A l’exception de quelques sociétés qui justifient l’inceste pour des raisons économiques ou de préservation de pouvoir, cette pratique généralement désavouée est cependant parfois réelle. Dans ces conditions, il a pour conséquence de créer un malaise certain une fois son secret dévoilé.
D’une manière générale, de tout temps, la culture de pratiquement toutes les communautés humaines a reprouvé et interdit l’inceste, cette relation sexuelle entre proches parents. Néanmoins, le fait est bien réel. Deux histoires caractéristiques, parmi tant d’autres, peuvent le témoigner.
Ainsi la mythologie grecque décrit l’épopée d’Œdipe dont les parents se sont décidés d’abandonner car un oracle avait prédit son avenir au cours duquel il serait amené à tuer son père pour épouser sa mère. Malgré cette douloureuse séparation, les circonstances ont fait que bien des années, la prophétie finit par s’accomplir : ne connaissant pas son père, Œdipe donne la mort à son père lors d’une bagarre, épouse sa mère sans non plus savoir qu’elle était sa génitrice, ni elle son fils. Cependant, une fois informé de la réalité des faits, il se crève les yeux pour se punir de l’infamie commise.
Une autre narration nous vient de la Bible où est relatée, dans la Genèse, l’épisode de la destruction de Sodome et de Gomorrhe durant lequel la femme de Lot perdit la vie, muée en statue de sel pour s’être retournée sur le spectacle par curiosité. Cette perte conduisit les deux filles de Lot à enivrer de vin leur père afin de coucher avec lui pour perpétuer leur race, effectivement présente ultérieurement dans le Livre Saint, dans la lignée des Moabites et des Ammonites.
Ces deux situations indiquent à elles seules que les rapports incestueux ne sont pas normaux, perpétrés à l’insu des protagonistes sinon s’ils doivent malgré tout se dérouler, ils sont tolérés de manière exceptionnelle pour des raisons tout autant exceptionnelles.
Degré de parenté
S’il est vrai que les deux évocations ci-dessus peuvent choquer en raison de la proximité du lien de parenté entre les personnes incestueuses, un certain nombre de cultures ont pratiqué l’inceste entre membres de famille dont le degré de consanguinité est plus distendu.
C’est ainsi qu’entre frère et sœur, la relation est relativement mieux admise et des exemples dans le vécu de l’Humanité le confirment. Des analyses génétiques déterminent notamment que le Toutankhamon serait le fils du pharaon Akhenaton et de l’une de ses sœurs. Aujourd’hui, un pays comme l’Allemagne, sans que cela ne soit encore légal, le Conseil d’éthique allemand, un organe consultatif a proposé, il y a de cela au moins de six ans, de dépénaliser le mariage entre frères et sœurs adultes librement consentants.
Toutefois, lorsque les liens familiaux sont plus lâches, les liaisons incestueuses sont parfois reconnues, comme par exemple entre cousins germains, spécialement dans une société matriarcale dans laquelle les uns sont rangés dans la lignée matrilinéaire et les autres dans la ligne patrilinéaire, et donc considérés comme des composantes de deux entités distinctes.
Dans cette optique, il ressort en effet que des prétextes socio-économiques peuvent justifier ce genre de comportement en société comme celle de la conservation du patrimoine au sein de la famille. Pareille pratique est toutefois réduite par des explications sanitaires car l’espèce humaine contrairement à certains animaux, comme l’espèce canine, est vite victime de dégénérescence à partir des croisements consanguins : les examens génétiques pensent d’ailleurs que le décès prématuré de Toutankhamon aurait pour cause le paludisme car n’ayant pu résister aux tares de son atavisme.
En même temps, une position familiale encore plus éloignée, ne justifie pas non plus l’inceste. On peut ainsi citer le cas de celui qui pourrait survenir entre l’enfant d’un conjoint actuel (homme ou femme) né d’un conjoint précédent, c’est-à-dire le (beau)- père ou la (belle)-mère adoptive, dont l’un n’est pas son géniteur, ou autre cas, les membres de deux belles-familles avec qui les liens de part et d’autre se sont raffermis.
Une pratique honteuse
Bien que rejeté par la grande majorité des cultures parce que jugé amoral, l’inceste n’en reste pas moins une réalité qui se vit dans certaines familles. En France, où les statistiques sont disponibles, son estimation porte sur 5% d’enfants victimes de cet état de choses.
Dès lors, cela s’expliquerait-il par instinct qui lierait un enfant et un parent, le premier ressentant un besoin de contact charnel avec son procréateur de sexe opposé, en voulant par exemple l’embrasser innocemment sur la bouche ou à pratiquer des attouchements des parties intimes ? Dans ce contexte, serait-il le dérapage d’une pulsion mal gérée par les parents ?
D’un autre côté, la justification culturelle viendrait-elle du fait de la propension à posséder ressentie par l’être humain, si pas exclusivement, mais même partiellement à travers l’appropriation corporelle d’une personne chère ?
Ou alors pour ce qui concerne les autres membres de la famille, le mobile viendrait-il d’une passion amoureuse impossible à réfréner entre par exemple le beau-frère et la belle-sœur, entre le père adoptif et la fille de son épouse et vice-versa ? Ou alors cette motivation serait le fruit du hasard d’une circonstance ?
Au-delà de ces aspects sentimentaux, ne devrait-on pas réfléchir sur d’autres considérations, notamment la promiscuité où les familles se voient obligés de partager un espace exigu. Des avantages pécuniaires pourraient aussi fonder ces agissements, celui disposant des moyens désirés par l’autre profiterait de l’occasion pour abuser de sa position dominante. Cependant, quel que soit le cas, dans ce rôle, la responsabilité met principalement en cause l’homme dans au moins 96% des cas, du fait de son impulsion naturelle en matière sexuelle tandis que les victimes se dénombrent parmi les enfants.
Sanctions diverses
Peu importe les motifs de l’inceste, cet acte est sanctionné de diverses manières selon la culture. Certaines tribus frappent dans ce cas le fautif de sanctions tirées de la puissance ancestrale en paralysant par exemple les attributs mâles. Ailleurs, c’est la réprobation de l’ensemble de la communauté qui fait l’affaire, notamment par le bannissement. Du point légal, l’inceste est inscrit dans la catégorie de délit pénal en tant qu’agression familiale aux conséquences néfastes. Toutefois, du fait des pesanteurs culturelles, il n’est malheureusement pas suffisamment dénoncé : il est couvert du sceau du secret familial.
Sa dénonciation est en effet perçue comme une intrusion dans la sphère familiale, laquelle cherche à se protéger de tout regard étranger, afin de ne pas la couvrir d’opprobre et de préserver malgré tout son existence. Dans ces conditions, on peut supputer que ce drame, de prime abord personnel, rejaillit en réalité sur la société, dès lors que le foyer est apprécié culturellement comme le fondement de cette dernière. Seul le courage peut alors être en mesure de briser cette ormeta, ce silence caractéristique de la culture de la mafia sicilienne dont on connait la rigueur et qui a poussé Camille Kouchner à intituler son livre La Familia Grande dans la même connotation. Dans ce bestseller qui défraie la chronique en France depuis le début de l’année, la fille du très médiatique Bernard Kouchner rapporte l’inceste dont a été victime son frère jumeau durant son adolescence de la part de son beau-père, un politologue de grand renom de l’élite française.
Ce geste intrépide a permis d’acculer le coupable ainsi que tous ceux qui se masquaient dans la complicité, et a eu par ailleurs pour effet de délier les langues d’autres personnalités, proies de ce type d’abus : dans cette foulée, la fille de Richard Berry, célèbre acteur français accuse à son tour son père d’avoir commis ce forfait à son encontre, bien que ce dernier nie jusque-là les faits. Pour le surplus, des mouvements des droits de l’homme, surtout d’obédience féminine s’attèle de plus en plus à prendre en charge cette question au vu des effets dévastateurs considérables endurés par les enfants martyrs générant en eux des troubles comportementaux graves tels que la dépression, la tentative de suicide, l’anorexie, des addictions…
Pour eux, il s’agit de renforcer en amont les missions de la brigade de protection des mineurs pour agir à titre préventif. Il convient également, de durcir les dispositifs légaux sur cette matière et obtenir des condamnations dissuasives.
Dans cet environnement culturel tel celui en cours en RDC, où règne la passivité, voire la soumission à l’égard de l’autorité et de la hiérarchie familiale, on a difficile à imaginer des actes de dénonciation de pareille malveillance et quand bien même cela pourrait être débattue, la palabre traditionnelle risque d’étouffer toute revendication.
De par son envergure, la statue du Batteur de tam-tam de la Foire Internationale de Kinshasa, Fikin est la sculpture la plus célèbre de Kinshasa. D’une hauteur de plus ou moins cinq mètres, ce chef-d’œuvre colossal du premier professeur Noir de l’Académie des Beaux-Arts, André Lufwa, symbolise l’un des aspects les plus importants pour les Kinois : la musique.
Tout habitant de la capitale congolaise connait sûrement la géante statue dénommée le « Batteur de Tam-tam de la Fikin », ce véritable bijou monumental de la République Démocratique du Congo. Implantée à la Foire Internationale de Kinshasa, cette sculpture est considérée comme une représentation artistique d’un personnage emblématique de tout temps de la culture africaine à qui il a toujours été fait appel pour rythmer la vie sociale avec son instrument, dans les moments de joie comme de malheur. Elle a toujours su captiver la curiosité des milliers des visiteurs lors de la tenue de la foire annuelle à la belle époque de sa splendeur avant les pillages des années 90.
La célèbre statue « Batteur de Tam-tam de la Fikin » est un hommage mérité à Nkumbi Kinkumbila, son modèle de chair et d’os, originaire du Kongo Central, dans la façade Ouest du pays. « Né en 1928 et décédé en 2008, les performances de Nkumbi ont attiré beaucoup plus d’attention lorsque le Mouvement Populaire de la Révolution de la province du Bas-Congo a repris certains de ses battements dans son groupe d’animation »
Etant une œuvre d’esprit, le « Batteur de Tam-tam de la Fikin » vise à mettre en lumière l’art de ce pays au cœur de l’Afrique. « Cette statue est une contribution au rayonnement de l’art plastique de la République Démocratique du Congo. Elle attire l’attention des touristes sur la culture congolaise », note un touriste belge.
Un artiste de génie
Géniteur de ce colosse en pierre, André Lufwa Mawidi naquit le 25 décembre 1925 et décède le 13 janvier 2020 après une longue maladie. C’est à juste titre que le sculpteur de cette statue est apprécié comme une icône qui a révolutionné l’art congolaise grâce au goût de génie de ce premier enseignant de l’Académie des Beaux-Arts.
Bien que le Batteur de tam-tam de la Fikin passe pour l’œuvre majeure du défunt sculpteur, du moins la plus connue des Congolais qui tient lieu de référence de son talent, cette grande figure de l’art congolais, aîné du regretté Maître Liyolo disparu l’an dernier et de François Tamba mort en 2006, en a cependant réalisé bien d’autres de facture remarquable. Il faut remonter au buste du chef Lutunu à Gombe Matadi avant de répertorier le reste des œuvres qui contribuent au patrimoine artistique de Kinshasa. C’est dans la capitale que l’on trouve le gros des réalisations d’André Lufwa dont les emplacements témoignent de la valeur accordée au travail de l’éminent artiste. Il s’agit notamment des Léopards de simili pierre qui montent la garde devant les entrées principales de l’enceinte présidentielle du Mont Ngaliema, l’Archer, le Voyageur et l’Hospitalité zaïroise aux Affaires étrangères à Kinshasa, au jardin comme à l’intérieur de l’immeuble. Il en va de même des monuments de Désiré Kabila et Patrice Emery Lumumba au croisement du boulevard du 30 juin dans la même ville. Buste de la fondation Kabila ??? ou du mausolée ??? Monument de Lumumba à Limete ???
L’ensemble des œuvres monumentales de Lufwa sont des réalisations de style académique. Mais le sculpteur s’est laissé aller à des expressions plus libres avec ses autres créations de format plus réduit pour la plupart de petites pièces en bois, en ivoire et en malachite. En majorité, elles datent de plusieurs décennies comme l’on peut bien s’en douter.
Feu André Lufwa Mawidi ne fit pas longue carrière dans l’enseignement. En effet, il choisit de se livrer entièrement à la pratique artistique au courant des années 1960. Il délaissa aussi son titre de directeur adjoint chargé de l’enseignement professionnel dans le gouvernement provincial du Kongo central pour se vouer totalement à son art. Dès lors, il prit part à de nombreuses expositions et rencontres artistiques internationales à travers le monde. C’est le cas notamment de l’Exposition universelle de Montréal, Canada, en 1967.
LE GNETUM SPP LÉGUME VERT FAIT À BASE DE PÂTE D’ARACHIDE
Connue en France sous l’appellation Gnetum africanum, le fumbwa est une liane forestière. On le retrouve aisément en Asie (tropicale et subtropicale), en Amérique du Sud, mais aussi en Afrique Centrale. Mets très convoité, le Gnetum spp est aussi connu sous l’appellation d’Okok dans la partie francophone du Cameroun et d’Eru pour les anglophones. Mais aussi de Koko au Gabon, Angola, Congo, Centrafrique, d’Afang pour certaines tribus du Nigeria ou encore d’Ukazi pour d’autres.
Bien longtemps, le fumbwa était un plat traditionnel et local consommé par les peuples Kongo vivant dans l’ouest de la RDC et l’Angola. Il est préparé avec les feuilles de Gnetum sp. dont il porte le nom en langue locale, le fumbwa. Mais, au fil des temps, il s’est imposé et est actuellement consommé par les autres ethnies qui apprécient son goût délicieux et son apport nutritionnel. Il est disponible dans les magasins africains, antillais, indiens et turcs. Même si son appellation diffère d’un lieu à l’autre, cette plante verte à la texture dure est convoitée pour ses différentes vertus. Qu’elles soient culinaire, médicinale ou esthétique, le fumbwa fait l’unanimité ! De plus, il constitue une filière commerciale très lucrative. Il est apprécié et principalement consommé localement. La plante est également exportée de la RDC notamment au Nigeria, et même jusqu’en France, aux États-Unis et au RoyaumeUni.
Le Gnetum spp. est une treille trouvée la plupart du temps dans les jachères et les forêts secondaires, de qui les feuilles sont employées en tant que riches d’un légume feuillu en protéine. C’est l’un des rares légumes verts disponibles tout au long de l’année. Son importance dans la sécurité alimentaire ou comme source de revenu devient donc très important. C’est ainsi qu’il était choisi parmi les trois PFNL phares en RDC pour le projet « Mobilisation et renforcement des capacités des petites et moyennes entreprises impliquées dans les filières des produits forestiers non ligneux en Afrique Centrale » regroupant quatre principaux acteurs, à savoir CIFOR, FAO, SNV et ICRAF. Dans cette perspective, une étude de base de la filière fumbwa a été menée en RDC. L’objectif de cette étude était de faire une analyse complète de filière afin de proposer des solutions pour sa gestion optimale. C’est ainsi que des enquêtes ont été menées auprès de différents acteurs de la filière notamment les cueilleurs, les commerçants et les consommateurs. Les enquêtes production « cueillette » ont été faites seulement dans la Province du Grand Equateur. En effet, dans les villages d’enquête, la cueillette des feuilles du fumbwa implique aussi bien les pygmées que les Bantou.
Contrairement à ce qui se passe ailleurs, dans cette province, la cueillette des feuilles du fumbwa est en grande partie faite par les hommes et il ne fait pas partie des régimes alimentaires des populations, plus de 80% de la production sont destinés à la vente. Actuellement, la cueillette et la vente se font de manière individuelle. Pour la campagne 2007, par exemple, la production moyenne annuelle par cueilleur est estimée à 257 kg. La cueillette se fait une fois par semaine, ceci par le fait que l’avion qui l’affrète le fumbwa de la Province de l’Equateur à Kinshasa n’effectue qu’un vol par semaine. Si le vol est annulé toutes les quantités sont jetées car la durée de vie maximum des feuilles du fumbwa est de trois jours.
Dans ce cas, le producteur n’est pas payé car le produit est acheté à crédit. Ces problèmes de transfert créent un grand fossé entre le prix au producteur et le prix au consommateur. Le producteur reçoit moins de 10% du prix du consommateur. En 2007, le revenu moyen annuel du fumbwa par producteur est estimé 36752 Fc soit 668$ tandis que les marges nettes du détaillant et du grossiste de Kinshasa sont estimées respectivement à 34.354 $ et à 19.495. Dans la ville de Kinshasa, le coût moyen du plat du fumbwa est estimé à 2 000 Fc, soit environ 1 $ auprès des malewa de fortune. Dans la ville de Kinshasa, le fumbwa qui au départ était pour les « Bakongo » est entré dans les régimes alimentaires de tous les Kinois. En RDC, les problèmes majeurs de la filière fumbwa sont la conservation et le transport, la rareté du produit n’est pas encore une préoccupation.
Musique : retour du clan Wenge, 25 ans après sa dislocation…
Après l’apothéose des années 90, le groupe Wenge Musica BCBG 4×4 s’est à nouveau taillé une place de choix auprès de ses mélomanes. A l’initiative du producteur Amadou Diaby, un concert historique a scellé la réconciliation de ce clan, le 30 juin 2022, au stade des Martyrs, à Kinshasa. Mais d’autres productions VIP attendent encore ces « Anges adorables »…
Loin des feux de projecteurs, les grands de ce groupe composé de JB Mpiana, Werrason, Didier Masela, Alain Makaba, ont acté leur réconciliation, plus de 25 ans après, un lundi 22 janvier 2022 à Paris. Plusieurs projets ont germé de cette rencontre dont un méga-concert au stade des Martyrs de Kinshasa en prélude aux autres productions dont celle de Pullman, ce samedi 9 juillet et un album en commun.
Les leaders de Wenge Musica BCBG 4×4 Tout Terrain se sont réunis le 30 juin 2022 au stade des Martyrs pour produire un spectacle inédit à l’intention de leurs mélomanes. Cette occasion a permis aux Anges adorables de se retrouver, de faire revivre les beaux moments de l’époque avec des tubes mémorables, faisant danser même les plus jeunes.
Après le concert du stade des Martyrs à Kinshasa, les activités vont se poursuivre cette fois-ci dans un autre site à savoir, au Pullman Hôtel ce samedi 9 juillet 2022 à partir de 19 h30 par le même groupe réunifié. Ce sera un concert VIP programmé au Chapiteau de l’Hôtel Pullman dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. L’on se rappelle bien qu’au stade des Martyrs, le prix du billet était fixé à partir de 5000 Francs congolais (2,5 dollars), mais pour celui de Pullman, le prix est fixé à 300 dollars.
Au milieu de tous les défis que rencontre la RDC dans ses différentes sphères, le concert du stade des Martyrs organisé le jour de l’indépendance du pays était l’occasion de porter un message fort et poignant autour d’un idéal commun : l’Unité, comme véritable force motrice et incontournable pour la grandeur de la nation congolaise. L’annonce de ce méga-concert s’est réalisée de manière à attirer un flux de demande de billes d’accès dans un stade réservé à l’accueil de 80 000 spectateurs. Pour leur part, les mélomanes ont bel et bien consenti à l’appel des organisateurs. Par nostalgie, des fans ont afflué de tous les quartiers de Kinshasa, sans compter ceux de la diaspora, pour rehausser de leur présence le grand rendez-vous. Question de remettre au goût du jour tous les répertoires qui ont fait la pluie et le beau temps des années 1990.
Affaire 100 000 dollars…
La nouvelle défraie la chronique et va jusqu’à devenir virale sur les réseaux sociaux. Elle est bien au-delà de ce qu’auraient espéré les fans nostalgiques du groupe qui a marqué leur jeunesse. Bien plus qu’une simple réconciliation de ses anciens sociétaires devenus presque tous leaders de leurs propres formations musicales, Wenge Musica 4×4 est allé jusqu’à se reconstituer autour d’un projet à deux étapes sous la houlette d’Amadou Diaby. C’est un pavé dans la mare jeté lors la distribution non équitable des cachets empochés par Werrason et JB Mpiana au détriment des autres leaders du groupe à savoir Alain Makaba et Blaise Bula à l’issue du concert du stade des Martyrs. Les deux précités auraient perçu chacun 100 000 dollars contre plus ou moins 50 000 pour les deux autres. Cette affaire risquerait d’éclabousser à nouveau le clan parce qu’il aurait été prévu pour Werrason et JB Mpiana d’encaisser chacun 300 000 dollars après le concert de Pullman. Ces faits, s’ils arrivaient à être confirmés, pourraient susciter d’autres frustrations au sein d’un clan nouvellement reconstitué.
10 000 billets achetés du coup
25 ans après leur séparation, l’ancien vice-président de la Fédération guinéenne de football, Amadou Diaby, a réussi à réunir les têtes d’affiche du clan Wenge pour ce qu’il appelle le »concert du siècle ». Amadou s’est associé à des personnalités comme le producteur américain Teddy Riley, l’artiste malien Salif Keita et le musicien congolais Mohombi pour réussir cette entreprise.
Pour la première fois, ces personnages qui échangeaient des piques par média interposé se sont produits au stade des Martyrs. Devant un public euphorique, ils ont repris leurs titres phares, rappelant des souvenirs des années Wenge avant l’éclatement de 1997. Au-delà de la réconciliation entre musiciens, ce concert réconcilie aussi le public qui était divisé à la séparation du groupe. Ledit concert n’est que le début d’une série de productions du Wenge Musica BCBG 4×4 Tout terrain, formule originale. Plusieurs concerts à jouer sont à l’affiche du programme. Le prospectus propose plusieurs productions après celle du stade des Martyrs et de Pullman Hôtel, ex-Grand Hôtel Kinshasa.
Le groupe devra ensuite s’ébranler vers l’Amérique, l’Europe et ailleurs dans le monde. Le concert dit de réconciliation de Wenge Musica BCBG 4X4 a mobilisé une grande masse de personnes. A en croire Werrason, l’un des leaders de cette formule originelle de Wenge, des gens sont venus de partout, de l’Amérique, de l’Europe, de Brazzaville voire de l’intérieur du pays. D’après lui, il n’y avait plus de places dans les hôtels de la capitale, étant donné que toutes les chambres avaient été occupées. Il avançait le chiffre de 240 000 billets vendus, alors que le stade des Martyrs, avec une capacité de 80 000, ne peut aller que jusqu’à 100 000 personnes.
Complétant le patron de Wenge Musica Maison Mère, Alain Makaba, l’autre artiste polyvalent de BCBG 4X4, a indiqué qu’ils étaient à cours de billets. En effet, nombreux étaient les mélomanes décidés à assister au concert du 30 juin. Des billets ont été raflés d’avance en soutien à l’événement. En prélude de ce concert qui s’est passé le 30 juin, les principaux administrateurs que sont JB Mpiana, Werrason, Didier Masela, Blaise Bula, Adolphe Dominguez accompagnés du producteur de cet événement, Amadou Diaby, ont eu une rencontre préparatoire le 25 juin 2022 à Matonge, dans la commune de Kalamu. Autour d’un verre symbolisant l’unité et la réconciliation, ces retrouvailles annonciatrices du méga-concert marquaient également l’exemple pour rapprocher davantage tous les camps des mélomanes opposés en vue de leur cohabitation dans un brassage culturel sans aucun clivage.
L’achat préalable des billets distribués à certains Kinois le 29 juin 2022 à Matonge s’est réalisé en amont pour permettre à l’organisateur du concert d’atteindre son objectif. Une partie de recettes (40%) générées à l’issue de l’événement du 30 juin au stade des Martyrs était prévue d’être déversée comme soutien aux Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) engagées au front contre les groupes armés à l’origine de l’insécurité dans la partie est du pays, notamment les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda.
Origine…
Créé un certain 11 juillet 1981 autour de Didier Masela Ndudi sur la rue Dibamboma, dans la commune de Bandalungwa (Bandal), cet ensemble musical n’était composé au départ que d’amis et élèves habitant le quartier. Sans dénomination au départ, l’orchestre emprunte son nom d’une équipe de football existant dans le coin : Wenge et la particularité de cette équipe est qu’elle ne gagnait pas souvent ses matchs et après une énième défaite devant les membres du groupe, le nom de WENGE fut adopté. Et pour rendre hommage à Papa Wemba et à King Kester Emeneya leurs idoles d’une part et pour apporter une différence avec l’équipe de football, ils ajoutèrent Musica. C’est ainsi que l’orchestre prit le nom de Wenge Musica. Les séances de répétitions et concert se déroulaient au dancing « Moto na Moto » dans la commune de Bandalungwa. Et plus tard, pour notifier la progression du groupe auprès du public, d’autres surnoms furent collés au nom Wenge Musica. Et chaque appellation avait une explication pour les musiciens de ce groupe. Didier Masela Ndudi en est le fondateur aux côtés de Noël Ngiama Makanda dit Werrason, Aimé Bwanga et Alain Mwanga. Comme chanteurs : JB Mpiana, Blaise Bula, Dede Masolo (Deno Star), Anicet Pandu Anibo, Wes Koka, Adolphe Dominguez. Du côté des instrumentistes, Alain Makaba (Guitare et clavier), Christian Zitu (accompagnement), Maradona Lontomba à la batterie et Evo Nsiona (Tumba).
Jusqu’en 1986, l’orchestre n’était qu’un passetemps, vu que les composants étaient élèves et étudiants. Et tous n’espéraient pas faire de la musique comme un métier. L’orchestre se mesurait avec les autres groupes des jeunes de la capitale comme « Il fallait Kaka », « Litonge Bouge » ou encore « Arka Musica » pour ne citer que ceux-là. Wenge réussissait à jouer en première partie ou levé de rideau des orchestres chevronnés comme Langa Langa Stars et Choc Stars par le soutien inconditionnel de Defao Matumona.
Et c’est grâce à Madame Kiamuangana Mateta Verckys que l’orchestre fut programmé pour une émission télévisé à la télévision nationale (OZRT) au Studio Maman Angebi après avoir livré des concerts dans l’enceinte de Veve Center, de l’artiste producteur Verkys Kiamwangana. Cette synergie permit au groupe de rentrer en studio pour enregistrer « Kin e bougé » (1ère version) de JB, « Bébé ake na ye » de Zing Zong et « Laura » de Blaise Bula.
Apothéose
Le groupe entre en studio à Brazzaville à l’IAD et enregistre l’album « Bougé Bougé » en 1988. Un album de 6 titres avec la chanson phare « Mulolo » qui veut dire clameur. A ce jour, personne ne connaît son auteur. JB Mpiana et Werrason se disputent la paternité. Certains natifs et inconditionnels du groupe attribuent la chanson à Ladins Montana, un proche de Werrason ; les autres titres de l’album: Nicky D (Werrason), La fille du Roi et Kolo Budget (JB), Dodo la Rose (Blaise Bula), Fisol (Alain Makaba). La Chanson Mulolo a été primée comme chanson de l’année et l’orchestre Wenge Musica la révélation musicale de l’année 1988.
L’album « Bougé Bougé » récolte un succès fou auprès du public jeune, étudiants et élèves de tout le pays. Désormais, il faut compter avec ce groupe dans le paysage musical du grand Zaïre. L’album leur servant de book-press deux producteurs résidents en Belgique MM Masakuba-Kokard patron des Editions Sans Frontières et Kibonge organisent le voyage du groupe à Bruxelles via Paris. Ne disposant pas de bons documents pour le voyage, le groupe se divise en deux pour essayer de tromper la vigilance des agents de l’immigration à l’aéroport. Ainsi, seront envoyés en éclaireurs Ricoco Bulambemba et Pipo le drummer. Le voyage se déroule sans anicroches pour eux, au moment où le second groupe dit des leaders composé de JB, Werra, Masela, Makaba et Bula s’apprête au voyage, le subterfuge est détecté, le groupe est arrêté et reste à Kinshasa.
Au pays, l’orchestre se réorganise. Un organigramme du groupe qui place JB Mpiana à la Présidence et un conseil de 4 administrateurs composé de Ngiama-Werrason Administrateur-Directeur Financier, Makaba-Alain administrateur-Directeur artistique, Blaise Bula-Monga Administrateur sans oublier Didier Masela, le Fondateur.
Des tournées en spectacles à travers Kinshasa et le reste du pays, l’orchestre assoit sa notoriété. Le premier contrat publicitaire est signé avec la compagnie brassicole Bralima sous le label « Génération Primus ». L’orchestre agrémente les fêtes du parti-état, le MPR du Maréchal Mobutu aux côtés des grands orchestres comme Zaïko ou l’OK Jazz. Pourtant, un drame est venu frapper à la porte du «BCBG ». Sur le chemin du retour d’une prestation au site de Ngafura, Alain Kombo mi-soliste meurt dans un accident de circulation. Tout Kinshasa en avait parlé attribuant la thèse de sacrifice pour le succès du groupe. Il est remplacé par Fi-Carré Mwamba ; dans cette foulée, Maradona et Delo Basse quittent le groupe pour un voyage vers l’Europe pour y retrouver la bande à Ricoco. Patient Kusangila remplace l’accompagnateur Djo Lina et Titina Mbwinga « Al Capone » prend la place laissé par Maradona et deviendra le titulaire indiscutable à la batterie.
En novembre 1990, JB Mpiana, Werrason, Alain Makaba, Didier Masela, Blaise Bula, Roberto Wunda, Marie Paul et Titina Mbwinga arrivent à Bruxelles. Manda Chante, Fula King et Alain Mpela ne sont pas du voyage. Le groupe réside à Bruxelles et est renforcé par Adolphe Dominguez tandis que Ricoco est écarté du groupe au soir de l’unique concert que le groupe réalisa à Paris. A Bruxelles, le groupe continua sa tournée en livrant des concerts et enregistre l’album « Kin e bougé ». Au moment du retour de l’orchestre à Kinshasa, Marie Paul qui ne se sentait pas à l’aise avec Adolphe Dominguez prit la fuite pour retrouver le groupe des bannis à Paris. C’est cette arrivée de poids qui avait scellée la naissance d’un nouveau groupe qui sera appelé Wenge Musica Aile Paris.
Crise de Leadership et dislocation
JB Mpiana, en sa qualité du Président du groupe, imposa à l’orchestre la sortie de son album qui avait connu la participation de tous les musiciens du groupe, excepté le jeune Hervé Gola dit Ferre. Une réussite avec la nouvelle danse le Ndombolo ; cet album marquera la fin du groupe car des conflits en conflits, l’irréparable arriva, deux nouveaux groupes naissaient. Le Wenge Musica BCBG de JB Mpiana avec toute l’équipe sauf Adolphe Dominguez, Werrason, Didier Masela et Hervé Gola. Le groupe prit le nom de Wenge Musica Maison Mère pour notifier la continuité du groupe autour de Didier Masela. L’embellie n’était que de courte durée de chaque côté. JB Mpiana se sépara de Blaise Bula et d’Alain Makaba pour régner seul en qualité de Souverain Bina Adam, Blaise Bula créa son groupe Pondération 8 avec comme slogan Yb² qui veut dire : « Yemba nde, beta nde, bina nde » (Savoir chanter, jouer et danser). Il prône de la bonne musique, la maîtrise de l’art d’Orphée.
Werrason aussi se sépara de ses deux amis, le fondateur Masela et Adolphe Dominguez. Didier Masela garda Wenge Musica 4X4 et Adolphe monta son Wenge Tonya Tonya. A ce jour, le clan Wenge s’est éclaté en 8 groupes ci-après : Wenge BCBG de JB Mpiana, Wenge Musica Maison Mère de Werrason, Wenge Musica 4X4 de Didier Masela, Wenge Référence de Manda Chante, Wenge Tonya Tonya d’Adolphe Dominguez, Pondération 8 de Blaise Bula, Wenge Kumbela de Aimé Bwanga, Wenge Aile Paris de Marie Paul.