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L’après KYUNGU : Richard MUYEJ la carte de Félix TSHISEKEDI pour 2023?

Le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi a perdu, depuis samedi 21 août 2021, son allié de taille dans l’ex-Katanga. Dans les salons politiques en haut lieu, on se triture déjà les méninges pour voir comment remplacer ce tribun qui galvanisait les foules katangaises. D’aucuns pensent déjà à Richard Muyej. Et voici pourquoi…

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Compagnon d’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, Antoine Gabriel Kyungu Wa Kumwanza a tiré sa révérence depuis Luanda, en Angola, où il était allé en soins médicaux. Celui que des Katangais appelaient affectueusement « Baba » (Papa) avait une aura indiscutable, capable de rassembler des foules, mais surtout de fédérer la population de cette partie de la république. Félix Tshisekedi avait fait de lui son plus grand allié, depuis son accession à la magistrature suprême. Même Moïse Katumbi faisait profil bas face à Kyungu Wa Kumwanza que l’on prenait pour un tireur qui ratait rarement sa cible.

Maintenant que le « Baba » n’est plus, qui pourrait fédérer les Katangais autour de la vision du chef de l’Etat ? La mort de ce baobab du KATANGA fait coïncider son agenda avec la dernière sortie médiatique de Moïse KATUMBI, un autre notable de cet espace qui garde encore des puissants réseaux à ce jour. Mais peut-on dire qu’il pourra rouler pour le Chef de l’État dans la perspective de 2023? Rien n’est moins sûr. Pénétrant par effraction sa récente interview sur Jeune Afrique, ses intentions pour 2023 sont mises à nu et à découvert. Pas besoin de voir les choses dans la pénombre de ses intentions, tout a été clair.

D’abord sur la loi appelée communément #Loi Tshani# que plusieurs militants de l’udps utilisaient sur la toile pour décourager ses ambitions présidentielles à peine voilées, il a tracé une ligne rouge. Comme pour conditionner sa participation à l’union sacrée à sa capacité d’être candidat en 2023. D’ailleurs, on serait en droit de croire qu’il ne fait même plus parti de l’union sacrée. Alors quelle carte pour le Chef de l’État en 2023 dans le grand KATANGA ? Richard MUYEJ sera un pion d’une importance capitale. La partie qui se bousculera pour l’avoir aura le grand KATANGA avec lui. Mais qui a l’avantage du rapprochement en cette période ? Le président de la République qui constate les évènements liés à la disparition de Baba KYUNGU aura tort de négliger, voire de minimiser la carte Richard MUYEJ.

Un peu comme un Bahati Lukwebo pour les Kivu, un Jean-Pierre Bemba pour le grand Equateur ou encore un Christophe Mboso N’kodia pour le grand Bandundu, Félix Tshisekedi est désormais un peu esseulé dans le grand Katanga. Un vide qu’il devait vite combler. Au Lualaba, pendant que la gouverneure intérimaire, Fifi Masuka, remue ciel et terre pour gagner la confiance du chef de l’Etat, elle reste cependant moins pesante sur l’échiquier katangais. Rien qu’au Lualaba, pendant le séjour prolongé de son titulaire à Kinshasa, la gouverneure adjointe a créé des dissensions aussi bien au sein de l’administration provinciale que dans les communautés. En juin dernier, dans ses accusations, un député provincial, Donat Tshimboj, évoquait notamment la chasse aux sorcières orchestrée par cette autorité intérimaire. « Tous ceux qui sont qualifiés de pro Muyej sont pourchassés, voire suspendus entre autres, les ministres, des agents du gouvernorat, dont 28 sont chassés.

Même les ouvriers engagés pour sa propre brigade du gouvernorat sont en grève, impayés depuis 3 mois », avait-il dénoncé, sans oublier d’épingler des tensions communautaires. Ce qui nécessite, pour le chef de l’Etat, un personnage du tempérament de Muyej pour garder le grand Katanga dans le giron du pouvoir, bien que possédant déjà un Premier ministre originaire de cette partie du pays. Au-delà du casting de son personnage fédérateur, Richard Muyej reste aussi bâtisseur. Ses réalisations dans le Lualaba parlent en sa faveur. Alors que son entité ne représentait qu’un vaste chantier minier – en dehors des infrastructures en majorité héritées de la colonisation – l’homme a su métamorphoser ce coin de la République. Un réseau d’infrastructures a vu le jour dans la province.

Des routes restées longtemps en terre battue ont été asphaltées. Comme un sanctuaire béni, le Lualaba se retrouve avec des grands gisements. Ayant pris la part du lion en termes de richesses exploitables par rapport aux trois autres provinces issues du démembrement (75% des minerais de l’ex-Katanga gisent au Lualaba), l’entité gérée jusqu’à décembre 2020 par Richard Muyej a montré un autre visage de modernité. A Kolwezi, routes, bâtiments publics, hôtels et lodges sentent un luxe récent. Et le reste du Lualaba n’est plus cette vaste étendue parsemée des carrières de mines, mais à ses côtés, des quartiers et cités se modernisent… Richard Muyej a initié le chantier d’une plate-forme aéroportuaire ambitieuse pour la province. Cet élan de bâtisseur pourrait être coupé si le gouverneur ne reprend pas ses fonctions au Lualaba. Ce qui risque d’être aussi un handicap pour le bilan du chef de l’Etat en 2023. Puisqu’il faudrait également convaincre les Congolais de cette partie du pays sur ce qui a été fait en leur faveur pour qu’en revanche, ils renouvellent leur suffrage au chef de l’Etat, Félix Tshisekedi.

Pour rappel, parti prendre part à la dernière conférence des gouverneurs des provinces à Kinshasa en décembre 2020, le gouverneur Muyej n’est jamais rentré dans sa province même après les soins médicaux en Afrique du Sud. Une mission de contrôle de l’IGF était passée en son absence au Lualaba. Les conclusions de cette inspection lui avaient été présentées par l’inspecteur général, Jules Alingete Key, dans la capitale congolaise et ils ne débouchent sur aucune poursuite. Ce qui permet à tout congolais de se faire idée.

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Affaire BUKANGA LONZO Quelle suite après le refus du Sénat ?

La chambre haute du Parlement a refusé de lever les immunités parlementaires des sénateurs Augustin Matata et Ida Kamoji cités dans la débâcle du parc agroindustriel de Bukanga Lonzo. Après ce revers, la justice a-t-elle encore des marges de manœuvre ?

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Humiliation de la justice ? Protection mutuelle des sénateurs ? Les questions continuent de se poser après ce qui s’est passé au Sénat. C’était pour le moins une sorte de douche froide que la justice a subie, le 15 juin dernier, au Sénat, après le refus des sénateurs de lever les immunités parlementaires de l’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo et de la sénatrice Ida Kamoji. Après un huis clos décrété à la chambre haute du Parlement pour l’examen du rapport de la commission spéciale chargée d’auditionner chaque sénateur concerné afin de présenter ses moyens de défense avant de procéder à la levée ou non de leurs immunités, la plénière a finalement tranché dans l’urne.

En effet, 46 sénateurs ont voté « Oui », 49 ont voté « Non » et un bulletin nul. « Par conséquent, le Sénat n’autorise pas les poursuites à charge du sénateur Matata Ponyo Augustin », a conclu le président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo. Une décision, bien que souveraine, mais qui passe mal  au sein de l’opinion. Pour Luzolo Bambi, ancien conseiller spécial de l’ancien Chef de l’Etat, Joseph Kabila, en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, le Sénat a humilié le peuple congolais à travers sa justice.

«Je considère la décision du Sénat comme une expression démocratique. Mais, en réalité, c’est une humiliation du peuple congolais à travers sa justice. Sans l’expression de la justice, il n’y a pas d’Etat de droit. Le peuple congolais est allé aux élections à 3 reprises pour qu’à travers la justice le bien-être soit assuré par l’avènement de l’État de droit au sein duquel les gouvernants et les gouvernés sont tous mis de manière égale sous la loi en dehors de tous privilèges des poursuites et des juridictions conçues dans le sens négatif. C’est-à-dire, la consécration de la justice à deux vitesses», a déclaré Luzolo Bambi Lessa.

La justice a d’autres voies…

 Cet ancien ministre de la justice pense que la justice a d’autres voies à explorer pour que l’ancien Premier ministre indexé dans ce dossier de Bukanga Lonzo réponde de ses actes. Luzolo Bambi pense que la justice s’est souvent arrêtée aux portes de l’Assemble nationale et du Sénat. Car, ces deux chambres, par expérience, n’autorisent jamais la levée des immunités parlementaires. Ce qu’il qualifie de « dénie » de démocratie.

« Je demande à la justice de poursuivre toutes les procédures  parce qu’elles ne sont pas encore épuisées. Il appartient à la justice de défendre le peuple congolais en usant de toutes les procédures possibles pour que chaque Congolais quel que soit son rang puisse rendre compte devant la justice. Et que ce soit seule la justice qui déclare quelqu’un innocent ou coupable », a-t-il fait savoir.

L’Assemblée fait un pas…

 Pendant ce temps, l’Assemblée nationale a visiblement refusé d’entrer dans l’œil du cyclone de l’opinion publique après les critiques portées contre le Sénat. Dans une plénière diffusée en direct, l’Assemblée nationale a fait un pas en votant massivement pour l’autorisation de l’instruction contre la députée Louise Munga citée également dans ce dossier de Bukanga Lonzo ainsi que l’élu Lumbu Kiala. Mais la chambre basse du Parlement a pris le soin de préciser : ce n’est pas une levée des immunités. Selon cette chambre, il est accordé au procureur général près la Cour de cassation juste une autorisation d’auditionner les élus incriminés. Et que si la justice réalise qu’il y a des éléments qui peuvent permettre leur mis en accusation, le procureur devra encore retourner à l’Assemblée nationale pour solliciter la levée de leurs immunités en vue de leur poursuite judiciaire. Dieu seul sait si une telle demande sera autorisée.

La débâcle

 Pour rappel, l’Inspection générale des finances (IGF) a qualifié de « débâcle » la gestion du projet du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo. Lors d’un point de presse tenu en septembre 2020, Jules Alingete a fait savoir que sur 285 millions de dollars américains décaissés par le gouvernement, l’enquête a révélé que 205 millions de dollars ont été perdus dans ce projet dont l’échec était planifié dès sa conception. Les inspecteurs ont noté dans leur rapport que parmi les causes de la débâcle figure le choix des partenaires non expérimentés ayant bénéficié en plus des marchés passés de gré à gré. L’IGF constate aussi une surfacturation de 1 à 10 pour l’acquisition des équipements et intrants. Elle ajoute que 80% de paiements des surfacturés étaient logés dans un compte bancaire en Afrique du Sud.

 Dido Nsapu

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Comment Jean-Marc Kabund est devenu incontournable?

Contre vents et marées, le président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’impose comme un véritable faiseur de rois sur la scène politique, mettant souvent sur le carreau ses détracteurs à l’intérieur comme à l’extérieur du parti présidentiel.

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Qui pouvait parier que ce jeune b a r o u d e u r venu du Haut-Lomami, nommé à la grande surprise secrétaire général de l’UDPS en août 2016 par Etienne Tshisekedi, allait devenir moins de cinq ans après, l’une des personnalités les plus influentes de la scène politique congolaise? Devenir à seulement 35 ans la deuxième personnalité du parti phare d’opposition dans une période politique aussi décisive (on était à quatre mois de l’expiration du deuxième et dernier mandat du président sortant Joseph Kabila, sans aucune assurance de la tenue des élections dans le délai) est loin d’être un cadeau.

Il fallait donc plus rapidement faire ses preuves alors que son prédécesseur, Bruno Mavungu était jugé complaisant si pas mou pour mener le combat de la contestation. Et Kabund n’a pas loupé l’occasion de s’affirmer, incarnant une aile dure ponctuée d’un discours cru contre le régime de Kabila. Les combattants apprécient et l’adoptent plus rapidement.

Premier test

Kabund réussit son premier grand test de mobilisation un mois après, un certain 19 septembre 2016, lors de la marche de l’opposition exigeant la convocation du corps électoral. L’UDPS paie le plus lourd tribut lors de ces manifestations qui ont fait des dizaines de morts. La nuit de la manifestation, son siège de Limete 11 ème rue est attaqué par un commando, brûlant vifs des combattants à l’intérieur du bâtiment. Après avoir boycotté les discussions de la cité de l’UA entre le pouvoir et l’opposition, conduites par le Togolais Edem Kodjo et ayant abouti à la nomination de Samy Badibanga (président du groupe parlementaire UDPS et alliés) comme Premier ministre, l’UDPS accepte enfin de participer au dialogue du Centre interdiocésain sous la modération des évêques catholiques. Avec Félix Tshisekedi et Valentin Mubake, Jean-Marc Kabund représente la délégation du parti. Mais l’accord de la Saint Sylvestre souffre de son exécution. L’UDPS refuse la condition de proposer trois noms au poste de Premier ministre.

Le 1er février 2017, coup de tonnerre : Etienne Tshisekedi décède à Bruxelles. Le parti reste orphelin. C’est le moment que choisi le pouvoir pour semer la division, en débauchant encore un autre cadre, Bruno Tshibala, fraichement sorti de prison depuis son arrestation à la suite des évènements du 19 septembre 2016. « On savait que Tshibala fréquentait, à partir de la prison, les gens du pouvoir », nous confiera Augustin Kabuya, alors secrétaire général adjoint chargé de la communication. Lui, Kabund et Félix Tshisekedi restent fidèles à la ligne dure du parti et préfèrent se réorganiser à l’interne en vue des prochaines échéances.

Nouvelle légitimité

 Mars 2018, le parti organise son premier congrès de l’histoire qui aboutit à la désignation de Félix Tshisekedi comme président national en remplacement de son père décédé. Fatshi va reconduire Jean-Marc Kabund comme secrétaire général, douchant ainsi les espoirs de ceux qui ne voulaient plus le voir à ce poste. C’est une nouvelle légitimité qui va donner des galons à l’ancien président de la fédération de l’UDPS Kamina. Félix Tshisekedi remporte la présidentielle de 2018. Devenu chef de l’Etat, il doit pouvoir prendre congé de son poste de président national du parti. L’article 26 des statuts de l’UDPS stipule qu’en cas de décès, de démission, d’interdiction d’exercer ou d’empêchement définitif du président du parti, un directoire composé de trois personnalités, à savoir le président de la Convention démocratique du parti (CDP), le président de sa Commission électorale permanente (CEP) et le secrétaire général assument un intérim collégial avant l’organisation d’un congrès sous trente jours.

L’intérim contesté

Mais Félix-Tshisekedi prend tout le monde à contrepied. Il confère un mandat spécial à Kabund comme président intérimaire du parti. Le parti est divisé entre ceux qui saluent un acte politique nécessaire, le président voulant laisser le parti entre les mains d’un fidèle et ceux qui dénoncent une violation des textes sans toutefois s’attaquer au nouveau chef de l’Etat.

Victor Wakwenda Bukasa, président de la CDP, et Jacquemin Shabani, président de la CEP et ancien secrétaire général du parti, ne supportent pas cette situation. Mais leurs voix ne portent pas face à ce qu’il convient de considérer comme la volonté de l’autorité suprême, Félix Tshisekedi. « Jean-Marc Kabund se sert du mandat spécial qui viole les textes au mépris des Statuts et Règlement d’ordre intérieur, il use et abuse de ses attributions au point de réduire le parti à un cercle des clients et des fanatiques inscrits dans la logique de gangstérisme politique », rebondit Victor Wakwenda dans un communiqué daté du jeudi 20 mai. Tout le monde croyait pourtant à une accalmie trouvée avec la nouvelle hiérarchie du parti constituée du tandem Kabund-Kabuya. Rien de tout cela. Wakwenda est allé même loin jusqu’à accuser Kabund d’une démarche tendant à « écarter le Président Félix Tshisekedi avec l’intention de se positionner utilement pour les échéances de 2023 ».

Union sacrée

Ces accusations peuvent elles mettre Kabund en difficulté face à Tshisekedi ? Difficile de le croire, tant le premier-vice-président de l’Assemblée nationale continue de bénéficier de la confiance du chef de l’Etat.

En décembre 2020, il était celui qui a jeté le pont pour la traversée de l’écrasante majorité des députés vers l’Union sacrée de la nation, la plus grande victoire politique de Félix Tshisekedi sur son prédécesseur Joseph Kabila et sa machine politique, le FCC. Chef d’orchestre dans la déchéance du bureau Mabunda qui a conduit à la destitution de Sylvestre Ilunkamba et plus tard à la démission du bureau Thambwe Mwamba au Sénat, Kabund est présenté aujourd’hui comme celui qui a matérialisé sur le terrain l’union sacrée. Il en a profité pour se venger de sa destitution en mai 2020 au poste de premier vice-président après une sortie médiatique contre la tenue d’un congrès pour autoriser l’état d’urgence sanitaire décrété par le chef de l’Etat. Preuve que le rapport de force a depuis changé, les mêmes députés qui l’ont descendu de son piédestal, l’ont réélu à ce même poste dans l’actuel bureau Mboso.

Celui qui était déjà le chef de la délégation de CACH lors des discussions avec le FCC en 2019, a encore pesé dans le processus de désignation des membres de la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par Sama Lukonde. Beaucoup l’ont même accusé de former, autour de quelques députés, une équipe gouvernementale parallèle à imposer à Sama Lukonde. Une chose est pourtant vraie : Kabund a parrainé la nomination de plusieurs ministres de ce gouvernement, surtout ceux venus de l’UDPS.

 Le président intérimaire de l’UDPS est devenu dans un laps de temps un véritable faiseur de rois sur la scène politique, mettant souvent sur le carreau ses détracteurs à l’intérieur comme à l’extérieur du parti présidentiel. Aujourd’hui, seul Félix Tshisekedi pourrait remettre en question l’influence acquise par JeanMarc Kabund dont la carrière politique pourrait se résumer à un conte de fées.

 Socrate Nsimba

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Présidentielles: ces contestations électorales musclées

A travers le monde et particulièrement en Afrique, la gestion de la période pré et post-électorale n’a jamais été aisée. Retour sur quelques contestations électorales les plus marquantes.

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Aux Etats-Unis d’Amérique, un cas récent a cristallisé l’attention de l’opinion internationale. Il s’agit de la présidentielle américaine ayant conduit Joe Biden à la Maison Blanche. Elu il y a quatre ans sur la promesse de « rendre sa grandeur à l’Amérique », le président sortant, Donald Trump, a achevé son mandat en la couvrant de honte.

 Ayant vu les suffrages filer entre ses doigts, Trump a engagé une contestation électorale quasi inédite aux Etats-Unis. Le 6 janvier 2021, par une foule de partisans extrémistes que le président lui-même avait incitée, le Capitole, ce sanctuaire de la démocratie américaine a été pris d’assaut, pour empêcher son adversaire démocrate Joe Biden, d’être officiellement déclaré vainqueur de l’élection du 3 novembre 2020.

Des violences ayant fait plus de deux morts et qui ont fini par diviser le pays en deux. Une partie du respect de l’ordre constitutionnel et l’autre qui vit dans un univers parallèle, nourrie par une théorie de complot.

Toujours dans ce même grand pays de démocratie, l’on se rappellera du duel Al Gore et George Walter Bush en 2000. Les deux candidats, le premier démocrate et le second républicain, sont allés jusqu’au recomptage des voix, notamment en Floride. Comme si cela ne suffisait pas, il a fallu attendre l’arrêt de la Cour suprême de justice pour mettre un terme aux recours et aux contestations électorales.

 Cet arrêt a donné pour vainqueur George W. Bush au détriment d’Al Gore.

Mais cette décision judiciaire fut aussi sévèrement critiquée car la Cour suprême s’était arrogée un rôle « inédit » dans ses attributions.

 Un sport national en Afrique…

Sous les tropiques, les contestations électorales deviennent presque un sport national. Dans la plupart des pays africains où la culture électorale au sommet de l’Etat essaie de s’installer, l’on constate très souvent des contestations musclées.

  La crise électorale la plus marquante de ces dernières années, c’est bien celle de la Côte d’Ivoire. Ce conflit qui débute après le second tour de l’élection présidentielle de 2010,un premier scrutin depuis 10 ans, qui a vu le président Laurent Gbagbo s’affronter à Alassane Ouattara. Un affrontement dans tous les sens du terme puisque le résultat amène à un différend électoral meurtrier, suite à des fraudes présumées. Gbagbo qui dit avoir gagné les élections est reconnu par le Conseil constitutionnel. Alors qu’Alassane Ouattara, victorieux de son côté, est reconnu par la Commission électorale indépendante (CEI) et est appuyé par la communauté internationale.

Après une tentative de médiation de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, Abidjan sombrera dans la violence armée avec plus d’une dizaine de milliers de morts uniquement dans la capitale. Laurent Gbagbo sera envoyé à la Cour pénale internationale (CPI) en 2011.

 RDC, Kabila rempile

Une autre contestation électorale, c’est celle de novembre 2011 en République démocratique du Congo. Le président Joseph Kabila organise, contre l’avis de la communauté internationale, des élections sur fonds propres du pays. Il a, en face de lui, comme challenger principal, l’éternel opposant, Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

Selon les résultats communiqués par le président de la CENI, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, Joseph Kabila, 40 ans à l’époque, a rempilé pour un second mandat avec 48,95 % des voix (8.880.994 voix), loin devant l’opposant de 78 ans, Etienne Tshisekedi, qui a totalisé 32,33% des suffrages (5.864.775 voix). Les deux personnalités seront talonnées par Vital Kamerhe, qui recueille 7,74% des suffrages.

L’UDPS, le parti d’Etienne Tshisekedi, crie à un hold-up électoral. Des contestations vont embraser le pays et faire 24 morts. Des dizaines d’autres personnes sont placées en détention arbitraire depuis le 9 décembre 2011, date à laquelle le président Joseph Kabila a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle, avait rapporté Human Rights Watch.

 Des violences qui seront calmées par Tshisekedi qui a refusé officiellement d’appeler à des contestations, mais s’autoproclame simplement président.

Kenya, un récidiviste

Au Kenya, les contestations de la réélection du président Uhuru Kenyatta en 2017 ont causé au moins 37 morts dans les violences qui ont suivi l’annonce de sa réélection. Et cela, avant que le scrutin ne soit annulé. Ces chiffres ont été fournis par la Commission des droits de l’homme, qui a pointé une répression surtout « concentrée dans les zones qui ont voté pour son concurrent, Raila Odinga ».

  Et le Kenya n’est pas à ses premières contestations électorales meurtrières. L’on se souvient du duel entre Mwai Kibaki et Raila Odinga. Le 27 décembre 2007, des émeutes avaient éclaté après la réélection contestée de Mwai Kibaki à la présidence face à Raila Odinga.

Dido NSAPU

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