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Interview

l’IGF bénéficie de plus de 1 million de dollars de rétrocession des régies financières

…Qu’est-ce que ça vaut, si sur les 600 millions, le Gouvernement octroie à l’Inspection Générale des Finances 1 million de dollars pour motiver ses inspecteurs et fonctionnaires ?…

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Parlons maintenant des finances à l’IGF. Vous avez dit que vous faites le contrôle dans les entreprises et vous ne bénéficiez de rien sur cet argent mais c’est pour reconstruire le pays. Avez-vous des pourcentages ? J’ai lu l’Ordonnance présidentielle de septembre 2020 où le Chef de l’Etat dit que vous bénéficiez de 10% sur l’ensemble de rétrocessions payées aux administrations financières et 5% des résultats de vos missions en plus d’autres avantages, allocations ou primes.
Allant plus loin, j’ai lu un rapport de l’ODEP qui dit fin octobre 2021, l’IGF a bénéficié de 26 millions de dollars américains. Octobre 2022, l’IGF va bénéficier d’un fonds spécial d’intervention évalué à 35 millions de dollars américains.


Si vous ne m’aviez pas posé cette question, je n’aurais pas pu me réjouir et j’aurais trouvé que cette interview n’a servi à rien.

Ces chiffres sont-ils vrais ?


On va en arriver là. Vous savez, en ce qui concerne ces ONG que j’appelle « ONG politiques », je ne souhaiterais pas discuter avec eux en matière des choses qu’ils ne maitrisent pas. Je ne sais pas qui rédige ces rapports peut être des sociologues, les politologues, les historiens ou les géologues car je ne pense que ces personnes soient des experts en finances publiques. J’assume ce que je dis !
Pour votre information, jusqu’au moment où nous parlons, la rétrocession pour toutes les régies pour le mois de septembre n’est pas encore payée. Le dernier mois où les régies et l’Inspection Générale des Finances, avions bénéficié d’une rétrocession, était le mois d’août.
Quand ils parlent c’est juste pour alarmer les Congolais inutilement. Demandez aux régies, allez aux finances, allez à la Banque Centrale, le dernier mois de paie c’est le mois d’Août.
Deuxièmement, sachez qu’avant l’Ordonnance de 2020 qui octroie 10% des rétrocessions attribuées aux régies financières, nous avions une ordonnance qui nous donnait droit à 1% de l’ensemble des recettes budgétaires mobilisées. Le Président de la République a jugé important le 1% de l’ensemble des recettes budgétaires. 2020 étant la période de conjoncture suite à la crise sanitaire de la covid-19, il a modifié ses avantages nous concernant. Si vous suivez les coefficients, parce que c’est une matière technique, prenez le coefficient de rétrocession sur le nombre du personnel, vous remarquerez que nous sommes les moins rémunérés.
C’est-à-dire, à l’Inspection Générale des Finances, le coefficient de rapport entre la rétrocession et le nombre du personnel géré, par rapport à d’autres régies, nous sommes les moins rémunérés.

Cela vous donne-t-il le droit de toucher au-delà des millions ?


Oui, parce que nous sommes un service supérieur de contrôle. Deuxièmement, dans les services de contrôle, la prédation s’était beaucoup infiltrée. Beaucoup ignorent le rôle des services de contrôle. Allez aux Etats-Unis ou en France, partout où il y a des services de contrôle, vous verrez le budget des services de contrôle. Vous ne pouvez pas lutter contre le détournement ou la fraude si vous êtes des personnes exposées aux besoins primaires. Cette lutte sera nulle.

Pour que vous ne soyez pas exposés, on doit vous donner 35 millions ?


Non, ce n’est même pas 35 millions, ce sont des racontars. C’est eux qui ont écrit 35 millions. Nous avons 10% de la rétrocession accordée aux régies tous les mois. Les instructions budgétaires signées par le Ministre ayant le budget dans ses attributions précisent que 60% de ce montant est destiné à la motivation du personnel, 20% est destiné à l’investissement et les 20 derniers au fonctionnement.
Moi je suis appelé à appliquer les lois et règlements en matière des finances publiques. Si on me donnait X montant, je sais que 60% est destiné aux inspecteurs en termes de motivation, primes et autres avantages. Je ne verrais rien de mal pour les leur remettre afin de mieux travailler. Ce n’est pas seulement les inspecteurs, y compris le personnel administratif. 20% pour l’investissement et 20% pour le fonctionnement.
Ces ONG ont étonné, elles pensent que si par exemple par mois le Gouvernement donne 1.500.000 dollars, les 900.000 dollars sont destinés aux inspecteurs et le personnel, 300.000 dollars pour l’investissement.

Qu’avez-vous déjà investi ? Seulement l’amphithéâtre Felix TSHISEKEDI ?


Pour votre information, l’Inspection Générale des Finances, sur fonds propres, va ériger bientôt dans les tout prochains jours, un bâtiment de 7 niveaux. Nous sommes de ceux-là qui respectent les principes des finances publiques et les lois. Si on nous dit investissement, c’est investissement.
Les derniers 300.000 dollars sont destinés au fonctionnement de l’Inspection. Par fonctionnement, retenez ceci : à l’heure actuelle, nous avons 40 inspecteurs à l’intérieur du pays. Dans la province du Lualaba, à Lubumbashi, Boma et Matadi. C’est depuis le début de l’année. Pouvez-vous calculer par mois les frais de mission de ces 40 inspecteurs ? Vous verrez combien ça coûte. Calculez leurs logements, vous saurez combien ça coûte d’envoyer 40 inspecteurs à l’intérieur du pays pendant une année. Depuis le mois de janvier, on les alterne pour leur permettre de renouer avec leurs familles, ce sont des gens qui se sacrifient.
Les résultats qui vous réjouissent aujourd’hui sur l’augmentation des recettes, ne croyez pas que c’est un miracle. Nous ne sommes pas dans le domaine de miracle mais du travail. Il y a des gens qui ont laissé leurs familles pendant trois ou quatre mois, ils doivent être payés et logés.

Mais les militaires qui sont au front, eux aussi abandonnent leurs foyers, mais ils ne sont pas aussi cher payés que les inspecteurs ? Ne pensez-vous pas que vous êtes chèrement payés ? Vous pensez que 35 millions c’est rien, vous vouliez combien ?


Mais ce sont vos brailleurs qui parlent de 35 millions, pas moi.

C’est tout le monde qui se sacrifie dans ce pays, pourquoi ne pas baisser un peu ?


Je ne sais pas si vous tombez dans le piège des personnes qui ont détruit la fonction contrôle dans ce pays pour perpétuer la prédation. Vous voyez toutes les statistiques que vous aurez, toutes les révélations que vous aurez, la période la plus monstrueuse en termes de détournement c’est de 2010 à 2019. La fonction contrôle a été neutralisée pendant cette période.
Il y a des gens dans ce pays qui parlaient de la bonne gouvernance, où avez-vous une bonne gouvernance sans contrôle ? Ça n’existe nulle part dans le monde. La bonne gouvernance a comme un des piliers essentiels, le contrôle. Vous paralysez le contrôle, vous neutralisez les institutions de contrôle. L’IGF n’obtenait qu’une fois sur 12 mois les frais de service, pouviez-vous compter sur un tel service ? Qui manque des frais de mission ni des papiers ?
Nous avons trouvé ici des inspecteurs à qui on remettait un ordre de mission pour une mission à Lubumbashi, et on lui demande de trouver lui-même l’argent du billet et les frais de mission. Vous vous attendez à quoi ?
Aujourd’hui, le résultat que vous voyez, ce n’est pas un miracle. Si vous voulez avoir les résultats, il faut mettre en place les moyens.
Comme ils ont échoué dans leur campagne de distiller des mauvaises informations, des mauvaises définitions, nous leur avons recadré pour leur dire qu’ils ne savent pas ce que signifie le dépassement budgétaire, allez faire l’histoire ou la géographie. En ce qui concerne les finances publiques, vous ne les maitrisez pas. Comme ils ont perdu sur ce terrain scientifique, ils ont amené cela comme étant un problème de Jules Alingete.

Cela vous fait mal parce qu’ils ont sorti les chiffres que vous touchez ?


Ça ne me fait pas mal. Ne dites pas que c’est moi, c’est toute l’Inspection Générale des Finances et ce n’est pas assez.

Par rapport à quoi, ce n’est pas assez ? Par rapport au Congo, aux dépenses, aux salaires ?


Qu’est-ce que ça vaut par rapport à un travail que nous faisons avec les régies et les autres où aujourd’hui nous sommes passés de 300 millions à 500 ou 600 millions par mois.
Qu’est-ce que ça vaut, sur les 600 millions et que le Gouvernement donne à l’Inspection Générale des Finances 1 million de dollars pour motiver les inspecteurs et fonctionnaires ? Ce ne sont que des critiques des ONG politiques qui sont déboussolées dans leur campagne qu’ils avaient tenté d’orchestrer et qu’ils ont échoué. Je ne peux pas aller dans ces genres de débats. Pourquoi n’engagent-ils pas de débats sur les frais de fonctionnement des régies ? Connaissez-vous les frais de fonctionnement du FONER, de la SNEL ? Savez-vous ce que ça représente ? Qu’ils aillent vérifier et ils sauront. Ils ont tout simplement voulu distiller dans l’opinion…
Nous réclamons plus que ça. Le travail que l’Inspection Générale des Finances fait, à certains moments, vous n’aurez pas pu le faire. Non parce que vous n’êtes pas du domaine, mais à cause des risques à courir.
Savez-vous à qui nous avons affaire ?

Mais les soldats aussi se sacrifient mais ils gagnent moins de 100$ ?


Je ne dis pas que ce qu’on les paie est assez, non. C’est peu. Il faudrait même améliorer cela. C’est tout à fait normal car tous nous militons pour ça.
Je vais vous dire une chose, le travail que nous faisons de lutter contre les prédateurs, mobiliser les recettes, nous avons perdu nos vies privées. Le savez-vous ?
Une personne comme moi, je ne peux entrer dans un restaurant. Je n’ai pas une vie publique.

Pourquoi ? Etes-vous victimes de menaces de mort, d’empoisonnement ?


Non. Ce sont des précautions d’usage parce qu’il faut savoir qu’en matière de détournement, il y a toujours 20 personnes derrière puisque c’est une affaire de plusieurs personnes. Comme au Ministère de Culture et arts, combien ont bénéficié de ce détournement que moi je ne connais pas ?

Qui contrôle alors l’argent qu’on vous donne ? Les 1.500.000 dollars. Qui s’assure que les 20% est réellement le montant affecté dans l’investissement ? Qu’est-ce qui nous garantit que vous qui prêchez la bonne gouvernance l’appliquez réellement ici à l’IGF ?


Le Secrétaire général aux finances a affecté un comptable à l’Inspection Générale des Finances, c’est lui qui prend tous les fonds destinés à l’Inspection Générale des Finances. Envoyez aussi des contrôleurs des finances. Ils ont des accises sur les comptables de l’IGF, envoyez-les. A la fin de 2020, les contrôleurs des finances étaient venus, ils ont contrôlé notre bureau comptable pour connaitre l’utilisation de l’argent arrivé à l’Inspection, qu’ils vous donnent aussi le rapport.
Au courant de cette année, les contrôleurs des finances étaient venus parce que notre comptable est aussi sous contrôle des contrôleurs des finances. Qu’ils viennent.
Le bureau comptable est là, il leur dira s’il avait perçu combien. Les pièces de l’utilisation sont là. Ne pensez pas que nous sommes à l’abri du Contrôle. D’ailleurs, je peux dire que nous sommes un modèle de gestion publique.

Laissez-vous les autres parler à votre place.


Le contrôle a été fait l’année passée, cette année aussi. Nous leur donnons toutes les pièces quand ils les réclament. Nous ne cachons rien !

Interview

Exclusif: Godé MPOY donne les raisons de son accoutrement Excentrique

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HM: il y a une question qui taraude l’esprit de plusieurs Congolais, c’est votre accoutrement. Aujourd’hui, chaque dimanche, une des vos photos fait le tour des réseaux sociaux, qu’est-ce que cela vous fait ?

Ce n’est pas moi qui envoie [la photo]. Je suis surpris. On m’en a parlé. Il semble que c’est chaque dimanche. En fait, qu’est-ce qui s’est passé exactement ? Vous devez le savoir, la lutte contre la corruption en RDC, c’est moi qui l’ai commencée. Quand j’ai commencé à traquer les bandits qui prenaient les biens de l’Etat au niveau de la ville de Kinshasa, ces gens là, ils ont recruté quelques personnes de votre confrérie. Ils m’ont piqué deux ou trois députés ici, ils avaient fait bloc.

 Ils avaient coalisé avec comme objectif : me démolir dans les médias. Et pourtant, la plupart de ces gens là m’ont suivi dans les médias. Et comme ils ne trouvaient rien, il fallait toujours inventer des choses contre moi. Ils cherchaient à m’opposer avec certaines autorités de la République : «Quand vous le laissez s’habiller comme ça, quand il entre, toute l’attention est tournée vers lui ». Mais il s’est fait que, d’après ce qu’on me dit, 70 % sont pour [cet accoutrement, rire] et vous qui êtes contre, vous êtes minoritaires. Alors au lieu de penser me desservir, cela est devenu [positif, Ndlr]. Il y a de cela deux semaines, je n’étais pas ici à Kinshasa. A peine réveillé à 9 heures, je vois une autorité de la ville qui m’envoie un texto « mais aujourd’hui il n’y a pas de photo ? » Alors maintenant, au niveau de notre église, il y a des gens d’abord qui savent que moi j’ai grandi comme ça.

Ils se sont dits bon, comme ils veulent attaquer notre pasteur, nous allons les aider. C’est ainsi que chaque dimanche, quand je viens pendant que je prêche, ils prennent des photos et ils balancent ! Et c’est devenu une habitude. Et là, je voulais vous dire qu’en le faisant, je ne viole ni la constitution encore moins la législation de la RDC. Au pays, il n’y a aucun texte qui impose des couleurs aux dirigeants que nous sommes. Et sur le plan technique, l’accoutrement obéit à certaines conditionnalités. Il obéit aux conditions climatiques, raciales et aux conditions culturelles. Si les blancs là sont tout le temps en noir, c’est parce qu’il y a de l’harmonie entre la peau et les habits. Mais nous là, nous sommes en Afrique. Moi si je mets du noir, vous n’allez voir que mes dents. […] Et le Congo fait le mimétisme tragique. Ils sont tous en noir. Alors les Blancs, je disais que s’ils mettent du noir, ça va avec leur peau et c’est beau. Mais ces Africains-là ? Maintenant, sur le plan climatique, les habits noirs ont tendance à receler la chaleur.

Mais avec cette chaleur, je vais me mettre en noir pour gagner quoi ? (…) Ce sont eux qui ne connaissent pas. Et comme nous sommes dans un environnement du faux, je vous dis que le malheur de ceux qui se réveillent très tôt, c’est de n’avoir comme interlocuteur que des oiseaux.

Donc, eux qui ne connaissent pas, ils veulent m’imposer leur accoutrement. Mais je suis très heureux parce que maintenant je fais des émules. Et nous sommes dans la « GodéMpoysation » (rire…). Le président Kadhafi s’habillait en couleur et il semble que c’était l’un des meilleurs présidents…

HM: Est-il possible, comme l’a dit l’IGF, d’atteindre 1 milliard de dollars des recettes par mois alors qu’on en est à 800 millions aujourd’hui ? Si oui, comment ?

Oui, on peut même aller au-delà avec le code minier actuel et la relance économique. Il faut endiguer véritablement la fraude. Pour ce faire, il faut  mettre l’ANR dans le coup. Parce que si l’ANR traque et ceux qui contrôlent et ceux qui sont contrôlés, le chef de l’Etat aura beaucoup d’informations sur l’état de la fraude dans notre pays. Il faut aussi penser aux conditions dans lesquelles ces services de mobilisation des recettes travaillent. Ça ne devait pas s’arrêter à l’IGF, mais on doit aussi réhabiliter la Cour des comptes…

HM:  À qui attribuez-vous la stabilité du Franc Congolais qui s’observe ces derniers mois. Aux efforts du gouvernement ou aux appuis du FMI ?

Non, la stabilité monétaire, c’est le président de la République. C’est lui seul ! Contrairement à ce qui se raconte, nous étions en rupture avec le FMI depuis 10 ans. C’est grâce au chef de l’Etat que nous sommes rentrés en programme avec le FMI. Donc, il est le seul…

Objectivement, cette stabilité c’est le chef de l’Etat. Si lui n’avait pas imprimé cette discipline qui a rassuré le FMI, le Franc allait continuer à s’effriter au jour le jour… C’est ça la cause majuscule de la stabilité du Franc congolais.

HM: Quelles sont les perspectives d’avenir pour l’Assemblée provinciale de Kinshasa en 2022 ?

Bon, là ce n’est pas le président seul qui décide. 15 jours avant la session de mars, nous allons convoquer la conférence des présidents. C’est cette conférence qui va statuer sur le calendrier de l’année. Mais je crois que, Dieu aidant, si nous sommes toujours là, nous allons continuer le travail d’assainissement. Et nous allons nous impliquer même pendant ces vacances, nous allons nous battre pour que l’opération « Zéro trou » puisse évoluer au rythme que nous souhaitons parce que notre souci est que les Kinoises et Kinois, au moins ceux qui sont sérieux, disent que nous n’avons pas perdu nos voix en désignant ce genre de personnes.

 Bon, là ce n’est pas le président seul qui décide. 15 jours avant la session de mars, nous allons convoquer la conférence des présidents. C’est cette conférence qui va statuer sur le calendrier de l’année. Mais je crois que, Dieu aidant, si nous sommes toujours là, nous allons continuer le travail d’assainissement. Et nous allons nous impliquer même pendant ces vacances, nous allons nous battre pour que l’opération « Zéro trou » puisse évoluer au rythme que nous souhaitons parce que notre souci est que les Kinoises et Kinois, au moins ceux qui sont sérieux, disent que nous n’avons pas perdu nos voix en désignant ce genre de personnes.

Mais je dois vous rassurer que l’Assemblée provinciale joue un grand rôle dans tout ce qui est en train de se faire au niveau de la ville. L’exécutif n’est pas seul, nous l’accompagnons. Et notre victoire est une victoire commune. Ce qui est bizarre, c’est que quand ça ne marche pas on dit que le président [de l’Assemblée provinciale] protège le gouverneur, quand ça marche on ne veut pas qu’on dise que c’est grâce au président. C’est injuste (…)

Propos recueillis par Heshima Magazine

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Interview

INTERVIEW EXCLUSIVE :Claude IBALANKY EKOLOMBA Coordonnateur du Comité Exécutif du Mécanisme National du Suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba

Le MNS ‘‘ a élaboré le projet de Programme de pacification et stabilisation de l’Est de la RDC et de la Région ’’.

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HM: Actualité oblige. Le sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement des pays signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba prévu, après plusieurs reports, le 08 décembre prochain, a de nouveau été repoussé. Quelle est la situation à ce jour ?

IBALANKY EKOLOMBA Claude : Effectivement, après des reports du Sommet en 2019 dûs à l’attente de la mise en place du nouveau Gouvernement issu de l’alternance démocratique pour marquer ce grand événement, en 2020 suite à la pandémie de Covid-19, en 2021 à cause de cette épidémie et de l’impératif d’harmoniser les agendas aux niveaux sous-régional, régional et international, il s’est dégagé, avec l’accompagnement des Institutions garantes de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, un consensus sur la tenue de la Réunion de haut niveau des Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba le 24 février 2022 en mode hybride à Kinshasa. Cette date marque le neuvième anniversaire de la signature de l’Accord-cadre. Il sera donc symbolique pour donner un nouvel élan à la dynamique de la recherche de la paix et de la stabilité dans la Région menacée non plus seulement par les groupes armés locaux et étrangers mais aussi par le terrorisme islamiste qui ignore les frontières nationales.

HM: En quoi l’Accord-cadre d’Addis-Abeba est-il encore opportun plus de huit ans après sa signature ?

IEC: L’accord-cadre a été entériné par le Conseil de sécurité des Nations Unies par sa Résolution 2098 du 28 mars 2013. Depuis, le Conseil  de sécurité ne cesse d’affirmer que l’Accord-cadre est un outil essentiel pour une paix durable et la stabilité en RDC et dans la Région. C’est à ce titre qu’il examine annuellement la situation en RDC et dans la Région à la lumière de l’Accord-cadre. Il nous revient, malgré les faiblesses dudit Accord-cadre, d’en capitaliser les opportunités. N’oublions pas que, fondamentalement, l’Accord-cadre pose un problème : la stabilité de la Région est fonction du remodelage de la RDC appelée à jouer pleinement sa vocation d’Etat pivot. Il nous revient de nous interroger sur notre manière de répondre en tant que communauté de destin à cette responsabilité. Ceci reste d’actualité.

HM: De quoi le pays a-t-il bénéficié de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba huit ans après ?

IEC: L’Accord-cadre a immédiatement donné lieu à la création, à titre exceptionnel, par le Conseil de sécurité d’une Brigade d’intervention pour appuyer les Forces Armées de la RDC dans leurs efforts de neutralisation des groupes armés. L’armée a défait le M23. Cette victoire est très significative dans l’histoire de la RDC.

En outre, suite à l’Accord-cadre, il y a eu une forte mobilisation internationale sur la RDC. Ceci a aussi participé à renforcer la dynamique interne pour la tenue des élections en 2018.

 L’Accord-cadre demeure avant tout de portée infrastructurelle c’est-à-dire se situe au niveau du soubassement de réformes à engager et à poursuivre pour remodeler l’État et l’inscrire dans une normalité fonctionnelle qui participe de sa puissance. Ces réformes sont plurielles et concernent tous les secteurs de la vie nationale, y compris les Finances publiques qui enregistrent aujourd’hui un niveau d’assainissement sans précédent.

HM: Dans l’Est du pays, la situation sécuritaire demeure préoccupante. Des attaques attribuées au M23 n’attestent-elles pas la duplicité de certains pays voisins, signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba ?

IEC: Le M23 n’existe plus en tant que groupe armé. Nous sommes dans un processus de rapatriement des ex-combattants n’ayant pas commis des crimes. Ceux qui ont commis des crimes tentent des velléités déstabilisatrices vouées à l’échec. Sous l’impulsion du Président de la République, Son Excellence Monsieur Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, la diplomatie congolaise est dans une dynamique de rapprochement et de dialogue avec tous les pays de la Région en vue de résoudre les problèmes aux frontières communes. Les services de renseignement et de sécurité restent en alerte pour déjouer et faire subir la loi de la force à toute aventure de mauvais goût. C’est un processus qui devrait rassurer toute la Région de la nécessité de favoriser la coopération pour l’intérêt de tous et surtout des populations de tous les Etats.

Cette stratégie paie et fait avancer les efforts de paix dont les résultats seront plus perceptibles au fil du temps. Car, l’objectif n’est pas d’ordre conjoncturel mais plutôt structurel.

HM: A quand l’évaluation de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba évoquée par le Premier Ministre dans le Programme du Gouvernement soumis à l’Assemblée nationale ?

IEC: L’évaluation est un exercice normal de bonne gouvernance. Il convient de temps en temps de faire le point sur les avancées, les piétinements et les reculs pour voir comment rectifier les tirs et favoriser un progrès évident.

 Par ailleurs, il s’agit ici d’un accord international dont la philosophie suggère des convergences de vues et l’affermissement de la confiance entre les parties prenantes pour faire avancer le chantier de la paix et de la stabilité dans Région. Sur ce point, il faut souligner que les pratiques sortent du commun. Il convient de capitaliser les points positifs et, dans la diplomatie sécrète, de lutter contre les pesanteurs de partout pour maintenir la Région vers le cap de la coopération importante pour la paix, la sécurité et la stabilité en RDC et dans la Région. Ce travail est en cours et mérite d’être soutenu.

HM: Quelle est aujourd’hui l’impact de la conférence sur la paix et les investissements en RDC et dans la Région que vous aviez organisée en septembre 2019 à New York ?

IEC: Nous avons profité de la session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies pour faire la promotion du pays, parler des opportunités d’affaires dans le pays et mettre sur le tapis l’approche d’incitation économique de la paix. En effet, les jeunes gens s’enrôlent souvent dans les groupes armés faute d’alternative heureuse et non violente. Un des moyens pour lutter durablement contre l’insécurité est d’offrir à la population, surtout aux jeunes, les possibilités économiques d’épanouissement individuel et collectif. 

Nous avons réussi à attirer l’attention des investisseurs, dont certains sont venus au pays. Nous les avions orientés vers les services compétents pour les informer davantage et les soumettre aux formalités en vigueur. Concrètement, à ce stade, le Mécanisme National de Suivi n’intervient pas. A titre d’information, je puis vous rassurer qu’il est des investisseurs qui ont participé à cette Conférence de New York, et qui se sont implantés dans l’Est du pays. Je me réserve de citer ici leurs noms.

HM: Vous aviez également initié une Revue des élections de 2018. Quelle est la suite du travail réalisé jadis sur cette épineuse question ?

IEC: Nous avons présenté au Président de la République, et Président du Comité de pilotage du Mécanisme National de Suivi, le résultat de cette étude de diagnostic assortie d’une batterie de propositions sur les réformes électorales. Ce document pourrait être examiné par le Comité de pilotage dont dépend le Comité exécutif.

 HM: Quelles sont vos perspectives pour le Mécanisme National de Suivi ?

IEC: Le Comité exécutif du Mécanisme National de Suivi a élaboré le projet de Programme de pacification et stabilisation de l’Est de la République Démocratique du Congo et de la Région. Nous attendons son examen et son approbation par le Comité de pilotage pour renforcer la dynamique en cours pour la paix, la sécurité et la stabilité.

 Le Comité exécutif suit de très près le processus électoral, et entend jouer son rôle dans la promotion des objectifs de réconciliation nationale, de tolérance et de démocratisation constituant l’Engagement national 6 souscrit par le pays aux termes de l’Accord-cadre. Nous sommes dans la poursuite de notre travail de monitoring de la mise en œuvre des Engagements nationaux et de dialogue continu avec les partenaires régionaux et internationaux.

 Heshima Magazine

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Interview

IGF-Lambert Mende Omalanga: l’action de l’IGF doit être complétée par une action tout aussi déterminée au niveau des cours et tribunaux

… l’action de l’Inspection Générale des Finances doit être complétée par une action tout aussi déterminée au niveau des cours et tribunaux pour qu’on dépasse les 40% d’amélioration de ce qui est prévu comme recettes publiques…

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HM: Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez estimé nécessaire l’expertise de l’IGF ?

Nous avons décidé en Conseil d’administration de consulter l’expertise de l’Inspection Générale des Finances à côté d’autres expertises. Nous avons eu le conseil supérieur du Portefeuille, nous avons eu Madame la Ministre d’Etat en charge du Portefeuille, nous nous apprêtons à voir monsieur le ministre des Finances et naturellement l’Inspecteur Général des Finances qui défraye la chronique ces jours-ci par la rigueur de son travail, parce que nous sommes à l’aube d’un programme extrêmement ambitieux pour les Lignes Maritimes Congolaises qui consiste en l’acquisition de nouveaux moyens d’action, c’est-à-dire des navires. Parce que nous sommes une société de transport maritime, mais en même temps de collecte des droits de trafic maritime sur des ports de transit situés en dehors du territoire congolais. Jusqu’à présent, nous collectons les droits de trafic maritime uniquement dans les ports nationaux de Boma et Matadi, alors que la loi nous donne l’autorisation de collecter ces droits de trafic maritime sur tout le flux commercial à destination ou en provenance de la RDC même lorsqu’il passe par des ports de transit situés en territoire étranger. C’est pour cela que nous étions avec le Directeur Général et d’autres. Certains de nos experts ont été en mission dernièrement, à Mombasa, à DarEs-Salam ; avant cela nous avons été à Wavisbay en Namibie, nous avons été à Durban en Afrique du Sud, parce qu’il s’agit des ports qui donnent accès à nos populations, à nos opérateurs économiques qui sont situés dans la partie Est et Sud de notre pays. Donc, c’est un renouveau en termes d’encadrement des ressources de cette société qui appartient à 100% à l’Etat congolais, et pour lequel nous avons besoin de nous entourer de toutes les précautions en prenant des conseils avisés des experts comme l’Inspecteur Général des finances ou des ministres comme celle du Portefeuille qui représente l’Etat, actionnaire unique des Lignes Maritimes Congolaises ou d’autres ministres comme le Ministre des Finances.

HM: Vous avez également parlé des performances de votre équipe. Quelle est la ligne de démarcation entre le résultat des performances de votre équipe et le travail de l’IGF ?

  Naturellement, nous avons un personnel que nous avons trouvé puisque nous sommes là depuis le mois de Juin 2020. Nous avons trouvé un personnel qui est là puisqu’il n’y a que le Conseil d’Administration qui a été changé. Nous avons trouvé des collègues qui travaillent, des Congolais, des compatriotes qui étaient plus ou moins immergés dans certaines pratiques pas toujours orthodoxes et nous avons senti l’impact du nouveau style de travail imprimé à l’Inspection Générale des Finances par Monsieur Alingete et par le Président de la République qui a donné à Monsieur Alingete les moyens de son action et qui ont fait que la peur du gendarme financier a pu se manifester à travers un peu plus de discipline dans la gestion, dans l’encadrement des finances de l’Etat. Il y a un lien presque direct, on va dire, entre cette amélioration de la santé financière de notre entreprise qui est une entreprise propriété de l’Etat et l’action de rigueur imposée par le style de l’Inspection Générale des Finances depuis quelques mois, depuis l’arrivée à la tête de l’Etat du président Felix-Antoine Tshisekedi qui a donné à ce service qui relève de la présidence les moyens de son action.

HM: Des audits, des missions de vérification et de contre-vérification produisent des fruits aujourd’hui. Comment expliquez-vous que les prédécesseurs de Jules Alingete n’aient pas pu obtenir les mêmes résultats ?

Tout est question de volonté politique. Je pense que les prédécesseurs de Monsieur Alingete n’ont pas peut-être bénéficié de cette forte volonté qui émanait de l’autorité suprême de l’Etat, la première institution à laquelle l’Inspecteur Générale des Finances est attachée, le président de la République. Peut-être qu’il n’y a pas eu ce souci de donner les moyens de son action à ce service qui est chargé d’imposer un peu plus d’orthodoxie dans la gestion des recettes de l’Etat, dans leur encadrement, dans leur collecte. Il y a plus aujourd’hui de volonté politique dans le chef du Président  Tshisekedi qui a trouvé en Monsieur Alingete une sorte d’oiseau rare auquel il a fait confiance et auquel il a donné les moyens juridiques et les moyens politiques de son action. Encore que cette action ne se termine pas à son niveau, il faut qu’il amène tout ceci devant les instances judiciaires qui doivent faire chacune leur part. Tout cela est un travail d’équipe, mais tout commence par la volonté politique du tuteur de l’Inspection Générale des Finances qu’est le Président de la République qui, à lui tout seul, est une institution, la première d’ailleurs de notre pays.

HM: Un dernier mot sur le travail de l’IGF Chef de Service Jules Alingete et quel serait, par rapport à vous, votre ressorti ou les perspectives à venir que devraient avoir l’IGF de manière générale ?

Je conseillerai à l’Inspection Générale des Finances de maintenir le cap. Je pense qu’il est suffisamment rare de voir des cadres congolais qui prennent au sérieux les responsabilités qui sont les leurs pour que nous puissions nous sentir, moi personnellement comme parlementaire, encouragés à lui dire de maintenir le cap, de poursuivre sur cette lancée. Parce que c’est de ça que nous avons besoin aujourd’hui. Des gens qui savent pourquoi ils sont à la tête d’un service comme celui-là et qui développent dans leur gestion quotidienne de ce service des principes de rigueur, des principes de non tolérance à l’égard de ces écarts que nous avons pris l’habitude de prendre avec les moyens financiers de l’Etat.

HM: Qu’est-ce qui aurait-pu être complété par rapport à son travail, par rapport à la justice, comment peut-on sanctionner davantage les conclusions de ces audits ?

Il y a des collègues au Parlement qui pensent de plus en plus à la création d’une sorte de Parquet financier au niveau de la République Démocratique du Congo. Je ne sais pas si nous en avons les moyens, mais je pense qu’au niveau des instances judiciaires, du conseil supérieur de la magistrature, il est temps que l’on puisse faire preuve d’un peu plus de dynamisme vis-à-vis des magistrats qui doivent donner suite aux rapports qui viennent d’un service comme l’Inspection Générale des Finances. Il ne peut que mettre à la disposition de nos magistrats les résultats de ses enquêtes et si ces résultats ne sont pas pleinement suivis des faits qui puissent décourager les mauvais gestionnaires, ce sera un peu de la peine perdue.

Je ne peux que souhaiter que le Conseil supérieur de la magistrature fasse preuve d’un peu plus de vélocité, un peu plus de sagacité dans les instructions qui sont données aux magistrats vis-à-vis de ces moyens de l’Etat qui étaient l’objet d’un coulage systématique puisqu’il n’y a pas de raison qu’aujourd’hui on puisse nous présenter un collectif budgétaire qui nous amène au cours d’un même exercice budgétaire 40% plus que nous avions voté auparavant. C’est que quelque part un coulage s’opérait, cela a été dénoncé dans le temps, mais sans suite significative. Pour l’instant je pense que l’action de l’Inspection Générale des Finances doit être complétée par une action tout aussi déterminée au niveau des cours et tribunaux pour qu’on dépasse les 40% d’amélioration de ce qui est prévu comme recettes publiques.

 Heshima Magazine

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