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Mobutu, 24 ans après De la dictature à la démocratie

Avec la chute du régime de Mobutu le 17 mai 1997, consécutivement à la prise du pouvoir par l’AFDL, la RDC a connu un tournant majeur de son histoire qui marque son passage de la dictature à la démocratie. 24 ans après, quelles sont les leçons à tirer de ce parcours ?

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Depuis son accession à la magistrature suprême, le 24 novembre 1965, Mobutu a été l’incarnation de la dictature en RDC. Après les soubresauts au lendemain de l’indépendance du pays qui ont entrainé la mort ( Lumumba, Mulele…) ou le départ en exil (Laurent-Désiré Kabila, Gbenye…) des lumumbistes dans lesquels il est impliqué, sa marque est encore manifeste juste après les premières élections générales, législatives nationales et provinciales organisées à Léopoldville en 1965.

Malgré le triomphe du cartel de la Convention nationale congolaise (Conaco) de Moïse Tshombe qui les remporte largement avec un total de 122 élus sur 167, soit 73% des suffrages exprimés, avec une majorité absolue acquise à la chambre des représentants, un coup d’Etat militaire dirigé par le colonel Mobutu met un terme à l’installation de ce régime démocratique sous le prétexte du désordre causé par la classe politique constituée de 44 partis politiques.

 Cet événement, intervenu le 24 novembre 1965 qui marque le début de la Deuxième République est le commencement d’une longue période dictatoriale au cours de laquelle Mobutu s’imposera par l’instauration du MPR, d’abord parti unique puis, Parti-Etat.

Le début de la fin

Malgré le caractère dictatorial de son régime, Mobutu doit gérer les frustrations des différents clans et sensibilités qui le composent. Sur le flanc militaire, il doit combattre le FLNC, d’anciens gendarmes katangais de l’époque de Moïse Tshombe réfugiés en Angola depuis la défaite de ce dernier sur la scène politique congolaise. A deux reprises, lors de Shaba I (ancienne appellation du Katanga) en 1977, puis de Shaba II en 1978, Mobutu a dû recourir à ses alliés pour sauver son régime. Il en est de même pour stopper les attaques de Laurent-Désiré Kabila de Moba I (1984) et Moba II (1985).

A l’interne, malgré l’autoritarisme du régime monolithique du MPR-Parti, 13 parlementaires, parmi lesquels Etienne Tshisekedi, prennent le risque de le défier. Ils lui adressent le 1er novembre 1980 une lettre ouverte pour lui signifier la nécessité de démocratiser le système politique afin de freiner la détérioration de la situation socio-économique du pays.

Entre ces mouvements de rébellion et la contestation interne non-violente, Mobutu réagit par l’appel à des puissances extérieures pour les premières et la répression pour les seconds sous forme d’arrestations, de bannissements, de sévices…

Alors que ce mouvement de résistance intérieure conduira à la constitution d’une force politique sous forme d’un parti crée le 15 février 1982 sous la dénomination de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). On retrouve notamment à sa tête Etienne Tshisekedi et Marcel Lihau.

 Le régime de Mobutu ne cesse de montrer des signes d’affaiblissement. En même temps, le combat pour la démocratisation du pays trouve un puissant allié dans le vent de la perestroïka consécutif à l’éclatement de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) et parallèlement à ce contexte, la France, grande puissance, lie désormais à l’instigation de François Mitterrand l’aide publique aux pays africains à l’instauration du multipartisme à travers son discours de La Baule.

Mobutu est contraint de se plier à tous ces coups de boutoir. Le 24 avril 1990, les larmes aux yeux et plein d’émotions, Mobutu met fin au MPR, Parti-Etat. Celui-ci devient un fait privé et préconise la création de deux autres partis politiques au côté de ce dernier, l’existence de l’UDPS allant de soi parmi ceux-là afin de canaliser la nouvelle marche démocratique du pays.

S’ensuit une Conférence nationale souveraine au cours de laquelle les forces politiques favorables à Mobutu et celles de l’opposition tentent avec beaucoup de difficultés à démocratiser les institutions dans le cadre d’un « partage équilibré et équitable du pouvoir », selon l’expression consacrée. Etienne Tshisekedi est porté à plusieurs reprises à la tête du gouvernement et démis tout aussi régulièrement sous fond de rivalités entre pro-mobutistes et entre opposants.

ler six gouvernements du 24 avril 1990 au 31 décembre 1992, dont l’un d’Etienne Tshisekedi d’une durée de seulement trois jours !

Dans l’entretemps, la situation socio-économique ne fait que se dégrader. Le pays doit faire face à deux pillages, l’un en septembre 1991 et l’autre en janvier 1993. L’inflation valse à un rythme effréné de plus de 4.000% l’an avec même une pointe de 10.000% en 1994 !

  Le régime de l’AFDL

Après trois ans de marche forcée d’Est en Ouest, le 17 mai 1997, Mobutu doit courber l’échine devant l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila, après une ultime tentative de négociation ratée sur l’Outenika sous l’égide de Nelson Mandela. Cette prise du pouvoir sonne le glas des institutions du pays qui reprend son ancien nom de Congo. Laurent-Désiré Kabila promulgue un Décret-loi constitutionnel en lieu et place de l’Acte constitutionnel de la transition de 1994 qui avait donné naissance au Haut-Conseil de la République ( HCR-PT) au sein duquel se déroulaient les tractations politiques des différents clans.

Laurent-Désiré Kabila met alors en veilleuse les activités des forces politiques et une longue période de transition s’ouvre à nouveau, jalonnée de multiples rebellions sous le prétexte d’imposer davantage de démocratie confisquée. Consécutivement à des dissensions internes au sein de l’AFDL, le 2août 1998 éclate la rébellion du RCD, soutenue par le Rwanda et sera suivie de celle du MLC de Jean-Pierre Bemba, soutenue par l’Ouganda, tous deux anciens alliés de l’AFDL. D’autres mouvements rebelles suivront comme le M23, le CNDP et autres pendant qu’une opposition interne, dont l’UDPS, mène une lutte pacifique.


Sur ces entrefaites, Laurent-Désiré Kabila est assassiné le 16 janvier 2001. Aussitôt, Joseph Kabila lui succède. Il entame des négociations avec les parties belligérantes qui occupent le Nord-Est du pays. A l’issue de l’Accord global et inclusif négocié à Sun City, une formule inédite dite 1+4 est instaurée : le pays est dirigé par un président et 4 vice-présidents, soit une répartition entre le pouvoir de Kinshasa, l’opposition interne, les rebelles du RCD et du MLC. Cette paix des braves conduira à la promulgation, le 18 février 2006, de la Constitution de la IIIème République.

La IIIème République

La nouvelle Constitution organise les premières élections générales et pluralistes au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Le président de la République dispose de deux mandats non renouvelables. L’Assemblée nationale comprend 500 députés également élus au suffrage universel direct comme les députés provinciaux. Lors du premier cycle électoral (2006-2011), Joseph Kabila est élu président de la République en battant Jean-Pierre Bemba, alors que l’UDPS dirigé par Etienne Tshisekedi boycotte les suffrages. La proclamation des résultats entraîne des troubles de la part des partisans de Jean-Pierre Bemba qui les contestent.

A l’occasion du deuxième cycle électoral (2011-2016), Joseph Kabila rempile face à Etienne Tshisekedi qui réfute à son tour les conclusions des élections. Son parti représente toutefois la première force politique à l’Assemblée nationale avec 42 députés nationaux.

Cependant à l’approche du terme de ce deuxième cycle électoral, le pays est sous tension : Joseph Kabila, arrivé à la dernière possibilité de postulé, est soupçonné de vouloir se maintenir à la tête du pays. Malgré les efforts de l’opposition pour déjouer les manœuvres du pouvoir, un glissement devient inévitable par rapport au calendrier électoral fixé par la Constitution.

 Afin d’obtenir un consensus entre parties prenantes, un gouvernement d’union nationale est mis en place à la tête duquel est nommé un Premier ministre provenant de l’opposition. L’Accord de la Cité de l’Union africaine qui en est le soubassement, abouti à la nomination de Samy Badibanga, étiqueté UDPS. Toutefois, en raison de la contestation de cette nomination, par ailleurs source de plusieurs manifestations violentes, la classe politique se réunit pour garantir davantage d’inclusion.

Sous la médiation de la conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), en dépit de critiques inévitables, l’Accord de la Saint-Sylvestre est signé le 31 décembre 2016, portant à la primature, un autre opposant de l’UDPS, Bruno Tshibala. Après un report de deux ans, les élections se tiennent enfin le 30 décembre 2018 en dépit des multiples contestations sur son organisation, notamment l’utilisation de la machine à voter. Joseph Kabila ne brigue pas un troisième mandat tel que prévu par la Constitution. Son dauphin est battu. Félix Tshisekedi est élu le 10 janvier 2019, président de la République avec 38,57% des suffrages exprimés.

Il n’empêche, la famille politique de Joseph Kabila, le Front commun pour le Congo ( FCC) remporte le plus d’élus au sein de l’Assemblée nationale et de la plupart des assemblées provinciales. A lui seul, le FCC rafle 351 sièges à l’Assemblée nationale.

Devant les deux options qui se présentaient dans ce cas de figure, c’est-à-dire soit la cohabitation, soit la coalition, le choix porté sur cette dernière a de ce fait associé les 48 députés du Cap pour le changement (CACH ) de Tshisekedi à ceux du FCC.

Malheureusement, les nombreux couacs qui ont émaillé cette alliance, certains diront contre-nature, a finalement entraîné son rejet à la suite de larges consultations initiées par le président Tshisekedi en novembre 2020.

 Dès lors, l’Union sacrée de la nation constituée d’une nouvelle majorité de 391 élus qui en a résulté, représente dans un certain sens l’expression d’une volonté à préserver le bon fonctionnement de la démocratie congolaise. Ses adhérents ont ainsi su faire preuve d’une capacité à transcender les visées partisanes au détriment de l’intérêt de la population et ce, en dépit des critiques formulées sur le non-respect des règles classiques du jeu démocratique.

Une maturation irréversible

Les enseignements des différentes péripéties de la vie politique congolaise indiquent clairement qu’au-delà des obstacles qui se dressent sur sa voie, la détermination de la consolidation de la démocratie est évidente. Le président Tshisekedi a fait part de ce constat dans son discours sur l’état de la nation de 2020 lorsqu’il déclare que « le processus de la maturation de notre démocratie est irréversible ».

24 ans après le départ de Mobutu, la marche démocratique déjà amorcée tant bien que mal sous son règne se caractérise ainsi par une constance : la récurrence de la versatilité des politiciens, mus pour la plupart par un appétit égoïste, les conduisent à des vagabondages les poussant à nouer des alliances pour les défaire avant d’en constituer d’autres.

Néanmoins, malgré la déception que cet état d’esprit peut occasionner auprès du souverain primaire, l’intérêt manifeste à l’égard de ce mode de gouvernance ne s’en démord pas, car son absence est souvent l’une des causes principales de manque de développement et de conflits socio-politiques avec leur lot de morts inutiles. L’espoir de voir la démocratie donner les fruits escomptés, réside de la sorte dans la maturité des électeurs à opérer les choix judicieux, élection après élection.

 Noël NTETE

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Antoinette N’samba au cœur de la révolution minière

Lors de sa dernière visite dans l’espace katangais, le chef de l’Etat a sonné la fin de la recréation dans le secteur minier, jurant que les minerais stratégiques dont la RDC regorge une grande part mondiale doivent désormais bénéficier aux Congolais. La nouvelle Ministre des mines, Antoinette N’Samba a ainsi la mission de matérialiser cette volonté présidentielle.

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« Le Congo tout entier sera dans les tous prochains jours, la capitale mondiale des minerais stratégiques puisque nous avons à peu près 60% des minerais stratégiques que le monde entier est en train de regarder. Je dis que ça ne peut plus continuer ainsi que le reste du monde avance et la RDC recule. Il faut que nos jeunes aient de l’emploi, étudient ; Il faut que nos mamans soient bien habillées ; Il faut que nos papas aient une bonne pension », martelait le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, le 13 mai lors de son adresse à la population de Kolwezi dans la province du Lualaba.

 Le chef de l’Etat, qui a rappelé la même position ferme aux industriels miniers sur place, doit compter sur l’apport d’une Warrior : Antoinette N’Samba, la nouvelle Ministre des mines.

L’ancienne cheffe de division à l’Inspection des mines a donc la lourde mission de matérialiser cette volonté politique du premier citoyen congolais qui en a marre de voir « depuis des années des étrangers venir ici avec des poches vides et rentrer chez eux milliardaires pendant que nous restons pauvres ».

Code minier

 Pour réussir ce qui a tout l’air d’une révolution minière annoncée, Antoinette N’samba va devoir, en premier lieu, baser sa stratégie sur la revisitation de la loi minière et les textes réglementaires.

La RDC a révisé le Code minier en mars 2018 partant effectivement du constat amer selon lequel les minerais ne profitaient pas du tout aux communautés locales. Le nouveau Code favoriserait l’accroissement du niveau de contrôle de la gestion du domaine minier de l’Etat, des titres miniers et des carrières. Il reprécise les éléments relatifs à la responsabilité sociale et environnementale des entreprises minières à l’égard des communautés affectées par leurs projets. Aussi, équilibre t-il le régime fiscal, douanier et de change dans le cadre du partenariat entre l’Etat et les opérateurs miniers. Il y avait aussi ce besoin législatif de conformer le Code minier à l’évolution du contexte politico-administratif, marqué par l’avènement d’une nouvelle Constitution en 2006.

L’avantage de l’Etat congolais est qu’il a placé à la tête de ce ministère une spécialiste qui a œuvré toute sa vie professionnelle au sein de l’administration minière. Elle connaît si bien les enjeux et les défis du secteur qu’elle part avec un avantage dans la mise en place rapide des réformes attendues.

 « Accompagner la volonté du chef de l’Etat »

« Nous allons travailler de commun accord avec tous les administratifs ainsi que les services spécialisés du secteur minier afin que demain, on puisse parler de la RDC, un pays qui a plein de substances minérales qui doivent profiter à la population congolaise », avait déjà juré la successeuse de Willy Kitobo lors de sa prise des fonctions le 28 avril.

Devant une délégation de députés nationaux, de l’Ituri et du Haut Uélé ainsi que des experts de la Sokimo le 20 mai, Antoinette N’Samba a promis d’accompagner « la volonté du chef de l’Etat de revisiter les contrats miniers dans l’intérêt du peuple congolais ». 

Pour ce fruit de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), c’est une manière de matérialiser la vision  » Le Peuple d’abord ».

Entreprise Générale du Cobalt (EGC)

La demande mondiale du cobalt, précieux pour la fabrication des voitures électriques et des composantes des téléphones mobiles de dernière génération, va passer de 145 000 tonnes en 2020 à 290 000 tonnes en 2030.

 Et la RDC qui représente plus de 63% de la production mondiale de cobalt, a anticipé avec la création, en 2019, de l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), qui va encadrer l’achat et la commercialisation du cobalt artisanal responsable qui représente le 1 tiers de la production congolaise dominée par des entreprises étrangères qui ont eu des parts importantes à partir des années 2000.

Antoinette N’Samba devrait donc veiller au bon fonctionnement de l’EGC qui a lancé ses activités fin mars dernier. Le gouvernement Sama Lukonde qui promet de tripler le budget national au cours de ces trois prochaines années, compte sur le secteur minier qui est, en attendant la diversification effective de l’économie nationale, le seul capable de provoquer le miracle congolais.

 Socrate Nsimba

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Tribune: La RD Congo doit arrêter l’approche de bouc émissaire dans les relations internationales

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C’est avec grand intérêt que je suis l’évolution de la situation sécuritaire de notre pays depuis l’instauration de l’état de siège dans la partie Est de notre pays.

Beaucoup de déclarations ont depuis lors été lues et entendues, émanant d’éminentes personnalités, les unes étant pour, les autres défendant la position contraire.

Ici, comme compatriote éclairé et avisé, et comme ancien collaborateur du secrétaire général d’Amnesty International, j’aimerais partager mon point de vue.

Ne voyons pas toujours le mal ailleurs. Ne laissons pas aux autres nations la responsabilité de défendre notre pays, la RDC. Si nous ne le faisons pas, alors ne condamnons pas les autres pays quand ils défendent leurs nations.

Pour les récentes déclarations du Chef de l’Etat Rwandais concernant l’instabilité chez nous, ma lecture de ses déclarations est que le Rwanda est désolé que les commanditaires du rapport ne semblent pas s’ afficher et compléter le rapport qui accuse cinq pays. L’hypothèse sur le double génocide est une approche vue par le Rwanda comme une stratégie de diluer ou nier le vrai génocide délibéré des tutsis, mais curieusement notre compatriote Dr. Denis Mukwege en fait son cheval de bataille, d’où la suspicion des forces invisibles derrière lui. Une politisation d’ un rapport non soumis à la vérification ni aux compléments de recherche suggérés dans ses conclusions. Ces considérations deviennent délicates et provocatrices aux Rd congolais du fait de notre fierté pour notre Prix Nobel.

Concernant l’instabilité à répétition à l’Est de notre pays, nous ne pouvons pas les nommer comme génocide, car c’est complexe comme contenu : Génocide signifie crime planifié visant à supprimer une ethnie, race, groupe social donné.


Mr. Jean-Pierre ALUMBA LUKAMBA
Directeur Exécutif International de la Diaspora Africaine pour le Développement,
Expert en Migration, Stratégie et diplomatie.

Tandis que ce qui se passe chez nous, par exemple : En Ituri, luttes fratricides de contrôle des ressources naturelles : eau, terres arables et hégémonie sociale. Conflit interethniques sans plan ni actions délibérés d’extermination. À Beni ça ressemble à la terreur sans choix de victimes.

 À Minembwe : rivalités ethniques sporadiques accompagnées de vols de bétail avec meurtres de temps en temps mais sans effort délibéré d’éradication d’un groupe social donné. Je pense que nous devons d’abord documenter les massacres : victimes, survivants, causes et acteurs des tueries et après définir exactement de quoi il s’agit de génocide ou massacres etc. Ce n’est pas le nombre qui détermine le nom mais l’idéologie et la méthode de chasse à l’homme.

Tous les intérêts des pays ne convergent pas malheureusement même quand diplomatiquement tout semble être au beau fixe. Le Président Kagame défendait sa position par rapport aux allégations du rapport Mapping sur le Rwanda suggérant qu’il y a eu génocide des hutus réfugiés dans les camps des réfugiés alors que le Rwanda les a libérés des mains des génocidaires armés et rapatriés au Rwanda. A mon humble avis, je ne pense pas qu’il avait l’intention d’ignorer la violence au quotidien que nos compatriotes de l’Est subissent. La rwandophobie suite à l’intox fait que les messages ne sont pas lus en lignes mais entre les lignes. Concernant le soutien à nos FARDC, j’estime que nos militaires au front n’ont pas besoin de notre pitié nationale. La meilleure façon de les soutenir, c’est d’améliorer leurs conditions de vie et de travail. Un budget national conséquent devrait être alloué pour la défense, les renseignements et la protection de notre pays. La base d’une bonne armée c’est la discipline et la morale. Un militaire au front ne peut pas avoir une bonne morale aussi longtemps que sa prise en charge et celle de sa famille est précaire. Nos militaires et policiers méritent notre considération, dans le cadre de la redistribution de nos richesses nationales, ils doivent aussi être des bénéficiaires.

Notre pays va décoller le jour où nous allons collectivement avoir une vision commune pour le développement de notre pays, une vision qui va inclure une bonne politique de bon voisinage avec les 9 pays qui partagent leurs frontières avec nous, sur la défense, le sociale, l’éducation, la santé, l’énergie et surtout une lutte effective contre la corruption.

Bonne fête Africaine à tous mes compatriotes !

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Nicolas Kazadi : Nation un « digne technocrate » à la tête des Finances

Après deux mois d’interminable attente, le gouvernement du Premier ministre Sama Lukonde a enfin été publié. Parmi les figures qui font leur entrée dans cette équipe gouvernementale, on note celle de Nicolas Kazadi, parti de la diplomatie aux Finances.

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Portrait !

 Nicolas Kazadi, 55 ans, hérite d’un poste pour lequel l’opinion congolaise y pensait le moins. Mais sa présence dans le sillage des finances congolaises le prédisposait à être une des cartouches de Félix Tshisekedi à ce portefeuille stratégique.

 Quand il quitte le PNUD à Lomé (Togo) pour rejoindre son candidat à la présidentielle de décembre 2018, Nicolas Kazadi ne pouvait encore imaginer l’ascension locale qui l’attendait.

 Profil de technocratie

 Bien que politique, puisque présent au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) du vivant d’Etienne Tshisekedi jusqu’à ce jour, Nicolas Kazadi a cependant gardé son profil de technocrate. D’abord, en 1991, il décide de retourner au Zaïre et débute une carrière à la Banque centrale. Il devint un cadre jusqu’à son départ en 1995, quand il rejoint le ministère des Finances en tant que conseiller économique et financier du ministre.

En 1997, il retourne à la désormais Banque Centrale du Congo jusqu’en 1998, avant de partir en France pour rejoindre l’École Nationale d’Administration.

 Avant son départ pour l’Europe, il exerce comme membre de la Cellule Technique pour la Réforme Monétaire (CETEREM), l’équipe chargée de concevoir et de mettre en œuvre la réforme monétaire du nouveau Congo, sous le président Laurent-Désiré Kabila. Cela, avec la réintroduction du franc congolais.

En 2001, il retourne de nouveau au pays et devient directeur général de la Chambre de Commerce et d’Industrie de France à Kinshasa. En janvier 2002, il rejoint la Banque Africaine de Développement (BAD) à Abidjan, en tant que conseiller et directeur exécutif par intérim, représentant cinq pays d’Afrique centrale, en l’occurrence le Burundi, le Cameroun, le Congo, la RDC et la République centrafricaine.

Talent de négociateur

 Ayant quitté ses fonctions à Lomé en 2018, Nicolas Kazadi est nommé ambassadeur itinérant le 7 mars 2019. Avec cette casquette, il sera quasiment à tous les rendez-vous des négociations.

Dans un dossier où Dig Oil, un pétrolier sudafricain, a réussi à faire condamner la RDC, en 2018, à une indemnisation fixée à 617 millions de dollars pour lui avoir retiré le bloc 1 du lac Albert au profit de l’homme d’affaires israélien, Dan Gertler (avec ses firmes Caprikat et Foxwhelp), Nicolas Kazadi s’est particulièrement illustré dans des tractations pour tirer le pays d’affaire.

  Au cours des négociations les tractations, l’homme a réussi un « acte transactionnel » négocié avec Dig Oil. Ce qui a fait passer le montant des indemnisations dues au pétrolier sud-africain de 617 à 300 millions de dollars et l’octroi d’un nouveau permis au groupe pour résoudre ce litige.

« Digne » technocrate

Licencié en planification du développement à l’université Marien Ngouabi de la République du Congo, détenteur d’une maitrise en macroéconomie, Nicolas Kazadi a poursuivi d’autres études en France, à l’Université Paris I, Panthéon-Sorbonne, d’où il devient titulaire d’un diplôme de troisième cycle en économie.

 Lors de ses deux dernières années où il a exercé comme ambassadeur itinérant, cet économiste n’a pas lâché d’une seule semelle son domaine de prédilection. Il maitrisait déjà beaucoup de dossiers dans le secteur des finances.

Le 12 avril, jour de sa nomination au poste de ministre des Finances, son prédécesseur, José Sele Yalaghuli, n’a pas tari d’éloges à son sujet : « J’ai le réel bonheur de passer le flambeau à un digne technocrate qui est parfaitement au courant des dossiers. »

Un « digne technocrate » qui se confrontera à un défi colossal : celui de redresser les finances d’un pays qui peine à augmenter la mobilisation de ses recettes. Et même en pleine crise économique due à la pandémie de Covid-19, ce pays conserve toujours un train de vie des institutions ne reflétant pas la réalité économique du pays.

Dido NSAPU

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