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Economie

Dépassement budgétaire :une conséquence d’un déficit des fonds alloués ?

En RD Congo, il est très fréquent de voir les institutions utiliser un budget supérieur à celui attribué ou prévu en amont. Certains ministères, voire la Primature, ont eu à faire des dépassements budgétaires, mais, plus que toutes les autres institutions, la Présidence de la République est plusieurs fois citée.

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En juillet 2021, l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a rendu public son rapport intitulé : « Les régimes se succèdent, mais la mauvaise gouvernance des finances publiques demeure et empire au mépris de l’éradication de la pauvreté et de la lutte pour le développement et la transformation sociale ».

 Dans ce rapport de contrôle citoyen de l’exécution du budget global et des dépenses publiques pro-pauvres pour la période de 2017-2019, l’ODEP révèle que les « dépassements budgétaires de 2017 à 2019 atteignent 42,00% des dépenses totales exécutées ». « Dans la mise en œuvre du programme du gouvernement 2017-2019, les recettes réalisées dans la période sont de 22 043, 27 milliards de francs congolais (11,7 milliards USD) contre les prévisions de 32 229, 98 milliards de CDF (17,1 milliards USD), soit un taux de réalisation de 68, 4%. En moyenne annuelle, la loi des finances de l’année a été exécuté à hauteur de 3,9 milliards de dollars », indique le rapport.

Les chiffres qui renseignent qu’en moyenne les dépassements budgétaires atteignent 42,00% des dépenses totales exécutées, l’ODEP dit les avoir eus à la Cour des comptes. Pour cette ONG, le dépassement budgétaire est une faute grave de gestion, punissable.

 La Présidence montrée du doigt

On pointe du doigt le train de vie de la Présidence de la République où la taille du cabinet et la multiplication des structures à la Présidence, voire aussi les voyages du président de la République qui nécessitent beaucoup d’argent. Plusieurs fois la Direction générale des politiques et programmation budgétaire a donné des états de suivi budgétaires qui relèvent des dépassements budgétaires à la Présidence de la République. « RDC : en deux mois la Présidence a consommé 29,2 millions USD, en dépassement budgétaire de 13,3 % », pouvait-on lire à la Une de DESKECO.COM. Tout récemment, le même média a fait savoir que les dépenses de la Présidence de la République ont atteint 234 millions USD à la fin du mois d’août 2021, en dépassement de 127%. En effet, les frais de fonctionnement et les rémunérations du personnel consomment beaucoup. Par exemple, évaluées à 155 687 149 262 FC, les rémunérations sont au-dessus des prévisions linéaires de 116 533 635 648 FCC, soit un taux d’exécution de 133 % ou un taux de dépassement de 33 %.

  Dans un article publié en 2020 par RFI.FR, Marcellin Bilomba, conseiller du président Tshisekedi en charge de l’économie, affirme qu’il faut prendre en compte que beaucoup d’institutions ont connu (connaissent) des dépassements en 2019. « Mais pour nous, cela se comprend. Nous sommes arrivés le 24 janvier 2019 avec de nouveaux leaderships visionnaires. Cela voudrait dire que nous avons hérité des budgets confectionnés par l’équipe sortante. Ce qui fait que ces budgets ne répondaient pas à la configuration de la présidence sous la houlette du chef de l’Etat », avait-il expliqué. Toutefois, Valery Madianga de l’ODEP qui considère les dépassements budgétaires comme des faits de mauvaise gestion, déplore le manque de sanction et le fait qu’il n’y ait pas de parquet financier.

Les travaux de 100 jours

D’après l’ODEP, les dépassements connus en 2019 par la Présidence de la République s’expliquent en partie par les dépenses engagées notamment sur le programme des 100 jours – Le projet des 100 jours n’était pas budgétisé. En novembre 2020 à l’Assemblée nationale, lors de la présentation et débat du projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2019, la tension était montée d’un cran à l’hémicycle où les députés nationaux avaient dénoncé des dépassements budgétaires de plus de 300%. La Primature, le ministère des Finances et la Présidence de la République avaient réalisé des graves dépassements budgétaires au détriment des autres secteurs comme l’Agriculture, Pêche et Elevage.

Hubert Mwipatayi

Economie

RDC : Tshisekedi relance la lutte contre l’exploitation illégale de l’or

Lors du Conseil des ministres du 12 août dernier, le chef de l’Etat congolais a réitéré son engagement à lutter contre l’exploitation illicite de l’or, notamment dans la province du Haut-Huele.

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L’orpaillage illégal continue à battre son plein en République démocratique du Congo. Pour y mettre un terme, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi a relancé la lutte. Lors de cette réunion du gouvernement, le cinquième Président congolais a fait allusion àl’exploitation illicite de l’or au moyen des engins lourds par des sujets étrangers dans la province du Haut-Uélé.

« Ces activités minières illicites s’effectuent soit dans des zones d’exploitation artisanale en complicité avec des coopératives minières qui laissent les étrangers accéder avec des engins lourds sur le site, soit dans les périmètres de recherche non encore transformés en permis d’exploitation ou encore dans les aires protégées », a dit Félix Tshisekedi dans sa communication rapportée dans le compte-rendu de la réunion par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. 

Le Président a aussi instruit le gouvernement afin que cette exploitation soit stoppée « sans délai ». Car, selon lui, ces pratiques violent le code minier et la loi relative à la conservation de la nature. A cet effet, il ainstruit le vice-premier ministre, ministre de l’intérieur, sécurité et décentralisation à prendre des actions urgentes pour stopper sans délai ces exploitations illicites, ajoute le porte-parole du gouvernement faisant toujours référence au compte-rendu de la réunion.

Enquête et recommandations  

Dans ce dossier sur l’exploitation illicite de l’or, l’implication étroite de la ministre de la Justice et Garde des Sceaux ? Rose Mutombo Kiese ainsi que celle de la ministre des Mines, Antoinette N’samba a été requise par le Président de la République. Cela, afin d’initier une mission d’enquête sur les activités illicites dans cette partie du territoire national et de lui faire un rapport accompagné des recommandations au prochain conseil des ministres.Il faut noter que quelques recommandations avaient été déjà faites lors d’un conseil des ministres passé (29ème réunion).   

Dans la province du Sud-Kivu, précisément dans le territoire de Mwenga, le même problème est décrié. En 2017, le bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu dénonçait déjà l’exploitation minière qui se fait par sept sociétés chinoise qui, selon la source, n’est pas artisanale mais semi-industrielle, utilisant des engins lourds. « Elle se fait en l’absence d’agrément octroyant un permis de recherche ni d’exploitation, en violation des propriétés privées et en l’absence des statistiques de production et de traçabilité des minerais extraits », avait expliqué le Président du bureau de coordination, Adrien Zawadi​.

Des sociétés tenues par des étrangers avaient été pointées du doigt par la société civile qui citait des entreprises et coopératives comme Yellow Watterressources, Oriental Ressource Congo, Crystal (Blue Metal), etc. Ces sociétés sont considérées comme prédatrices des matières premières congolaises dans cette partie du pays. 

Plusieurs exploitants profitent également de la faiblesse de l’Etat pour continuer à opérer dans des sites miniers, parfois sans documents légaux. Cela est vécu également dans d’autres provinces du pays, notamment au Sud-Kivu et Nord-Kivu.    

Heshima 

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COMMUNIQUE OFFICIEL N•01/035/DGI/DG/DESCOM/CD/MM/2022

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Guerre en Ukraine: QUAND LA RDC EN RESSENT LE CHOC ÉCONOMIQUE…

Parmi les Etats importateurs du pétrole raffiné et l’un des 32 pays africains dont plus de 90% de consommation en blé viennent de l’extérieur, la RDC connait des conséquences économiques et sociales qui résultent de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

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La Banque mondiale avait déjà prévenu que les dérèglements provoqués par le conflit en Ukraine seront à la base de la hausse des prix de produits dont le gaz, le blé et le coton. Les prix du baril de pétrole ont dépassé 100 dollars, atteignant leur plus haut niveau depuis 2014, alors que la tonne de blé a atteint le prix record de 344 euros et le prix du gaz naturel a connu une hausse d’environ 40%. Beaucoup de pays d’Afrique souffrent ainsi sur le plan économique, du fait des affres de l’invasion de la Russie en Ukraine.

La RDC non épargnée

Pour Kinshasa, la guerre en Ukraine est un coup dur étant donné que les prix connaissent une folle envolée. Dès les premiers instants de la crise, le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, avait recommandé la surveillance des impacts de la guerre en Ukraine sur l’économie nationale. Le 2 mars, il avait donné des instructions aux membres du comité de conjoncture économique, lequel avait noté que l’impact de la hausse des prix des produits énergétiques était de nature à entrainer des conséquences difficiles pour l’économie congolaise, qui importe l’intégralité de son pétrole. « Nous craignons que ces impacts ne puissent nous faire accélérer fortement les prix et jouer sur le pouvoir d’achat de la population.

 Le comité de conjoncture économique va réfléchir également sur les mesures d’atténuation. Le Premier ministre a instruit les membres du comité de conjoncture économique et l’ensemble des ministres sectoriels du gouvernement de bien vouloir lui transmettre ce qu’ils considèrent comme ayant un impact dans leurs secteurs respectifs », avait indiqué le ministre du Plan, Christian Mwando, au terme de la réunion. 

Toute la RDC touchée

Par rapport aux produits pétroliers, toute la République est en difficulté, après avoir failli de connaitre la pénurie. Le 15 avril, en pleine crise, le prix du litre d’essence à la pompe à Kinshasa est passé de 2095 FC à 2195 FC. La hausse concerne toutes les zones d’approvisionnement du pays : ouest, est et sud… La pression s’est et continue à s’exercer sur le prix du carburant dont la majorité de stations-services ne vendent plus constamment. A Kinshasa, le prix du litre d’essence 2345 Fc. 

En ce qui concerne les produits de grande consommation, les prix ont pris significativement de l’ascenseur. A Goma, Bukavu, Kinshasa, voire dans le reste du pays, le constat est le même : vertigineusement, les prix ont doublé ou triplé. L’impact se fait beaucoup sentir sur l’importation du blé et la Fédération des entreprises du Congo (FEC) a eu à le signifier au gouvernement.

Nous craignons que ces impacts ne puissent nous faire accélérer fortement les prix et jouer sur le pouvoir d’achat de la population.

 Subitement, le volume des pains a été réduit dans beaucoup d’usines de panification. Cette diminution de grammage a été constatée notamment en ce qui concerne les produits de Pain Victoire et des autres boulangeries. La flambée des prix concerne aussi la farine de maïs, riz, sucre, huile, tomates, bière et la population ressent cela au quotidien. Toutefois, les conséquences de la guerre en Ukraine, en ce qui concerne le Congo, n’affectent pas que les prix du carburant et des denrées alimentaires. Le retrait et retour, en février 2022, de 250 casques bleus ukrainiens et leurs hélicoptères pour aller combattre les forces russes, a laissé un vide dans les rangs de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO).

 Hubert MWIPATAYI

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