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PARITÉ: De Joseph Kasavubu à Felix Tshisekedi, les premières dames et leurs rôles prépondérants

Depuis des temps immémoriaux, les femmes, particulièrement les premières dames ont toujours joué un rôle déterminant dans la transformation du paysage politique de leurs pays, en qualité de conseillère no 1 de leurs maris.

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Depuis des temps immémoriaux, les femmes, particulièrement les premières dames ont toujours joué un rôle déterminant dans la transformation du paysage politique de leurs pays, en qualité de conseillère no 1 de leurs maris.

Tenez, contrairement aux collaborateurs très rapprochés qui prennent souvent le courage de souffler à l’oreille du Patron, même lors de grandes cérémonies, la Première dame prend tout son temps pour échanger « en toute intimité et dans la détente » avec son mari, généralement, après une journée de forte turbulence politique et administrative.

Par cette attitude, il se créé une sorte d’osmose entre les deux personnes, qui en fait, ne doivent représenter qu’une seule vision. A   ce sujet, un proverbe africain illustre bien cette image par cette phrase :’’La femme est la ceinture qui tient le pantalon de l’homme’’.

Pour revenir sur ce rôle important joué par les premières dames, il suffit de se rendre compte de l’opiniâtreté, l’endurance et la force de caractère qui ont marqué quelques-unes d’entre elles. Aux USA, par exemple, Hillary l’épouse de Bill Clinton s’est distinguée à côté de son mari jusqu’au point où, sa maturité politique l’a propulsée aux fonctions de Secrétaire d’Etat, la numéro 2 de son pays avant de tomber de justesse avant d’atteindre la première marche du podium. En Afrique, nombreuses premières dames ont laissé un souvenir de dame de fer et de conseillères principales de leurs maris. Nous avons cité notamment la Sud africaine Winnie Mandela, la Zimbabwéenne Grâce Mugabe et l’Ivoirienne Simone Gbagbo.

 En RDC, ’’les paradis sont sous les pieds des mères’’

A l’image de ce qui se fait ailleurs dans le monde, les premières dames de la RDC ont apporté chacune, à sa manière, leurs touches, respectant le dicton, ‘‘les paradis sont sous les pieds des mères’’. En effet ces ‘’élues’’ ont toujours porté en elles, des germes d’amour du prochain, d’artisan de paix et de réconciliation tant à l’interne qu’à l’externe.

 La première de toutes, Hortense Kasa-Vubu, discrète mais influente sous le régime de Joseph Kasa-Vubu le premier président du Congo-Kinshasa de 1960 à 1965.

La première dame, Madame Hortense Kasa-Vubu, née à Ngoma Masunda, a vécu en toute discrétion tout en exerçant une influence à l’interne. Elle a été de moins en moins visible, même lors de grandes cérémonies officielles. C’est peut-être ses convictions religieuses et ses origines Kongo qui l’ont contrainte à ce modus vivendi. Toutefois, elle a été pour beaucoup dans l’encadrement de son mari, victime des tribulations, des machinations et des coups bas des politiciens de l’époque, assoiffés de pouvoir, à tout prix. C’est plutôt sa fille, Justine Mpoyo Kasa-Vubu qui a été souvent au four et au moulin. Un historien de grand renom s’est même interrogé : Mais qui se rappelle encore de celle qui fut pourtant la toute première dame du Congo ? Qui se souvient encore de sa progéniture ? Mama Hortense Ngoma fut non seulement la conjointe du président, mais aussi la mère de ses enfants. A-t-elle à l’époque aussi porté le titre prestigieux de « maman présidente » ? La question reste en tout cas posée. De leur union naquit quatre filles et cinq garçons. De tous les enfants, Justine Kasa-Vubu Mpoyo est sans nul doute la plus connue.

Marie Antoinette Mobutu, précurseuse de la lutte pour la promotion des droits de la femme et des enfants.

Pour sa part, le général Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga, né Joseph-Désiré Mobutu le 14 octobre 1930 à Lisala au Congo belge et mort d’un cancer le 7 septembre 1997 à Rabat au Maroc. Il a gouverné la RDC de 1965 à 1997 dont une partie (1965-1977) avec le concours de son épouse ,la première dame, Antoinette Mobutu née à Gbiatibua Yetene.

Cette dernière figure parmi les femmes précurseuses de la lutte pour la promotion des droits de la femme en RDC ayant soutenu les observateurs qui l’appelaient ‘’ maman sociale’’. A cause de son éducation catholique et ses origines modestes, elle avait gardé une remarquable sobriété de coeur. Pour preuve, c’est elle qui aurait sauvé le cardinal Malula en conflit avec son mari d’une arrestation humiliante. C’est aussi elle qui serait intervenue en douce auprès du «Guide» pour que le musicien Tabuley Rochereau ne connaisse pas des difficultés.

Pour manifester son humanisme et son affection à la fille et à la jeunesse, elle a ouvert, en plein centre de Kinshasa, dans la commune de Limete, le centre féminin Marie-Antoinette Mobutu où les jeunes filles étaient formées en différents domaines. Ajouter à cela, le Centre Maman Mobutu pour aveugles et personnes vivant avec handicap. Les deux structures sont désormais des Établissements publics.

Bobi Ladawa, le pont entre le Guide et les responsables religieux.

 Bobi Ladawa est la seconde et dernière épouse officielle du président Mobutu. Elle a longtemps joué le rôle de pont entre son mari et les responsables religieux notamment le cardinal Malula, le Réverend protestant Bokeleale et son Eminence Diangenda de l’Eglise Kimbanguiste. Pour ces derniers, la Première dame a la lourde responsabilité d’assister son mari surtout dans la prise de grandes décisions. Mobutu épousa Bobi Ladawa le 1er mai 1980 à la veille de l’arrivée au Zaïre du pape JeanPaul II.

C’est à dater de ce jour qu’elle devint ainsi la « première dame » du pays et « la maman présidente » du Zaïre.

 Kosia, la soumise soeur et co-épouse

Le maréchal Mobutu a également partagé le lit conjugal avec Kosia la sœur jumelle de Bobi Ladawa avec qui elle avait une frappante ressemblance. Il paraît que le cœur du Guide balançait entre les deux sœurs. Cette rivale si particulière qui jouait officieusement les seconds rôles s’affichait parfois en public derrière sa sœur dans la tribune d’honneur lors des cérémonies officielles. Une rivalité qui s’apparentait davantage à une contrainte de la coutume qu’à autre chose tant les deux jumelles étaient d’une complicité saisissante. Une vidéo circule encore sur la toile où les deux sœurs sont vues ensemble devant le mausolée du Maréchal Mobutu à Rabbat (Maroc).


Maman Sifa Mahanya, la gardienne du temple

 Contrairement à celles qui l’ont précédé comme Première Dame, Maman Sifa Mahanya épouse de Laurent Désiré Kabila, tombeur de Mobutu en 1997, a vécu loin des combines politiques dans un monde agité. Elle partageait son temps entre l’encadrement de ses enfants Joseph, Jaynet et Zoe Kabila et les travaux champêtres particulièrement au plateau de Bateke, hinterland de Kinshasa avant de poursuivre son œuvre dans la périphérie de Lubumbashi au Katanga, après la mort de son mari.

La journaliste belge Colette Braeckman du journal ‘’Le Soir’’ a tiré d’elle quelques confidences en juin 2006 sur le lignage de sa progéniture : « je dois m’abstenir de descendre à ce niveau-là : tout ce que je peux dire, ce qu’il (Joseph) est bel et bien mon fils. Discrète, elle n’est pas une femme publique mais n’est pas effacée.

 Elle ne reçoit pratiquement pas la presse sauf pour parler de ses activités notamment sociales au sens de la Fondation qui porte le nom de son mari. 

 Pour revenir à l’entretien avec collecte Braeckman, l’on retient que maman Sifa a beaucoup milité au sein du Parti de la Révolution du Peule (PRP) de son mari où elle se chargeait de la formation, particulièrement des femmes.

Elle a rappelé que ce parti politique avait l’ambition de combattre l’injustice et lutter contre Mobutu qui avait confisqué le pouvoir avant de se féliciter du travail réalisé dans le maquis où la famille vivait de la pêche, de l’élevage et de l’agriculture. Elle a également réfuté l’idée de ceux qui faisaient croire que son mari a été un père souvent absent du foyer. 


Marie Olive Lembe, une première dame hors-paire

Jamais dans l’histoire de la RDC, on a eu une première dame aussi simple que Marie Olive Lembe. Epouse du président Joseph Kabila Kabange (2001-2018). Elle fait la différence par rapport aux anciennes épouses des présidents qui, la plupart du temps, restaient dans l’ombre de leurs maris tout au long de la législature.  

Une religieuse a affirmé sous l’anonymat à Heshima que Marie Olive Lembe sort des sentiers battus pour poser des actes qui émulent ceux qui font partie des institutions de la République. Contrairement aux autres, elle ne fait pas de la figuration comme le faisaient les autres femmes de présidents. Et de préciser : ‘’ Elle refuse de rester derrière les rideaux. Elle se met au-devant de la scène de la manière la plus inattendue qui soit, en militant en faveur du développement de la RDC et de l’épanouissement de la femme en particulier’’.

 Les Congolais la voient comme une femme courageuse et estiment qu’elle représente le type de femme et de mère qui dispose d’atouts déterminants pour protéger la vie. Cela se voit à travers des actions caritatives qu’elle ne cesse de mener aux quatre coins du pays en faveur des personnes vulnérables, sans distinction de tribus, ni de classes sociales. Ainsi, on a vu Olive Lembe au chevet des malades prenant en charge tous leurs frais médicaux. Certains de ces malades ont même bénéficié d’interventions médicales spécialisées à l’étranger à ses frais.

Issue d’une famille modeste, elle n’a pas honte d’évoquer ses origines dès que l’occasion s’y prête. Elle parle de ses souvenirs de jeunesse et de la vie qu’elle menait en tant que citoyenne de la classe moyenne. « Il n’y a pas de honte à dire d’où l’on vient. Si chez vous, il n’y a pas des chaises, il faut accepter de s’asseoir sur un escabeau ».

 Marie Olive Lembe n’a pas de préférence. Que ce soit des victimes des catastrophes naturelles, des personnes vivant avec le VIH/ SIDA, les femmes des médias, les sans logis ou toute autre personne frappée par une catastrophe, elle va à leur rencontre comme le ferait une fille ou une mère.


Denise Nyakeru omniprésente aux côtés du président Felix Tshisekedi 

Après avoir travaillé à Bruxelles, la nouvelle première dame a l’intention de jouer un rôle actif. Sa priorité : la défense des droits des femmes. Le père de Denise, Étienne Nyakeru, était un « évolué », qui avait un poste à responsabilité dans l’administration de ce qui était encore la province unifiée du Kivu. Une de ses soeurs, Jeannette, a été diplomate à Londres. Elle n’a que neuf mois quand elle perd son père, sa mère et l’un de ses oncles dans un accident de voiture à Bukavu. En raison du décès prématuré de ses parents, elle n’a pu apprendre le mashi, sa langue maternelle.

Grâce à son oncle, l’abbé Sylvestre Ngami Mudahwa, aumônier catholique des FARDC qui la recueille à Kinshasa, ainsi que la plupart de ses frères et soeurs, elle bénéficie d’une éducation dans la capitale de la RDC. Elle patronne sa fondation « Denise Nyakeru Tshisekedi » et est omniprésente aux cotés de son mari pour mener plusieurs actions caritatives. On la sent très proche de la population avec qui elle partage tous les aléas de la vie. Le chemin est encore long mais elle a un bonus de quelques années devant elle.

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INVESTI LORS D’UNE CÉRÉMONIE HISTORIQUE TSHISEKEDI DÉVOILE LES PRIORITÉS DE SON NOUVEAU QUINQUENNAT

Le président réélu de la République démocratique du Congo a prêté serment le 20 janvier 2024 à Kinshasa pour un second mandat. Le chef de l’Etat congolais a, dans son speech, égrainé 6 objectifs prioritaires de ce nouveau quinquennat s’engageant à veiller à ce que les erreurs du passé ne se reproduisent plus.

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F élix Tshisekedi, brillamment réélu avec 73,47% des suffrages, a vu grand pour sa prestation de serment. L’homme a choisi le stade des Martyrs de la Pentecôte rempli au maximum de sa capacité de 80 000 places. Dixsept chefs d’Etat africains en fonction, quatre honoraires et des délégations de plusieurs dizaines d’autres pays y étaient présents, pour une cérémonie sous haute sécurité et très protocolaire, avec au rendez-vous fanfare, cavalerie et prières, le tout sous une très grande ovation.

Il s’agit des présidents du Burundi, du Kenya, de la République centrafricaine, du Gabon, de la République du Congo, de la Guinée Bissau, de la République d’Afrique du Sud, de l’Angola, du Tchad, de Sao Tomé et Principe, de Djibouti, du Malawi, du Zimbabwe, de la Zambie, du Sénégal, de la Gambie et du Ghana. 

Les présidents honoraires sont ceux du Kenya, de Madagascar, de la Tanzanie et du Nigéria. Pour des millions de Congolais qui ont suivi la cérémonie à distance, la chaine nationale (RTNC) a innové en filmant en direct le départ du président de la République depuis le Palais du Mont-Ngaliema, dans les hauteurs du camp Lieutenant-colonel Tshatshi, jusqu’au Palais du peuple où le chef de l’Etat a changé de véhicule, optant pour une Toyota décapotée escortée par la cavalerie.

 C’est avec une telle escorte sécurisée dans l’air notamment par des hélicoptères des forces spéciales que Félix Tshisekedi a fait son entrée solennelle au stade des Martyrs de la Pentecôte. « Je jure solennellement (…) de défendre la Constitution et les lois de la République, (…), de maintenir son indépendance et l’intégrité de son territoire », a déclaré devant les juges de la Cour constitutionnelle le président réélu, avant de recevoir les salutations des chefs coutumiers des 26 provinces du pays. « J’ai conscience de vos attentes », a-t-il enchaîné dans son discours d’investiture, faisant allusion notamment au chômage, au pouvoir d’achat, à la situation des jeunes, à la promotion des femmes tout comme des personnes vivant avec handicap et à la cohésion nationale.

6 objectifs prioritaires

Dans son allocution d’investiture, Félix Tshisekedi a esquissé les objectifs prioritaires de son nouveau mandat. Il est question de six axes, à savoir : créer plus d’emplois ; protéger le pouvoir d’achat des ménages en stabilisant le taux de change ; assurer avec efficacité la sécurité des populations et de leurs biens ; poursuivre la diversification de l’économie ; garantir plus d’accès aux services sociaux de base et renforcer l’efficacité des services publics. 

Par rapport à son expérience de cinq dernières années au pouvoir, Félix Tshisekedi semble avoir tiré les leçons qui peuvent l’aider à améliorer sa gouvernance actuelle. « Tirant les leçons de l’expérience passée et tenant en compte vos aspirations, je m’engage pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus », a-t-il promis.

Il a par ailleurs rendu hommage à ses alliés de l’Union sacrée de la Nation au sein de laquelle se trouve l’UDPS, son parti, et il a également adressé un clin d’œil aux candidats de l’opposition, promettant de veiller à ce que le rôle de cette dernière soit effectif lors de ce quinquennat, notamment avec la désignation de son Porte-parole telle que reconnue par la Constitution.

Le chef de l’Etat congolais a aussi épinglé les efforts fournis dans la sécurisation des populations et la défense de l’intégrité territoriale du pays mises à mal, selon lui, par les velléités obscures de certains États voisins, d’acteurs extérieurs ou internationaux avec une complicité « lâche » de certains Congolais.

« En effet, nonobstant votre vigilance, le sacrifice et la bravoure de nos vaillantes forces de sécurité et de défense, les menaces se veulent résilientes. Et pour beaucoup, alimentées par la trahison de certains Congolais qui, sans scrupule, sans la moindre considération humaine et patriotique, s’allient à l’ennemi pour faire couler le sang de leurs propres frères et sœurs Congolais », a-t-il fustigé. 

Félix Tshisekedi a aussi évoqué la préservation de la cohabitation sereine entre les peuples qui, selon lui, constituent un défi à relever pour sauvegarder la cohésion nationale qui ne peut se réaliser qu’au moyen du renouvellement et de la consolidation du « vouloir vivre collectif. Un vouloir vivre collectif où seront bannis les fléaux de la haine, du tribalisme, du clanisme et de toutes les antivaleurs qui aujourd’hui, minent le développement » du pays. 

Comparativement à sa première prestation de serment qui avait officiellement eu lieu le 24 janvier 2019 dans les jardins du Palais de la Nation, lorsqu’il succédait à Joseph Kabila (2001-2018), premier président réélu de la Troisième République, le cérémonial impressionnant du deuxième président réélu n’a pas manqué de s’inscrire dans la symbolique du chiffre 20 qui l’a accompagné tout au long du processus électoral, par celui porté pour sa candidature, la date du vote et enfin celui de son investiture.

Heshima

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CENI VÉRITABLE TÊTE DE TURC DES ACTEURS POLITIQUES DEPUIS 2006

Véritable souffre-douleur des politiques, la Commission électorale nationale indépendante fonctionne, depuis sa création, dans un contexte particulier d’accumulation des retards, des difficultés de financement et des contraintes logistiques et techniques. Sans méconnaitre la responsabilité de ces mêmes politiques.

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Le processus électoral qui se perpétue en République démocratique du Congo aujourd’hui est non seulement passé par plusieurs phases laborieuses et de tâtonnement, mais a aussi surmonté des difficultés de différents ordres. Tout était pourtant parti de l’Accord global et inclusif du 17 décembre 2002 qui avait permis la publication le 4 avril 2003 de la Constitution de la transition. Après cette étape cruciale, il suivra le référendum constitutionnel des 18 et 19 décembre 2005, puis les élections du 30 juillet 2006, premières élections pluralistes organisées après 45 ans en République démocratique du Congo.

Moult difficultés

Prévue dans l’Accord global et inclusif, la Commission électorale indépendante (CEI) jouera un rôle central dans la préparation et l’organisation des élections de 2006, avec à sa tête l’abbé Apollinaire Malumalu. Seulement, c’est depuis cette même période que l’organisation des élections se déroule dans un contexte des défis sécuritaires, juridiques, financiers, techniques et logistiques jusqu’aujourd’hui. Au départ, les acteurs de la communauté internationale, dans le cadre d’un accompagnement, accordaient des appuis techniques, financiers et politiques, mais depuis 2011, le Congo finance seul ses élections, évoquant la question de souveraineté.

Au nom de ce principe, les contraintes notamment de prise en charge financière ont commencé. Du coup, le décaissement des fonds pour l’organisation des élections s’effectuait difficilement et souvent à comptegouttes. Il est même arrivé que la Cour suprême interpelle les autorités pour qu’elles donnent à la CENI des moyens nécessaires. D’autre part, la CENI connaitra des contrariétés d’ordre logistique.

Dans un pays grand comme l’Europe de l’Ouest et ne possédant pas d’infrastructures adéquates, c’est toujours in extremis et avec l’appui de la MONUSCO que le déploiement du matériel électoral se fait, jusqu’aujourd’hui. Techniquement, la CENI a eu à se buter aux problèmes de fabrication des urnes et des bulletins de vote ou des machines qui tombent en panne. Elle a eu à faire faire des méga-urnes (grandes poubelles en plastique transparent) et des bulletins de vote particulièrement volumineux, mesurant jusqu’à 42 cm sur 60 cm ou ayant le format d’un journal.

Heureusement, la machine à voter (MAV), système de vote adapté aux défis congolais développé par l’abbé Malu malu mais qu’il n’a pas pu exploiter, a été introduite au troisième cycle électoral. Au quatrième cycle électoral, ces machines ont été améliorées avec un logiciel, d’où l’appellation « Dispositif électronique de vote » (DEV), jugé fiable. Il s’agit d’un mécanisme qui combine le vote électronique avec un dépouillement manuel.

Cycle infernal

En RDC, on a comme l’impression d’être en face du réchauffé à chaque cycle électoral. Après l’organisation des scrutins, il s’observe toujours un long moment de silence pendant lequel on oublie tout jusqu’au jour où la classe politique et la société civile se réveillent pour encore y penser. C’est dans ces circonstances que le président de la CENI est souvent désigné, dans un climat impitoyable de guerre entre confessions religieuses, ce avant de commencer à faire tardivement le point et envisager l’impossible. Du coup, plusieurs opérations sont menées dans la précipitation, alors qu’elles devaient être réparties tout au long de la législature. Ces mêmes obstacles récurrents concernent particulièrement l’enrôlement des électeurs, la révision du fichier électoral une opération qui s’étale sur plusieurs mois. En 2016, celle-ci avait pris une année et demie.

La classe politique pointée du doigt

La CENI est bien souvent victime des caprices de la classe politique, laquelle manque parfois de réelle volonté d’organiser les élections. Pour n’avoir pas reçu l’impulsion de l’exécutif, la CENI n’a pas pu préparer les scrutins pour les députés provinciaux, les sénateurs, les gouverneurs et vice-gouverneurs élus en 2006, qui étaient restés en fonction jusqu’en 2015, alors que leur mandat avait pris fin en 2011. Il est même arrivé que les divergences entre acteurs politiques fassent que des marches et des villes mortes et des pressions soient exercées contre la CENI.

On se souviendra qu’il en fut ainsi au moment où une mission de bons offices avait été confiée à l’ancien premier ministre togolais, Edem Kodjo. Dans le souci d’obtenir un large consensus, un autre dialogue avait été convoqué sous les auspices des évêques de la Conférence épiscopale nationale congolaise (CENCO), ce qui avait permis la signature de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Ainsi, des recommandations avaient été adressées à la CENI pour qu’elle poursuive la reconstitution du fichier électoral et la publication du calendrier électoral. Malgré tout, la problématique d’être prêt le jour J persiste à chaque fois. En 2011, le Centre Carter, qui avait déployé des observateurs internationaux, avait fait pression sur la CENI pour cela « Ne soyez pas pessimistes et croyez-nous ! Il y a des gens qui viennent et qui disent que la CENI n’est pas prête. Non, nous on est prêt (…) », disait Daniel Ngoy Mulunda.

Hubert MWIPATAYI

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INVALIDATION DES SUFFRAGES DES CANDIDATS FRAUDEURS, LA COUR CONSTITUTIONNELLE SUR LES PAS DE DENIS KADIMA

Evariste Boshab, Gentiny Ngobila, Nsingi Pululu, Charles Mbutamuntu et consorts n’ont plus d’espoir de se retrouver au sein de l’hémicycle du Palais du peuple pour y siéger comme députés nationaux. La Cour constitutionnelle a débouté 63 candidats députés nationaux ayant introduit des recours pour contester la décision de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) annulant leurs suffrages.

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Siégeant, le 8 février 2024, en matière des contentieux relatifs aux résultats des élections législatives nationales du 20 décembre 2023, la Cour constitutionnelle a rendu son arrêt sur l’affaire des candidats invalidés par la CENI, notamment pour fraude électorale et détention illicite des Dispositifs électroniques de vote (DEV).

Aucun recours présenté devant la Haute Cour n’a abouti, a révélé Dieudonné Kamuleta, président de la Cour constitutionnelle. Sur un total de 63 dossiers déposés au greffe de cette haute juridiction, 35 ont été déclarés irrecevables, 24 recevables mais non fondés, tandis que 4 ont fait objet de désistement.

Le dénouement judiciaire de ces dossiers confirme, d’une certaine façon, la décision considérée de « courageuse » prise par l’équipe de Denis Kadima invalidant les suffrages des candidats qui ont entaché le processus électoral en utilisant la fraude et même le vandalisme du matériel électoral. Une délinquance électorale que la CENI a sévèrement sanctionnée.

À la suite des enquêtes menées par la CENI, les suffrages de 81 candidats députés nationaux avaient été annulés. La CENI avait accusé ces candidats d’avoir, entre autres, commis des actes de fraude, de vandalisme des matériels électoraux, de détention illicite de Dispositifs électroniques de vote (DEV).

Sur la liste des candidats frappés figurent notamment Gentiny Ngobila, Évariste Boshab, Charles Mbutamuntu Lwanga, Tatiana Pembe Luemba, Cerveau Pitshou Nsingi Pululu, Colette Tshomba, Victorine Lwese, Phililbert Mabaya Gizi, Nana Manuanina, Antoinette Kipulu, Didier Mazenga, etc. Du beau monde, ou considéré comme tel ! Ces sanctions de la CENI sont une première dans l’histoire électorale de la République démocratique du Congo.

La centrale électorale de Denis Kadima n’était pas allée de main morte pour servir d’exemple et décourager des pratiques qui mettent à mal la crédibilité du processus électoral. Après Denis Kadima, Dieudonné Kamuleta n’a pas cédé à la pression ni aux lamentations de quelques « invalidés » ou encore aux remontrances des autres, dont quelques bonzes de la plateforme Union sacrée de la Nation. Ces derniers semblaient vouloir bénéficier d’un traitement de faveur à leur endroit.

En rejetant ces requêtes, la Cour a marché dans le sillage de Denis Kadima et son équipe qui n’avaient pas hésité à braver la délinquance électorale en la stoppant. Un revirement de la Cour constitutionnelle aurait encore jeté du discrédit sur les instances judiciaires du pays, alors même que des témoignages probants disqualifient les « invalidés », renforçant la décision de la centrale électorale. L’opinion publique espère également que la Haute Cour se montrera également intraitable et dira le bon droit, sans interférences politiques ou pécuniaires, lors du traitement des recours en contestation des résultats des législatives nationales.

Il serait tout de même malheureux que des candidats ayant échoué dans les urnes se retrouvent à l’Assemblée nationale grâce à des combines politiciennes ou que leurs dossiers soient examinés favorablement à la suite d’opérations mafieuses. En 2019, des candidats non proclamés provisoirement élus par la CENI, avaient en définitive été déclarés « élus » par la Cour constitutionnelle après avoir, semble-t-il, déboursé d’importantes sommes d’argent.

Le président de la Cour constitutionnelle est appelé à ouvrir l’œil et le bon pour éviter que son institution soit couverte d’opprobre. Les éventuels et vrais « repêchés » ne devront pas leur victoire à ce qui pourrait être qualifiée de « seconde session » mais seulement grâce aux voix réellement obtenues dans les urnes. Toute autre démarche s’apparentant à des nominations motivées par des bakchichs serait contre-productive pour la démocratie congolaise.

N’tombo Lukuti

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