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Politique

Bahati Lukwebo renaît de ses cendres

Le leader de l’Alliance des forces démocratiques pour le Congo et alliés (AFDC-A) obtient finalement dans le cadre de l’Union sacrée de la nation le poste de président de la chambre haute du Parlement. Un poste qui lui a été refusé au sein du Front commun pour le Congo (FCC).

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2 mars 2021. C’est sur des roulettes que Modeste Bahati Lukwebo, candidat unique venu de l’Union sacrée de la nation, est élu président du Sénat par 89 voix sur 98 possibles. Ironie de l’histoire, le leader de l’Alliance des forces démocratiques pour le Congo et alliés (AFDC-A) succède à Alexis Thambwe Mwamba, contraint à la démission un mois auparavant après une pétition des sénateurs. 

Deux ans en amont, c’est Thambwe Mwamba, choix de Joseph Kabila, autorité morale du Front commun pour le Congo (FCC), qui le bat (65 voix contre 43) à l’élection du président de la Chambre haute du Parlement. A l’époque, Modeste Bahati tombe en disgrâce devant sa famille politique et se présente en indépendant dans cette élection, ne supportant plus ce qu’il considère comme une « injustice ». 

Avec 44 députés nationaux, 70 députés provinciaux et 13 sénateurs, son regroupement politique -AFDC-A est la deuxième force politique du FCC derrière le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de Joseph Kabila. Mais le PPRD se taille la part du lion en contrôlant, seul, la Primature, l’Assemblée nationale et le Sénat. 

« Toute chose a une fin, et notre patience a également une fin », tonne Modeste Bahati. Sans fausse modestie, il s’attendait à ce que l’AFDC-A prenne la tête d’au-moins une institution. Rien de tel ne lui est accordé. Alors, il prend ses distances avec le FCC.  

Dans sa fronde, il négligera peut-être la capacité de nuisance de sa désormais ex-famille politique. L’AFDC-A est fragilisée de l’intérieur. Néné Nkulu qui sera plus tard nommée ministre d’Etat en charge de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale est soutenue par le FCC et se présente comme le leader de l’AFDC-A. Elle embarque avec elle, un grand nombre de députés et sénateurs. Contre toute attente, la Commission PAJ de l’Assemblée nationale légitime le groupe parlementaire AFDC-A aile Néné Nkulu.

Dédoublement de l’AFDC-A

  Plusieurs fois ministre, Modeste Bahati est, comme jamais auparavant, sérieusement mis en difficulté. Il perd du terrain et n’a plus que la Cour constitutionnelle pour se plaindre du dédoublement de son regroupement politique. 

L’annonce de la dissolution de la coalition FCC-CACH par le chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi le 6 décembre 2020 sonne comme une délivrance pour ce notable du Sud-Kivu. Nommé informateur le soir de la Saint Sylvestre, Bahati Lukwebo se voit en train de jouer un rôle central dans l’ambition de Félix Tshisekedi de faire basculer la majorité au Parlement en sa faveur. Il réussira sans faille sa mission en identifiant plus de 390 députés acquis à l’Union sacrée de la Nation. En même temps, il réussit à récupérer la quasi-totalité des membres de l’AFDC-A qui avaient traversé chez Néné Nkulu.

Rétribution

 Au centre du jeu politique, il attire tout le monde, même Steve Mbikayi, ce ministre des Actions humanitaires et Solidarité nationale, qui lui a fait des misères aux côtés de Néné Nkulu. Ce dernier est même parmi les premiers à le féliciter après son élection à la tête du Sénat. « Nous félicitons l’honorable Bahati Lukwebo, nouveau président du Sénat congolais. Nous lui souhaitons pleins succès dans ses nouvelles fonctions. Tel un aigle, quand on est élevé en dignité, on est obligé de voler haut », a tweeté Steve Mbikayi qui veut s’accrocher, malgré le malaise difficile à soigner entre lui et Bahati. Pour être reconduit au prochain gouvernement, vaut mieux ne pas entrer en guerre avec celui qui va proposer les noms des ministrables AFDC-A au Premier ministre Sama Lukonde. Là encore, AFDC-A, au regard de son poids politique au sein de l’Union sacrée, pourrait bénéficier des portefeuilles importants.

Longtemps frustrés de ne pas être récompensée à sa juste valeur dans les postes de responsabilité, l’AFDC-A et Bahati Lukwebo s’attendent à une meilleure rétribution dans le cadre de l’Union sacrée de la Nation. Ce qu’ils n’avaient pas obtenu au FCC.

 Socrate NSIMBA

Politique

2023: Ça rame à contre-courant de Fatshi

Lancé en septembre 2020, le Registre des appareils mobiles (RAM), une fiscalité qui suscite colère et incompréhension au sein de la population, pourrait bien provoquer une opinion défavorable. Ce qui risquerait de plomber la réélection de Félix Tshisekedi, si rien n’est fait.

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Est-ce une taxe ? Une parafiscalité ou une rémunération ? Les explications pour tenter de clarifier la taxe RAM sont aussi compliquées que l’anatomie d’un pingouin. Mais depuis près d’un an, les Congolais se voient soutirer automatiquement des crédits lorsqu’ils rechargent des unités. Et sans trop comprendre pourquoi ! Fin septembre 2021, le ministre des Postes, télécommunications et nouvelles technologies de l’information et communication (PTNTIC), Augustin Kibassa Maliba, a tenté une explication devant l’Assemblée nationale, à Kinshasa. Cela a fait un flop !

Le Registre des appareils mobiles (RAM) « n’est pas une taxe, mais une rémunération des services et prestations fournis par l’Autorité de régulation, des postes et télécommunications du Congo (ARPTC). Il ne s’agit non plus d’un simple enregistrement. (…) Je dois vous rassurer pour ceux qui ont eu un double prélèvement, l’année prochaine, ils n’auront pas à payer à le- RAM. » En prononçant ces propos devant les députés, Augustin Kibassa pensait être sur la bonne voie, alors qu’il ramait à contre-courant de l’opinion majoritaire à l’hémicycle. Ce qui a suscité une tension. Il sera ensuite criblé des questions et préoccupations de la part des députés. Il ne s’en sort pas ce 30 septembre. Il a demandé 48 heures pour mieux répondre. Mais il n’est pas revenu dans le délai prévu.

En moins d’une année, cette fiscalité a déjà prélevé 25 millions de dollars dans le porte-monnaie des Congolais, voire beaucoup plus, à en croire le député Jean-Baptiste Kasekwa de l’opposition. Ce député estime que plus de 80 millions de dollars ont été collectés. « Nous ne devrions pas nous limiter à exiger la suppression de RAM. Les auteurs de l’escroquerie doivent subir une sanction exemplaire. Je voudrais solliciter la mise sur pied d’une commission d’enquête. », a indiqué l’élu de Goma.

 Ça rame à contre-courant de Fatshi

Cette taxe ou rémunération ne fait pas l’affaire de Félix Tshisekedi au niveau de l’opinion. Resté taiseux au sujet de la question lors du conseil des ministres qui a suivi l’audition du ministre Kibassa, le président Félix Tshisekedi n’a toujours pas commenté l’affaire jusqu’alors. Une attitude qui soulève des interrogations. A-t-il toléré cette taxe que d’aucuns voudraient voir supprimer

? Pourtant, cette fiscalité suscite colère et incompréhension au sein d’une bonne partie de la population. Cela pourrait provoquer une opinion défavorable à l’endroit du chef de l’Etat. Une situation qui risquerait de plomber sa réélection en 2023, si rien n’est fait pour supprimer carrément ce prélèvement ou le modifier au besoin. Puisque Fatshi, adepte de l’opinion majoritaire et avec le slogan de son parti : « le peuple d’abord », ne devrait pas « ramer » à contre-courant et se placer en porte-à-faux de l’opinion.

Quoi qu’en dise le ministre sur la taxe rame, plusieurs Congolais la perçoivent comme une arnaque. D’ailleurs, le député Claude Misare, auteur de la question orale, n’a pas manqué d’accuser le ministre d’avoir institué une « taxe incompréhensible » au taux « très élevé » sans « contrepartie » ni « base légale ». Alors que l’Etat prélève déjà des impôts à la source auprès des réseaux de téléphonie mobile. Ces télécoms, en vendant leurs services aux abonnés, facturent déjà en incorporant des taxes dues à l’Etat. Pas besoin que Kibassa rame avec le RAM ! Cela parait superfétatoire.

Dido Nsapu

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Politique

Assemblée nationale: Quand Mboso peine à maitriser sa majorité…

L’un des bénéficiaires insoupçonnés du divorce entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, Christophe Mboso n’hésite pas à remuer ciel et terre pour protéger les intérêts politiques du chef de l’Etat dans un hémicycle aujourd’hui difficile à maitriser.

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Si, comme des moines tibétains face à leur lama, les députés du Front commun pour le Congo (FCC) se soumettaient à la discipline de la plateforme ou de leur autorité morale, la majorité d’aujourd’hui gérée par Christophe Mboso reste difficile à dompter. Un des exemples phares, c’est la question de la très controversée taxe sur le Registre des appareils mobiles. Le président du bureau de l’Assemblée nationale a été quasiment partagé entre protéger le ministre Augustin Kibassa Maliba et laisser la libre expression aux députés en colère contre cette fiscalité imposée aux Congolais par un prélèvement automatique des unités de communications dans les téléphones portables. Des députés, y compris de l’Union sacrée, n’ont pas émis à la même longueur d’ondes sur cette question du RAM.

Tellement la fissure était grande, Mboso et son premier vice-président, Jean-Marc Kabund, ont dû battre le rappel des troupes à Fleuve Congo Hotel, lundi 11 octobre, pour tenter de ressouder l’Union sacrée autour du dossier. Mais la démarche de Jean-Marc Kabund et Christophe Mboso a accouché d’une souris. Puisque la majorité des députés, qui ont pris part à cette réunion, ne jurent que sur la suppression pure et simple de la taxe RAM. Pour preuve, bien que la plénière ayant auditionné le ministre Kibassa, le 13 octobre, lui a fait éviter la motion de défiance venue du FCC, la conclusion de l’auteur de la question orale avec débat, le député Claude Misare, démontre à suffisance que des députés veulent obtenir la suppression de ce RAM.  

Sur cette question de la suppression de cet ovni fiscal, le ministre s’est finalement remis au conseil des ministres. « J’ai été personnellement interpellé par la pertinence des interventions des honorables députés. C’est pourquoi en vertu du parallélisme de compétence, je me suis fait le devoir de saisir officiellement le gouvernement compte tenu de la question de la mise en œuvre du RAM a été discutée et décidée en conseil des ministres. », a déclaré Augustin Kibassa Maliba dans son allocution devant les députés.

Majorité volatile

Comparativement à la défunte majorité du FCC, celle de l’Union sacrée se montre fragile face des questions chaudes du pays. Le refus du Sénat de lever l’immunité de l’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, alors que Félix Tshisekedi avait demandé aux sénateurs de ne pas faire obstruction à la justice dans le dossier du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo démontre également ce signe de fragilité. Ce qui veut dire que Félix Tshisekedi pourrait avoir du mal à faire passer d’autres réformes politiques. Il y a aussi un autre revers subi par le président de la République. C’est celui de l’opposition des députés au projet de loi d’habilitation pourtant déjà voté par le Sénat. Deux revers au Parlement qui avaient poussé Mboso à réunir encore les députés de l’Union sacrée à Fleuve Congo Hotel, pour tenter de calmer les esprits.

Des Palissades offertes 

Après l’épisode du rejet de la loi d’habilitation proposée par le gouvernement, Mboso va tenter de consolider la majorité en offrant des véhicules SUV aux députés de l’Union sacrée, une dotation, selon lui, du chef de l’Etat, étendue aux autres députés nationaux. « 250 jeeps sont déjà là, l’honorable questeur adjoint va partir avec, je crois, trois députés à Boma pour signer le document, puis acheminer les jeeps à Matadi puis à Kinshasa. Le 12 juillet, les 250 autres jeeps seront là. Fin juillet, elles seront remises à tous les députés, y compris à ceux de l’opposition », avait expliqué le président de l’Assemblée nationale aux députés, dans un audio qui a fuité de cette réunion secrète.

Mboso était aussi revenu sur le dossier de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), en demandant aux élus de défendre la réforme votée, le 11 juin, à l’Assemblée nationale. Cette loi est contestée au Parlement par certains membres de l’Union sacrée et des élus de l’opposition, notamment Martin Fayulu et Adolphe Muzito qui demandent des réformes profondes sur la loi de la CENI. « Je suis en train de suivre le débat contre cette loi. Il ne faut pas laisser faire. Allez dans les médias, défendez cette loi, le bureau de l’Assemblée prendra cela en charge financièrement », avait-il assuré. Comme pour avouer à demi mot que la réforme électorale telle que passée ne faisait toujours pas l’unanimité, y compris au sein de l’Union sacrée. Et qu’il fallait tenter de convaincre par les médias. 

Conduite de débat

A l’Assemblée nationale, Mboso se confronte également au problème de la direction du débat démocratique. L’ex-Mobutiste est fréquemment reproché de couper ou de recadrer systématiquement des députés qui ne sont pas de son obédience, y compris même certains de son propre camp politique. Cela, au point qu’une pétition en gestation a été initiée à son encontre.  Le FCC, après avoir vu sa motion de défiance contre le ministre des PT-NIC rejetée par la plénière du 13 octobre, a promis aussi une autre motion, cette fois là, contre le bureau Mboso.   

Face aux enjeux politiques qui demeurent entiers, notamment la question de la désignation des animateurs de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Mboso devra faire preuve de tactique politique pour réussir le pari de maitriser ce perchoir.

Dido Nsapu

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Politique

Que cachent les positions de Katumbi ?

Dans sa récente sortie médiatique, le dernier gouverneur de l’ex-Katanga se montre de plus en plus dur envers son allié d’aujourd’hui, Félix Tshisekedi. Mais bien tendre avec Joseph Kabila, son ennemi d’hier. Décryptage d’une stratégie qui rassemble les frustrés.

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2023, Loi Tshiani, Kabila…

Moïse Katumbi est toujours présenté comme l’un des grands challengers du président Félix Tshisekedi, au cas où celui-ci se présenterait à la présidentielle de 2023. Sans qu’il ne l’avoue officiellement, l’homme se montre éveillé sur tout ce qui peut lui barrer [encore] la route vers le Palais de la Nation. Pour cela, Moïse Katumbi n’a pas hésité à menacer de quitter l’Union Sacrée de la Nation. « Il s’agit clairement d’une ligne rouge. Si elle [loi Tshiani] venait à être ne serait-ce que programmée pour être débattue au Parlement, nous quitterions la majorité [Union sacrée] », a-t-il déclaré dans une interview accordée à Jeune Afrique.

Ce projet de loi écarte notamment de la course à la présidence de la République les candidats qui ne sont pas nés de père et de mère congolais. Pour Katumbi, né d’un père juif, Nissim Soriano, originaire de l’île de Rhodes, cette initiative législative porte un nom : le racisme. « Notre pays ne s’honorerait pas à être le seul au monde à adopter un texte raciste, ségrégationniste et inconstitutionnel », a-t-il ajouté. En parlant au nom de tous les jeunes pour qui cette loi peut priver l’accès à des hautes fonctions alors qu’ils sont « méritants et compétents », Katumbi prêche d’abord pour sa propre chapelle, lui dont les ambitions pour la présidentielle de 2023 constituent un secret de polichinelle.

Rassembler les frustrés !

 En s’exprimant pour la première fois sur des sujets politiques depuis son retour d’exil il y a deux ans, Moïse Katumbi laisse transparaitre une stratégie. Celle de rassembler tous les frustrés du régime Tshisekedi afin d’en faire des potentiels alliés pour 2023. Ayant quasiment subi une persécution pendant près de 6 ans après son divorce d’avec Joseph Kabila, le dernier gouverneur de l’ex-Katanga s’est montré amnésique et avoue avoir pardonné à ses bourreaux.

Mais il ne s’arrête pas là. L’homme a quasiment béatifié ceux qui ont été presque auteurs de son exil politique d’hier. « Soyons clairs : il est  important que les méfaits commis soient jugés. Pour autant, s’il faut condamner, il faut aussi savoir pardonner. La place des Congolais est au Congo. On ne peut se réjouir d’en voir prendre la route de l’exil, quoi qu’ils aient fait. Cela vaut pour Kikaya Bin Karubi, John Numbi, Kalev Mutond et les autres », a déclaré celui qui a quitté le pays en civière, le 20 mai 2016, après avoir subi ce que certains de ses proches qualifiaient d’un « harcèlement judiciaire ».

Jouant visiblement au rassembleur des frustrés, Moïse Katumbi enchaine des noms : « Il ne faut pas avoir la mémoire courte. Certains de ceux qui sont aujourd’hui en difficulté ont beaucoup apporté à notre pays. Notamment le pasteur Ngoy Mulunda, un homme de Dieu qui a beaucoup œuvré pour la paix, mais aussi Vital Kamerhe, l’un des principaux acteurs de la vie politique ces dernières années, ou encore Augustin Matata Ponyo, qui fut un valeureux Premier ministre. 

 « Bref, Katumbi a égrainé un chapelet de noms de ceux qui se sont retrouvés inquiétés par la justice sous Félix Tshisekedi. Et cela, au point d’affirmer qu’entre lui et Joseph Kabila, il n’y a jamais eu de problème. Avouant qu’il a perdu contact avec l’ex-président depuis qu’il l’a quitté en 2015, estimant pouvoir chercher son numéro et l’appeler « si un jour le besoin s’en fait sentir. » 

Tout au long de son intervention, Katumbi a donc arrimé tous les noms des personnalités en ligne de mire de la justice sous Félix Tshisekedi. Ce qui peut être perçu comme une stratégie visant à attirer la sympathie de ceux qui sont frustrés par l’actuel pouvoir en place. Cela, afin de se constituer, peut-être, une force politique pour 2023.

 Lamuka, en embuscade

Pendant que le débat sur la « Congolité » inquiète Moïse Katumbi, l’autre aille radicale de la coalition, Lamuka, en fait moins des bruits. Le tandem Fayulu-Muzito reste visiblement en embuscade, attendant voir si Katumbi pourrait être recalé à cause de cette loi sur la  nationalité, si elle venait à être votée par le Parlement. Ce qui fera de Fuyulu ou de Muzito le candidat principal de l’opposition face à celui du pouvoir, s’il n’y a pas de nouveaux outsiders politiques d’ici à 2023.

Lobbying à Washington et Tel Aviv

 Conscient de ses ambitions politiques pour 2023, Moïse Katumbi n’a pas laissé de côté le lobbying auprès de Washington et même de Tel Aviv (Israël), malgré sa présence aux côtés de Félix Tshisekedi dans le cadre de l’Union sacrée de la Nation. Le chairman du Tout-Puissant Mazembe joue, à ce niveau, sa propre partition politique. Réputé proche des Américains, Moïse Katumbi se heurte, en ce moment, à un Félix Tshisekedi tout aussi introduit au sein de l’administration Biden.

Pour mener à bien son lobbying, Moise Katumbi a notamment signé un contrat le 3 juin dernier avec la firme King & Spalding EEP. Selon cette convention, basée sur une rémunération mensuelle de 40 000 euros, la mission confiée au cabinet de lobbying  consiste à « représenter Moïse Katumbi Chapwe auprès du Congrès et de l’exécutif américains sur des questions telles que les violations des droits de l’homme, la législation anti-corruption, [et à] organiser des réunions avec les responsables politiques et les décideurs du gouvernement ». Dans son lobbying, l’ex-gouverneur du Katanga essaie de distendre les liens privilégiés tissés par l’administration de Joe Biden avec celle de Félix Tshisekedi. Mais, jusque-là, la diplomatie américaine, telle que manifestée par l’ambassadeur à Kinshasa, Mike Hammer, reste mobilisée en faveur du chef de l’Etat congolais. Ce qui pousse, parfois, l’ambassadeur américain en poste à Kinshasa à jouer à l’équilibriste face à Katumbi et Tshisekedi. Mais, à ce jour, le lobbying actif de Katumbi n’a que peu d’influence sur la politique américaine envers la RDC. Car, le 20 juillet dernier, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, avait renouvelé le soutien diplomatique et financier de l’administration Biden au président Félix Tshisekedi.

 Dido Nsapu

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