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Contentieux électoral en Afrique : de la poudre aux yeux

Avec l’instauration de la démocratie comme système politique par excellence dans le monde, les élections sont devenues, à leur tour, le moyen sine qua non de démontrer l’application dudit système à travers la désignation des dirigeants par la volonté populaire.

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Avec l’instauration de la démocratie comme système politique par excellence dans le monde, les élections sont devenues, à leur tour, le moyen sine qua non de démontrer l’application dudit système à travers la désignation des dirigeants par la volonté populaire.

Si cela est la logique inhérente à la vie-même sous d’autres cieux, en occident plus précisément où les pays sont appelés des vieilles démocraties, l’Afrique qui a peut-être suivi le rythme bon gré mal gré, ne réussit pas à tous les coups, la plupart de ses scrutins étant entachés d’irrégularités effarantes, donnant lieu à de nombreux contentieux électoraux.

Certains politiques africains estiment que la fraude et les contestations électorales tirent souvent leur origine de l’étape de l’élaboration de la loi électorale, de la désignation de membres devant composer la centrale-électorale et des juges électoraux, de la révision constitutionnelle… Le reste n’étant que « carnaval ».

A ce jour, bon nombre de contentieux électoraux se terminent en queue de poisson.

Certains pays d’Afrique se démarquent bien par rapport à la façon dont ils résolvent leurs litiges devant les juges électoraux. Parmi ceux-ci figurent notamment l’Afrique du Sud, le Ghana, le Bénin… Toutefois, la situation qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire, pays qui s’apprête à aller aux urnes le 31 octobre, illustre mieux la difficulté qu’il y a, pour la plupart, d’organiser des élections libres, transparentes et apaisées ; et au-delà d’espérer un judicieux contentieux électoral.

Des écueils qui jonchent le processus !

Des politiques avérés ne se font plus prier pour le dire : en Afrique, l’élection n’est plus un facteur de cohésion sociale, elle aboutit généralement aux conflits, voire aux violences. Après le rejet des candidatures de Laurent Gbagbo et de Guillaume Soro, voyant par avance l’issue du scrutin, Henri Konan Bédié lance l’alerte en annonçant que la prochaine élection  peut mener la Côte d’ivoire vers « des troubles très importants ». Ainsi, le contentieux électoral, mécanisme permettant de gérer les litiges postélectoraux, devient routinier parce que tous les ingrédients sont faits pour ne pas avoir des élections apaisées.  

Avec tous les obstacles érigés avant, pendant et après une élection présidentielle,  il devient aléatoire de voir un opposant gagner celle-ci.

Au niveau préélectoral, il y a lieu de reconnaitre que tout est souvent fait dans le but d’invalider les candidatures gênantes, ce, en recourant à différentes stratégies « légalisées » : limitation d’âge, problème de double nationalité ou de casier judiciaire, caution électorale non remboursable exorbitante, modification du nombre de tours ou de suffrage, tripatouillage de la constitution pour l’obtention d’un troisième mandat… Lors de la campagne électorale, il arrive que  nombreux dénoncent des injustices, notamment l’utilisation des moyens de l’Etat par le camp se trouvant au pouvoir, l’accès aux médias publics…. Du coup, le vote, le dépouillement et la proclamation des résultats s’accompagnent des irrégularités et des contestations. 

En Côte d’ivoire, alors que d’aucuns sentaient venir le coup, la Justice ivoirienne ainsi que la Commission électorale n’ont pas hésité à écarter les dossiers de candidature de Gbagbo et de Soro, leur inéligibilité étant justifiée par leurs démêlés judiciaires. Un joli prétexte dont les ivoiriens et le reste de la communauté tant nationale qu’internationale  attribueraient la paternité à Alassane Ouattara, le président en exercice. L’homme ne devait pas se présenter à la prochaine Présidentielle, mais à la mort de son bras droit et supposé dauphin, ne s’est pas gêné pour finalement annoncer sa candidature pour la troisième fois de suite depuis 2010.

Une scène quasi-similaire en République Démocratique du Congo où en 2018, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, deux leaders populaires de la scène politique congolaise s’étaient vus débarqués du processus en 2018 pour les mêmes raisons que Soro et Gbagbo.

C’est à ce propos qu’Alpha Blondy a, dans sa chanson composée en mémoire de Norbert Zongo, journaliste burkinabé assassiné le 13 décembre 1998, parlé de la « démocratie du plus fort qui est toujours la meilleure ». 

Des scrutins pris en otage!  

Dans la majorité des pays occidentaux, si l’action du juge constitutionnel et du juge pénal a beaucoup contribué dans la normalisation des processus électoraux, ce n’est pas le cas en Afrique où le contentieux électoral bégaie encore.  En général, Il est impensable de voir sur le continent une consultation électorale pluraliste se terminer sans contentieux. Malheureusement, c’est un contentieux électoral considéré comme dévoyé parce que le suffrage est souvent détourné en faveur d’un camp. La légitimation des résultats électoraux est fréquemment sujette à caution tant les commissions électorales dites « indépendantes » et les instances judiciaires appelées à les valider ou les invalider sont inféodées au pouvoir en place au moment de l’organisation des élections. Pourtant, tant que les pouvoirs publics seront impliqués directement ou indirectement dans la fraude, ce qui est souvent fustigé, le contentieux électoral sera toujours de façade.

Aujourd’hui, les juges électoraux africains sont particulièrement protégés. La manière partiale dont ils traitent les litiges fait qu’ils se sentent en insécurité ou menacés. Au Nigéria, un juge électoral s’était prononcé sur la régularité du scrutin plus d’une année et demie après l’élection présidentielle d’avril 2007, alors que Umaru Musa Yar’Adua, donné pour vainqueur de celle-ci, exerçait depuis un moment les fonctions de chef de l’Etat et ne pouvait plus accepter que son élection soit invalidée.  Au Sénégal, le vice-président du Conseil constitutionnel avait été assassiné pendant les élections générales de 1993 et le pays avait sombré dans l’instabilité.

Des Présidents en salle d’attente !

Depuis presque 25 ans, plusieurs pays ont connu des contestations électorales dont les juges n’ont fait qu’entériner les résultats : Cameroun, Côte d’ivoire, Togo, Kenya, Nigéria, Zimbabwe, Congo, Gabon, RDC, etc. Bien que considéré comme moyen permettant d’assurer l’équité et la régularité dans un processus électoral,  nombreux sont ceux qui se méfient du règlement de différends électoraux par des organes juridictionnels. Ils y déposent leurs recours, mais sans trop y croire. La vérification de la régularité des actes et la validité des résultats des élections pose toujours problème.

L’Afrique souffre incontestablement d’une sorte de trop plein en ce qui concerne les litiges électoraux, la majorité d’entre eux restés sans solution.

La République Démocratique du Congo a connu, en décembre 2018, son troisième cycle électoral après ceux de 2006 et de 2011. Même si celui-ci restera gravé dans la mémoire collective pour avoir ouvert la voie à la première alternance pacifique de l’histoire de ce pays, il reste toutefois entaché d’accusations d’irrégularités au même titre que les précédents. Arrivé deuxième à l’issue de la dernière Présidentielle derrière Félix-Antoine Tshisekedi, Martin Fayulu Madidi n’a jamais accepté sa défaite, exigeant à cor et à cris la vérité des urnes qu’il n’a toujours pas obtenue, deux ans après.

Dans le même ordre, en 2011, le légendaire opposant Etienne Tshisekedi wa Mulumba, a contesté sa défaite devant Joseph Kabila Kabange, allant jusqu’à organiser une cérémonie de prestation de serment dans sa résidence privée dans la paisible commune de Limeté à Kinshasa.

En 2007, opposé à Joseph Kabila à l’occasion du second tour de la première Présidentielle démocratique au suffrage universel direct, Jean Pierre Bemba Gombo rejettera les résultats, plongeant toute la ville de Kinshasa dans une terreur inhabituelle suite aux affrontements de l’armée régulière contre les éléments de la milice de Bemba.

A ce jour, la liste des « présidents » dans la salle d’attente s’étoffe davantage aux côtés du gabonais Jean Ping, qui se considère depuis septembre 2016 comme président de la République, du Camerounais Maurice Kamto, se considérant comme le tombeur du quasi-éternel Paul Biya en 2019 et  Agbeyomé Kodjo qui clame sa victoire face à Faure Gnassingbé, au Togo.

Dans le cadre du contentieux électoral, en ce qui concerne les élections législatives, on a vu des acteurs politiques passer nuit devant ou dans l’enceinte de la Cour constitutionnelle, à Kinshasa.  On a parfois comme impression que le juge électoral est totalement perdu : il valide, invalide et revalide les résultats. Face à cette réalité, certains de ceux qui ne supportent pas de perdre les élections, sont parfois tentés de prendre les armes ou d’aller en rébellion.

Hubert M

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30 JUIN 2021 LUMUMBA : un hommage repoussé !

Ce 30 juin 2021, la République démocratique du Congo célèbre ses 61 ans d’indépendance. Cette fête allait comporter une particularité, celle du rapatriement des reliques du premier héros national du pays. La survenue d’une troisième vague de covid-19 a eu raison de cet agenda.

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Depuis le mois de décembre 2020, le président de la République, Félix Tshisekedi, avait annoncé son intention d’organiser un hommage national, le 30 juin 2021, en l’honneur de Patrice Emery Lumumba. Une solennité qui devrait être précédée du rapatriement de ses reliques. L’idée est d’offrir enfin une sépulture à celui qui fut le premier Premier ministre de l’histoire de la République démocratique du Congo dans les années 1960. Mais aussi et surtout, un acteur majeur de l’indépendance du pays. Pour ce faire, le pays s’apprêtait à cet événement pour ce mois de juin finissant. Quatre lieux étaient choisis pour cet hommage national : Lumumba-ville, une entité créée par Félix Tshisekedi en mémoire de Patrice Emery Lumumba, dans la province du Sankuru, la ville de Kisangani, dans l’actuelle Tshopo, qui fut son bastion politique. Ces reliques allaient aussi passer à Shilatembo, le lieu de son assassinat, dans le Haut-Katanga. Puis, enfin, la ville de Kinshasa où une sépulture est en cours de construction au pied de l’Echangeur de Limete, dans l’Est de la ville.

Mais la survenue d’une troisième vague de la pandémie de covid-19 en République démocratique du Congo a eu raison de cet agenda des hommages. La Présidence de la République a renvoyé cet événement au 17 janvier 2022, le jour de la commémoration de l’assassinat de Lumumba. Sa famille biologique, ses enfants en particulier, attendent ce moment pour enfin faire le deuil de leur père. « Pendant plus de dix ans, on a fait tout le nécessaire pour arriver à ce résultat, celui de la restitution par le gouvernement belge à la famille des restes de la dépouille de notre père […] », a déclaré Roland Lumumba.

Ces restes infinitésimaux dont il est question sont constitués jusqu’à preuve du contraire d’une dent. Et d’ailleurs, en septembre 2020, la justice belge avait répondu favorablement à la demande de la famille de Patrice Lumumba de lui restituer cette dent attribuée au héros de l’indépendance congolais assassiné. Cette dent avait été saisie chez un policier belge ayant contribué à faire disparaître le corps de Patrice Lumumba.

30 juin 1960

Comment ce 30 juin 1960, jour de fête, était-il devenu le canal par lequel la déchéance du tout jeune Etat indépendant est passée ? D’après des témoignages recoupés, ce jeudi-là, au doux soleil, tout allait mieux se passer si le désaccord entre le nouveau chef de l’Etat, Joseph Kasa-Vubu et son puissant Premier ministre n’avait pas existé.

 Selon Thomas Kanza, ministre et proche de Lumumba, qui livre ce témoignage à RTBF, en 2000, Patrice n’avait pas apprécié l’attitude de Kasa-Vubu qui a refusé de lui faire lire son discours, préférant le montrer au gouvernement belge. « À 8h30, le Premier ministre me fait venir chez lui, à sa résidence privée. Il y avait là quelques amis. J’avais l’impression qu’ils avaient déjà discuté entre eux. Le Premier ministre me donne son discours. Il était déjà écrit, dactylographié.», explique cet ancien ministre de Lumumba. Patrice Lumumba lui annonce qu’il va prendre la parole au Parlement et lui demande de relire et de corriger le texte. Thomas Kanza répond à Lumumba que c’est un excellent discours, à prononcer au stade devant la population, mais que « le Parlement n’est ni l’endroit ni l’occasion de prononcer ce discours». Au départ, ce discours devait effectivement être prononcé au stade l’après-midi même, rapporte ce média.

«C’est alors que j’apprends de la bouche de Lumumba : ‘Thomas, je veux parler, parce que le président Kasa-Vubu nous a humilié. Il va prononcer un discours qu’il a montré au gouvernement belge, mais qu’il ne nous a pas montré. Thomas, je vais parler.», relate Thomas Kanza. Puisque Lumumba devait contresigner le discours de Kasa-Vubu, ce que ce dernier ne lui a pas donné l’occasion de faire. Cela provoqua l’intervention virulente de Lumumba au Palais de la Nation, ce jeudi-là. Une diatribe qui va gâter la journée du roi Baudouin Ier. Et depuis, Patrice Lumumba était dans le collimateur du colonisateur, y compris la stabilité du pays. Ce qui provoqua une mutinerie au sein de la Force publique seulement 5 jours après l’indépendance. Avant de voir une sécession katangaise 11 jours après la proclamation de l’indépendance.

 Dido Nsapu 

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Etat de siège, stratégie de Félix Tshisekedi contre la guerre

Félix-Antoine Tshisekedi a décrété l’état de siège comme stratégie d’éradication des groupes armés qui, depuis des années, massacrent la population civile à l’est de la RDC. Si cette mesure suscite des inquiétudes auprès des uns, elle est applaudie par d’autres. D’autres encore pensent qu’il existe davantage des mesures plus efficaces que l’état de siège. Néanmoins, le plus important reste la volonté de tous de voir une paix durable revenir en Ituri et au Nord-Kivu.

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Depuis le 6 mai 2021, l’Ituri et le N o r d – K i v u sont sous administration militaire. En vue de mettre fin à l’insécurité qui règne dans les deux provinces, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, se basant sur l’article 85 de la constitution, a signé les ordonnances décrétant l’état de siège. Frappant du poing sur la table, Fatshi veut mettre définitivement un terme au cycle des violences et à la terreur que sèment les groupes armés dans cette contrée de la République. Du coup, il a placé à la tête de l’Ituri Luboya Nkashama Johnny, avec comme vice-gouverneur le commissaire divisionnaire Alonga Boni. Au Nord-Kivu, il remplace momentanément Carly Nzanzu à la tête de l’exécutif provincial par Constant Ndima Kongba. Ce dernier a comme vice-gouverneur le commissaire divisionnaire Ekuka Lipopo. Ce sont ces deux lieutenants généraux et leurs adjoints de la Police nationale congolaise ( PNC) qui ont la charge d’appliquer les mesures d’exception dans les deux provinces.

Dans sa stratégie, Félix-Antoine Tshisekedi les envoie en mission commando pour l’éradication de l’insécurité dans les deux provinces, pour une durée de trente jours, renouvelable plusieurs fois pendant quinze jours. Les provinces de l’Est de la RDC, partageant la frontière avec le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, sont en guerre depuis 1996 et beaucoup de groupes armés y pullulent. L’administration militaire va ainsi mener des offensives de grande envergure contre eux. Pour le chef de l’Etat congolais, l’heure est grave. « Aucun Congolais digne de ce nom ne devrait rester indifférent », a-t-il déclaré. « L’Est de la RDC est devenu « le point d’implosion des mouvements rebelles et des groupes armés, le point d’entrée des forces négatives étrangères, qui y sèment la désolation », déplore-t-il.

Une stratégie applaudie

Certains sont satisfaits car souhaitant le retour rapide de la paix dans la région. Pour Jean Bamanisa, gouverneur civil de l’Ituri mis de côté, la population a trop souffert. ‘’Nous avons eu plus de 1,6 million de personnes déplacées, plus de 250 000 personnes dans les camps de réfugiés et des groupes armés qui occupent des espaces et imposent leur loi ‘’, fustige t-il. Soucieux d’apporter son soutien aux FARDC engagés au front, le député national Nsingi Pululu a même proposé la création d’une caisse nationale en leur faveur. D’après lui, les ressources collectées dans le cadre de l’état de siège devraient être gérées par des religieux. 

De manière générale, les députés et gouvernements provinciaux soutiennent l’état de siège. Le gouvernement de la République de même. Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a invité tous ceux qui ont pris des armes à revenir à la raison et a promis de soutenir leur réinsertion dans la vie normale. Il a lancé officiellement la campagne « Tolonga na mapinga. Bendele Ekweya te (Vaincre avec les forces armées tout en maintenant haut le drapeau de la RDC )», dans le but de soutenir les militaires et les policiers.

En Afrique et ailleurs, certains chefs d’Etat encouragent l’initiative du président Félix Tshisekedi. Paul Kagame, président du Rwanda, l’a salué. « Nous saluons cette initiative prise par les autorités de la RDC et nous ferons ce qui est en notre pouvoir pour qu’elle soit fructueuse », a-t-il indiqué. Avec Bintou Keita, Représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Félix Tshisekedi a parlé de la motivation de sa stratégie.

 Scepticisme et polémique au sujet des gouverneurs militaires

Cependant, ils sont nombreux, ceux qui manifestent leurs inquiétudes. Lamuka, par exemple, craint que l’état de siège soit une stratégie adoptée pour la balkanisation.  

La société civile s’inquiète parce qu’avec l’état de siège, les militaires voient leurs droits élargis : ils peuvent perquisitionner à tout moment ou interdire la circulation ou la publication et les réunions capables d’exciter les populations.

La crainte de certains notables de l’Ituri et du Nord-Kivu porte sur le comportement des militaires, notamment à cause du passif de certains officiers déployés(les deux généraux sont des anciens rebelles). Luboya est pointé du doigt par certaines organisations de la société civile, parce qu’étant un ancien du RCD Goma. Toutefois, cela remonte à fin 90 et tout récemment, il a été patron de la première zone de défense et commandant de la 13ème région militaire de l’Equateur. Quant à Constant Ndima, il est un ancien du Mouvement de libération du Congo ( MLC) de Jean-Pierre Bemba. Il a été commandant de la 3ème zone de défense (couvrant les deux Kivu, le Maniema et la Tshopo), et jusqu’ avant sa nomination en tant que gouverneur il était chef d’état-major général chargé de l’administration et de la logistique.

Pour sa part, la Lucha s’oppose carrément à l’état de siège. Ce mouvement citoyen demande au chef de l’Etat de convoquer plutôt un dialogue tripartite entre le gouvernement, la MONUSCO et les principales organisations de la société civile de la région. Le collectif « le Congo que nous voulons » estime qu’il existe d’autres solutions, plus simples et facilement applicables. Là-dessus, la Dynamique Congo 2060 formule plusieurs propositions alternatives, à savoir faire de la sécurité de l’Est du pays une cause nationale ; mettre Beni au centre des préoccupations de tous les Congolais ; renforcer le commandement et le contrôle des FARDC déployées à Beni ; écarter les officiers se trouvant sur le terrain et qui s’adonnent à l’exploitation des ressources naturelles… Toutefois, lors de son voyage à Lubumbashi, Félix Tshisekedi a qualifié de sorciers ceux qui critiquent ses choix concernant les gouverneurs militaires. « Nous ne pouvons pas nous réjouir pendant que les frères de l’Est souffrent. C’est pour cela que j’avais décidé d’installer l’état de siège. Rendez-vous compte que ceux qui écrivaient sur les massacres dans cette partie du pays en donnant des chiffres divers sont ces mêmes sorciers qui critiquent le choix porté sur ces gouverneurs militaires », a-t-il indiqué.

En vue d’apaiser la crainte des uns et des autres, les porte-parole du gouvernement, des FARDC et de la police ont rassuré l’opinion sur l’état de siège et sur les gouverneurs militaires. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement a rassuré quant à lui sur le respect des lois et des droits fondamentaux, droit à la vie, à la liberté de penser .

Hubert MWIPATAY

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Enjeu de la présidence de la CENI La responsabilité des confessions religieuses devant l’histoire

Les confessions religieuses et la Cour constitutionnelle ont une responsabilité dans le processus électoral. Les premières désignent les présidents de la CENI , qui en sont l’émanation, la Cour constitutionnelle pour sa part agit en aval pour juger de la régularité des actes posés par cette institution d’appui à la démocratie

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Au moment où l’Assemblée nationale débat sur la proposition de loi de Christophe Lutundula, les 8 représentants de la plateforme des confessions religieuses (Eglise Catholique, Armée du Salut, Eglise Kimbanguiste, Eglise Indépendante, Eglise Orthodoxe, l’Eglise du Christ au Congo, Eglise du Réveil, Eglise musulmane) mettent les Elus du peuple en garde. Ils affirment attendre d’eux un grand changement dans la composition du prochain bureau de la CENI. « C’est une occasion propice pour nous de rappeler que la finalité des réformes attendues d’urgence dans ce domaine, c’est de renforcer les mécanismes légaux susceptibles de garantir l’indépendance, la neutralité et l’impartialité de la CENI, de façon à rassurer tous les compétiteurs électoraux de la crédibilité des élections de 2023 », ont-ils rappelé.

Justement, les pasteurs, prélats et imams attendent le vote et la promulgation de la loi Lutundula pour jouer leur partition, à savoir désigner le président de la centrale électorale qui va succéder à Corneille Nangaa. Pour les 8 confessions religieuses dont le vœu est de voir tous les membres de la CENI venir de la société civile, l’enjeu est la minimisation de l’influence politique sur la centrale électorale .

Les deux citadelles importantes

La Cour constitutionnelle et la CENI sont deux institutions importantes, voire très stratégiques dans le processus électoral, l’une intervenant en amont et l’autre en aval. Certes la Cour constitutionnelle est dotée des compétences en matière électorale en ce qu’elle juge de la régularité du processus des élections présidentielle et législatives au niveau national, cependant, c’est la CENI qui lui donne de la matière.

Le 20 avril 2021, Dieudonné Kaluba a été élu président de la Cour constitutionnelle, en remplacement de Benoît Lwamba qui avait démissionné en juillet 2020. Cette étape étant passée, l’enjeu est maintenant du côté de la CENI où la société civile et l’ensemble de la classe politique doivent jouer leur partition.

 Savoir tirer leçons des erreurs du passé

 La dernière fois, au terme du tamisage, les catholiques et les protestants n’étaient pas pour le choix de Ronsard Malonda dont l’entérinement avait été refusé par le président Tshisekedi. On espère que les responsables des églises vont cette fois-ci relever le schibboleth, en donnant la preuve qu’ils ne sont pas une plateforme fantoche que la classe politique peut facilement manipuler à ses fins. Sinon, si cela continue, ils finiront par se voir dépossédés de ce privilège leur reconnu dans l’Accord global et inclusif de Sun City.

Les confessions religieuses ont ici une occasion de démontrer qu’elles œuvrent toutes pour le bien de leurs fidèles dont la misère ne fait qu’avancer crescendo. Mais, aussi se rappeler qu’au terme de la désignation de Ronsard Malonda, il y avait eu le 9 juillet 2020, 5 morts lors des manifestations auxquelles des leaders politiques comme Jean-Pierre Bemba avaient pris part. Dix jours plus tôt, le cardinal Fridolin Ambongo, lors de son homélie, avait invité le « peuple de Dieu » à se tenir prêt à s’opposer aux projets de la majorité parlementaire d’alors, de prendre contrôle de la CENI.

L’entente entre tous les acteurs concernés

 La réforme et la crédibilité du processus électoral nécessite aussi l’implication du chef de l’Etat. En tant que garant du bon fonctionnement des institutions, le président Félix Antoine Tshisekedi n’a pas à faire litière de la question, car son coup de boost est plus que nécessaire. Lui, qui a dit le 24 avril 2021 aux députés de l’Union sacrée qu’il ne veut pas que les élections de 2023 soient tumultueuses.

En réalité, dans le contexte politique congolais, la mise en place des institutions du pays requiert la participation de tout le monde, surtout la collaboration des principaux acteurs politiques. C’est justement parce qu’il y a eu entente entre lui et Joseph Kabila qu’il y a aujourd’hui alternance au sommet de l’Etat.

Il appert, au regard de cette réalité, que Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Martin Fayulu et consorts ont tout intérêt à œuvrer en bonne intelligence avec Félix Tshisekedi parce qu’à l’instar de Joseph Kabila hier, Fatshi a l’impérium aujourd’hui. En mettant pavillon bas pour se rapprocher du président de la République, Bemba et Katumbi sont dans le bon. En Afrique, c’est un secret de polichinelle, un chef d’Etat qui est au pouvoir peut toujours s’y maintenir au-delà de la limite fixée par la Constitution. Plusieurs cas l’illustrent : Museveni est à son sixième mandat, Denis Sassou-Ngouesso son quatrième, Idriss Déby était au début de son sixième aussi.

Hubert M.

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