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Kabila, enferré !

Depuis 1960, année de son indépendance, la République Démocratique du Congo a connu cinq Chefs d’Etat, chacun d’eux présentant une particularité. Joseph Kasavubu, un excellent gestionnaire ; Joseph Mobutu, l’unificateur du Congo, Laurent-Désiré Kabila, l’homme qui a insufflé le vent de nationalisme, Joseph Kabila, considéré comme celui qui a permis la première alternance politique et pacifique et Félix Tshisekedi actuellement au pouvoir avec des réformes majeures comme l’état de droit et la gratuité de l’enseignement primaire. Quatrième président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila restera sans nul doute dans les annales de l’histoire politique du Congo non seulement du fait de sa longévité au sommet de l’Etat après Mobutu, mais aussi et surtout à cause de sa manière de gérer, de procéder, de faire.

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C’est à l’âge de 29 ans que Joseph Kabila, arrivé quatre ans plus tôt à Kinshasa avec les rebelles de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL) tombeurs de Mobutu, accède au pouvoir comme Président de la République, succédant à son père Laurent-Désiré Kabila assassiné dans son bureau du Palais de Marbre. Imprévisible et fin stratège, Kabila a passé près de dix-huit ans à la tête de la Rdc. Un bail caractérisé par une étonnante fragilisation des adversaires politiques même les plus intraitables autrefois.

Sur le terrain des élections démocratiques qu’il a organisées à trois reprises (2006, 2011, 2018) comme par des stratégies dont il est le seul à en maîtriser les secrets, Joseph Kabila a réussi, tour à tour, à neutraliser l’opposition et diriger seul toutes les institutions du pays. Et même lorsqu’en 2016 son deuxième et dernier mandat expire, il a su trouver des ressources pour glisser et jouir encore quelques instants du pouvoir. A ce jour où, au terme d’une coalition qui n’a pas marché avec Félix Tshisekedi, son successeur, Joseph Kabila dont la majorité dans les différentes

institutions du pays n’a finalement pas su barrer la route à la politique de Tshisekedi, connaît un tournant de sa vie avec un avenir jusqu’ici trouble. Heshima Magazine entre dans les méandres de l’histoire pour retracer le parcours politique de Joseph Kabila en mettant un accent particulier sur sa force de frappe.

D’abord, les anciens rebelles

Il débauche au sein du MLC, RCD et autres. Il se rapproche de plusieurs bras droits de ses anciens ennemis. Olivier Kamitatu, Lambert  Mende, Alexis Thambwe Mwamba, Kin Nkiey Mulumba… qui étaient dans les rébellions, sont devenus très vite les alliés de Joseph Kabila. Ce qui affaiblit davantage ses adversaires.

Etant Commandant Suprême des forces armées de la RDC, Joseph s’offre stratégiquement l’allégeance de tous les anciens Officiers des anciens Mouvements rebelles. Si avec le RCD, Kabila avale tous ses animateurs congolais, avec les autres partis et mouvements politiques, il a réussi à démonétiser leurs leaders. Sa stratégie, les présenter à l’opinion, comme des gens tournés vers les intérêts immédiats. Comme toute personne qui a vécu dans les pays orientaux de l’Afrique, Joseph Kabila sait comment séduire et se servir d’un ex-Zaïrois. Il semble aussi connaitre les faiblesses de l’exZaïrois : la bière, la femme et l’ambiance. Ce sont ces astuces dont il s’est servi pour abattre tous ses adversaires. Il semble savoir qu’avec un peu d’honneurs : jeep, hautes fonctions, gardes du corps, l’homme politique zaïrois est capable de vendre son pays, voire ses reins. Sur ce plan, Joseph Kabila a travaillé pour fragiliser l’opposition politique. De grands mouvements et partis politiques ont été étouffés et n’existent plus aujourd’hui que de noms. De grandes idoles ou de grands mythes de la poliitiques, il a réussi à démonétiser leurs leaders. Sa stratégie, les présenter à l’opinion, comme des gens tournés vers les intérêts immédiats. Comme toute personne qui a vécu dans les pays orientaux de l’Afrique, Joseph Kabila sait comment séduire et se servir d’un ex-Zaïrois. Il semble aussi connaitre les faiblesses de l’exZaïrois : la bière, la femme et l’ambiance. Ce sont ces astuces dont il s’est servi pour abattre tous ses adversaires. Il semble savoir qu’avec un peu d’honneurs : jeep, hautes fonctions, gardes du corps, l’homme politique zaïrois est capable de vendre son pays, voire ses reins. Sur ce plan, Joseph Kabila a travaillé pour fragiliser l’opposition politique. De grands mouvements et partis politiques ont été étouffés et n’existent plus aujourd’hui que de noms. De grandes idoles ou de grands mythes de la politique congolaise ont été réduits en cendres. En grand félin, Joseph Kabila n’attaque pas en face. Il court doucement derrière ses adversaires, les embrasse par la suite, avant de les étrangler et les laisser à terre.

Jean Pierre Bemba Gombo 

Sentant que Jean-Pierre Bemba était son farouche adversaire durant la transition, le stratège Joseph Kabila s’est consacré à le détruire de l’intérieur. Joseph Kabila s’est consacré à faire du MLC son lit toutes les fois que son pouvoir ballotait. Il a débauché tous les grands de cet ancien mouvement armé. D’abord, il vide le MLC de toutes les têtes grises et les cerveaux qui ont beaucoup travaillé à consolider cet ancien mouvement rebelle. Tous deviennent ses alliés : Olivier Kamitatu, François Muamba, José Edundo, Thomas Luhaka, Yves Kisombe, Adam Bombole, Germain Kambinga … sont tous devenus les alliés de Kabila. Avant cela, le triangle Kinshasa – Bangui – Haye est établi. Joseph Kabila réussit à s’éloigner d’un ennemi très redoutable. JeanPierre Bemba est arrêté et détenu par la Cour Pénale Internationale. Et ce, durant tous les deux mandats de Joseph Kabila. Il n’est libéré et acquitté qu’après épuisement de ses deux mandats constitutionnels avec une écharde qui ne peut lui permettre de postuler à n’importe quel niveau suite à sa condamnation pour subornation des témoins.

Jean pierre Bemba Gombo président du MLC

PALU et Antoine Gizenga

Après la Transition, Joseph Kabila a constaté que deux espaces linguistiques lui sont hostiles, outre les deux Kasaï pour des raisons évidentes. Il s’agit des Bangala et des Bakongo. Deux leaders représentent ces espaces : Antoine Gizenga et Nzanga Mobutu. Après le premier tour du scrutin présidentiel de 2006, Joseph Kabila se rapproche de ses deux opposants. Ils forment ensemble l’Alliance pour la Majorité Présidentielle. Antoine Gizenga est nommé Premier Ministre ; tandis que Nzanga Mobutu est Vice-premier ministre d’abord chargé de l’agriculture, puis du Travail, emploi et prévoyance sociale. Kabila réussit ainsi à déboulonner deux b a o b a b s . Nzanga est terrassé ; tandis que Gizenga est démystifié. Le « dieu » de Gungu est poussé à la honte nationale lorsqu’il lui est demandé de démissionner suite au poids de l’âge qui le faisait endormir au Bureau. Il est remplacé par Adolphe Muzito présenté comme son neveu. Le PALU devient automatiquement un parti clanique. Les hautes charges revenant à ce parti sont confiées essentiellement aux proches parents biologiques d’Antoine Gizenga. Kabila fait ainsi un grand coup.

Antoine Gizenga Fundji leader du Palu de 1964 à 2019

Surtout lorsque nommé au Ministère du Budget, puis Premier Ministre, le neveu d’Antoine Gizenga, Adolphe Muzito s’offre une course à l’enrichissement rapide et vertigineux. A sa sortie du gouvernement, c’est un autre Kabiliste, en la personne de GECOCO MULUMBA, alors Député provincial PPRD qui est chargé d’étaler cette richesse de l’ancien Premier Ministre sur la place publique. Kabila emprisonne ainsi le PALU qui ne fera plus opposition contre lui.

Nzanga Mobutu

La famille de l’ancien dictateur est aussi réduite en cendres par Joseph Kabila avec la nomination de Nzanga Mobutu au poste de Vice-premier Ministre. Il est Vice-premier Ministre sans portefeuille précis. Cela rappelle l’époque où il a été nommé Ministre d’État en charge des Besoins Sociaux de base. Creux ou sans contenu. Peu à peu, Nzanga a été pressé tel un citron vidé de sa substance jusqu’à être éjecté du Gouvernement par révocation. Et l’histoire de l’UDEMO, Union des Démocrates Mobutistes s’arrêta net là. 

Nzanga Mobutu

 Les autres Vital Kamerhe, Joseph Olenga Nkoy, Delly Sesanga, José Makila, Steve Mbikayi, Emery Okundji, Jean-Lucien Bussa, Basile Olongo, Clément Kanku, Ingele Ifoto, Justin Bitakwira,… ont été engloutis par Joseph Kabila. Tous ont été balayés. D’abord, avec les concertations nationales, puis avec le Dialogue de la Cité de l’OUA et enfin avec le Dialogue du Centre Interdiocésain. Kabila a réussi à tout arranger pour lui et rien contre lui. Et l’UDPS Après avoir mis tout à son compte et pour son compte, il ne restait que l’UDPS avec le Sphinx de Limete. Kabila envisage comment détruire le mythe. Toutes les tentatives échouent. Il a failli réussir en infiltrant la famille du Sphinx par les pourparlers de Venise et d’Ibiza. Interrompus, ces pourparlers seront poursuivis dans le cadre des préparatifs du dialogue de la Cité de l’Union Africaine. L’UDPS boycotte ce dialogue.

 Vital Kamerhe le sanctifie en y participant avec Samy Badibanga comme Chef de la délégation de l’opposition. Alors qu’il attendait être remercié comme Premier Ministre, Vital Kamerhe est surpris par la nomination de Samy Badibanga. Il refuse de participer dans ce Gouvernement et y laisse ses poulains. C’était une manière de démonétiser l’UDPS Samy Badibanga. Après lui, c’est le dialogue du Centre Interdiocésain. 

Celui-ci aussi vise toujours la fragilisation de l’UDPS. Raison du recrutement de l’ancien détenu Bruno Tshibala Nzenzhe. C’est avec lui que les élections ont étéorganisées en décembre 2018. Coalition FCC-CACH, un nouveau départ qui n’est jamais parti ! De toutes les alliances qu’a conclues Joseph Kabila, l’histoire retiendra assurément celle issue des élections Présidentielle et législatives de décembre 2018. Son Front Commun pour le Congo (FCC) remporte haut la main les législatives avec près de 338 sièges alors le Cap pour le Changement (CACH) que conduit le tandem Félix-Antoine Tshisekedi et Vital Kamerhe, gagne à la Présidentielle, faisant du fils d’Etienne Tshisekedi, le cinquième président de la RDC. Une situation que n’avait jamais vécue le Congo auparavant et qui poussera les deux camps à lever l’option d’une gestion collégiale de la RDC. Une première. Hélas, ce qui paraissait comme un bel exemple de démocratie en Afrique va vite tourner au vinaigre. Les amours entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila seront un véritable capernaüm. On note parmi les faits qui ont exacerbé la crise : la destitution de Jean-Marc Kabund, président a.i. de l’UDPS au poste de Premier Vice-président de l’Assemblée nationale par le FCC avec le soutien de certains députés Lamuka, la démission du Vice-Premier Ministre de la Justice, membre du FCC, Célestin Tunda ya Kasende, l’affaire du contreseing concernant les nominations du Président Félix Tshisekedi dans l’armée et la justice. La goutte d’eau qui aura débordé le vase est relative au boycott des caciques du FCC parmi lesquels Jeanine Mabunda et Alexis Thambwe Mwamba, alors respectivement Présidente de l’Assemblée et Président du Sénat, à l’invitation du Président Tshisekedi de prendre part à la cérémonie de prestation de serment de trois juges de la Cour Constitutionnelle.

 Le 06 décembre 2020, alors qu’il publie les conclusions des consultations qu’il avait initiées, le Président congolais annonce avec pompe la fin de sa coalition avec le FCC de Joseph Kabila. Une décision ayant fait l’effet d’une bombe avec toutes les implications éventuelles dont la nomination d’un informateur qui doit définir une nouvelle majorité au sein de l’Assemblée nationale, car celle existante, s’est effritée. Même si les poulains de Joseph Kabila considèrent cette annonce de Tshisekedi comme un non-événement, ils ne tarderont pas à faire face à la réalité lorsque le jeudi 10 décembre, suite à une pétition des députés nationaux, le Bureau de l’Assemblée nationale que dirige Jeanine Mabunda tombe à la faveur d’un vote majoritaire des élus du peuple pour une destitution des dirigeants de leur chambre. Pour de nombreux analystes politiques, la messe a été ainsi dite, la majorité pour laquelle le camp Kabila se bombait le torse, s’est avérée inexistante, enterrant dans la foulée la coalition FCC-CACH. Deux ans après sa mise en place, cette coalition n’a pas donné satisfaction au peuple, aucune retombée à se mettre réellement sous la dent. C’est ce qui justifie d’ailleurs la liesse qui a sanctionné la déchéance de Jeanine Mabunda et la consécration de la fin de la coalition.

Bienvenue dans l’opposition !

 Le samedi 05 décembre, Joseph Kabila est annoncé du côté de la Province du Haut-Katanga, des rumeurs fusent alors de partout faisant allusion à un meeting que le leader du FCC doit tenir tandis que d’autres, beaucoup plus alarmistes, pensent déjà à la mise en branle d’une rébellion dans le fief de Kabila. Dans cet imbroglio informationnel, le voyage de Joseph Kabila sera ajourné, d’aucuns estiment que ce déplacement aurait fait de l’ombre au discours du Chef de l’Etat sur les conclusions de ses consultations. Ce n’est qu’après la déchéance de Jeanine Mabunda et l’annonce de la fin effective de la alition FCC-CACH que le premier sénateur ad vitam aeternam, Joseph Kabila sera autorisé de s’envoler le vendredi 11 décembre pour la ville de Kolwezi, chef-lieu de la richissime province du Lualaba. A son arrivée dans la capitale du cobalt, Joseph Kabila porté en triomphe par une foule immense visiblement acquise à sa cause a pris la parole pendant une poussière de minutes en déclarant dans un swahili baignant dans son rare sourire pourtant convivial : « aujourd’hui, je ne suis pas venu parler. Je suis là pour vous saluer et vous dire tout mon amour… ». Des mots forts et profonds qui ont laissé entrevoir le début d’une série des contacts avec le peuple dont il est resté quelque peu éloigné. Un autre son de cloche fait comprendre que Kabila est rassuré du fait qu’il soit le seul membre du Front Commun pour le Congo à réellement travailler pour lui. En 2008, il se plaignait de manquer 15 personnes pour matérialiser sa vision, année après année, il perd ses plus fidèles lieutenants pressés de le remplacer au pouvoir. En 2018, son dauphin à la Présidentielle ne parvient pas à se faire élire Président alors qu’une grosse machine politique, le FCC regroupe d’immenses poids lourds politiques tels que Bahati Lukwebo, José Makila, Jean-Luc ien Busa, Jean-Claude Baende, Aubin Minaku, Evariste Boshab, André Kimbuta, etc. Et surtout quand Kabila pense à ces nombreux millions de dollars mobilisés pour la campagne de son dauphin Shadary dont certaines sources affirment avoir été sérieusement détournés, il a des raisons de ne plus avoir totalement confiance en ses poulains. L’échec lors du vote pour la déchéance de Mabunda au bureau de l’Assemblée nationale a confirmé tous les doutes de Joseph Kabila. Mille et une raisons pour ce nouvel opposant politique congolais de commencer à ratisser large. De la rébellion au pouvoir, Joseph Kabila n’a jamais œuvré dans l’opposition politique, il a toujours été de l’autre côté de la baie, il devra y faire ses premiers pas dans les échéances à venir. Comment ? Fin stratège aimant s’adonner aux surprises et coups de dernières minutes, Joseph Kabila a certainement quelques tours dans ses manches. De l’argent, de l’influence et encore quelques fidèles-caciques dont sa femme Olive Lembe, l’homme n’est pas totalement fini. Il a certes perdu une bataille majeure, cependant, qu’en est-il du reste ? Vivra, verra ! 

HESHIMA

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Léopards de la RDC : Après l’exploit, l’heure de la confirmation

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Ils sont revenus. Par la grande porte. Après 52 ans d’absence, les Léopards de la République Démocratique du Congo ont foulé les pelouses américaines du Mondial 2026 avec la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Si l’aventure s’est achevée en seizièmes de finale face à l’Angleterre, elle a laissé un héritage bien plus précieux qu’un simple bilan comptable.

Le retour d’un géant endormi

Pour la RDC, 100 millions d’habitants et une culture footballistique parmi les plus riches du continent, cette qualification était bien plus qu’un exploit sportif. Elle mettait fin à cinq décennies d’attente, depuis l’épopée du Zaïre en 1974, et consacrait le travail de reconstruction engagé sous la houlette de Sébastien Desabre.

Le parcours qualificatif avait déjà valeur de test. Placés dans le groupe B aux côtés du Sénégal, les Léopards ont terminé deuxièmes avec 22 points avant d’écarter le Cameroun puis le Nigeria en barrages. Le dernier obstacle, la Jamaïque, fut franchi en prolongation grâce à Axel Tuanzebe, envoyant toute une nation en délire.

Un Mondial qui change tout

Le groupe K promettait un baptême du feu : Portugal, Colombie et Ouzbékistan. Face aux favoris portugais au NRG Stadium de Houston, les Léopards n’ont pas tremblé. Menés dès la 6e minute, ils ont égalisé juste avant la pause par Yoane Wissa sur corner, pour arracher un nul historique (1-1).

Le sélectionneur adjoint Rafael Hamidi résumait l’exploit : « Ce score de parité face au Portugal, c’était à prendre si on nous l’avait proposé avant le coup d’envoi ». La presse congolaise saluait un système en 3-5-2 particulièrement solide, la discipline collective et les transitions rapides.

Qualifiés pour les seizièmes de finale, les Léopards ont longtemps fait douter l’Angleterre, menant jusqu’à la 76e minute avant de s’incliner 2-1 dans les dernières secondes. Un scénario cruel qui a rappelé les limites d’un groupe prometteur mais encore en apprentissage des grands rendez-vous.

Les enseignements d’une expérience unique

Ce Mondial a livré plusieurs enseignements pour l’avenir. D’abord, une force mentale confirmée. Les barrages contre le Cameroun et le Nigeria avaient déjà forgé ce groupe, capable de rester lucide sous pression. Face au Portugal, les Léopards ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures nations.

Ensuite, des fragilités structurelles. Comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Japon, la RDC a cédé dans les dernières minutes face à l’Angleterre. Loïc Aumont, spécialiste de la performance, analyse : « Ces sélections possèdent les qualités techniques et physiques. Ce qui fait basculer un match, c’est la gestion des émotions lorsque la pression atteint son maximum ». Un déficit d’expérience à ce niveau que seul le temps et les répétitions pourront combler.

Cap sur la CAN 2027 : un trophée à portée de griffes ?

L’objectif est désormais clair : les Léopards doivent viser le titre lors de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, organisée en 2027 au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Le contexte est favorable. Cette génération, portée par Chancel Mbemba, son capitaine de 31 ans, possède une identité de jeu forte et un vécu commun exceptionnel. Le vivier de talents, évoluant pour beaucoup dans les meilleurs championnats européens, n’a jamais été aussi riche.

Le chemin qualificatif pour la CAN 2027 s’annonce abordable, avec un groupe E composé de la Guinée équatoriale, de la Sierra Leone et du Zimbabwe. Mais les Léopards savent désormais qu’aucune montagne n’est insurmontable, comme l’écrivait la presse congolaise avant le choc contre le Portugal : « Aucune montagne n’est insurmontable quand on est déterminé ».

Le défi de la régularité

Si le rêve est permis, la réalité impose de rester humble. Le Mondial a montré que l’écart avec les meilleures nations s’est considérablement réduit, mais que la gestion des moments décisifs reste le nerf de la guerre. Les Léopards devront transformer l’essai en confirmant leur niveau sur la durée, avec un calendrier international exigeant et des joueurs à préserver.

Sébastien Desabre, l’artisan de ce renouveau, aura à cœur de capitaliser sur cette expérience unique pour faire franchir un nouveau palier à sa sélection. La CAN 2027 sera le test ultime : plus qu’une performance, c’est un trophée que la RDC attend. Le message des supporters est clair, comme le résumait un journaliste avant le Mondial : « On ne vous demande pas de dominer le Portugal, mais juste de sortir un match de malade du début à la fin ». Pour la CAN 2027, on leur demande désormais de ramener la coupe à la maison.

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Opposition, CENCO et ECC en consultations au Burundi : Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

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Une délégation réunissant des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) et plusieurs figures de l’opposition congolaise séjourne à Bujumbura, au Burundi, pour des consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Organisée à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, cette rencontre alimente les spéculations sur l’émergence d’un nouveau cadre de dialogue politique autour de la paix et de la stabilité dans la région.

Une nouvelle séquence diplomatique s’ouvre dans la recherche d’une issue à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Une délégation composée de responsables de la CENCO, de l’ECC ainsi que de plusieurs leaders de l’opposition est arrivée à Bujumbura pour prendre part à des consultations consacrées à la situation sécuritaire et politique en RDC.

Cette mission répond à une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Déjà engagé dans plusieurs initiatives diplomatiques régionales, le chef de l’État burundais entend poursuivre ses efforts afin de rapprocher les différentes parties prenantes et de favoriser une solution politique durable. La délégation est composée du pasteur André Bokundoa, président de l’ECC, du pasteur Éric Senga, de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, ainsi que des opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Dieudonné Bolengetenge. Les membres de cette mission ont quitté Kinshasa dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet 2026 à bord d’un vol régulier d’Ethiopian Airlines à destination de la capitale burundaise.

Évariste Ndayishimiye dans la peau de Lourenço ?

Cette initiative, qui intervient alors que plusieurs processus de médiation restent inachevés, soulève une interrogation majeure : Évariste Ndayishimiye cherche-t-il à reprendre le flambeau laissé par João Lourenço ou à insuffler une nouvelle dynamique sous l’égide de l’Union africaine ?

Alors que l’Angola avait été mandaté pour faciliter un dialogue intercongolais, la multiplication des divergences avec les autorités congolaises sur le format et le cadre de ces discussions a progressivement conduit le projet dans l’impasse. D’où cette question que se posent plusieurs observateurs de la crise congolaise : João Lourenço a-t-il jeté l’éponge ?

Officiellement mandaté en février dernier pour mener des consultations en vue d’un dialogue politique en RDC, le président angolais peine à concrétiser son initiative et se fait de plus en plus discret. S’il n’a pas officiellement renoncé à sa mission, plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique indiquent que le processus est, pour l’heure, au point mort.

Les consultations de Bujumbura interviennent alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la RDC. Plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous le contrôle de l’armée rwandaise et de ses alliés de l’AFC/M23, selon les autorités congolaises, tandis que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter d’enrayer une crise qui perdure depuis plusieurs années.

Les prémices d’un dialogue inclusif ?

Au-delà de la dimension sécuritaire, la présence conjointe des représentants des Églises et de l’opposition politique confère à ces consultations une portée particulière. Depuis plusieurs mois, la CENCO et l’ECC plaident en faveur d’un dialogue inclusif susceptible de restaurer la cohésion nationale et de créer les conditions d’une paix durable. Leur implication, aux côtés de figures de l’opposition, pourrait traduire une volonté d’élargir les concertations au-delà des seuls canaux gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, cette démarche pourrait également préparer le terrain à un dialogue politique plus large, associant les différentes sensibilités politiques et sociales du pays. Lors de sa récente visite à Kinshasa, le président Évariste Ndayishimiye avait d’ailleurs exprimé son souhait de rencontrer les responsables de l’opposition congolaise avant la marche dite « pacifique » de l’opposition, initialement prévue le 8 juillet puis reportée au 22 juillet. Cette manifestation vise à réclamer la démission du président Félix Tshisekedi, que ses opposants accusent de vouloir modifier la Constitution afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat.

Si aucun détail officiel n’a encore filtré sur le contenu des échanges à Bujumbura, ces consultations témoignent de la volonté des acteurs régionaux de maintenir la dynamique diplomatique afin de favoriser une désescalade et de rechercher une solution négociée à la crise qui continue de déstabiliser l’Est de la RDC. Reste à savoir si cette initiative débouchera sur un véritable processus de dialogue ou ne constituera qu’une étape supplémentaire dans les multiples médiations en cours. Une chose est certaine : en réunissant autour d’une même table les Églises, l’opposition politique et un acteur régional désormais au premier plan, Bujumbura pourrait devenir le point de départ d’une nouvelle séquence diplomatique dont les développements seront suivis de près, tant en RDC que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

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ADF : douze années de terreur dans l’Est de la RDC

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Massacres de civils, enlèvements, déplacements de populations et attaques répétées contre les forces de sécurité. Depuis 2014, les Forces démocratiques alliées (ADF) se sont imposées comme l’un des groupes armés les plus meurtriers de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). D’abord rébellion ougandaise réfugiée dans les forêts du Nord-Kivu, le mouvement a progressivement muté pour devenir une organisation terroriste redoutée, responsable de milliers de morts et d’une insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

L’histoire des ADF ne commence pas en République démocratique du Congo. Le groupe est créé au milieu des années 1990 en Ouganda par Jamil Mukulu, un opposant au régime du président Yoweri Museveni. Sous la pression de l’armée ougandaise, les rebelles traversent rapidement la frontière et trouvent refuge dans les régions montagneuses et forestières de l’Est congolais, où ils établissent leurs bases arrière. Pendant plusieurs années, les ADF demeurent relativement discrètes, vivant du trafic de ressources naturelles, du commerce illicite et de diverses activités économiques locales. Mais à partir de 2014, la situation bascule. Après une vaste offensive militaire des Forces armées de la RDC (FARDC) contre leurs bastions, le groupe adopte une stratégie de représailles particulièrement violente contre les populations civiles.

Entre octobre 2014 et aujourd’hui, les territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu deviennent le théâtre de massacres à répétition. Hommes, femmes et enfants sont tués lors d’attaques nocturnes souvent menées à l’arme blanche. Des villages entiers sont incendiés, tandis que des centaines de personnes sont enlevées. Selon plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains, les ADF sont responsables de milliers de morts au cours de la dernière décennie. Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est particulièrement touché, au point de devenir l’un des symboles de l’insécurité chronique qui frappe l’Est du pays.

De la rébellion au terrorisme…

Au fil des années, le mouvement évolue également sur le plan idéologique. À partir de 2017, plusieurs rapports des Nations unies et d’organismes spécialisés font état d’un rapprochement entre certaines factions des ADF et l’organisation djihadiste État islamique. En 2019, l’État islamique revendique officiellement plusieurs attaques menées dans l’Est de la RDC à travers sa branche dite « Province d’Afrique centrale » (ISCAP). Cette affiliation, contestée à ses débuts par certains experts, se confirme progressivement par la propagande diffusée par les réseaux de l’État islamique et par l’évolution des modes opératoires du groupe. Malgré cela, les ADF conservent des caractéristiques locales fortes, enracinées dans les réalités sécuritaires et économiques de la région des Grands Lacs.

Opérations conjointes « Shujaa » 

Face à cette menace, les autorités congolaises ont multiplié les opérations militaires. En mai 2021, le gouvernement instaure l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri afin de renforcer la lutte contre les groupes armés. Quelques mois plus tard, la RDC et l’Ouganda lancent conjointement l’opération militaire « Shujaa » pour traquer les combattants ADF dans leurs sanctuaires forestiers.

Malgré près de cinq ans d’efforts conjoints de la RDC et de l’Ouganda dans le cadre de l’opération Shujaa, les zones débarrassées des combattants des ADF sont régulièrement réinfiltrées en l’espace de quelques semaines. Cette situation s’explique notamment par la solidité du système de succession interne du groupe prévue à l’avance, qui lui permet d’avoir une relève rapide du commandement lorsque des dirigeants sont neutralisés. Des allégations de collusion avec des acteurs étatiques, la faiblesse de la gouvernance et l’insuffisance de la protection des civils aggravent également le problème.

L’opération Shujaa repose sur des offensives conjointes, qui vont des opérations de combat mobiles au renseignement humain, visant à démanteler les structures de commandement des ADF et à rétablir l’autorité de l’État dans les zones occupées. Au-delà des approches cinétiques, elle entend soutenir la stabilisation, notamment par la construction de routes et la réinsertion des personnes enlevées. Toutefois, sa stratégie intègre peu d’approches préventives capables de neutraliser les ADF et reste réactive.

Ces offensives permettent de démanteler plusieurs camps rebelles et d’éliminer certains commandants. Toutefois, les ADF démontrent une forte capacité d’adaptation. Fragmentés en petites unités mobiles, leurs combattants continuent de mener des attaques meurtrières contre les civils et les positions militaires. Aujourd’hui encore, malgré les efforts militaires et les initiatives régionales de stabilisation, les ADF figurent parmi les principaux acteurs de l’insécurité dans l’Est de la RDC. Le groupe demeure particulièrement actif dans les zones frontalières entre le Nord-Kivu et l’Ituri, où les populations vivent sous la menace permanente d’incursions armées. Douze ans après le début des massacres de grande ampleur à Beni, la question des ADF reste l’un des défis sécuritaires majeurs de la République démocratique du Congo. Derrière les statistiques et les rapports se trouvent des milliers de familles endeuillées, des villages détruits et des communautés déplacées. Tant que cette menace persistera, la paix durable dans l’Est du pays demeurera un objectif difficile à atteindre, malgré les efforts déployés par les autorités congolaises et leurs partenaires régionaux.

Groupe armé le plus meurtrier en mai 2026

Les ADF ont été responsables du plus grand nombre de victimes civiles dans l’est de la République démocratique du Congo au cours du mois de mai 2026. C’est ce que révèle un rapport publié par l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, qui fait état d’une recrudescence alarmante des attaques contre les populations civiles, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. L’insécurité continue de faire des ravages dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans son dernier rapport sur la situation sécuritaire, Ebuteli indique que les ADF demeurent le groupe armé le plus meurtrier de la région, avec au moins 190 civils tués au cours du seul mois de mai 2026. Ce bilan représente une augmentation spectaculaire par rapport au mois d’avril, où 53 victimes civiles avaient été enregistrées. Selon le rapport, cette recrudescence des violences s’est traduite par au moins 36 attaques attribuées aux rebelles ougandais, actifs principalement dans les territoires de Beni, Mambasa, Irumu et Lubero. Les assaillants ont multiplié les incursions meurtrières dans plusieurs villages, ciblant des populations civiles souvent sans défense.

L’un des faits marquants du mois a été le retour des attaques dans la ville de Beni. Dans la nuit du 30 au 31 mai, des combattants ADF ont mené plusieurs incursions simultanées dans la ville et ses environs, causant la mort d’au moins 26 civils. Il s’agit de la première attaque documentée dans la zone urbaine de Beni depuis 2023. Le rapport souligne également que les ADF ont intensifié leurs opérations malgré les offensives conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa. Les chercheurs estiment que plusieurs de ces massacres pourraient constituer des représailles aux pressions militaires exercées contre le groupe armé.

Pendant ce temps, d’autres groupes armés restent actifs dans la région. En Ituri, la CODECO et l’URDPC poursuivent leurs activités criminelles, tandis que dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les affrontements entre le M23 et divers groupes armés locaux continuent d’alimenter l’instabilité. Toutefois, aucun de ces acteurs n’a atteint le niveau de violence meurtrière enregistré par les ADF au cours du mois de mai.

Alors que les populations de l’est de la RDC espèrent un retour durable de la paix, les conclusions du rapport d’Ebuteli rappellent l’ampleur du défi sécuritaire auquel le pays reste confronté. La montée en puissance des attaques des ADF, combinée à la persistance de multiples foyers de violence, continue de faire peser une lourde menace sur les civils, premiers victimes d’un conflit qui semble loin de s’essouffler.

Heshima Magazine

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