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Justice: Des actions concrètes menées par Rose Mutombo

Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Justice, Rose Mutombo Kiese s’attèle à remodeler le système judiciaire et pénitentiaire congolais. Administrer une justice équitable à tous les citoyens, lutter contre la corruption et l’impunité, et s’assurer d’une bonne administration judiciaire, voilà les leitmotivs de ses actions.

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Combattante pour l’accès équitable des citoyens à la justice, particulièrement des femmes, Rose Mutombo Kiese n’a pas dérogé à ses convictions une fois nommée Ministre du secteur. La Ministre d’Etat en charge de la Justice et Garde des Sceaux œuvre pour le renforcement du système judiciaire et l’instauration d’un Etat de droit en République Démocratique du Congo. Cet Etat de droit, inscrit dans la constitution mais dont la matérialisation posait problème, constitue une priorité pour le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi. Et le Premier Ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, s’est activé dans le même sens. 

Pour matérialiser cette vision, Rose Mutombo a, depuis son avènement, actualisé le plan d’actions prioritaires lié aux recommandations des états généraux de la justice organisés en 2015. Ces assises avaient formulé lesdites recommandations à travers la Politique Nationale de Réforme de la Justice (PNRJ) pour la période allant de 2017 à 2026. Depuis son arrivée, la réforme du système judiciaire est inscrite au premier rang. Cela, en vue de garantir notamment une justice équitable à tous les citoyens ; la lutte contre la corruption et une bonne administration de la justice. 

Des actions concrètes

 Face à un système pénitentiaire congolais qui fait face aux divers problèmes, notamment les mauvaises conditions de détention dues à la surpopulation carcérale, au manque des vivres et non vivres, à la vétusté des infrastructures, construites pour la plupart depuis l’époque coloniale, Rose Mutombo a mené des actions concrètes grâce à une commission mise sur pied, notamment pour l’approvisionnement des détenus en vivres et non vivres. Sur ce point, la Ministre assure que cet approvisionnement a repris régulièrement grâce à un suivi sur le terrain. Ce qui a mis fin au phénomène « Vungulé », une sorte de nourriture préparée à base d’un mélange d’haricots et de maïs qui contribuait parfois à la dégradation de la santé des détenus.

Dans le but d’améliorer l’alimentation, le ministère de la justice a procédé à la réalisation d’un champ d’expérimentation dit « champs pénitentiaire » de 10 hectares au Camp de détention de Luzumu où sont développées les activités agropastorales et piscicoles aux fins de promouvoir l’auto-prise en charge progressive des établissements pénitentiaires et la préparation de la réinsertion des détenus après leur libération (Boulangerie, atelier de couture) Du côté des  soins médicaux des détenus, des pensionnaires des établissements carcéraux, « Nous avons assuré la régularité dans l’approvisionnement des centres de santé des prisons ainsi que l’amélioration de la gestion des produits pharmaceutiques, notamment à Makala, Ndolo et Luzumu », rapporte le service de communication du ministère. Cette expérience sera étendue sur l’ensemble des prisons.

Désengorgement carcéral

Le système judiciaire congolais est confronté aussi à un autre problème majeur, celui de la surpopulation carcérale. 

En vue de lutter contre cette situation, la Minetat a mené des actions visant désengorgement des prisons notamment par le transfèrement des détenus des prisons surpeuplées vers celles moins peuplées. Tel est le cas des 400 détenus transférés de la Prison centrale de Makala vers le Centre de détention de Luzumu, dans la province du Kongo central, de Goma vers Angenga… Hormis les mesures de grâce présidentielle accordée à certains détenus, des instructions ont été données à l’Inspecteur général des Services judiciaires et pénitentiaires d’initier, avec le concours de tous les chefs d’offices, des missions d’inspection dans toutes les prisons de la République à forte population carcérale.

Cette mission est à pied d’œuvre. Parallèlement, il y a la poursuite des travaux de réhabilitation de quelques pavillons de la Prison Centrale de Makala. La remise des matelas au pavillon des femmes réhabilité à Makala et à la Prison centrale de Mbuji-Mayi. Il y a eu également la relance du dossier de réhabilitation des prisons, avec l’appui de l’Union européenne, en collaboration avec le Ministère des Infrastructures et Travaux Publics, des Etablissements de Garde et d’Education de l’Etat (EGEE) de Mbenseke-Futi et de Madimba en vue d’y placer les enfants en conflit avec la loi pour un meilleur encadrement. Sans oublier la finalisation des travaux de construction du Centre de formation du personnel pénitentiaire au Camp de détention de Luzumu, dans le territoire de Kasangulu, au Kongo central.

Lutte contre la corruption

 Dans ce volet de la lutte contre la corruption, Rose Mutombo n’y va pas de main morte. La Ministre a donné plusieurs injonctions des poursuites au Procureur général près la Cour de Cassation et aux Procureurs généraux près les Cours d’Appel, notamment pour les dossiers concernés par les enquêtes de l’Inspection générale des Finances (IGF). Par exemple, dans le dossier des enquêtes « Congo hold-up », elle a donné « injonction » au procureur général près la Cour de cassation « d’ouvrir une instruction judiciaire » sur les « révélations de détournements de fonds publics impliquant plusieurs sociétés congolaises et internationales » contenues dans lesdites enquêtes. Pour mieux cerner ce fléau et y faire face efficacement, Rose Mutombo a organisé à Kinshasa, en collaboration avec le PNUD, du 19 au 23 octobre 2021, les états généraux de la lutte contre la corruption. Des recommandations ont été formulées à l’issue de ces états généraux, notamment la mise en place d’un parquet financier, l’activation des chambres disciplinaires pour les magistrats et la dénonciation des actes de corruption.

Bonne administration de la justice

 Au sujet de la bonne administration de la justice, Rose Mutombo est consciente que le travail à faire est énorme dans ce secteur, comme dans bien d’autres d’ailleurs. Débarquant, par exemple, par surprise au parquet de Grande instance de Kinshasa-Kalamu, le 17 mars dernier, la Ministre de la Justice a été sidérée par le constat de la mauvaise administration des dossiers. «Le constat est amer, la gestion administrative des dossiers est calamiteuse, de nombreux cas de détention irrégulière et de la surpopulation carcérale », s’était indignée la patronne de la justice. Rose Mutombo voulait s’enquérir personnellement de l’état de certains dossiers des détenus et prisonniers de la Prison centrale de Makala. Elle s’est retrouvée face à des irrégularités dont ont fait preuve certains magistrats dans la gestion des dossiers de prisonniers. « Le constat est amer, puisque nous avons remarqué le dysfonctionnement entre les réalités présentées à la Prison centrale de Makala et celles trouvées dans les registres des magistrats. Il y a plusieurs cas de détention irrégulière, il y a des personnes détenues mais dont les dossiers ne se retrouvent nulle part. Nous avons aussi constaté qu’il y a des cas de condamnés déjà libérés après avoir purgés leurs peines mais dont les noms ne figurent sur aucun registre. », avait-elle expliqué.

La Ministre d’Etat à la Justice compte changer les méthodes dans l’administration de la justice afin de ramener de l’ordre dans ce secteur. Pour l’année 2022, le Ministère envisage de travailler à la conscientisation des magistrats, l’activation des chambres disciplinaires, le recrutement des nouveaux magistrats et leur déploiement effectif et d’étendre les visites vers d’autres cours et tribunaux. 

La Ministre de la Justice a aussi fait montre d’un suivi particulier des contentieux du pays au niveau national et international. La RDC a obtenu l’indemnisation des victimes des activités militaires ougandaises et rwandaises sur le sol congolais dans l’affaire qui l’oppose à l’Ouganda à la Cour internationale de la Justice… Le verdict rendu le 9 janvier dernier par cette Cour demande à l’Ouganda de payer la somme de 325 millions de dollars américains comme dommages Avec l’appui des partenaires notamment de l’Union européenne, les fonds nécessaires ( 35 000 000 d’euros ) ont été pour le démarrage de la deuxième phase du programme de la réforme de la Justice PARJ2 dont les activités sont lancées dans quatre provinces ciblées.

Heshima

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Débat sur la Constitution : Modeste Bahati rouvre une boite de pandore

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Après ses déclarations, le 4 mars, jugées moins favorables à une modification ou au changement de la Constitution par certains de ses pairs de l’Union sacrée de la Nation, le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, se retrouve au cœur d’une vive controverse en République démocratique du Congo. Malgré des excuses et une tentative de clarification faites le 10 mars 2026, la tempête politique ne semble pas totalement retombée. Son intervention a rouvert une boite de pandore sur un sujet qui déchaine déjà les passions. 

Le débat autour d’une éventuelle modification ou changement de la Constitution continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique congolaise. Dernier épisode en date : les propos de Modeste Bahati Lukwebo, qui ont suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique et de la scène politique. Lors d’une intervention publique, le président de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) a laissé entendre que le pays n’avait pas un problème de texte mais plutôt un problème d’homme. Des déclarations rapidement interprétées comme opposées à la ligne de la majorité au pouvoir qui, selon l’UDPS – parti présidentiel – compte « toucher à la Constitution ». Dans une communication faite le samedi 7 mars, le bureau du Sénat, à travers sa Rapporteure, Néfertiti Ngudianza, a tenu à préciser que les propos tenus par le deuxième vice-président du Sénat lors de son point de presse n’engage pas cette institution. 

Son regroupement politique (AFDC-A) s’est immédiatement désolidarisé de ses propos, montrant son soutien au président de la République, Félix Tshisekedi. Une pétition visant à le faire tomber du bureau de la chambre haute du parlement a été initiée. L’initiative portée par le sénateur Dany Kabongo a déjà récolté plus de 37 signatures. L’auteur de la pétition reproche à Modeste Bahati d’avoir tenu des propos jugés « incorrects » et « d’un manque de respect » au président de la République, Félix Tshisekedi en affichant son opposition au changement ou à la révision de la Constitution.         

L’homme politique Steve Mbikayi, ancien ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, s’en prend frontalement au sénateur Modeste Bahati, qu’il accuse de semer la confusion au sein de la majorité présidentielle à propos du débat sur la révision de la Constitution. Selon lui, la sortie médiatique de Bahati a agi comme « un pavé dans la mare », au moment où l’attention des Congolais est tournée vers la situation sécuritaire dans l’Est du pays et l’attente du retrait annoncé des forces d’occupation.

Bahati fait marche arrière et s’excuse… 

Face à la polémique grandissante, Modeste Bahati a rapidement tenté d’éteindre l’incendie. Dans une mise au point diffusée peu après, Modeste Bahati Lukwebo a présenté ses excuses tout en clarifiant ses propos. « Ma réponse a été mal comprise lorsque je disais qu’il faut d’abord changer de mentalités avant de changer la Constitution et donc le problème des textes ne se pose pas mais c’est plutôt un problème d’application par les hommes. Nulle part, il est sorti de ma bouche que je m’opposais à la modification de la Constitution. J’avais plutôt suggéré qu’on en débatte dans le cadre de l’Union sacrée de la Nation », a-t-il expliqué, avant de renouveler sa loyauté au chef de l’Etat Félix Tshisekedi. Pour Bahati, « certains se sont accrochés à quelques passages, les sortant de leur contexte ». Il était interrogé, ce jour-là, sur un slogan largement vulgarisé ces derniers temps par les sympathisants du pouvoir qui affirment que « Tshisekedi n’a pas de mandats, mais plutôt de mission », sollicitant la prolongation de son bail à la tête du pays. En réaction, Bahati Lukwebo affirmait qu’il considère le Chef de l’État comme un républicain disposant d’un mandat qui s’achève en 2028, avant d’envisager toute autre possibilité.

Une boite de pandore rouverte  

Mis dans le tiroir suite à l’aggravation du conflit sécuritaire dans l’Est du pays, le débat sur la révision ou le changement de la Cconstitution est remis à jour. L’intervention de Modeste Bahati sur le sujet a rouvert la boite de pandore. Malgré ses clarifications, la controverse persiste. Le 7 mars 2026, lors d’une « matinée politique » au siège de l’UDPS à Kinshasa, Augustin Kabuya, secrétaire général de ce parti, a déclaré : « Soyez calmes, nous allons toucher à cette Constitution ».A Luozi, au Kongo Central, où il était en meeting, le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, a carrément appelé à un « troisième mandat » pour Félix Tshisekedi et au changement de la Constitution. Dans le stade Budimio de la cité de Luozi, acquis à sa cause, il a lancé l’opération intitulée « Tout droit ti na 3 » (tout droit au 3e mandat, Ndlr) pour marquer la position de son parti, Autre Vision du Congo (AVC), sur la question.

La société civile désapprouve ce débat en pleine guerre 

Dans les rangs de l’opposition comme au sein d’une partie de la société civile, certains estiment que les propos entendus ces derniers jours traduisent une volonté latente de rouvrir un débat « clivant » qui divise profondément le pays. Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) s’est montré opposé aux velléités du régime en place de vouloir à tout prix modifier la constitution au moment où l’intégrité du territoire reste menacée dans les provinces des Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri, où des Congolais sont massacrés, d’autres obligés de se déplacer pour fuir la mort. Dans un communiqué, ce mouvement dénonce une tentative de vouloir accorder « un bail permanent » au président Tshisekedi. Selon la LUCHA, l’ambition de l’Union Sacrée de la Nation est non seulement une « erreur politique » mais surtout une « indécence criminelle », insistant que la priorité n’est pas celle-là mais la récupération des terres conquises par l’AFC/M23. « Nous n’accepterons aucune confiscation de notre démocratie », rappelle ce mouvement, citant l’article 64 de la Constitution qui impose le devoir de faire échec à quiconque détient le pouvoir en violation des dispositions constitutionnelles.

Lors d’un discours prononcé à Kisangani le 23 octobre 2024, le président de la République, Félix Tshisekedi, avait proposé des mesures visant à modifier la Constitution du pays, laissant planer la possibilité d’une modification de la limitation du nombre de mandats présidentiels. Il avait qualifié la Constitution actuelle de « dépassée » et « pas adaptée aux réalités du pays ». Il avait annoncé son intention de mettre en place une commission chargée de rédiger une nouvelle constitution en 2025, tout en précisant qu’il appartiendrait au peuple de décider de l’éventuelle suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels. Mais avec la guerre dans l’Est du pays, ce projet avait été mis en veilleuse.    

Avec le retour de ce débat, reste à savoir si cela pourrait raviver les tensions politiques au pays. Dans un contexte où la question constitutionnelle demeure hautement sensible en République démocratique du Congo, chaque mot prononcé par un acteur politique – surtout détenant des fonctions officielles – semble désormais pesé et parfois lourd de conséquences.

Heshima

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Guerre dans l’Est de la RDC : les femmes, premières victimes d’un conflit chronique

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Depuis plus de trente ans, l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) est le théâtre de conflits armés récurrents. Au cœur de cette tragédie humanitaire, les femmes paient le prix le plus lourd : violences sexuelles, déplacements forcés, perte des moyens de subsistance et traumatismes durables. En 2025, au moins 1 534 victimes, dont une majorité écrasante de femmes et de filles ont été violées, selon l’ONU. En tête de la liste des violeurs, la rébellion de l’AFC/M23.     

Dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, les affrontements entre groupes armés, milices locales et forces régulières plongent les populations civiles dans une insécurité chronique. Si toute la société congolaise subit les conséquences de cette guerre prolongée, les femmes en sont incontestablement les principales victimes. Les violences sexuelles sont devenues une arme de guerre utilisée pour terroriser les communautés et contrôler les territoires. Des milliers de femmes et de jeunes filles sont chaque année victimes de viols, d’enlèvements et d’esclavage sexuel. Ces crimes laissent des séquelles physiques et psychologiques profondes, aggravées par la stigmatisation sociale qui frappe souvent les survivantes.

Plus de 1500 victimes de violences sexuelles en 2025

Le 9 mars 2026, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a tiré la sonnette d’alarme sur la persistance des violences sexuelles liées au conflit dans l’Est de la RDC. Selon son dernier rapport, au moins 1 534 personnes ont été victimes de ces crimes en 2025, dont une majorité de femmes et de filles, dans un contexte marqué par l’occupation de plusieurs zones par l’AFC/M23 et d’autres groupes armés. Dans ce rapport, le BCNUDH dénonce l’usage persistant du viol comme arme de guerre et met en garde contre l’émergence d’une génération d’enfants nés de ces violences et confrontés à la stigmatisation. Selon les données collectées en 2025, cet organisme onusien a documenté 887 cas de violences sexuelles ayant affecté 1 534 victimes, dont une majorité écrasante de femmes (854) et de filles (672). D’après ce document, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu concentrent près de 80 % des victimes, confirmant que l’Est du pays demeure l’épicentre de cette tragédie humanitaire dans un contexte de conflit armé persistant.

Le BCNUDH accuse les groupes armés opérant dans ces zones d’être impliqués dans environ 75 % des violences documentées, avec le Mouvement du 23 mars (M23) – aujourd’hui intégré à la coalition AFC/M23 – cité comme l’un des principaux responsables, avec 439 victimes recensées. D’autres groupes armés sont également cités dans ce rapport, notamment les milices Wazalendo, la CODECO, les groupes Maï-Maï, les FDLR et les ADF. Au-delà des chiffres, le rapport décrit des crimes d’une extrême gravité. Des femmes et des jeunes filles seraient maintenues en captivité dans certaines zones contrôlées par des groupes armés et soumises à des viols répétés, à l’esclavage sexuel et à des grossesses forcées. Ces violences donnent également naissance à des enfants souvent rejetés par leurs familles et confrontés à la stigmatisation sociale. Le BCNUDH souligne par ailleurs que si environ 70 % des survivantes reçoivent des soins médicaux d’urgence, moins de 2 % bénéficient d’une prise en charge complète, incluant l’assistance psychologique, sociale et juridique. 

Des femmes assument seules la survie des familles…

À ces violences s’ajoutent les déplacements massifs de populations. Dans les camps de fortune, les femmes doivent assumer seules la survie de leurs familles, souvent après la disparition ou la mort de leurs conjoints. Elles parcourent de longues distances pour chercher de l’eau, du bois ou de la nourriture, s’exposant encore aux agressions et aux abus. Le conflit a également détruit une grande partie du tissu économique local. Dans une région où l’agriculture constitue la principale source de revenus, l’insécurité empêche les femmes d’accéder aux champs et aux marchés. Beaucoup perdent ainsi leur autonomie financière, ce qui accentue la pauvreté et la dépendance.

Malgré ce contexte dramatique, de nombreuses Congolaises se mobilisent pour la paix. Associations locales, réseaux de survivantes et organisations communautaires s’engagent pour soutenir les victimes, promouvoir la justice et reconstruire le tissu social. Leur courage et leur résilience sont devenus des piliers essentiels dans la quête de stabilité dans la région. Alors que la guerre continue de ravager l’Est de la RDC, la situation des femmes rappelle l’urgence d’une réponse durable, à la fois sécuritaire, humanitaire et judiciaire. Car au-delà des statistiques et des rapports internationaux, ce sont des millions de vies brisées qui attendent encore que la paix devienne enfin une réalité.

Heshima

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30 ans d’insécurité dans l’Est de la RDC : des solutions envisagées sont-elles durables ?

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Depuis plusieurs décennies, l’Est de la République démocratique du Congo demeure le théâtre de violences armées récurrentes. Entre rivalités pour le contrôle des ressources naturelles, présence de groupes armés et tensions régionales, cette instabilité continue d’avoir de lourdes conséquences sur les populations civiles et le développement du pays. Les solutions envisagées actuellement par le président de la République, Félix Tshisekedi, peuvent-elles mettre définitivement un terme à ces trois décennies de violences ? Tentative de réponse.

La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo reste l’une des crises les plus complexes et prolongées du continent africain. Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri sont régulièrement secouées par des affrontements entre groupes armés, forces gouvernementales et parfois des acteurs étrangers. Plusieurs facteurs expliquent cette insécurité chronique. D’abord, la présence de nombreux groupes armés locaux et étrangers qui se disputent le contrôle des territoires et des ressources naturelles, notamment l’or, le coltan et d’autres minerais stratégiques. Ces ressources, essentielles pour l’économie mondiale, alimentent souvent une économie de guerre et renforcent les capacités de ces groupes.

Ensuite, les tensions communautaires et les conflits fonciers contribuent également à l’instabilité. Dans certaines zones, les rivalités entre communautés pour l’accès à la terre et au pouvoir local exacerbent les violences. C’est le cas de Hema et Lendu dans la province de l’Ituri. À cela s’ajoute la faiblesse de l’autorité de l’État dans certaines régions, où les institutions publiques peinent à assurer la sécurité et les services de base.

Les conséquences de cette situation sont dramatiques pour les populations. Des milliers de civils sont victimes de violences, tandis que des millions d’autres sont contraints de fuir leurs villages pour se réfugier dans des camps de déplacés. L’insécurité perturbe aussi l’agriculture, le commerce et l’éducation, aggravant la pauvreté et freinant le développement local.

Des solutions envisagées sous Tshisekedi

La crise sécuritaire qui secoue l’Est de la RDC demeure l’un des défis majeurs pour les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux. Pour de nombreux analystes de cette situation chronique, la première solution passe par le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité de la RDC. Une armée mieux formée, mieux équipée et mieux encadrée pourrait jouer un rôle déterminant dans la protection des populations et la restauration de l’autorité de l’État dans les zones sous influence des groupes armés. Sur ce point, Félix Tshisekedi a mis en place à travers le gouvernement et le parlement une loi de programmation militaire qui assure une montée en puissance des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Cette loi de programmation militaire prévoit que 30 % du budget général de l’Etat soit alloué aux forces de défense et de sécurité. Ces crédits visent à renforcer l’équipement militaire, améliorer la logistique et assurer une meilleure prise en charge du personnel militaire et policier. Ces chiffres représentent une progression par rapport au budget précédent qui consacrait 13,12 % pour l’ensemble de défense, sécurité publique et justice.

Une présence efficace de la police 

La RDC a entamé depuis quelques années un processus de réforme profonde du secteur de la sécurité. Après la loi de Programmation militaire, le gouvernement avait présenté en mai 2025 un projet de loi ambitieux au Parlement pour refonder la Police nationale congolaise (PNC) une institution souvent critiquée pour des dérapages et divers abus. Pour réformer cette grosse machine de sécurité, le gouvernement met des grands moyens : 2,3 milliards de dollars sont prévus sur cinq ans, soit de 2025 à 2029. Le 16 mai 2025, le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité Jacquemain Shabani avait défendu ce projet de loi à l’Assemblée nationale. Le texte prévoit un programme de réformes qui va nécessiter la mobilisation de moyens considérables. Il prévoit de former 90 000 policiers pour renforcer l’effectif.

En sous-effectif quasi permanent, la police a toujours du mal à accomplir efficacement sa mission régalienne. Il se constate une répartition inégale des effectifs sur le territoire national. Au Sud-Kivu, par exemple, après le départ des casques bleus pakistanais, la Police nationale congolaise n’avait pas pu réoccuper pleinement la province. Fin avril 2024, plus de la moitié des 115 policiers censés occuper la base de Kamanyola l’avaient désertée, selon le constat d’un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Le peu de policiers qui restaient se plaignaient de leurs conditions de vie et de l’absence de rémunération. « Un policier qui passe deux jours sans manger alors qu’il a une arme, ça devient facile pour lui d’attaquer de paisibles citoyens » pour se ravitailler, dénonçait Joe Wendo, un acteur de la société civile locale.

Pour une paix durable, les provinces de l’Ituri, du Nord et du Sud-Kivu devraient bénéficier d’un nombre considérable de policiers pour assurer l’autorité de l’Etat dans les parties ayant subi l’insécurité des groupes armés.   

Des programmes fonctionnels de démobilisation 

La réintégration de certains combattants à travers des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) pourrait contribuer à réduire la violence sur le terrain. Ce processus doit cependant s’accompagner d’efforts de réconciliation entre communautés, souvent divisées par des rivalités anciennes liées à la terre, à l’identité ou au pouvoir local. Ces programmes de démobilisation doivent être fonctionnels pour assurer que les combattants démobilisés ne retourneront plus dans la brousse pour reprendre des activités subversives.       

En parallèle, plusieurs experts insistent aussi sur la nécessité d’un dialogue politique inclusif au niveau du pays mais aussi de la région. La coopération régionale apparaît également comme un levier essentiel. Les tensions et les accusations mutuelles entre pays voisins compliquent souvent la résolution du conflit. Un dialogue sincère et une collaboration sécuritaire renforcée entre les États de la région pourraient permettre de limiter le soutien ou la circulation des groupes armés à travers les frontières. C’est aussi le sens de l’Accord de Washington signé entre le Rwanda et la RDC le 27 juin et paraphé le 4 décembre 2025 par les présidents Paul Kagame du Rwanda et Félix Tshisekedi.

Par ailleurs, la gouvernance des ressources naturelles constitue un enjeu majeur. Une exploitation transparente et réglementée des minerais stratégiques, combinée à une lutte efficace contre les circuits illégaux, pourrait réduire le financement des groupes armés et favoriser une meilleure redistribution des richesses au profit des populations locales. Il faut couper le pont du pillage des ressources naturelles effectué par le Rwanda et l’Ouganda.   

Si la pacification de l’Est de la RDC représente un défi majeur, elle reste une condition essentielle pour garantir la sécurité des populations et ouvrir la voie à un développement durable. Seule une approche combinant action militaire, dialogue politique et réformes économiques permettra d’espérer une paix durable dans cette région meurtrie. Et Julien Paluku, ancien gouverneur du Nord-Kivu et ministre du Commerce extérieur, a pris le risque d’annoncer que la rébellion de l’AFC/M23 est la dernière en RDC. « Le gouvernement et le président de la République ont coupé toutes les branches qui servaient de prétexte au Rwanda » pour attaquer la RDC, a-t-il déclaré. Les accords de Washington, qui ont un volet économique important, pourraient aussi changer l’histoire de cette région congolaise meurtrie depuis 30 ans.

Heshima Magazine     

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