Est-ce que vous trouvez normal que pour des révélations comme ça, les ONG et les médias internationaux fassent des révélations aussi graves alors qu’il y a des services de l’Etat comme l’IGF qui pouvaient mener des enquêtes et aboutir à des tels résultats ?

Mais l’Inspection Générale des Finances a mené ces enquêtes depuis le début de l’année. Pour nous, ce n’est pas une surprise.

Vous vous êtes limités aux 43 millions de dollars de la BGFI, mais vous n’êtes pas allé au-delà. Là on parle d’un réseau bien organisé, selon les enquêteurs, autour de l’ancien Président de la République qui a siphonné un montant ci-important ?

Nous n’avons pas les mêmes informations avec les enquêteurs. Je ne sais pas quelle est leur source d’informations. Ce dont on a eu à faire c’est d’identifier un problème de 43 millions de dollars avec la BGFI et celle-ci a reconnu et on est en train d’examiner avec la justice, le ministère des Finances et la BGFI elle-même sur les modalités de restitution de ces fonds. Les restes sont leurs informations, ils savent où ils les ont obtenu. Moi je ne suis pas dans les 138 millions, je suis dans les 43 millions prélevés par BGFI BANK dans les comptes de la Banque Centrale du Congo et elle s’est engagée à restituer. 

Propos recueillis par THIERRY KAMBUNDI

Interview

Exclusif: Godé MPOY donne les raisons de son accoutrement Excentrique

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HM: il y a une question qui taraude l’esprit de plusieurs Congolais, c’est votre accoutrement. Aujourd’hui, chaque dimanche, une des vos photos fait le tour des réseaux sociaux, qu’est-ce que cela vous fait ?

Ce n’est pas moi qui envoie [la photo]. Je suis surpris. On m’en a parlé. Il semble que c’est chaque dimanche. En fait, qu’est-ce qui s’est passé exactement ? Vous devez le savoir, la lutte contre la corruption en RDC, c’est moi qui l’ai commencée. Quand j’ai commencé à traquer les bandits qui prenaient les biens de l’Etat au niveau de la ville de Kinshasa, ces gens là, ils ont recruté quelques personnes de votre confrérie. Ils m’ont piqué deux ou trois députés ici, ils avaient fait bloc.

 Ils avaient coalisé avec comme objectif : me démolir dans les médias. Et pourtant, la plupart de ces gens là m’ont suivi dans les médias. Et comme ils ne trouvaient rien, il fallait toujours inventer des choses contre moi. Ils cherchaient à m’opposer avec certaines autorités de la République : «Quand vous le laissez s’habiller comme ça, quand il entre, toute l’attention est tournée vers lui ». Mais il s’est fait que, d’après ce qu’on me dit, 70 % sont pour [cet accoutrement, rire] et vous qui êtes contre, vous êtes minoritaires. Alors au lieu de penser me desservir, cela est devenu [positif, Ndlr]. Il y a de cela deux semaines, je n’étais pas ici à Kinshasa. A peine réveillé à 9 heures, je vois une autorité de la ville qui m’envoie un texto « mais aujourd’hui il n’y a pas de photo ? » Alors maintenant, au niveau de notre église, il y a des gens d’abord qui savent que moi j’ai grandi comme ça.

Ils se sont dits bon, comme ils veulent attaquer notre pasteur, nous allons les aider. C’est ainsi que chaque dimanche, quand je viens pendant que je prêche, ils prennent des photos et ils balancent ! Et c’est devenu une habitude. Et là, je voulais vous dire qu’en le faisant, je ne viole ni la constitution encore moins la législation de la RDC. Au pays, il n’y a aucun texte qui impose des couleurs aux dirigeants que nous sommes. Et sur le plan technique, l’accoutrement obéit à certaines conditionnalités. Il obéit aux conditions climatiques, raciales et aux conditions culturelles. Si les blancs là sont tout le temps en noir, c’est parce qu’il y a de l’harmonie entre la peau et les habits. Mais nous là, nous sommes en Afrique. Moi si je mets du noir, vous n’allez voir que mes dents. […] Et le Congo fait le mimétisme tragique. Ils sont tous en noir. Alors les Blancs, je disais que s’ils mettent du noir, ça va avec leur peau et c’est beau. Mais ces Africains-là ? Maintenant, sur le plan climatique, les habits noirs ont tendance à receler la chaleur.

Mais avec cette chaleur, je vais me mettre en noir pour gagner quoi ? (…) Ce sont eux qui ne connaissent pas. Et comme nous sommes dans un environnement du faux, je vous dis que le malheur de ceux qui se réveillent très tôt, c’est de n’avoir comme interlocuteur que des oiseaux.

Donc, eux qui ne connaissent pas, ils veulent m’imposer leur accoutrement. Mais je suis très heureux parce que maintenant je fais des émules. Et nous sommes dans la « GodéMpoysation » (rire…). Le président Kadhafi s’habillait en couleur et il semble que c’était l’un des meilleurs présidents…

HM: Est-il possible, comme l’a dit l’IGF, d’atteindre 1 milliard de dollars des recettes par mois alors qu’on en est à 800 millions aujourd’hui ? Si oui, comment ?

Oui, on peut même aller au-delà avec le code minier actuel et la relance économique. Il faut endiguer véritablement la fraude. Pour ce faire, il faut  mettre l’ANR dans le coup. Parce que si l’ANR traque et ceux qui contrôlent et ceux qui sont contrôlés, le chef de l’Etat aura beaucoup d’informations sur l’état de la fraude dans notre pays. Il faut aussi penser aux conditions dans lesquelles ces services de mobilisation des recettes travaillent. Ça ne devait pas s’arrêter à l’IGF, mais on doit aussi réhabiliter la Cour des comptes…

HM:  À qui attribuez-vous la stabilité du Franc Congolais qui s’observe ces derniers mois. Aux efforts du gouvernement ou aux appuis du FMI ?

Non, la stabilité monétaire, c’est le président de la République. C’est lui seul ! Contrairement à ce qui se raconte, nous étions en rupture avec le FMI depuis 10 ans. C’est grâce au chef de l’Etat que nous sommes rentrés en programme avec le FMI. Donc, il est le seul…

Objectivement, cette stabilité c’est le chef de l’Etat. Si lui n’avait pas imprimé cette discipline qui a rassuré le FMI, le Franc allait continuer à s’effriter au jour le jour… C’est ça la cause majuscule de la stabilité du Franc congolais.

HM: Quelles sont les perspectives d’avenir pour l’Assemblée provinciale de Kinshasa en 2022 ?

Bon, là ce n’est pas le président seul qui décide. 15 jours avant la session de mars, nous allons convoquer la conférence des présidents. C’est cette conférence qui va statuer sur le calendrier de l’année. Mais je crois que, Dieu aidant, si nous sommes toujours là, nous allons continuer le travail d’assainissement. Et nous allons nous impliquer même pendant ces vacances, nous allons nous battre pour que l’opération « Zéro trou » puisse évoluer au rythme que nous souhaitons parce que notre souci est que les Kinoises et Kinois, au moins ceux qui sont sérieux, disent que nous n’avons pas perdu nos voix en désignant ce genre de personnes.

 Bon, là ce n’est pas le président seul qui décide. 15 jours avant la session de mars, nous allons convoquer la conférence des présidents. C’est cette conférence qui va statuer sur le calendrier de l’année. Mais je crois que, Dieu aidant, si nous sommes toujours là, nous allons continuer le travail d’assainissement. Et nous allons nous impliquer même pendant ces vacances, nous allons nous battre pour que l’opération « Zéro trou » puisse évoluer au rythme que nous souhaitons parce que notre souci est que les Kinoises et Kinois, au moins ceux qui sont sérieux, disent que nous n’avons pas perdu nos voix en désignant ce genre de personnes.

Mais je dois vous rassurer que l’Assemblée provinciale joue un grand rôle dans tout ce qui est en train de se faire au niveau de la ville. L’exécutif n’est pas seul, nous l’accompagnons. Et notre victoire est une victoire commune. Ce qui est bizarre, c’est que quand ça ne marche pas on dit que le président [de l’Assemblée provinciale] protège le gouverneur, quand ça marche on ne veut pas qu’on dise que c’est grâce au président. C’est injuste (…)

Propos recueillis par Heshima Magazine

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Interview

INTERVIEW EXCLUSIVE :Claude IBALANKY EKOLOMBA Coordonnateur du Comité Exécutif du Mécanisme National du Suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba

Le MNS ‘‘ a élaboré le projet de Programme de pacification et stabilisation de l’Est de la RDC et de la Région ’’.

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HM: Actualité oblige. Le sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement des pays signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba prévu, après plusieurs reports, le 08 décembre prochain, a de nouveau été repoussé. Quelle est la situation à ce jour ?

IBALANKY EKOLOMBA Claude : Effectivement, après des reports du Sommet en 2019 dûs à l’attente de la mise en place du nouveau Gouvernement issu de l’alternance démocratique pour marquer ce grand événement, en 2020 suite à la pandémie de Covid-19, en 2021 à cause de cette épidémie et de l’impératif d’harmoniser les agendas aux niveaux sous-régional, régional et international, il s’est dégagé, avec l’accompagnement des Institutions garantes de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, un consensus sur la tenue de la Réunion de haut niveau des Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba le 24 février 2022 en mode hybride à Kinshasa. Cette date marque le neuvième anniversaire de la signature de l’Accord-cadre. Il sera donc symbolique pour donner un nouvel élan à la dynamique de la recherche de la paix et de la stabilité dans la Région menacée non plus seulement par les groupes armés locaux et étrangers mais aussi par le terrorisme islamiste qui ignore les frontières nationales.

HM: En quoi l’Accord-cadre d’Addis-Abeba est-il encore opportun plus de huit ans après sa signature ?

IEC: L’accord-cadre a été entériné par le Conseil de sécurité des Nations Unies par sa Résolution 2098 du 28 mars 2013. Depuis, le Conseil  de sécurité ne cesse d’affirmer que l’Accord-cadre est un outil essentiel pour une paix durable et la stabilité en RDC et dans la Région. C’est à ce titre qu’il examine annuellement la situation en RDC et dans la Région à la lumière de l’Accord-cadre. Il nous revient, malgré les faiblesses dudit Accord-cadre, d’en capitaliser les opportunités. N’oublions pas que, fondamentalement, l’Accord-cadre pose un problème : la stabilité de la Région est fonction du remodelage de la RDC appelée à jouer pleinement sa vocation d’Etat pivot. Il nous revient de nous interroger sur notre manière de répondre en tant que communauté de destin à cette responsabilité. Ceci reste d’actualité.

HM: De quoi le pays a-t-il bénéficié de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba huit ans après ?

IEC: L’Accord-cadre a immédiatement donné lieu à la création, à titre exceptionnel, par le Conseil de sécurité d’une Brigade d’intervention pour appuyer les Forces Armées de la RDC dans leurs efforts de neutralisation des groupes armés. L’armée a défait le M23. Cette victoire est très significative dans l’histoire de la RDC.

En outre, suite à l’Accord-cadre, il y a eu une forte mobilisation internationale sur la RDC. Ceci a aussi participé à renforcer la dynamique interne pour la tenue des élections en 2018.

 L’Accord-cadre demeure avant tout de portée infrastructurelle c’est-à-dire se situe au niveau du soubassement de réformes à engager et à poursuivre pour remodeler l’État et l’inscrire dans une normalité fonctionnelle qui participe de sa puissance. Ces réformes sont plurielles et concernent tous les secteurs de la vie nationale, y compris les Finances publiques qui enregistrent aujourd’hui un niveau d’assainissement sans précédent.

HM: Dans l’Est du pays, la situation sécuritaire demeure préoccupante. Des attaques attribuées au M23 n’attestent-elles pas la duplicité de certains pays voisins, signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba ?

IEC: Le M23 n’existe plus en tant que groupe armé. Nous sommes dans un processus de rapatriement des ex-combattants n’ayant pas commis des crimes. Ceux qui ont commis des crimes tentent des velléités déstabilisatrices vouées à l’échec. Sous l’impulsion du Président de la République, Son Excellence Monsieur Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, la diplomatie congolaise est dans une dynamique de rapprochement et de dialogue avec tous les pays de la Région en vue de résoudre les problèmes aux frontières communes. Les services de renseignement et de sécurité restent en alerte pour déjouer et faire subir la loi de la force à toute aventure de mauvais goût. C’est un processus qui devrait rassurer toute la Région de la nécessité de favoriser la coopération pour l’intérêt de tous et surtout des populations de tous les Etats.

Cette stratégie paie et fait avancer les efforts de paix dont les résultats seront plus perceptibles au fil du temps. Car, l’objectif n’est pas d’ordre conjoncturel mais plutôt structurel.

HM: A quand l’évaluation de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba évoquée par le Premier Ministre dans le Programme du Gouvernement soumis à l’Assemblée nationale ?

IEC: L’évaluation est un exercice normal de bonne gouvernance. Il convient de temps en temps de faire le point sur les avancées, les piétinements et les reculs pour voir comment rectifier les tirs et favoriser un progrès évident.

 Par ailleurs, il s’agit ici d’un accord international dont la philosophie suggère des convergences de vues et l’affermissement de la confiance entre les parties prenantes pour faire avancer le chantier de la paix et de la stabilité dans Région. Sur ce point, il faut souligner que les pratiques sortent du commun. Il convient de capitaliser les points positifs et, dans la diplomatie sécrète, de lutter contre les pesanteurs de partout pour maintenir la Région vers le cap de la coopération importante pour la paix, la sécurité et la stabilité en RDC et dans la Région. Ce travail est en cours et mérite d’être soutenu.

HM: Quelle est aujourd’hui l’impact de la conférence sur la paix et les investissements en RDC et dans la Région que vous aviez organisée en septembre 2019 à New York ?

IEC: Nous avons profité de la session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies pour faire la promotion du pays, parler des opportunités d’affaires dans le pays et mettre sur le tapis l’approche d’incitation économique de la paix. En effet, les jeunes gens s’enrôlent souvent dans les groupes armés faute d’alternative heureuse et non violente. Un des moyens pour lutter durablement contre l’insécurité est d’offrir à la population, surtout aux jeunes, les possibilités économiques d’épanouissement individuel et collectif. 

Nous avons réussi à attirer l’attention des investisseurs, dont certains sont venus au pays. Nous les avions orientés vers les services compétents pour les informer davantage et les soumettre aux formalités en vigueur. Concrètement, à ce stade, le Mécanisme National de Suivi n’intervient pas. A titre d’information, je puis vous rassurer qu’il est des investisseurs qui ont participé à cette Conférence de New York, et qui se sont implantés dans l’Est du pays. Je me réserve de citer ici leurs noms.

HM: Vous aviez également initié une Revue des élections de 2018. Quelle est la suite du travail réalisé jadis sur cette épineuse question ?

IEC: Nous avons présenté au Président de la République, et Président du Comité de pilotage du Mécanisme National de Suivi, le résultat de cette étude de diagnostic assortie d’une batterie de propositions sur les réformes électorales. Ce document pourrait être examiné par le Comité de pilotage dont dépend le Comité exécutif.

 HM: Quelles sont vos perspectives pour le Mécanisme National de Suivi ?

IEC: Le Comité exécutif du Mécanisme National de Suivi a élaboré le projet de Programme de pacification et stabilisation de l’Est de la République Démocratique du Congo et de la Région. Nous attendons son examen et son approbation par le Comité de pilotage pour renforcer la dynamique en cours pour la paix, la sécurité et la stabilité.

 Le Comité exécutif suit de très près le processus électoral, et entend jouer son rôle dans la promotion des objectifs de réconciliation nationale, de tolérance et de démocratisation constituant l’Engagement national 6 souscrit par le pays aux termes de l’Accord-cadre. Nous sommes dans la poursuite de notre travail de monitoring de la mise en œuvre des Engagements nationaux et de dialogue continu avec les partenaires régionaux et internationaux.

 Heshima Magazine

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Interview

IGF-Lambert Mende Omalanga: l’action de l’IGF doit être complétée par une action tout aussi déterminée au niveau des cours et tribunaux

… l’action de l’Inspection Générale des Finances doit être complétée par une action tout aussi déterminée au niveau des cours et tribunaux pour qu’on dépasse les 40% d’amélioration de ce qui est prévu comme recettes publiques…

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HM: Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez estimé nécessaire l’expertise de l’IGF ?

Nous avons décidé en Conseil d’administration de consulter l’expertise de l’Inspection Générale des Finances à côté d’autres expertises. Nous avons eu le conseil supérieur du Portefeuille, nous avons eu Madame la Ministre d’Etat en charge du Portefeuille, nous nous apprêtons à voir monsieur le ministre des Finances et naturellement l’Inspecteur Général des Finances qui défraye la chronique ces jours-ci par la rigueur de son travail, parce que nous sommes à l’aube d’un programme extrêmement ambitieux pour les Lignes Maritimes Congolaises qui consiste en l’acquisition de nouveaux moyens d’action, c’est-à-dire des navires. Parce que nous sommes une société de transport maritime, mais en même temps de collecte des droits de trafic maritime sur des ports de transit situés en dehors du territoire congolais. Jusqu’à présent, nous collectons les droits de trafic maritime uniquement dans les ports nationaux de Boma et Matadi, alors que la loi nous donne l’autorisation de collecter ces droits de trafic maritime sur tout le flux commercial à destination ou en provenance de la RDC même lorsqu’il passe par des ports de transit situés en territoire étranger. C’est pour cela que nous étions avec le Directeur Général et d’autres. Certains de nos experts ont été en mission dernièrement, à Mombasa, à DarEs-Salam ; avant cela nous avons été à Wavisbay en Namibie, nous avons été à Durban en Afrique du Sud, parce qu’il s’agit des ports qui donnent accès à nos populations, à nos opérateurs économiques qui sont situés dans la partie Est et Sud de notre pays. Donc, c’est un renouveau en termes d’encadrement des ressources de cette société qui appartient à 100% à l’Etat congolais, et pour lequel nous avons besoin de nous entourer de toutes les précautions en prenant des conseils avisés des experts comme l’Inspecteur Général des finances ou des ministres comme celle du Portefeuille qui représente l’Etat, actionnaire unique des Lignes Maritimes Congolaises ou d’autres ministres comme le Ministre des Finances.

HM: Vous avez également parlé des performances de votre équipe. Quelle est la ligne de démarcation entre le résultat des performances de votre équipe et le travail de l’IGF ?

  Naturellement, nous avons un personnel que nous avons trouvé puisque nous sommes là depuis le mois de Juin 2020. Nous avons trouvé un personnel qui est là puisqu’il n’y a que le Conseil d’Administration qui a été changé. Nous avons trouvé des collègues qui travaillent, des Congolais, des compatriotes qui étaient plus ou moins immergés dans certaines pratiques pas toujours orthodoxes et nous avons senti l’impact du nouveau style de travail imprimé à l’Inspection Générale des Finances par Monsieur Alingete et par le Président de la République qui a donné à Monsieur Alingete les moyens de son action et qui ont fait que la peur du gendarme financier a pu se manifester à travers un peu plus de discipline dans la gestion, dans l’encadrement des finances de l’Etat. Il y a un lien presque direct, on va dire, entre cette amélioration de la santé financière de notre entreprise qui est une entreprise propriété de l’Etat et l’action de rigueur imposée par le style de l’Inspection Générale des Finances depuis quelques mois, depuis l’arrivée à la tête de l’Etat du président Felix-Antoine Tshisekedi qui a donné à ce service qui relève de la présidence les moyens de son action.

HM: Des audits, des missions de vérification et de contre-vérification produisent des fruits aujourd’hui. Comment expliquez-vous que les prédécesseurs de Jules Alingete n’aient pas pu obtenir les mêmes résultats ?

Tout est question de volonté politique. Je pense que les prédécesseurs de Monsieur Alingete n’ont pas peut-être bénéficié de cette forte volonté qui émanait de l’autorité suprême de l’Etat, la première institution à laquelle l’Inspecteur Générale des Finances est attachée, le président de la République. Peut-être qu’il n’y a pas eu ce souci de donner les moyens de son action à ce service qui est chargé d’imposer un peu plus d’orthodoxie dans la gestion des recettes de l’Etat, dans leur encadrement, dans leur collecte. Il y a plus aujourd’hui de volonté politique dans le chef du Président  Tshisekedi qui a trouvé en Monsieur Alingete une sorte d’oiseau rare auquel il a fait confiance et auquel il a donné les moyens juridiques et les moyens politiques de son action. Encore que cette action ne se termine pas à son niveau, il faut qu’il amène tout ceci devant les instances judiciaires qui doivent faire chacune leur part. Tout cela est un travail d’équipe, mais tout commence par la volonté politique du tuteur de l’Inspection Générale des Finances qu’est le Président de la République qui, à lui tout seul, est une institution, la première d’ailleurs de notre pays.

HM: Un dernier mot sur le travail de l’IGF Chef de Service Jules Alingete et quel serait, par rapport à vous, votre ressorti ou les perspectives à venir que devraient avoir l’IGF de manière générale ?

Je conseillerai à l’Inspection Générale des Finances de maintenir le cap. Je pense qu’il est suffisamment rare de voir des cadres congolais qui prennent au sérieux les responsabilités qui sont les leurs pour que nous puissions nous sentir, moi personnellement comme parlementaire, encouragés à lui dire de maintenir le cap, de poursuivre sur cette lancée. Parce que c’est de ça que nous avons besoin aujourd’hui. Des gens qui savent pourquoi ils sont à la tête d’un service comme celui-là et qui développent dans leur gestion quotidienne de ce service des principes de rigueur, des principes de non tolérance à l’égard de ces écarts que nous avons pris l’habitude de prendre avec les moyens financiers de l’Etat.

HM: Qu’est-ce qui aurait-pu être complété par rapport à son travail, par rapport à la justice, comment peut-on sanctionner davantage les conclusions de ces audits ?

Il y a des collègues au Parlement qui pensent de plus en plus à la création d’une sorte de Parquet financier au niveau de la République Démocratique du Congo. Je ne sais pas si nous en avons les moyens, mais je pense qu’au niveau des instances judiciaires, du conseil supérieur de la magistrature, il est temps que l’on puisse faire preuve d’un peu plus de dynamisme vis-à-vis des magistrats qui doivent donner suite aux rapports qui viennent d’un service comme l’Inspection Générale des Finances. Il ne peut que mettre à la disposition de nos magistrats les résultats de ses enquêtes et si ces résultats ne sont pas pleinement suivis des faits qui puissent décourager les mauvais gestionnaires, ce sera un peu de la peine perdue.

Je ne peux que souhaiter que le Conseil supérieur de la magistrature fasse preuve d’un peu plus de vélocité, un peu plus de sagacité dans les instructions qui sont données aux magistrats vis-à-vis de ces moyens de l’Etat qui étaient l’objet d’un coulage systématique puisqu’il n’y a pas de raison qu’aujourd’hui on puisse nous présenter un collectif budgétaire qui nous amène au cours d’un même exercice budgétaire 40% plus que nous avions voté auparavant. C’est que quelque part un coulage s’opérait, cela a été dénoncé dans le temps, mais sans suite significative. Pour l’instant je pense que l’action de l’Inspection Générale des Finances doit être complétée par une action tout aussi déterminée au niveau des cours et tribunaux pour qu’on dépasse les 40% d’amélioration de ce qui est prévu comme recettes publiques.

 Heshima Magazine

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